Rebecca Makonnen et Jean-Philippe Wauthier 

Le beau dimanche: simple et chic

CHRONIQUE / Un bureau, des fauteuils, un grand rideau d'où sortent les invités. Le beau dimanche, nouveau talk-show estival d'ICI Radio-Canada Télé, ne veut rien révolutionner. Même que son animateur Jean-Philippe Wauthier mentionne Ad lib, de Jean-Pierre Coallier, parmi ses inspirations. On n'ira pas s'encombrer d'une formule trop complexe ou laborieuse. Parlez-moi d'une formule simple et chic.
Après des tentatives plus ou moins réussies le dimanche à 21h, le diffuseur confie cette case dès le 21 mai à l'animateur des Dieux de la danse et à Rebecca Makonnen. Contrairement à l'éphémère Déjà dimanche, qu'animaient l'été dernier Jean-Luc Mongrain et Marie-Soleil Michon, pas de sujets lourds au Beau dimanche. Oui, on pourrait recevoir le maire Coderre pour parler des inondations, mais pas de sinistré. L'allusion aux «Beaux dimanches» de jadis est plutôt rigolote, mais la comparaison s'arrête au titre.
Chose très rare en télévision : on nous a montré l'une des deux émissions pilotes qui ont été tournées pour réchauffer la machine. Dans cette émission que vous ne verrez jamais en ondes, mais qui serait tout à fait présentable, le duo Wauthier-Makonnen recevait notamment le chef Danny St-Pierre et Les Trois Accords, qui font office d'orchestre invité, différent chaque semaine. L'humoriste Jay du Temple, qui animera Occupation double à Bali cet automne, y est allé d'un numéro d'humour efficace, ce qu'on ne voit plus à la télé.
Rythmé et divertissant, Le beau dimanche a tous les ingrédients du talk-show à l'américaine traditionnel, un choix assumé. Même les fameuses tasses sur le bureau, comme chez Fallon et Carson jadis. Voilà un contenu très montréalais, qui pourrait en rebuter quelques-uns, jusque dans le superbe décor, qui affiche une immense reproduction du pont Jacques-Cartier. Comme ces talk-shows de fin de soirée américains qui affichent New York ou Los Angeles.
Autre parallèle avec les talk-shows US : Jean-Philippe Wauthier ouvre son émission avec un monologue d'humour. «Des fois, on va avoir du contenu. Des fois, on va recevoir Maxime Bernier», a-t-il blagué dans le pilote. Le candidat à la chefferie du Parti conservateur n'y était pas, mais on a convié Jonathan Marleau, adversaire libéral de Gabriel Nadeau-Dubois dans la circonscription de Gouin. L'animateur et sa complice l'ont reçu gentiment, avant de lui rappeler son passé de carré rouge, difficilement conciliable avec son militantisme libéral - il donnait le parcours de ses manifs, lui. Et le logo minuscule du parti sur ses affiches électorales. Marleau s'en est quand même bien tiré, en disant qu'un membre d'un parti n'a pas à être d'accord avec tout. Il a entre autres relevé la patate chaude du dossier Uber que se sont refilé les ministres libéraux avant d'en arriver à un projet pilote.
Aux côtés de Wauthier, Rebecca Makonnen agit comme coanimatrice complice - les Anglos parlent de «sidekick». Le duo se complète bien, et la deuxième dose bien ses interventions dans les entrevues. Pas une cinquième roue du carrosse, mais un réel apport à l'émission. Tout de même, certaines conversations sonnent très Plateau. «En bas de 300 $ [dans un resto], j'ai l'impression de pas bien manger», dit à certains moments Wauthier à Danny St-Pierre, dans une entrevue un peu trop déconnectée du vrai monde.
L'émission est enregistrée trois jours avant la diffusion. Pour la première, dimanche à 21h, on recevra Magalie Lépine-Blondeau, Patrice L'Écuyer, Patrick Lagacé et Ariane Moffatt. Parions qu'il y aura un moins un gag sur le Gala Artis de dimanche. Julie Snyder et Sugar Sammy sont parmi les invités des semaines suivantes, tout comme Jay du Temple et Les Trois Accords, qui reviendront, cette fois en ondes. Comme Tout le monde en parle, l'émission sera retransmise simultanément à la radio d'ICI Radio-Canada Première.
Retard du Gala Artis élucidé
Que s'est-il passé pour que le gala de dimanche commence avec sept minutes de retard à TVA? On a cru à des problèmes techniques, mais il n'en est rien. Les entrevues du tapis rouge ont simplement été plus longues que prévu, débordant sur le gala. Vraiment? Pas très sérieux si vous voulez mon avis, il faudra y voir l'an prochain. Quant au teint orangé des invités, on l'explique par un éclairage trop intense. Pour le reste, rien ne change vraiment au Gala Artis, même les chiffres d'auditoire restent stables : de 1751 000 l'an dernier, le nombre de téléspectateurs a légèrement fléchi à 1656 000 dimanche soir. Le tapis rouge en a perdu en à peine plus, passant de 1413 000 à 1294 000. TVA n'avait aucune concurrence dimanche. À TVA Sports, le match de série entre les Predators et les Ducks a été vu par 344 000 irréductibles. Par ailleurs, la première de Y'a du monde à messe avec Christian Bégin a été suivi par 144 000 curieux, vendredi dernier à Télé-Québec.