Daniel Vezina, Elyse Marquis, Normand Laprise, Pasquale Vari et Jean-Luc Boulay, de l'émission Les Chefs!, qui revient à la formule originale cette année.

Les Chefs!: retour à l'original

CHRONIQUE / «On ne change pas une formule gagnante.» Les mots sont de Daniel Vézina, le grand frère des Chefs!, sur le plateau de tournage de la septième saison. On le sait : on a voulu repartir de zéro avec la compétition de cuisine il y a deux ans, en la changeant complètement. Le résultat, Les chefs! La brigade, a été une catastrophe; on y a même servi une huître avariée. Il ne restait plus qu'à nous ramener nos Chefs! tels qu'on les a connus, ce qui sera fait le lundi 3 juillet à 20h, sur ICI Radio-Canada Télé.
On nous promet que ce retour des Chefs! sera fidèle à la formule originale. Élyse Marquis revient avec Daniel Vézina, de même que nos trois juges adorés, Jean-Luc Boulay, Pasquale Vari et Normand Laprise. Retour des défis enlevants, des duels et de l'atelier de Daniel Vézina. Retour aussi du célèbre : «La compétition commence maintenant!» Même logo, mais dans un décor rafraîchi. Et un maillon très important, la productrice Nancy Charest, a repris du service.
Par contre, contrairement à ses six premières saisons, la série n'est hélas plus tournée à Québec. Déjà, l'an dernier, l'éphémère Combat des villes avait été tourné à Montréal. Cette fois, Les chefs! s'est installé dans un studio de Ville Lasalle. Toujours une question de budget. Mais vous n'y verrez rien à l'antenne.
Les aspirants-chefs provenant de Québec se sont toujours bien illustrés par le passé. Guillaume Cantin, Guillaume Saint-Pierre et Dominic Jacques, les trois premiers lauréats, sont de la capitale, de même que le plus récent, Francis Pouliot. Cette année, bien que je ne puisse pas dévoiler leur identité, quatre sont de Québec, six de Montréal, un est originaire de l'Île Maurice et un autre de la France.
Personne de l'équipe n'aurait pu imaginer qu'on le rappelle pour ressusciter Les chefs! Mais c'est pourtant ce que réclamait le public. Au récent Salon du livre de Québec, Jean-Luc Boulay s'est fait plus parler du retour de l'émission que de son livre. Il parle avec une grande fierté d'Arnaud Marchand, son associé, un des finalistes de la première saison des Chefs! «L'émission est un tremplin incroyable et a fait évoluer la cuisine», dit-il.
Lundi après-midi, au tournage de la septième émission, il ne restait plus que six des 12 aspirants-chefs encore dans la course. Si vous pensiez que la palourde royale était l'aliment le plus étrange, attendez de voir la baudroie d'Amérique, probablement le poisson le plus hideux au monde, semblant sorti tout droit de la préhistoire, et dont on ne mange que la queue. Une fois dans notre assiette, on l'appelle la lotte. Dégoûtant à voir, mais apparemment excellent au goût. Pour le reste, ce sera encore très varié dans les menus, mais pas de soufflé, trop complexe pour le tournage, puisqu'il faudrait le manger aussitôt.
La moyenne d'âge des 12 aspirants-chefs est de 27 ans, ce qui est plus élevé que ce qu'on a vu par le passé. Ça se reflète dans la maturité des candidats. Quatre sont des femmes, huit, des hommes, un ratio fidèle au milieu de la restauration. Et parmi eux, trois sont autodidactes. Les trois meilleurs d'entre eux se retrouveront en finale, pour remporter notamment un voyage en Italie, entre autres. Jean-Luc Boulay affirme que les six encore dans la course auraient tous le talent d'accéder à la finale. «Ils ont du charisme et sont intenses», ajoute le chef propriétaire du Saint-Amour et de Chez Boulay.
Daniel Vézina annonce des candidats auxquels on risque de s'attacher très rapidement, une force que n'avaient pas les formules des deux dernières années. Mais encore une fois, les candidats ont tendance à vouloir en mettre plein la vue aux juges, en négligeant l'essentiel : les techniques de base. «On veut que ce soit bon et chaud», insiste Jean-Luc Boulay.
Reste à voir si le délai de deux ans jouera sur les cotes d'écoute de cette émission, millionnaire en plein été durant ses bonnes saisons. Disons qu'à voir l'enthousiasme de l'équipe en cuisine, ça sent pas mal bon.