Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
«C'est un petit miraculé, mon fils», affirme Jonathan Roberge, qui a consenti à ce que la masse retirée du cerveau de Xavier, grosse comme un avocat, soit disséquée et serve à la recherche.
«C'est un petit miraculé, mon fils», affirme Jonathan Roberge, qui a consenti à ce que la masse retirée du cerveau de Xavier, grosse comme un avocat, soit disséquée et serve à la recherche.

TLMEP: on parle des enfants

CHRONIQUE / Jonathan Roberge venait d'apprendre toute une nouvelle durant la semaine: son fils de 10 ans, Xavier, a perdu toute trace de son cancer du cerveau, après des mois intenses d'inquiétude. L'annonce a donné lieu à un moment très émouvant, dimanche soir à Tout le monde en parle, où il a beaucoup été question de l'enfance, à l'aube d'un possible retour en classe. En cette période de mauvaises nouvelles, celle-là prenait une dimension hautement symbolique.

«Je me sentais mal de venir ici, dire aux gens qu'on a besoin de 50 000 donateurs, pendant que tout le monde en arrache», a avoué Jonathan Roberge, très reconnaissant à l'endroit de la Fondation CHU Sainte-Justine, et à qui je décerne l'étoile du match. «C'est un petit miraculé, mon fils», affirme l'auteur de Fiston et Papa, qui a consenti à ce que la masse retirée du cerveau de Xavier, grosse comme un avocat, soit disséquée et serve à la recherche. L'humoriste a réécrit la fin de son spectacle, après tout ce qu'il a vécu. «Son sens de l'humour nous a sauvé», dit-il à propos de Xavier, qui a blagué durant tout le processus des traitements. À ses côtés, Claude Meunier venait pour sa part solliciter les dons pour la Fondation du CHUM, notamment pour un fonds d'urgence sur la COVID-19, qui nécessite trois millions de dollars. «C'est vraiment la science qui va nous sauver», rappelle l'auteur et comédien.

Alors que le Québec s'apprête à rouvrir graduellement ses écoles, Boucar Diouf trouve qu'on est un peu vite en affaires, que les gens ne sont pas prêts à affronter les conséquences d'une immunité collective. «Le message ne passe pas, il est mal communiqué», dit-il, considérant que le gouvernement a sorti cette notion de son chapeau «du jour au lendemain». «Ça prend de la stratégie et beaucoup de dextérité pour expliquer ça aux gens.» Pour l'instant, le biologiste de formation a l'intention de garder ses enfants à la maison, puisque sa conjointe et lui travaillent de leur domicile. «Si papa et maman sont contaminés, qui va s'occuper des enfants?» demande-t-il. L'humoriste, qui avait choisi d'accorder l'entrevue de son bungalow à Longueuil parce que sa blonde et sa fille ont les poumons plutôt fragiles, garde tout de même confiance en Horacio Arruda, et ne jette pas la faute sur le gouvernement pour la situation dans les CHSLD. «C'est un choix collectif», rappelle-t-il. Oui, la COVID fera encore beaucoup de dommages, «mais elle ne nous exterminera pas», parce que ce n'est pas dans son intérêt: «si tu extermines l'hôte, tu vas disparaître avec l'hôte».

«On a très hâte de revoir nos enfants et leurs familles», affirme la pédiatre sociale Gaëlle Vekemans, qui doit se contenter de leur parler à travers un écran depuis six semaines, ce qui complexifie son travail. Selon elle, les dommages collatéraux d'un confinement prolongé seraient énormes pour les enfants. Elle s'inquiète entre autres d'une baisse significative des signalements à la DPJ, preuve que les enfants ont perdu leur cercle protecteur. Si les discours scientifiques diffèrent sur la question de l'immunité, ils sont unanimes sur celle des conséquences physiques, minimes chez la vaste majorité des enfants. «Ça dure quelques jours et c'est fini», rassure la Dre Vekemans, qui comprend néanmoins l'inquiétude des parents à propos du retour à l'école.

«Ça fait du bien de mettre un pantalon», a admis un Louis-José Houde très chevelu, qui n'avait vu personne depuis huit jours. L'humoriste, dont la présence faisait beaucoup de bien, rêvait de faire une longue retraite d'écriture, et la pandémie lui en a donné l'occasion. Ses capsules font fureur, lui qui fréquentait bien peu les réseaux sociaux. Il espère que les becs à tout le monde ne reviendront pas après le confinement, mais déplore la possible disparition du comptant. Le Gala de l'ADISQ n'aura peut-être pas lieu; au pire, il sera reporté. «C'est vraiment pas important de faire des galas de prix en ce moment», dit-il. Le jour où 3000 personnes pourront se rassembler, tout ça sera loin derrière nous. Louis-José, à qui il restait une quarantaine de représentations de son dernier spectacle, pourrait bien patienter un an s'il le faut, lui qui aime autant écrire qu'être sur scène.

Le président de l'Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau, annonce que 3700 Québécois ont déposé leur CV pour travailler dans les champs cet été, pour remplacer les travailleurs saisonniers étrangers qui ne pourront pas venir. La crainte des agriculteurs: que ces Québécois retournent à leurs emplois au beau milieu de l'été et les laisse en plan. Maraîcher bio à la Ferme des Quatre-Temps, Jean-Martin Fortier croit que ce temps d'arrêt est l'occasion parfaite de réfléchir au Québec de demain, pour «une souveraineté alimentaire et une agriculture saine». Pour éviter de trop en importer, il croit au respect de la saisonnalité des fruits et des légumes. «Faut pas s'attendre d'avoir des fraises en janvier», dit-il, voyant ce principe comme «une célébration des saisons». Il se réjouit de constater qu'un nombre record de paniers bio ont été commandés par les Québécois.

La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, ne sait pas plus que nous quand pourra redémarrer l'industrie culturelle. Sans les nommer, la ministre pense à certains secteurs qui pourraient rouvrir graduellement, comme c'est le cas pour le doublage. Le gouvernement aidera-t-il le Cirque du soleil, menacé de faillite? Mme Roy pellette ça dans la cour du Ministère de l'Économie. Et si nous faisions payer les GAFAs pour soutenir les médias, par exemple? «Y aller de façon unilatérale, le Québec contre les GAFAs de Trump, ce serait irresponsable. [...] Ça va se faire de façon concertée avec le Canada et les pays de l'OCDE», répond la ministre.

Alors que ses collègues créent des chansons sur les réseaux sociaux durant le confinement, Daniel Bélanger préfère échanger ses dessins sur Instagram. L'ancien préposé aux bénéficiaires dans une résidence pour personnes âgées a conclu l'émission avec Il y a tant à faire, un titre de circonstance.

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Louis-José Houde, dont la présence faisait beaucoup de bien, rêvait de faire une longue retraite d'écriture, et la pandémie lui en a donné l'occasion.