Richard Therrien
Pionnière du théâtre documentaire, la productrice et dramaturge Annabel Soutar ne craint pas la confrontation, elle la suscite.
Pionnière du théâtre documentaire, la productrice et dramaturge Annabel Soutar ne craint pas la confrontation, elle la suscite.

TLMEP: du pop-corn au théâtre

CHRONIQUE / Autour du coronavirus et du blocus ferroviaire, deux sujets incontournables à Tout le monde en parle dimanche, on a parlé du retour d’un champion du monde, de survivalisme et de blagues de «mononcle». Mais c’est un discours très rafraîchissant sur un théâtre décoincé qui se sera démarqué du lot.

Pionnière du théâtre documentaire, la productrice et dramaturge Annabel Soutar ne craint pas la confrontation, elle la suscite. «Il faut donner de la place aux conflits», croit celle qui a initié J’aime Hydro, et à qui je décerne l'étoile du match. Dans L’assemblée, qui porte sur la culture identitaire et la polarisation idéologique, elle permet au public de monter sur scène pour donner son point de vue sur des questions aussi sensibles que le port du voile. «Chaque soir, on a peur que personne ne monte sur scène», mais ce n’est jamais arrivé, se réjouit-elle. «Je crois que si on veut comprendre la violence, il faut être en contact avec la violence», poursuit celle qui travaille sur Projet Polytechnique. Mme Soutar trouve le théâtre beaucoup trop formel; elle rêve d’un espace populaire, de billets moins chers, qu’on puisse y manger du pop-corn et y boire de la bière. «Au théâtre, je me sens tellement à distance», déplore-t-elle.


L’indignation était palpable chez Chantal Ménard et Flavie Trudel, dont les proches ont été infectés par le coronavirus à bord du Diamond Princess; leur témoignage donnait une parfaite idée du chaos qui existe là-bas depuis le début de la quarantaine. Chantal Ménard, qui veut rejoindre ses parents avec sa sœur au Japon, ne craint pas de contracter le virus. «Y’a rien qui va m’empêcher de dire au revoir à mes parents», affirme-t-elle, alors que sa mère pleure sans arrêt, ce qui est anormal dans son cas. «Ils ont de la misère à avoir une Tylenol», ironise-t-elle à peine pour imager le peu de soins qui leur sont prodigués. «C’est quand même révoltant», a lancé Flavie Trudel, qui juge que le ministre François-Philippe Champagne n’a commencé à réagir qu’au moment où des voyageurs canadiens étaient mourants. «Ça fait deux semaines qu’on les alerte», a dit Mme Trudel, excédée. «J’ai plus d’aide du provincial», enchaîne Mme Ménard, qui déplore que ses parents n’aient reçu de l’ambassade qu’un sac contenant des chocolats, des chips et une plume pour prendre des notes. «J’espère qu’il y a des gens qui vont se réveiller», a conclu Guy A. Lepage, avant que les deux femmes se prennent dans leurs bras.


Alors que le premier ministre Trudeau venait d’exiger la levée des barricades, l’entrevue sur la question avait été enregistrée jeudi. L’ethnologue Isabelle Picard suggérait que le gouvernement fédéral négocie directement avec les chefs héréditaires, pour dénouer l’impasse du blocus ferroviaire. «J’ai de la difficulté à blâmer Justin Trudeau», affirme toutefois la chroniqueuse de La Presse, Isabelle Hachey, qui demandait quelle serait la solution de rechange, convaincue que le recours à l’armée et à la police n’était pas l’option à privilégier. Yves-François Blanchet a proposé une suspension temporaire de la construction du gazoduc en échange d’une levée des barricades, une solution approuvée par les deux invitées. «Je ne pense pas qu’on peut continuer longtemps à ce rythme-là», croit Isabelle Hachey, qui éprouve un malaise en voyant des militants environnementalistes manifester aux barricades, avec l’impression «qu’ils récupèrent la cause autochtone pour servir leurs propres intérêts». Elle rappelle que les Wet’suwet’en manifestent depuis 10 ans en Colombie-Britannique, ce que savaient peu de Québécois. «Quand on écrit sur les autochtones, on se bute à un mur d’indifférence», déplore-t-elle.


Après Les invincibles et Série noire, on attend beaucoup de C’est comme ça que je t’aime, nouvelle série écrite par François Létourneau et réalisée par Jean-François Rivard. Deux couples en crise, dans la banlieue tranquille de Ste-Foy en 1974, se convertissent en vedettes du crime, résultat d’un tas de mauvaises décisions. «Ce n’est pas un show de bandits ou de police», précise l’auteur, avant d’ajouter, pour rassurer sa mère: «Ce n’est pas du tout l’histoire de mes parents.» Très proches, Patrice Robitaille et François Létourneau peuvent se parler plusieurs fois par jour. «On est assez différents mais on se complète plutôt bien», affirme Patrice, fasciné par la propension de son ami à se donner des rôles de minables: «Y’a quelque chose qui l’excite là-dedans.» Malade au moment de l’audition, Marilyn Castonguay a dû se filmer elle-même pour jouer cette femme beige en apparence, et pourtant la plus «wild» de la série. Karine Gonthier-Hyndman, qui forme un couple dans la série avec Patrice Robitaille, ne veut pas des personnages de potiches. «Les rôles de femmes sont rarement aussi étoffés que ceux des hommes. C’est intéressant de sortir une femme de son contexte familial, de mère, d’épouse ou de maîtresse.» Originaire de Ste-Foy, Jean-François Rivard reconnaît n’y avoir tourné que trois jours; tout le reste s’est fait à Boucherville en raison des coûts élevés des tournages hors Montréal. L’oeuvre, disponible dès le 6 mars sur l’Extra d’ICI Tou.tv, a été choisie pour être présentée à la Berlinale.


«Personne ne croyait en mes chances», rappelle Jean Pascal, qui a fait taire ses détracteurs en remportant le titre de champion du monde des mi-lourds l’été dernier, après huit ans sans titre mondial. Sa mère, qui souhaitait qu’il prenne sa retraite, l’a encouragé à retourner dans le ring en voyant qu’il s’emmerdait. La World Boxing Council lui a décerné depuis le titre de «retour de l’année», et il est l’aspirant numéro un pour un championnat du monde. «Être le négligé, c’est l’histoire de ma vie», affirme celui dont la réputation de bling-bling peut déplaire à plusieurs. La boxe féminine? «Deux belles blondes […], moi, je trouve que c’est le fun à regarder», a blagué le boxeur, non sans susciter un léger malaise. Il trouve «farfelu» de reprocher à Yvon Michel d’avoir laissé des membres du crime organisé assister à un combat dans la zone réservée au promoteur, considérant que ça ne se contrôle pas.


Olivier Martineau part en tournée pour son deuxième spectacle, Parfa, «à deux lettres près du bonheur», dit-il. «Humoriste trash qui fait dans la dentelle», il assume ses blagues de «mononcle» de gars de 38 ans, qui n’ont pas fait l’unanimité sur le plateau. Survivaliste à sa manière, il pratique l’agriculture et l’élevage à la maison. «Faut pas mélanger survivaliste et schizophrène», blague l’humoriste de Blainville, qui n’accumule ni cannage, ni armes. Mais avoir des lapins, des cailles et des poules, ça, oui. L’hiver, il transforme son garage en serre et cultive des figues. Il fait même du troc, échangeant son propre sirop d’érable, quand il n’entaille pas un chêne par erreur! Bien ri de voir ses annonces classées bien réelles d’«exorciseur pour bébé», de «magnifique chiot chichichinois», de «cheyere a litiere flushable» et de «cette de peneux bon pour un yvere».

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