Ludovick Bourgeois, le candidat d'Éric Lapointe, part gagnant, de l'avis de plusieurs, en vue de la finale de La voix.

La voix: tous pour «Ludo»

CHRONIQUE / Le coach Éric Lapointe aura-t-il enfin sa chance, lui dont les candidats n'ont jamais remporté la finale de La voix? Très, très probable. Parce que son candidat Ludovick Bourgeois part gagnant, de l'avis de plusieurs, en vue de la finale de demain à TVA. Malgré les qualités de ses compétiteurs, Rebecca, David et Frank.
J'avoue ma préférence pour le charme et la voix de Rebecca Noelle, seule femme du quatuor, volée par Marc Dupré à Pierre Lapointe, qui avait ébloui par son interprétation du succès des Jackson Five, Who's Lovin' You, durant les chants de bataille. «T'incarnes le mot sublime de toutes les façons», lui avait dit Isabelle Boulay. Bien d'accord. Trois des Jackson Five seront justement sur le plateau dimanche.
Je n'ai aussi que de bons mots pour David Marino, le crooner de 18 ans, le plus jeune des quatre, de l'équipe de Pierre Lapointe. Un timbre de voix irrésistible, solide, toujours juste, beaucoup de présence, très expressif, l'humilité avec «la classe des grands», comme le disait son coach Pierre Lapointe. Son interprétation de Quand ça balance de Michel Legrand relevait de la haute voltige. Rien contre Frank Williams, l'infirmier du Nouveau-Brunswick dans l'équipe d'Isabelle Boulay, mais son style plus conventionnel vient moins me chercher.
Mais comme plusieurs de mes collègues, je miserais sur Ludovick Bourgeois, qui a eu un parcours sans faille. Malgré quelques problèmes de justesse, le jeune homme de 24 ans a une voix puissante, semblable à celle de son célèbre père Patrick, est sympathique, a une gueule de star. Oui, on parle de lui comme «le fils de», mais «Ludo» a suffisamment de charisme pour faire son chemin.
Comment ai-je aimé cette cinquième saison? D'abord, le pot : trop de fausses notes. Et beaucoup de candidats qui beurrent épais, en faisant des effets de voix et en ajoutant des notes inutiles pour épater. Un peu comme ces aspirants-chefs qui mettent tout dans la présentation pour subjuguer les juges, mais dont les plats sont fades. Les fleurs : on a aussi découvert des perles. Alors que je trouvais Star Académie trop formaté à l'époque, La voix offre plus de variété dans les styles. Une audace qui paie, même si les cotes d'écoute ont légèrement décliné cette saison. On s'entend qu'en haut des 2 millions, même une baisse se prend bien.
Je suis de ceux qui saluent le parcours de Louis-Paul Gauvreau. J'aurais été curieux de voir le chanteur de métal en finale, et surtout d'entendre la chanson originale qu'on lui aurait écrite! Beaucoup aimé la franchise du chanteur, qui a avoué avoir été sceptique au sujet de La voix, de cette «gimmick». «J'avais beaucoup de préjugés envers l'émission. [...] C'est quoi, c't'affaire-là, tsé? Mais finalement, y'a juste de l'amour ici!»
Un genre plus pointu comme le métal aurait cependant été difficile à vendre si Louis-Paul l'avait emporté. Les amateurs de cette musique ne regardent pas nécessairement La voix. Et sur l'éventuel album, il aurait sans doute fallu travestir un peu plus le style du chanteur pour atteindre un large public. Ça n'aurait plus été lui. La demi-finale était déjà une grande victoire.
J'ai l'impression de me répéter, mais il faut se dire que toutes ces vedettes instantanées ne réussiront pas à se tailler une place, contrairement à ce que leur disent trop souvent les coachs. Je les comprends, ils les aiment, les couvent comme leurs propres enfants. Traitez-moi de grincheux, mais ce n'est pas leur rendre service que de leur faire miroiter un avenir si rose. C'est la triste réalité : tu peux être numéro un sur iTunes dans tout le Canada, et n'être plus qu'un vague souvenir cinq ans plus tard. Et je ne le dis avec aucun mépris, au contraire.
Si je reviens sur la prestation de Safia Nolin, dimanche dernier, c'est pour souligner les frissons que j'ai eus à l'entendre reprendre ses propres chansons. Et que dire de ce fabuleux duo avec Éric Lapointe? Non, je ne parlerai ni de ses cheveux, ni de ses vêtements. Parce que je trouve la question complètement inutile, futile. Et que j'en ai soupé des commentaires méprisants à l'endroit de la chanteuse, qui ne tiennent ni compte de son talent, ni de sa personnalité singulière et unique. C'est dit.
Il va y avoir du monde sur la scène dimanche à 19h30. Outre les Jackson (Tito, Jackie et Marlon), Charles Lafortune recevra 2Frères, Ruth B., interprète du succès Lost Boy, la troupe québécoise de la comédie musicale Footlose, qui comprend deux anciens de La voix, Philippe Touzel et Éléonore Lagacé, Les soeurs Boulay, le duo country Florida Georgia Line, et d'autres noms de La voix, Matt Holubowski, la gagnante de l'an dernier, Stéphanie St-Jean - sans ses dreads -, et celle de la première édition, Valérie Carpentier.
Au-delà de leur talent, les finalistes sont aussi tributaires de la chanson que leur auront composée leur coach. On en a entendu par le passé qui ne collaient pas toujours à leur personnalité, et d'autres qui étaient parfaites.