La série Les années 70  se remémore les événements qui ont marqué cette décennie riche en changements sociaux. Comme le scandale qui a mené  à la démission du président américain Richard Nixon en 1974.

Le Watergate et les années 70

CHRONIQUE / Certains jours, on a l'impression de nager en plein Watergate. Mais le triste vaudeville dont Donald Trump et James Comey sont les vedettes en ce moment peut-il être comparé au scandale qui a mené à la démission de Richard Nixon en 1974?
Vous aurez l'occasion d'en juger par vous-mêmes en suivant Les années 70, série documentaire de CNN, produite par Tom Hanks et Gary Goetzman, qui se remémore les événements qui ont marqué cette décennie riche en changements sociaux. Aussi instructive que passionnante, la série fait suite aux Années 60, des mêmes producteurs. Achetée par ICI RDI, l'oeuvre en huit épisodes sera diffusée en version française tous les vendredis à 20h dans Les grands reportages dès cette semaine. L'épisode portant sur le Watergate est programmé le 23 juin prochain.
Tout est parti du cambriolage des locaux des démocrates par une bande d'amateurs, à la solde des républicains en 1972. Nixon a voulu étouffer l'affaire, courant à sa perte, alors qu'il était en voie de devenir le plus grand président de l'histoire, selon plusieurs. Quand j'ai vu l'ex-chef du FBI James Comey témoigner devant 19,5 millions de téléspectateurs américains en plein jour jeudi dernier, je n'ai pu m'empêcher de repenser à John Dean, ex-conseiller de Nixon et agneau sacrifié à l'autel républicain. Personnage central des auditions devant le Sénat en mai 1973, il révélait en pleine télé que le président avait payé pour faire taire les auteurs du cambriolage des locaux démocrates l'année précédente. Nixon avait menti, et un ancien membre de la Maison-Blanche l'affirmait sous serment, au risque d'être traîné en justice. La parole de l'un contre celle de l'autre.
Quand même, l'électorat a mis du temps à s'indigner. Il a fallu qu'on dévoile qu'on avait fouillé dans les dossiers du psychiatre d'un fonctionnaire qui avait coulé des documents au New York Times pour que le public se fâche contre son président.
Nixon n'avait pas le style de Trump, mais son comportement des semaines précédant sa démission était celui d'un mégalomane en perte de contrôle. Comme lorsqu'il limoge d'un coup trois procureurs parce qu'on veut l'obliger à fournir les enregistrements de ses conversations téléphoniques. «Comment traîner en justice un homme qui a le pouvoir de mettre fin à l'enquête?» demande Rick Perlstein, auteur du livre Nixonland. La question est toujours d'actualité.
Dans une courte séquence, on voit Nixon bousculer le porte-parole de la Maison-Blanche, beaucoup plus violemment que Trump, qui a poussé le premier ministre du Monténégro au sommet de l'OTAN. «Il avait manifestement perdu la tête», résume l'auteur Richard Reeves. En 2017, on est encore bien loin d'un Watergate, encore plus d'une procédure d'impeachment, visant à destituer le président. Mais l'épisode donne un portrait intéressant de ce qui pourrait arriver si on en venait à ça.
On passe toutefois beaucoup trop vite sur le rôle majeur du Washington Post, qui soufflait sur des braises qu'on tentait d'éteindre. Même les autres médias croyaient Nixon innocent et avaient lâché l'affaire. On ne parle même pas de Gorge profonde, qui a coulé l'info.
La captivante série commence vendredi avec une heure sur l'essor de la télévision. Une autre preuve que les créateurs de télé ont souvent joué d'audace, en phase et même en avance sur leur époque. Quand Fred Silverman a pris la direction des programmes de CBS, il a retiré de l'horaire les séries du terroir comme Les arpents verts, pourtant très populaires, pour les remplacer par d'autres, résolument modernes, au risque de choquer. Quand All in the Family est arrivée, c'est une des premières fois à la télé où les personnages parlaient comme le vrai monde, ce qui n'a pas manqué de heurter les plus chastes oreilles. Je suis encore en pâmoison quand je revois Mary Tyler Moore, icône féminine de la télé de ces années, jamais remplacée.
Les émissions suivantes portent sur la guerre du Viêtnam, la musique, l'état de l'Union, le terrorisme, la révolution sexuelle et les crimes célèbres. Enregistrez-la, ça vaut le coup.
Bye Bye 2017: même équipe
Les fans du dernier Bye Bye seront heureux d'apprendre que la même équipe reprend du service pour le prochain, sur ICI Radio-Canada Télé. Véronique Claveau, Anne Dorval, Pierre Brassard, Marc Labrèche et Patrice L'Écuyer sont tous de retour, de même que l'acteur et réalisateur Simon Olivier Fecteau, le script-éditeur André Ducharme et le producteur Guillaume Lespérance. La plus récente édition, marquée par un changement d'équipe, a attiré tout près de quatre millions de téléspectateurs.
Un beau dimanche de hockey
TVA Sports a été la chaîne la plus regardée dimanche soir, tous réseaux confondus. La rencontre ultime entre les Penguins et les Predators a été suivie par 962 000 amateurs, atteignant même une pointe de 1 222 000. En ce soir de finale de la Coupe Stanley et de temps estival, l'émission Le beau dimanche à laquelle participaient Julie Snyder et Gabriel Nadeau-Dubois a attiré 516 000 télé-spectateurs à ICI Radio-Canada Télé, en légère baisse.