Luc Picard nous a vraiment donné envie de courir voir son film, Les rois mongols, décrit par Guy A. Lepage comme un croisement entre un Conte pour tous et Les ordres de Michel Brault.

Retour de la grand-messe

CHRONIQUE / À quoi ça sert, l'art? À bien des choses. Pour entreprendre sa 14e saison dimanche soir, Tout le monde en parle n'a pas parlé de ce que coûte la culture, mais de son inestimable utilité et même des vies qu'elle sauve. Un lien qui unissait plusieurs invités, comme à Y'a du monde à messe, que ce soit Christian Bégin, Jean-Marc Vallée, Émilie Perreault, ou bien Luc Picard, que je choisis comme première étoile du match.
Parce que le nouveau flic de District 31 nous a vraiment donné envie de courir voir son film, Les rois mongols, décrit par Guy A. Lepage comme un croisement entre un Conte pour tous et Les ordres de Michel Brault. L'animateur a pleuré 10 fois en le voyant, et en est sorti aussi ébranlé que lorsqu'il a vu La vie est belle de Roberto Benigni.
L'histoire d'une jeune fille, qui veut éviter d'être placée dans une nouvelle famille d'accueil avec son petit frère, durant la Crise d'octobre. «Pour moi, le film, c'est des jeunes qui défendent leur enfance contre le monde adulte, contre les demi-vérités, contre les compromis, contre l'oubli», affirme Luc Picard. Il a adoré diriger des jeunes, enfants comme ados, qu'il a réunis chez lui avant le tournage. La chimie a opéré. «J'ai juste besoin de filmer ça et de m'enlever du chemin», s'est alors dit le réalisateur. Il ne voulait pas au départ que son fils Henri joue dans le film, mais celui-ci a insisté pour passer l'audition, avant d'obtenir le rôle.
Christian Bégin incarne un chirurgien pervers narcissique dans le film Le problème d'infiltration, du réalisateur Robert Morin. «Inspiré de Guy Turcotte?» demande Guy A. Il y a certainement des liens, puisqu'on y fait un clin d'oeil avec un personnage qui porte son nom.
L'acteur affirme qu'il s'agit de «l'un des films les plus anxiogènes [qu'il connaisse]. Les gens qui vont le voir disent : "On manque d'air." [...] Quand mes amis vont le voir, je leur souhaite de passer un très mauvais moment!» blague-t-il. Sur le plateau, on le surnommait «Furieux Bégin».
L'animateur de Y'a du monde à messe, admet avoir du narcissisme en lui, que son métier lui permet d'exploiter. Dans une entrevue «C'est quoi le lien?», il avoue exécrer Philippe Couillard, «l'homme politique», et avoir un lien avec Donald Trump : «j'ai déjà dit des niaiseries, lui, il continue à en dire». Par contre, aucun lien avec La Meute.
Le nouveau livre d'Émilie Perreault, <em>Faire oeuvre utile</em>, démontre que l'art peut sauver des vies.
Les artistes se demandent souvent s'ils servent à quelque chose. De là Faire oeuvre utile, le nouveau livre d'Émilie Perreault, qui fait le constat contraire : oui, l'art peut sauver des vies. Elle relate l'histoire d'une jeune fille, qui a choisi d'abandonner le voile et de renoncer à sa religion après avoir vu un monologue de Mariana Mazza. Et Suzanne Prince, dont le père a péri dans l'incendie de son camion sur l'autoroute métropolitaine, qui est allée voir 887 de Robert Lepage. Son père l'avait vue peu avant sa mort, et l'a chaudement suggérée à sa fille. La pièce a «réparé quelque chose» en elle. L'auteure a aussi provoqué une rencontre salutaire entre Biz et ce père qui a oublié son enfant dans une voiture.
«Un artiste difficile à interviewer?» a demandé l'animateur. «T'es pas super facile, Guy!» a répondu gentiment la chroniqueuse culturelle du 98,5, qui avait eu une mauvaise expérience avec lui, du temps qu'elle travaillait à TQS. Lepage a été le premier surpris, se montrant désolé.
Le fentanyl est un fléau chez les consommateurs de drogues. Seulement en août, 12 personnes en sont mortes à Montréal. Une seule dose équivalant à quatre grains de sel de cet opioïde très puissant peut tuer. Jessica Turmel, qui oeuvre en prévention, fait la tournée des festivals pour aider des consommateurs en détresse. Elle souhaite que le gouvernement permette aux festivaliers de pouvoir faire tester sur place leurs drogues afin de s'assurer qu'elles ne contiennent pas de fentanyl ou d'autres substances mortelles.
Médecin spécialiste du traitement des dépendances, Marie-Ève Goyer considère que la prévention passe par un accès rapide aux traitements. Les gouvernements errent en considérant souvent les toxicomanes comme des sous-patients. Fondateur de SOS Itinérance, Alexandre Paradis a pu sauver cinq patients en août en leur administrant de la naloxone, antidote au fentanyl, disponible gratuitement dans certaines pharmacies.
L'expert en géopolitique Charles-Philippe David y est allé de sa propre «question qui tue» au sujet du conflit entre les États-Unis et la Corée du Nord : «Est-ce que Donald Trump est capable de trouver une façon de négocier avec Kim Jong-Un après les mots qu'il a prononcés?» Son collègue Loïc Tassé se demande s'il n'y a pas un peu de bluff dans sa dernière intervention, et croit toujours en une négociation possible. Mais si négo il y a, les États-Unis sortiraient probablement perdants et devraient se retirer de cette partie du monde. Et il faudrait que la Chine exerce plus de pression, croit Charles-Philippe David.
Le réalisateur Jean-Marc Vallée confie avoir pris sa place parmi ses confrères américains.
Autre oeuvre utile, Big Little Lies aborde entre autres la violence conjugale crûment, obtenant beaucoup d'échos chez les victimes. Une semaine après avoir reçu son Emmy pour cette magnifique série, Jean-Marc Vallée confie comment il se sent chez lui parmi ses confrères américains. «J'ai pris ma place et je l'aime bien, je dois l'avouer. On m'a bien accueilli. Je me sens respecté, je me sens aimé, je me sens apprécié», dit-il, précisant qu'il ne vit pas aux États-Unis, mais bien à Montréal, où il fait le montage de toutes ses productions.
Le réalisateur chouchou de Nicole Kidman, Reese Witherspoon, Laura Dern et compagnie doit-il gérer de gros égos sur ses plateaux? «Par moments, mais très peu. [...] Ça ne se passe pas sur le plateau. Ça se gère à l'extérieur.»
Si on compare à nos productions, Vallée a eu droit à des moyens éléphantesques pour réaliser Big Little Lies. Budget : 63 millions $ et 91 jours de tournage pour sept épisodes. Là-bas, on tourne quatre pages de textes par jour. Pour Trauma ici, il fallait en compter 24, et pour District 31, c'est 39!
Il avait dit non à une deuxième saison sur HBO, mais a réfléchi depuis. Pas une suite directe, mais un scénario où on laisserait passer quelques années. On se le souhaite.