L'ex-animateur de RDS, Stéphane Langdeau

Stéphane Langdeau raconte son enfer

CHRONIQUE / Stéphane Langdeau reconnaît avoir menacé l'ancien animateur de radio Gary Daigneault lors d'une conversation téléphonique houleuse, sans en révéler la teneur. «C'est peut-être pas le moment le plus glorieux de ma carrière, mais dans les circonstances, je suis juste un être humain. Et j'ai le droit, à l'occasion, de m'emporter quand on touche ma personne et mon intégrité», a affirmé l'animateur dans sa première apparition publique depuis son départ de RDS le mois dernier, dimanche à «Tout le monde en parle».

Celui qui animait L'antichambre depuis 2010 s'est retrouvé au cœur d'un scandale quand Daigneault a miné sa crédibilité, en affirmant qu'un certain S.L. était un prédateur sexuel. Même s'il parlait de Stéphane Leroux — qui le poursuit d'ailleurs —, une collègue de Langdeau l'a prévenu que plusieurs l'identifiaient comme le fameux S.L. et le désignaient comme «le Gilbert Rozon de RDS». «J'ai vécu pendant une semaine, Guy A., avec une boule dans l'estomac, en animant L'antichambre, parce que je savais que des gens me regardaient et disaient: “c'est lui le prédateur sexuel”», a relaté Langdeau, sur un ton solennel.

L'animateur réfute avoir été remercié par RDS et affirme avoir lui-même pris la décision de partir. Pour sa femme et pour sa fille, il a préféré tirer sa révérence plutôt que de répliquer publiquement. «La crédibilité et l'intégrité, ça vaut mieux que n'importe quelle paie», a-t-il dit, ajoutant avoir connu dans son entourage «une fille» agressée sexuellement l'année passée. «J'ai vu la douleur dans les yeux des parents.» Que s'est-il donc dit exactement lors de cette conversation téléphonique avec Gary Daigneault? On ne le saura pas.

Il a encore été question de parité dimanche sur le plateau de Guy A. Lepage. Directrice de l'École nationale de l'humour, Louise Richer se réjouit que, des 500 diplômés de l'institution, 80% sont encore actifs, «ce qui est énorme en culture». Seulement le quart des élèves sont des femmes. Par contre, celles-ci sont en hausse parmi les auteurs, et Louise Richer remarque une lente mais bonne progression de leur présence en humour. Celle qui déposera cet automne un mémoire de maîtrise sur le rôle de l'humour en entreprise est devenue très émue en parlant de l'Ordre du Canada qu'elle a reçu en 2016, heureuse de cette reconnaissance de la contribution de l'humour à la vitalité culturelle. Louis Morissette a laissé tomber un bac en marketing, et l'auteur de Like-moi!, Marc Brunet, un poste d'assistant directeur d'événements spéciaux au Centre Rockland, pour s'inscrire à l'école. Aucun des deux ne le regrette aujourd'hui.

«C'est incroyable comme vous dites pas mal la même affaire», a lancé Guy A. aux trois invitées venues parler de parité en politique. L'idée d'une loi imposant un minimum de 40% de femmes candidates aux élections de 2022, prônée par la journaliste et essayiste Pascale Navarro, n'a pas été reçue avec autant d'enthousiasme par Pauline Marois et Yolande James. Mais toutes reconnaissent que trop peu de femmes se présentent en politique, se demandant encore si «elles en seront capables».

Actuellement, près de 30% des députés à l'Assemblée nationale sont des femmes, et à peine 26% à la Chambre des communes. «On ne peut pas juste se contenter de dire: c'est aux femmes d'y aller. La politique échoue si elle n'est pas capable d'intégrer les femmes dans la démocratie», croit Pascale Navarro. Yolande James, qui a fait partie du premier cabinet paritaire, craint pour sa part que «les gens n'adhèrent pas» à une telle loi. Pauline Marois a souligné que les normes d'éthique étaient plus élevées dans les entreprises où les femmes sont plus présentes dans les conseils d'administration. L'ancienne première ministre n'a pas sorti sa meilleure en souhaitant une meilleure représentation des minorités, dont «les gens qui ont fait des choix sexuels différents». Heureusement, Dany l'a rappelée à l'ordre.

Très intéressante réflexion sur notre interprétation de l'attentat de Toronto. Témoin de l'attaque au camion-bélier, l'avocat Taras Kulish était attablé dans un restaurant avec un ami quand il a vu le véhicule passer. Il a porté secours à une victime, lourdement blessée, «tordue», qui s'était fait traîner par le camion.

Je décerne l'étoile du match au codirecteur de l'Observatoire sur la radicalisation et l'extrémisme violent, David Morin, qui a très bien vulgarisé le climat actuel entourant notre réception de ce type de drames. Il prévient de ne pas sauter trop vite aux conclusions sur les possibles motivations politiques du tueur, rappelant les hypothèses djihadistes farfelues évoquées après l'attentat. Devrait-on encadrer davantage les réseaux sociaux, quand on sait que le tueur s'est exprimé sur Facebook? Sans tout mettre sur le dos des réseaux sociaux, David Morin considère que Google a mis beaucoup de temps à bouger ces dernières années. «Ça ne va pas assez vite et assez loin dans le contrôle des messages haineux.» Il rappelle que, de tous les attentats qui ont eu lieu au Canada, «y'a pas beaucoup de djihadistes là-dedans.»

Après 1981 et 1987, 1991 racontera la vie de jeune adulte de Ricardo Trogi. Un été en Italie sur les traces d'une fille, qu'il croit être la femme de sa vie. Accompagné de son alter ego, Jean-Carl Boucher, Trogi a dû s'adapter aux méthodes plus laxistes des équipes italiennes, qui tournent au maximum 10 heures par jour, alors qu'ici, les journées s'étirent jusqu'à 14 heures. Dany Turcotte aimerait un film avec la mère de Ricardo, jouée à l'écran par Sandrine Bisson. La vraie, Claudette, est tellement consciente de la popularité de son équivalent à l'écran, qu'elle a demandé un cachet!

La réjouissante présence de Dany Boon a formidablement conclu l'émission. Venu présenter son nouveau film, La Ch'tite famille, l'acteur et humoriste a comparé l'histoire de cet architecte parisien snob qui renie ses origines à celle de Jean-Claude Apollo, dont il venait d'apprendre l'existence. Dany Boon voit plusieurs points en commun entre Québécois et Ch'tis, dont cette difficulté à se faire comprendre des Parisiens. Il dit de ceux-ci: «Au début, je n'étais pas sûr qu'ils avaient des dents, ils ne souriaient jamais.»

Bienvenue chez les Ch'tis demeure le plus grand succès du cinéma français. L'histoire d'un homme simple a charmé le public, au moment où les Français ne voyaient au grand écran que des personnages masculins qui avaient réussi, avec la grosse bagnole, tout le contraire de son film. Dany Boon a annoncé que son prochain spectacle serait le dernier, après 25 ans de carrière. «Place aux jeunes», affirme l'acteur, qui souhaite jouer au théâtre et de partager la scène avec d'autres. La carte du fou du roi, en cette avant-dernière émission de la saison: «On vous souhaite un Ch'tis de câlisse de beau voyage au Québec!»

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