Émilie Perreault animera «Faire oeuvre utile», une série inspirée de son livre lancé l'automne dernier.

«Faire œuvre utile» devient une série

CHRONIQUE / La culture change des vies. Et ce n’est pas exagéré de le dire. Même moi, qui n’ai pas travaillé ailleurs que dans les pages culturelles, ne l’ai jamais aussi bien constaté qu’en lisant «Faire œuvre utile», le très réconfortant livre de la journaliste culturelle Émilie Perreault, lancé l’automne dernier. Après avoir lu ça, personne ne peut dire que la culture, c’est futile ou accessoire.

Voici que ces histoires de chansons, de livres ou de pièces de théâtre qui ont marqué la vie de personnes du public feront l’objet d’une série documentaire de 10 épisodes d’une heure, dès le vendredi 26 octobre à 20h sur ICI ARTV, et éventuellement sur ICI Radio-Canada Télé. L’émission donnera lieu à des rencontres entre les artistes et ces personnes qu’elles ont inspirées, en présence d’Émilie Perreault. «Une rencontre à trois, une discussion, d’égal à égal, où on va échanger autour de l’œuvre», décrit-elle. Comme dans le livre, on peut s’attendre à des moments très émouvants. «C’est touchant, mais pas larmoyant ni sensationnaliste, comme le livre ne l’était pas non plus.»

Parmi les histoires les plus touchantes racontées dans le livre, il y avait celle de Suzanne Prince, dont le père est décédé, prisonnier de son camion en flammes sur l’autoroute métropolitaine en août 2016. Il était allé voir la pièce de Robert Lepage, 887, complètement charmé et avait décidé d’acheter une paire de billets à sa fille Suzanne pour septembre. «Quand son père est décédé, tout ce qui lui restait de son père était cette paire de billets. Un mois et demi après son décès, elle a vécu une épiphanie en voyant cette pièce, où Robert Lepage parle de son propre père, un chauffeur de taxi», relate la journaliste.

Une jeune femme dont le père a voulu la marier de force en Irak, a décidé de refaire sa vie, inspirée entre autres par Mariana Mazza, à prendre ses propres décisions. Une dame dont le mari a été pris en otage au Soudan, se réconfortait en écoutant une chanson de Marc Hervieux. «Au lieu de prendre des médicaments, la chanson suffisait à l’apaiser.» Voilà autant d’histoires inspirantes qui seront traitées dans la série, produite chez Zone3, comme celles de Marc Séguin, Kim Thúy, Les Cowboys Fringants et Simon Boulerice. Environ la moitié des histoires relatées seront tirées du livre, les autres seront nouvelles.

Émilie Perreault parle de Faire œuvre utile comme du projet de sa vie. «C’est la meilleure façon que j’ai trouvée d’illustrer concrètement à quoi sert la culture et à quel point ça a un impact dans nos vies.» Depuis, elle entend régulièrement l’expression «faire œuvre utile» quand il est question de culture. «Les gens me disent qu’à la lecture du livre, ils constatent qu’ils ont arrêté d’aller au cinéma et consomment moins de culture, pour se rendre compte que ça leur faisait du bien. Ils se demandent aussi quelle chanson a pu les influencer. À toute échelle, c’est important de faire cet exercice-là. C’est aussi vrai pour un téléroman que pour un livre.»

La journaliste et auteure insiste: Faire œuvre utile n’est pas une autre émission d’entrevues avec des artistes, comme il y en a tant. «On déplace vraiment le focus vers la personne du public. Ce ne sont pas tous des gens mordus d’art. Annick n’y connaissait rien avant de voir le peintre Marc Séguin à Tout le monde en parle et de vouloir le rencontrer, après la mort tragique de son conjoint.» Celui-ci, qui peignait à partir des cendres humaines, a accepté de créer une œuvre spécialement pour elle. Certaines histoires ont évolué depuis la sortie du livre, et la série sera l’occasion de les mettre à jour. La réalisation a été confiée à Frédéric Nassif, qui a notamment réalisé le documentaire Bye, et Maude Sabbagh.

C’est entre autres pour se consacrer pleinement à ce projet, déjà en tournage, qu’Émilie Perreault a quitté son poste de chroniqueuse culturelle du matin au 98,5 à Montréal avec Paul Arcand. «J’ai dû prendre cette décision crève-cœur, parce que j’adore ma tribune avec Paul Arcand. Mais je l’avais déjà mis au courant il y a un mois.» On la verra aussi à la nouvelle émission de Marc Labrèche, Cette année-là, cet automne à Télé-Québec. C’est une grosse année pour Émilie Perreault, qui, en plus d’avoir lancé son livre, a mis au jour l’affaire Rozon avec sa collègue Monic Néron du 98,5. Le duo prépare d’ailleurs un documentaire sur le traitement complexe des cas d’agressions sexuelles par les tribunaux.

***

TVA QUÉBEC PERD SON DIRECTEUR DE L’INFO

Au tour du directeur de l’information, Dany Bouchard, de donner sa démission de la salle des nouvelles de TVA Québec après un an de service. Ancien journaliste et cadre au Journal de Montréal, Dany Bouchard a passé quelques années à Saguenay comme coordonnateur pour l’édition locale du Journal de Québec, puis à TVA Saguenay, avant d’être engagé pour diriger la salle des nouvelles à TVA Québec. Il quitte Québecor pour relever de nouveaux défis. La directrice actuelle de l’information à TVA Saguenay, Véronique Dubé, assure l’intérim en cumulant les deux postes. Le départ de Dany Bouchard survient après ceux de quatre journalistes en quelques mois: Valérie Gamache, partie à Radio-Canada Vancouver, Simon Bourassa, maintenant à Énergie 98.9, Martin Everell, animateur à BLVD, et Claudie Côté, maintenant chez Centraide Québec et Chaudière-Appalaches.