Sophie Prégent, Madeleine Péloquin et Vincent Leclerc dans la série Alerte Amber

«Alerte Amber»: enfant autiste recherché

CHRONIQUE / Au début d’«Alerte Amber», on sent que tout roule mal dans la vie de la famille Sénéchal-­Charbonneau. Les parents, séparés, en ont plein les bras avec leur fils autiste Éliot, qui nécessite toute leur attention. Et leur autre garçon, l’aîné, Logan, fraie avec des amis peu recommandables et tombe dans la délinquance. La disparition soudaine d’Éliot pourrait ressouder le clan comme il pourrait le faire éclater encore davantage.

Alerte Amber, la nouvelle série de 10 épisodes qui commence lundi à 21h à TVA, devrait en principe nous tenir sur le bout de nos chaises. Mais il manque aux premiers épisodes ce petit sentiment de panique qui habite le téléspectateur devant une série du genre. On ne sent pas tout à fait l’urgence de la situation, pourtant évidente. Peut-être parce qu’on nous donne dès le début tous les morceaux du casse-tête et qu’il n’y a pas vraiment d’élément de mystère, du moins en apparence.

J’ai aussi du mal à croire à cette équipe d’enquêteurs, spécialisée dans les disparitions. À côté de ceux de L’imposteur, de Victor Lessard et de District 31, les policiers d’Alerte Amber manquent un peu d’envergure. On met un temps fou à lancer l’alerte Amber, mais ce n’est pas inhabituel; pour en arriver là, il faut des preuves que l’enfant disparu est en danger.

Pour le reste, les acteurs sont excellents, en commençant par Madeleine Péloquin et Vincent Leclerc, dans les rôles de parents. Lévi Doré est particulièrement vrai en jeune délinquant suicidaire, qui s’est toujours senti négligé au profit de son frère autiste, une situation courante. Tout cet aspect est bien illustré, comme le fait que bien des couples de parents autistes finissent par se briser. Elijah Patrice-Baudelot se fera un nom avec le rôle d’Éliot, sans tomber dans la caricature.

L’affaire est confiée à l’équipe de Stéphanie Duquette (Sophie Prégent), chef de l’Escouade spéciale pour les personnes disparues. Celle-ci n’a plus droit à l’erreur après la découverte récente du corps d’une jeune fille. Son patron et ancienne flamme, Marc-André Bonenfant (Guy Jodoin), lui impose une pression indue, tout comme la presse, qui l’accuse d’incompétence. Julie Hivon, qui a écrit pour L’Échappée et O’, signe ici sa première série en solo. La réalisation est confiée à Stéphan Beaudoin, qui réalisait L’heure bleue.

Bref, Alerte Amber est meilleure que Le jeu, qu’elle remplace dans la case du lundi à 21h, mais souhaitons-­nous une bonne dose de suspense dans les prochains épisodes pour maintenir l’intérêt.