Marc-André Grondin offre une performance remarquable dans L'imposteur.

Notre bulletin de mi-saison

CHRONIQUE / L'été, qui s'est prolongé, nous a presque fait oublier que l'automne était bien en selle. Et que nous en sommes déjà à mi-chemin de nos séries télé. Au-delà des premières impressions, qu'avons-nous gardé ou rayé de nos enregistreurs? Retour sur 16 émissions qui ont retenu mon attention depuis septembre. Pour les bonnes et les mauvaises raisons.
L'IMPOSTEUR: 9,5/10 (TVA)
Certainement la meilleure série dramatique de l'automne. Les auteurs réussissent à nous faire croire à cette histoire pourtant invraisemblable. Du grand art. Marc-André Grondin est investi de son personnage et offre une performance remarquable. Le fait qu'on le voie rarement à la télé québécoise le sert bien; aucune comparaison possible avec d'autres rôles. Le suspense est constant, et on se demande bien comment Philippe/Youri saura se dépêtrer du bourbier dans lequel il s'enlise depuis le début. Mention spéciale à la réalisation inventive et léchée de Yan Lanouette Turgeon, un nom à surveiller.
Rachel Graton et Anne-Élisabeth Bossé dans <em>Les Simone</em>
LES SIMONE: 9,5/10 (ICI Radio-Canada Télé)
Mon coup de coeur en comédie cet automne. Parfaite dans son imperfection, Anne-Élisabeth Bossé porte bien cette série rafraîchissante et ce rôle de fille qui se cherche, n'importe où mais surtout pas au Faubourg des fauvettes. On aime, pour l'écriture intelligente et drôlement juste de Kim Lévesque Lizotte et Louis Morissette. À la réalisation, Ricardo Trogi reste dans la vérité. Le personnage d'Élizabeth, la soeur de Maxim, remporte la palme du cynisme. Monsieur «J'ai-un-pick-up-donc-je-suis-gentil», l'ex de Québec, ne comprend pas vite, mais avec les messages contradictoires qu'il reçoit, on ne peut pas trop lui en vouloir. On aimerait voir plus souvent la barmaid Nikki (Marie-Ève Perron), mais j'imagine que ça viendra. Longue vie aux Simone.
AU SECOURS DE BÉATRICE: 9/10 (TVA)
Je ne me lasse pas du quotidien semé d'embûches de l'attachante Béatrice (Sophie Lorain). On veut savoir, comme elle, qui est cet homme qui a agressé son frère Jean. Adèle Reinhardt était sidérante dans le rôle de cette femme d'affaires liftée à l'excès. L'auteure Francine Tougas parvient avec talent à nous faire avaler des changements subis de comportements, comme ceux de Bernadette (Monique Spaziani), maintenant d'une intransigeance sans nom, et du Dr Jodoin (Luc Bourgeois), presque devenu gentil.
L'auteur Serge Boucher a mis un peu de temps à installer les intrigues de <em>Feux</em>, avant un magistral cinquième épisode.
FEUX: 8,5/10 (ICI Radio-Canada Télé)
L'auteur Serge Boucher a mis un peu de temps à installer ses intrigues, avant ce magistral cinquième épisode. Un surprise party qui a permis de comprendre bien des choses, à coups de malaises et de révélations-chocs. Maude Guérin est touchante dans le rôle de Claudine, Denis Bernard incarne tout en subtilité ce mystérieux docteur, qui finit par nous faire peur, et Isabelle Vincent joue avec tant de vérité une Francine Forget qui pourrait être notre tante, notre cousine. Je me méfie du grand-père (Michel Forget), qui a sans doute plus à se reprocher qu'on pourrait le croire. Qui a battu le pauvre Jean? Qui a envoyé le grand-père dans un fauteuil roulant? Et qui a allumé le fameux incendie? Ne reste que cinq épisodes pour éclaircir tout ça.
UNITÉ 9: 8,5/10 (ICI Radio-Canada Télé)
Marie-France Caron (Sophie Prégent) est véritablement l'atout de cette cinquième saison. La directrice par intérim de la prison - pour combien de temps? - apporte avec elle une tout autre dynamique. Mais on sent que sous sa gentillesse et sa sollicitude, il y a une insatiable soif de pouvoir. Et Despins (François Papineau) n'est pas le seul homme à devoir s'inquiéter pour son poste à Lietteville. Curieux de voir maintenant ce que l'auteure Danielle Trottier réserve à Marie (Guylaine Tremblay), de retour mais affaiblie.
DISTRICT 31: 8/10 (ICI Radio-Canada Télé)
Je les trouvais plutôt beiges, ces enquêteurs vedettes. Particulièrement Nadine (Magalie Lépine-Blondeau), un peu froide au départ. Mais suffisait d'un peu de patience pour que je m'y attache et que je les suive chaque soir. L'auteur Luc Dionne sait maintenir l'intérêt avec des enquêtes captivantes, qui s'entrelacent sans qu'on en perde le fil. Le public adore, à un point tel que la quotidienne atteint parfois le million de téléspectateurs et domine le palmarès des émissions certains soirs. On attend maintenant que Patrick (Vincent-Guillaume Otis) lâche la fameuse Anne pour choisir enfin Nadine.
LA RELÈVE: 7,5/10 (TVA)
La formule ressemble un peu trop aux Chefs! et aurait peut-être gagné à se déployer en demi-heures. Mais on est en admiration devant l'ingéniosité de ces jeunes cuistots passionnés et dégourdis.
<em>La voix junior</em>
LA VOIX JUNIOR: 7,5/10 (TVA)
Il y a des voix sublimes parmi ces jeunes candidats. Et d'autres moins. On craignait qu'ils en fassent des singes savants, mais ce n'est pas le cas. La présence de Maripier Morin pour ouvrir la porte et encourager les candidats n'apporte pas grand-chose. Et les «coachs» promettent encore plus la lune aux candidats, qu'ils les retiennent ou pas. En espérant qu'on n'use pas trop la formule, qui attire deux millions de téléspectateurs le dimanche soir.
MES PETITS MALHEURS: 7/10 (ICI Radio-Canada Télé)
L'ensemble est charmant, mais ça manque de rythme. On se plaît à reconnaître des objets et des comportements des années 80, du moins pour ceux qui les ont connus. Difficile de succéder aux Parent, qui punchaient plus dans les répliques, du moins dans les premières saisons. Les jeunes acteurs sont tous bons, à commencer par l'interprète de Jeffy, Antoine Marchand-Gagnon. La narration de Louis Morissette, que certains trouvent trop présente, ne m'a pas incommodé.
L'ÉCHAPPÉE: 7/10 (TVA)
Emballé au départ, j'ai été un peu déçu par la tournure des événements. Quelques incohérences, dont la jeune fugueuse, soupçonnée de meurtre, que la police laisse dormir paisiblement toute une nuit chez sa mère. Le jeu un peu gros de certains jeunes comédiens nuit parfois à la crédibilité de l'histoire. Pour l'instant, Brigitte (Julie Perreault), le personnage principal, subit les événements plus qu'elle ne les crée vraiment.
MÉMOIRES VIVES: 6/10 (ICI Radio-Canada Télé)
Décevant début de saison. Il a fallu attendre au quatrième épisode pour que ça décolle vraiment. Certains personnages deviennent irritants, comme l'ex-conjointe de l'enquêteur Dupuis (Mélanie Pilon), sortie d'on ne sait où, et Andrée (Dominique Quesnel), qui insiste pour prendre soin du père de Manseau. Avec le détraqué Jérémy (Pier-Luc Funk), qui égorge de pauvres chats, on ne compte plus que sur les doigts d'une seule main les personnages sensés dans cette histoire, de plus en plus tordue.
INFO, SEXE ET MENSONGES: 5/10 (ICI ARTV)
Comme tout projet de Marc Labrèche, on souhaite que l'émission vieillisse comme un bon vin. Pour l'instant, le concept se cherche. Après deux premières émissions plutôt ennuyantes, la troisième, sur les transgenres, était déjà plus intéressante, avec un invité en studio, dont les répliques étaient toutefois écrites à l'avance. Et si Labrèche se gardait le premier segment pour lui seul, avant de s'entourer d'invités ou de collaborateurs par la suite?
Le chapeau de Pascale Bussières dans <em>Prémonitions</em> relève de la caricature.
PRÉMONITIONS: 5/10 (AddikTV)
Bien du mal à embarquer dans cette histoire. Les membres de cette famille exercent leurs pouvoirs avec une intensité qui déclenche parfois le rire plutôt que l'inquiétude. Autre irritant : le chapeau de Pascale Bussières, qui relève de la caricature.
ÇA DÉCOLLE!:  5/10 (V)
Le terme «inégal» s'applique ici parfaitement. Si certains épisodes de cette comédie se déroulant dans un avion sont carrément ennuyants, d'autres font rire et sourire. On aimerait un humour plus mordant et de meilleurs punchs. Les acteurs se débrouillent avec les textes qu'ils ont, pas souvent drôles.
PERMIS DE CHANTER: 5/10 (V)
On ne peut hélas pas parler d'énergie contagieuse lorsqu'on pense à l'émission de Mario Tessier. Les performances de karaoké, qui ont lieu dans des lieux publics, ont parfois du mal à susciter l'enthousiasme des passants et récoltent souvent de timides applaudissements, ce qui nuit à l'ensemble. Bref, on s'amuse moins dans nos salons que l'animateur et son invité. Fausse bonne idée?
Célibataires et nus Québec est ce qui se rapproche le plus du néant depuis <em>Occupation double.</em>
CÉLIBATAIRES ET NUS QUÉBEC: 1/10 (MusiquePlus)
Ce qui se rapproche le plus du néant depuis Occupation double. Là où OD avait certaines qualités visuelles intéressantes, Célibataires et nus sent le cheap. Les «tout nus» sont soumis à des épreuves dignes de Relevez le défi, mais à poil : nus en VTT, nus en échasses, nus à sculpter un phallus en glaise. Et bienvenue au festival des «quand que» et des «faut qu'y seille». Si au moins ils avaient de l'esprit. Un seul aspect positif : la diversité corporelle des candidats, qui ne sont pas tous des mannequins. On doit déjà préparer le sketch pour le Bye bye.