Félix Auger-Aliassime a 18 ans, est discret mais charismatique, et est déjà entouré d'une aura de champion.

TLMEP: une aura de champion

CHRONIQUE / On a parlé de l'Inde, du Rwanda, d'une Torontoise amoureuse du Québec, sur un plateau auquel s'est invité le débat sur la laïcité, dimanche à «Tout le monde en parle». Une soirée qui a marqué des retrouvailles avec l'ancien maire de Montréal et la première grande entrevue de l'étoile montante du tennis à la télévision québécoise.

Il a 18 ans, est discret mais charismatique, et est déjà entouré d'une aura de champion. Actuellement au 33e rang mondial, Félix Auger-Aliassime se donne un an pour accéder au top 10. Et on a envie de le croire. Sa nouvelle page d'histoire, il l'a écrite la semaine dernière à Miami en devenant le plus jeune demi-finaliste de ce tournoi. «C'est sûrement pas le fun à vivre, mais c'est très beau à voir», a dit Guy A. en regardant les images de Félix en larmes, victime d'arythmie cardiaque, consolé par son compatriote Denis Shapovalov en août dernier. Une anomalie qu'il aurait voulu éviter mais avec laquelle il doit composer. Son père, qui a fondé une académie de tennis, l'a initié à ce sport à quatre ans. Oui, il sauve des impôts en résidant à Monaco, comme bien des joueurs, mais dit donner au suivant, pour permettre à une centaine de jeunes joueurs d'ici de partager sa passion.

Denis Coderre est un homme nouveau. Il s'est remis en forme, a perdu 100 livres, a rebâti sa vie personnelle. Et il est formel : «Je suis prêt à vous dire que je ne me représenterai pas à la prochaine élection», a lancé très tôt dans l'entrevue l'ancien maire de Montréal. Il a avoué avoir connu une année 2017 très difficile, qui a ruiné sa santé et sa vie de famille. «J'étais peut-être un maudit bon maire, mais j'étais un très mauvais père.» Son fils, qui a eu des démêlés avec la justice, va mieux, et travaille pour devenir reporter sportif.

Il croit que son parti a contribué à la renaissance de Montréal, mais reconnaît ses erreurs, notamment dans tout le dossier de la formule E. «Mon Dieu, comment tu pouvais voter pour ça?» s'est-il demandé en revoyant des vidéos de lui alors qu'il était encore à la mairie. «J'étais pas bien. J'ai frappé un mur.» Denis Coderre n'a pas voulu jouer les belles-mères, refusant de commenter le mandat actuel de Valérie Plante, mais avouant qu'il agirait autrement s'il était encore maire.

Débat animé mais courtois sur le projet de loi sur la laïcité entre le politicologue Christian Dufour et l'avocat Julius Grey. «J'appelle ça le bon sens des Québécois», affirme Dufour, qui considère ce projet de loi «très modéré». Un point de vue que ne partage pas du tout Me Grey, qui le trouve totalement inutile. «Aucun citoyen ne vivra mieux à cause de cette loi», croit-il, ajoutant qu'elle constituera un frein à l'intégration. «Personne ne sera congédié à cause de cette loi», affirme Dufour, qui reproche à Julius Grey d'encourager la désobéissance civile, ce qu'a réfuté l'avocat. «Est-ce qu'on a le droit, les Québécois, d'exister?» demande Dufour, qui parle de «dévalorisation indigne» de notre nation, une phrase qui a déplu à son rival. Le politicologue craint tout de même les risques de dérapage, notamment dans l'applicabilité de la loi. Dans le camp Grey, Denis Coderre a pris part au débat, se prononçant entre autres sur la présence du crucifix dans la salle du Conseil municipal, qu'il aurait laissé en place s'il était encore maire. «Le crucifix n'est pas un symbole religieux», a lancé Christian Dufour, une affirmation qui a dû en faire sursauter plusieurs.

Histoire presque hollywoodienne que celle de Sylvie Dallaire et de sa fille Irène, qui a vu sa famille décimée lors du génocide de 1994 au Rwanda, alors qu'elle n'avait que huit ans. Elle a sauvé son petit frère d'une mort certaine en le portant sur son dos, courant à travers champs. Elle a voulu tout oublier, avait même coupé les ponts avec son frère Ignace. De déménagement en déménagement, Irène allait finalement rencontrer Sylvie Dallaire, à 26 ans, avant de devenir sa fille à 33 ans, et d'abandonner son nom, Irène Nyirawizeye. Cette rencontre lui a fait retrouver foi en l'être humain, jusqu'à ce que celle-ci finisse par l'adopter, alors qu'elle avait passé la trentaine. Une histoire qui finit bien, puisque son frère est venu la rejoindre ici, accédant lui aussi à une vie heureuse.

Après avoir occupé des postes de direction chez National et Québecor, Isabelle Dessureault a choisi de tout quitter pour faire du mentorat bénévolement à Mumbai, en Inde. Son but : propulser plus de femmes leaders dans ce pays en pleine croissance économique. Elle déplore que le Québec ne s'intéresse pas suffisamment à l'Inde, où la moitié de la population a moins de 25 ans, et se désole qu'on n'ait seulement retenu du voyage de Justin Trudeau que ses tenues locales. Si le chaos de la circulation finit par peser à Mumbai, elle s'y sent beaucoup plus en sécurité comme femme qu'à Delhi.

Charmés, nous l'avons été par Louise Penny, la romancière de Toronto, amoureuse du Québec. Assez pour choisir un héros francophone pour sa série de polars, Armand Gamache, vendus à plus de six millions d'exemplaires. Bien qu'elle se qualifie elle-même de «puits sans fonds de pensées meurtrières», elle croit que le crime est un prétexte pour aborder plusieurs autres sujets qui l'intéressent. «Mes livres sont des lettres d'amour au Québec», affirme l'ancienne journaliste de CBC. On a bien compris qu'elle n'a pas aimé l'adaptation télévisuelle qu'on a fait de son premier roman. L'écriture l'a sauvée après le décès de son époux, un médecin reconnu, atteint d'Alzheimer, et qui l'a inspirée pour créer son personnage d'Armand Gamache. Elle a aussi parlé de son amitié avec Hillary Clinton, une de ses lectrices fidèles.

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