François Bugingo fera une première apparition publique en près de deux ans, soit depuis le reportage qui l'a éclaboussé il y a deux ans. Il sera à l'émission Y'a du monde à messe du 2 juin à Télé-Québec.

Bugingo rebondit chez Christian Bégin

CHRONIQUE / Gros coup de Y'a du monde à messe, la nouveauté de Christian Bégin à Télé-Québec : j'ai appris que François Bugingo lui a offert sa première apparition publique depuis le reportage qui l'a éclaboussé il y a deux ans. L'émission a déjà été tournée et sera diffusée le vendredi 2 juin prochain à 21h.
Mes sources me rapportent que les négociations ont été laborieuses. Même une fois sur le plateau, M. Bugingo a failli rebrousser chemin. Les autres invités ce soir-là sont Pierre-Yves Lord, Lulu Hughes et la comédienne trans Gabrielle Tremblay. M. Bugingo n'aurait pas l'intention d'accorder d'autres entrevues pour l'instant et préfère retourner dans l'ombre.
Dans ce talk-show tourné dans une ancienne église, François Bugingo a-t-il demandé pardon pour ses péchés ou plaidé avoir été lapidé sur la place publique? Sa crédibilité en a sérieusement pris un coup quand la journaliste Isabelle Hachey de La Presse a révélé en 2015 qu'il avait inventé des faits dans plusieurs de ses reportages internationaux. Il a entre autres fait croire qu'il avait vu un tortionnaire du régime Kadhafi sur le point de se faire exécuter à Misrata en Libye, sans jamais y avoir mis les pieds. Les révélations avaient ébranlé tout le milieu médiatique et le public qui croyait en lui, en plus de lui coûter ses collaborations dans les médias de Québecor et au 98,5 à Montréal. Normand Brathwaite l'a aussi parodié au Bye Bye. Depuis qu'il s'est expliqué sur sa page Facebook quelques jours après le reportage, il a complètement disparu de l'espace public, si ce n'est pour retweeter occasionnellement des articles d'actualité internationale. Il faut quand même du courage pour réapparaître en public après une telle humiliation publique.
Voilà une émission qui sera très attendue. La première de Y'a du monde à messe a été bien reçue vendredi dernier, suivie par 144 000 téléspectateurs, ce qui est bon pour Télé-Québec et comparable au défunt 125, Marie-Anne. La formule, qui suscite les débats entre les cinq invités, est à peaufiner, mais on a là un bon filon, de quoi faire oublier Bar ouvert, l'éphémère émission de variétés de Christian Bégin. Seulement dommage que l'animateur ait interrompu un débat sur la charte entre Gilbert Rozon et Bernard Drainville, à un moment où ça devenait vraiment intéressant. Vendredi à 21h, les débats ne devraient pas être ennuyants avec Louis Morissette, Sylvain Cossette, la hockeyeuse Charline Labonté, Isabelle Hudon, chef de la direction de la Financière Sun Life, et Stéphan Bureau. Cinq émissions ont déjà été tournées.
Adieu KARV, bonjour Mammouth
VRAK ayant abandonné KARV l'anti.gala, Télé-Québec a sauté sur l'occasion pour créer son propre gala jeunesse, Mammouth, l'inspiration XXL
«Pas un concours de popularité», insiste le directeur général des programmes, Denis Dubois. Oubliez les catégories rigolotes du genre «Y'a pas de vidéo de chat qui bat cette émission!» Télé-Québec veut plutôt récompenser des personnes qui ont accompli un geste inspirant, qu'elles soient connues ou non, «musiciens, professeurs, gamers, sportifs, entrepreneurs, youtubers ou comédiens». Un jury constitué de 10 jeunes de 9 à 17 ans sera chargé de décider des cinq meilleurs Mammouths. Sarah-Jeanne Labrosse, qui vient de remporter le trophée Artis des émissions jeunesse, et le rappeur Koriass agissent comme porte-parole de l'événement et mentors des membres du jury, en plus de participer à la sélection des 20 finalistes. 
Le gala, d'abord prévu à la rentrée des classes, aura finalement lieu le 15 décembre, question de clore l'année avec les «meilleurs». Inutile d'inscrire quelqu'un que vous connaissez, on donnera ce privilège aux membres du jury avant d'inviter le public à proposer des noms. Le concept m'apparaît encore abstrait. On verra si la formule passionnera les jeunes autant que le KARV, où les fans en délire se ruaient pour rencontrer leurs idoles.
Inquiétants choix du CRTC
Moins de contenu québécois à VRAK? Le CRTC, qui a rendu ses décisions avant-hier en ce qui concerne les renouvellements de licence des différentes chaînes, vient en effet de supprimer la condition qui imposait à VRAK la diffusion d'un minimum de 104 heures d'émissions canadiennes originales de langue française de première diffusion. C'est dire que VRAK pourrait dès l'automne remplacer certaines d'entre elles par des titres canadiens-anglais traduits. Pas une bonne nouvelle pour les producteurs et l'auditoire québécois. Chez les chaînes de Corus, on a aussi assoupli les conditions de contenu canadien original francophone à Historia et Séries+. Ces empires nous diront sûrement qu'ils vont continuer à diffuser des séries québécoises s'ils veulent intéresser le public d'ici, n'empêche qu'ils pourront désormais en présenter moins. À l'heure où Netflix gruge de l'auditoire à ces diffuseurs, on a intérêt à maintenir un contenu québécois fort à l'antenne.
D'autres décisions auront un impact à Québec. Le CRTC maintient le contenu local de TVA à 18 heures par semaine, mais exige désormais qu'on consacre au moins 3h30 d'émissions de nouvelles et d'information offrant un reflet local, en plus des 5h30 de bulletins de nouvelles produits à Québec et des 3h30 d'autres émissions qui reflètent la région de Québec. Comment se traduira cette nouvelle exigence à l'antenne? Trop tôt pour le savoir. TVA Québec a déjà diffusé des émissions d'information durant le jour le week-end, comme Québec.