Télé et radio

La fin pour Formule Diaz

CHRONIQUE / On le sait : les magazines culturels ont une durée de vie très limitée à la télévision. Sébastien Diaz aura su durer neuf ans dans ce créneau à Télé-Québec, cinq à Voir et quatre à Formule Diaz. Mais voici qu’il annonce vouloir passer à autre chose à la fin de la présente saison en mars prochain.

«Je sentais que j’avais été suffisamment loin dans l’exploration de ce projet et qu’il était temps pour moi d’affronter de nouveaux défis», a-t-il écrit sur sa page Facebook. L’animateur ne quitte pas pour autant Télé-Québec. Il souhaite d’ailleurs que le magazine Format familial, qu’il coanime avec sa femme Bianca Gervais, soit renouvelé, précisant que la décision n’a pas encore été prise par le diffuseur. «On se croise les doigts», écrit-il.

Maintes fois récompensées aux Gémeaux, Voir et Formule Diaz ont permis à Télé-Québec de maintenir une case horaire culturelle durant neuf ans en format hebdomadaire, après plusieurs années de quotidiennes, notamment avec Les choix de Sophie. Formule Diaz obtient cet automne une moyenne de 45 000 téléspectateurs le lundi à 21h, et 49 000 pour les rediffusions. Des chiffres modestes, mais pas inhabituels pour ce type de programmation.

Avec la fin de Formule Diaz, y aura-t-il un magazine culturel à Télé-Québec en 2018-2019? Le directeur général de la programmation, Denis Dubois, répond qu’il est dans le mandat du diffuseur d’avoir du contenu culturel à son antenne, et qu’il y en aura. Sous quelle forme? Ça reste à définir.

De son côté, Sébastien Diaz affirme avoir plusieurs beaux projets sur la table, lui qui s’illustre également comme réalisateur, compositeur et producteur. La diffusion du Premier Gala de l’ADISQ à Télé-Québec, qu’il anime depuis deux ans, n’a pas encore été confirmée pour l’an prochain.

ON N’EST PAS COUCHÉ LE DIMANCHE

L’émission a beau s’intituler On n’est pas couché, il faut veiller bien tard pour voir l’intégrale de l’émission de Laurent Ruquier, à TV5 le samedi soir. À la demande du public, le diffuseur déménage le titre de France 2 à une heure plus décente, le dimanche à 19h, dès le 7 janvier prochain. Gros avantage : l’émission ne sera plus diffusée avec une semaine de retard, mais bien le lendemain de la diffusion en France, donc plus collée à l’actualité. Une alternative, mais pas un véritable compétiteur à Tout le monde en parle, qui commence une heure plus tard sur ICI Radio-Canada Télé.

TVA LARGUE LES GALAS JUSTE POUR RIRE

Après mûre réflexion, TVA a décidé de retirer définitivement les Galas Juste pour rire de sa grille horaire, mais de conserver Les gags et les spectacles d’humour dont il détient les droits. La diffusion des galas, interrompue depuis le scandale Rozon, devait originalement se poursuivre jusqu’à l’été 2018. En ce qui concerne Juste pour rire en direct, le talk-show présenté durant le festival, il n’était déjà plus question qu’il soit diffusé à TVA, le diffuseur n’ayant pas renouvelé son entente avec l’entreprise, avant le scandale.

LA VOIX JUNIOR FRÔLE LES 2 MILLIONS

La finale de La voix junior, remportée par Sydney Lallier de Granby, a attiré l’attention de 1997 000 téléspectateurs dimanche soir à TVA, comparativement à 2331 000 l’année dernière. L’émission de Charles Lafortune a rallié 52 % de l’auditoire disponible. Sur ICI Radio-Canada Télé, la présence de Guy Nantel à Tout le monde en parle a intéressé 979 000 curieux. Sur V, Occupation double Bali continue de captiver 559 000 irréductibles — malgré l’insupportable Joanie! —, et OD+ en direct, 158 000.

Télé et radio

Like-moi toujours plus

CHRONIQUE / Leurs très nombreux fans ont de 6 à 26 ans. Ils passent leur vie en représentation sur le Web, que ce soit sur YouTube, Instagram ou Snapchat. Même qu’ils gagnent leur vie avec leur image, et parfois fort bien. À leur contact, j’ai l’impression d’être un vieux grand-père à la retraite depuis 30 ans. On les appelle les influenceurs.

Pour une série documentaire de six épisodes d’une heure, Influenceurs, diffusée à VRAK à partir du mardi 28 novembre à 18h, la réalisatrice Émilie Gaudet et son équipe en ont trouvé six de 17 à 32 ans, très différents les uns des autres, mais qui ont en commun le désir d’être vu. Cinq filles et un seul gars, parce que oui, c’est surtout une affaire de filles, au Québec du moins. «Les gars suivent les filles, mais ne regardent pas les gars», dixit Elisabeth Rioux, 20 ans, qui gère sa propre ligne de maillots de bain, qu’elle exhibe à satiété sur Instagram.

La série aborde la chose avec bienveillance plutôt qu’avec mépris. Le producteur Jeffrey Wraight chez Zone3 trouvait qu’il avait un horaire chargé avant de voir celui de ces influenceurs. Malgré l’aspect futile de leur travail, il est vrai que les six personnages ne chôment pas. Tant d’heures à préparer leurs capsules, à fignoler leurs photos, à réunir des commanditaires, à communiquer avec leurs milliers de fans, à voyager de par le monde. Et à devenir de véritables entrepreneurs.

Dans le cas de Marc Fitt, c’est de 15 à 18 heures par jour. De son vrai nom Marc-André Bénard, le passionné d’entraînement physique, originaire de Saint-Eustache, est plus connu aux États-Unis qu’au Québec. Look de mannequin, gueule d’acteur, musculature parfaite. Faites une recherche sur Google et vous aurez droit à un mur de photos de lui torse nu, mettant en valeur ses muscles saillants. Mais Fitt dit s’entraîner pas tant pour les muscles que pour la discipline que ça lui impose. Peut-être. Et cette discipline, cette motivation, cette vision positive de la vie, il les transmet à ses centaines de milliers d’abonnés qui ont vu 43 millions de fois ses vidéos YouTube.

Payant, le job d’influenceur? Sur un babillard, Marc Fitt a affiché une photo de son compte de banque, qui contenait 154 000 $ en 2014. Monsieur visait déjà le million. L’argent et les abonnés Instagram, Facebook et compagnie, valent pour beaucoup dans l’évolution de bien des influenceurs. Son rêve ultime : s’acheter le sommet d’une montagne pour y installer une maison toute vitrée.

Au fait, ces influenceurs ont-ils une vie en dehors du Web et de leur téléphone omniprésent? Gloria Bella admet l’avoir laissé de côté durant une semaine, passée en pleine nature à se recentrer sur elle-même. «Une des meilleures semaines de ma vie», dit cette adolescente de 17 ans, youtubeuse depuis l’âge de 11 ans, qui parle à ses fans aussi bien de trucs de beauté que de relations amoureuses.

Le cas de Stéphanie Harvey, de Beauport, est particulièrement intéressant. Cette pro du jeu vidéo Counter-Strike se promène entre Québec, Mont­réal et Los Angeles, ralliant de 50 000 à 100 000 spectateurs, qui la regardent jouer en direct. C’est plus que la plupart des émissions de Télé-Québec et de toutes les chaînes spécialisées. Stéphanie vise très gros. Elle a un agent, l’ancien de Paris Hilton, qui négocie ses contrats et lui trouve de meilleurs cachets.

Les habitués de La voix reconnaîtront Alicia Moffet, de la troisième saison, qui poursuit sa carrière de chanteuse tout en menant sa propre entreprise de cosmétiques. On la verra rencontrer un agent à Los Angeles, où elle rêve de déménager. 

Enfin, la sixième est Pony, la plus marginale de tous, talentueuse artiste peintre et illustratrice, qui gère une boutique virtuelle de beaux objets très colorés, des verres aux sous-vêtements, en passant par les étuis de téléphones et les oreillers.

Bien qu’on brosse d’eux un portrait flatteur, tout n’est pas rose dans l’univers des influenceurs. La plupart mettent fin à leurs études, sans savoir ce qui les attend dans 5, 10 ans, un pari très risqué. Un enjeu entre Gloria et sa mère, qui souhaite qu’elle poursuive son éducation. Elisabeth avoue avoir plus de facilité à s’acheter une voiture qu’à se trouver des amis. Plus on expose sa vie privée, plus on s’expose aux critiques de trolls qui n’ont pas de vie. Il faut être blindé. Pour sa ligne de maillots, Elisabeth fait la promotion des différences corporelles. En même temps, elle s’expose sous son meilleur jour sur Instagram, retouchant ses photos à l’extrême, allant jusqu’à effacer les plis dans son maillot, de minuscules taches dans le visage de son amoureux et ses propres côtes, qui paraissent trop sur les photos. «Les gens vont dire que je suis anorexique.»

Le phénomène fort bien illustré dans Influenceurs soulève autant de questions que de fascination. On a là des êtres débrouillards, tenaces, qui se démènent pour gagner leur vie et transmettre leur passion. Mais il est légitime de se demander quel prix aura cette course à la célébrité et à la perfection.

Richard Therrien

SNL: même équipe et Magalie en prime

C’est confirmé: ICI Radio-Canada Télé ramènera SNL le temps d’une soirée, le samedi 6 janvier à 21h, en direct, avec l’équipe originale, dans un format de 90 minutes. De joyeuses retrouvailles, avant un possible retour plus régulier. Le titre: Le SNL de… Magalie Lépine-Blondeau avec notre Nadine nationale comme invitée spéciale, et Daniel Bélanger pour le volet musical.

Guy Villeneuve et Michel St-Cyr, qui avaient produit les neuf émissions de SNL Québec, en rêvaient, et la directrice générale de la Télévision de Radio-Canada, Dominique Chaloult, y réfléchissait depuis la fin de l’émission à Télé-Québec, il y a deux ans. Elle considère que le 6 janvier est une date parfaite pour programmer Le SNL de…. «Les gens sont disposés à regarder ce genre d’émission après tous les partys de Noël», croit-elle.

On a vu Magalie Lépine-Blondeau jouer la comédie dans Boomerang, mais ce sera l’occasion d’apprécier son talent comique dans un contexte de sketchs. «Pour moi, c’est de l’ordre du fantasme», admet la comédienne, qui suit beaucoup l’émission américaine. Si tout se confirme, elle devrait se rendre prochainement sur le plateau de Saturday Night Live à New York pour observer le travail des Américains et s’imprégner de l’ambiance de l’émission de NBC.

Fair-Play n’a pas eu de mal à renégocier les droits de l’émission mythique, puisque les producteurs là-bas ont beaucoup aimé la version québécoise diffusée à Télé-Québec en 2014 et 2015. Le SNL de… respectera le concept original, incluant Les nouvelles SNL, avec le duo Guillaume Girard et Mickaël Gouin. Paidge Beaulieu, le personnage de Katherine Levac, y fera-t-elle un retour? Pas forcément, mais seulement si c’est justifié et qu’on trouve «la» bonne idée pour la ramener.

Rassurez-vous, Phil Roy, Pier-Luc Funk, Katherine Levac et Virginie Fortin ne sont pas sur la photo mais sont de retour, avec Léane Labrèche-Dor et Mathieu Quesnel. Frappant de constater à quel point tous ces noms ont fait le plein de popularité depuis leur expérience à SNL Québec, un tremplin comme c’est le cas aux États-Unis. «Il fallait qu’ils soient tous là, c’était fondamental», ajoute Dominique Chaloult, qui les avait déjà ramenés une première fois dans Le nouveau show à ICI ARTV. Attendez-vous aussi à plusieurs caméos le 6 janvier. Ce serait l’occasion parfaite de voir Louis-José Houde, qui avait été du tout premier SNL Québec, rejoindre son amoureuse sur le plateau en direct. On peut toujours rêver.

Comme SNL fait de la parodie, l’équipe de création, pilotée par Josée Fortier, s’assurera de ne pas répéter ce qui aura été fait au Bye Bye, six jours plus tôt. On espère de bons textes de l’équipe d’auteurs, sensiblement la même, composée de Sébastien Ravary et Éric K. Boulianne, qui ont signé De père en flic 2, LeLouis Courchesne et David Michaël.

Pouvons-nous aussi rêver de revoir l’émission sur une base régulière? Dominique Chaloult ne rejette pas du tout l’idée, même qu’on la sent très favorable.

Télé et radio

ICI Tou.tv, huit ans plus tard

CHRONIQUE / ICI Tou.tv aura huit ans en janvier. Depuis 2010, Netflix lui fait la vie dure, comme à toutes les plateformes de vidéo en ligne, sans payer de taxes. Néanmoins, le nombre de visionnements sur ICI Tou.tv a augmenté de 30 % durant la dernière année, pendant que la télé, elle, a 18 % moins d’auditoire depuis le début de l’automne.

En huit ans, le contenu d’ICI Tou.tv s’est multiplié, concurrence oblige. La plateforme, qui dévoilait sa programmation mardi, offre pas moins de 25 webséries originales, dont sa plus fréquentée, L’âge adulte, de retour pour une deuxième fournée en avril prochain. La toute première websérie de son histoire, En audition avec Simon, reviendra le 27 février dans de nouveaux épisodes après une absence de six ans, aussi dans la section gratuite. Marc Labrèche, Guylaine Tremblay et Antoine Olivier Pilon passeront l’audition. Une curiosité parmi les nouveautés : Le band et Sébastien, une comédie prévue pour janvier avec Julien Lacroix en gagnant de concours de chant télévisé, en pleine déchéance, qui décide de sortir du moule de chanteur pop et propre qu’on lui a accolé.

Il n’y a pas si longtemps, pour un créateur, voir sa série disponible exclusivement sur Tou.tv était presque reçu comme une punition. «On est encore à expliquer aux producteurs qu’aller sur Tou.tv n’est pas un déshonneur. Au contraire, c’est une bonne affaire, ça crée un buzz», affirme la directrice générale de la télévision de Radio-Canada, Dominique Chalout. Elle cite le cas de Trop, offerte sur Véro.tv au printemps, avant d’arriver à la télé cet automne. «Ça n’a pas du tout nui à la diffusion télé, Trop attire en moyenne 733 000 téléspectateurs le lundi soir.» Une deuxième saison vient d’être tournée et arrivera en ligne au printemps. Trop est la série la plus visionnée sur Véro.tv, devant Les Simone et Les Morissette et moi.

La section Extra d’ICI Tou.tv, qui héberge Véro.tv, coûte toujours 6,99 $ par mois. À ce prix, les usagers ont le privilège de voir des épisodes de séries en primeur. J’admets que j’étais bien content de voir la finale de Faits divers une semaine avant sa diffusion à la télé. Vous pourrez en faire autant pour les trois premiers épisodes des Pays d’en haut dès le 7 décembre et de Lâcher prise dès le 12 décembre. Parmi les nouveautés internationales, je vois la quatrième saison de Sherlock et la série Masters of Sex, sur le duo de chercheurs Masters & Johnson, que j’ai beaucoup aimée.

Si l’on en croit Radio-Canada, Véro.tv va très bien. Même que ses usagers comptent pour 25 à 44 % de tout le trafic de l’Extra. Les nouveautés qui m’apparaissent les plus intéressantes sont Le bulletin, où des enfants de vedettes comme Mariloup Wolfe et Les Denis Drolet donnent des notes à leurs parents sur divers aspects de leur vie. Neuf épisodes à partir du 21 décembre. Puis en avril, une nouvelle fiction intitulée Papa épique avec Jean-Philippe Perras et Guillaume Cyr en pères au foyer. Aussi à surveiller : Une étape à la fois, sur l’évolution des rénos de la nouvelle cuisine de Marilou; Karaoké, où deux accros à ce loisir, Martin Proulx et Léane Labrèche Dor, parcourent la province à la recherche des plus passionnés; et Cheerleading, docu-réalité sur ce phénomène en croissance au Québec.

Véronique Cloutier conserve une présence sur sa plateforme, pour de nouvelles émissions de Rétroviseur, avec entre autres Guylaine Tremblay, Sophie Prégent, Stéphane Rousseau et Micheline Lanctôt. Il reste aussi un épisode de Les Morissette et moi, et une captation des Morissette en spectacle sera en ligne juste à temps pour Noël, le 22 décembre.

En rattrapage, District 31 est toujours la série la plus visionnée sur ICI Tou.tv, devant Unité 9, Les Simone, Mémoires vives et Olivier. Une deuxième saison de Cheval-serpent, réalisée cette fois par Rafaël Ouellet, sera mise en ligne l’été prochain sur l’Extra. Il était déjà prévu que Sylvain Archambault ne soit pas de retour derrière la caméra, en raison d’un conflit d’horaire.

TÉLÉ-QUÉBEC SE DÉBARRASSE DE HOUSE OF CARDS

Télé-Québec, qui avait annoncé en grandes pompes avoir fait l’acquisition de House of Cards, n’avait plus le choix et annule la diffusion de la série de Netflix, prévue à partir de janvier 2018. La décision était prévisible, étant donné les allégations de harcèlement sexuel à l’endroit de Kevin Spacey, qui ont jeté de l’ombre sur cette série maintes fois primée. Netflix a d’ailleurs interrompu le tournage de la sixième saison, qui devait être diffusée au cours de 2018. À Télé-Québec, on annonce que la cinquième saison de la série britannique SOS sages-femmes, présentée en primeur, occupera la case horaire prévue pour House of Cards, à partir du mardi 9 janvier à 21h. L’histoire ne dit pas si le diffuseur a perdu de l’argent en renonçant à diffuser la série, dont il avait acquis les cinq premières saisons. «En ce moment, nous évaluons nos options», répond Catherine Leboeuf aux communications.

Télé et radio

24CH devient une émission de jasette

CHRONIQUE / Je ne connais rien au hockey, mais quand je tombe sur la série 24CH à RDS, je reste toujours scotché. Une série bien faite, qui fait réellement voir l’équipe de l’intérieur. Mon intérêt risque toutefois de s’étioler avec la nouvelle formule, 24CH hors glace, qui commence samedi à 18h30 à RDS, et à partir du mercredi 22 novembre à 18h30, à Canal D.

Pour la sixième saison de 20 épisodes, oubliez le vestiaire des joueurs, on a choisi d’abandonner la formule docu-réalité pour en faire une demi-heure de jasette autour de rondelles d’oignon et d’ailes de poulet à la Taverne 1909 du Centre Bell. Marc Denis y reçoit deux joueurs du Canadien et une personnalité publique. Pour la première, on a jumelé Jonathan Drouin et Phillip Danault à l’humoriste Rachid Badouri. Et honnêtement, on n’apprend rien de bien transcendant.

Parmi les invités confirmés, Marc-André Grondin sera jumelé à Paul Byron et Torrey Mitchell, amateurs du film Goon. Louis Morissette, Chuck Hughes et d’autres y seront, et on tente d’arranger une rencontre entre Jay Baruchel et son ami Carey Price, à laquelle se joindrait Shea Weber. En plus d’être de la première, Badouri s’improvise 24e joueur du Canadien et fait des capsules d’humour avec un des invités, à raison de deux par semaine. Les premières avec Phillip Danault ne sont pas particulièrement drôles.

Pourquoi avoir abandonné l’ancienne formule des coulisses? Claude Julien aurait-il maugréé à l’idée de voir entrer des caméras dans son vestiaire? Pas du tout, jure le vice-président à la production de RDS, Domenic Vannelli. Julien a même vécu une expérience similaire à Boston. On considère seulement qu’après cinq saisons, un rafraîchissement de la formule s’imposait. Et on devine que ça coûte aussi beaucoup moins cher.

Il ne sera pas question de l’actualité du CH dans cette nouvelle formule, plusieurs émissions le font déjà. Mais si un joueur est échangé et que l’émission a déjà été enregistrée, c’est dommage, mais on la jette au panier. Comme pour le défenseur suisse Mark Streit, qui avait tourné des capsules avec Rachid Badouri, mais que l’équipe a soumis au ballottage.

RDS a aussi renouvelé 24CH le valet pour une troisième saison, disponible uniquement sur Télé Fibe à la chaîne TV1. Maxim Martin est de retour au volant, accompagnant les deux mêmes joueurs pour la première, Drouin et Danault, à bord d’une camionnette. Encore là, de la jasette sur tout sauf le sport, mais sur qui fait le lavage à la maison. Et on ne sort pas des lignes machos du genre : «Laisser traîner notre linge, c’est une façon de marquer notre territoire».

Ça tombe un peu mal, parce que l’intérêt pour le Canadien n’est pas à son meilleur. Même que la moyenne d’écoute a baissé les soirs de matchs, passant de 686 000 l’automne dernier à 527 000 cet automne.

SYLVAIN ARCHAMBAULT S’EN VA

Sylvain Archambault ne réalisera plus la série Mensonges. Visé par des allégations de harcèlement et d’inconduite sexuelle, il a finalement décidé de quitter la production, qui devra se trouver un nouveau réalisateur. Dimanche, sur sa page Facebook, le réalisateur reconnaissait avoir commis certains faits relatés dans l’article de La Presse, quelques jours après les avoir niés formellement. Dans ce même message, il s’excusait et demandait qu’on lui donne une seconde chance, avec l’intention de poursuivre son travail sur la série Mensonges. Visiblement, les choses ne se sont pas passées comme il l’espérait.

DEUX FINALES ENLEVANTES

Deux bonnes séries prenaient fin lundi soir. Une pour toujours, L’imposteur, et Faits divers, dont le retour est plus qu’incertain. Dans le cas de L’imposteur à TVA, je suis satisfait de la fin qu’a donnée le trio Piérard-Dansereau à son histoire. Ils m’ont bien eu, j’ai cru un instant à la véritable mort de Philippe/Youri (Marc-André Grondin). J’ai moins aimé la deuxième que la première saison, plus lente à démarrer. Mais j’attends déjà la prochaine série de ces auteurs. Je vais m’ennuyer de Faits divers, mon coup de cœur de l’automne sur ICI RC Télé, et de ses personnages hors du commun, particulièrement l’avocate Anne Dupuis (Marie-Ève Beaulieu), qui risque de passer une bonne partie de sa vie derrière les barreaux. Et si on lui donnait une série dérivée comme on l’a fait avec l’avocat de Breaking Bad aux États-Unis? Une deuxième saison de Faits divers est en développement, mais le retour n’est pas assuré.

CANAL+ À 10 DOLLARS

Il faudra débourser 10 $ par mois pour s’abonner à Canal+ International, en débrouillage pour un mois chez Vidéotron à partir de mercredi, aux positions 628 HD et 28 standard. Cette chaîne française relaiera les contenus les plus prisés du Groupe Canal+, dont les émissions Salut les Terriens! avec Thierry Ardisson et Touche pas à mon poste avec Cyril Hanouna. Le jour sera consacré aux 3 à 15 ans, on promet du cinéma français, du foot et rugby pour les amateurs, mais aussi des séries françaises, dont la comédie Catherine et Liliane. Enfin une chaîne française de plus, même si ce n’est pas donné. On espère que Bell, Cogeco et les autres distributeurs suivront.

LES MILLIONNAIRES DU DIMANCHE

Tout le monde en parle a renoué avec le million dimanche, ralliant 1119 000 téléspectateurs sur ICI RC Télé. TVA avait aussi trois titres millionnaires : La Voix junior (1781 000), Vlog (1043 000), et La vraie nature (1035 000), beau succès de l’automne, dont c’était la dernière avant les Fêtes.

RICHARD THERRIEN

Bye Bye Rozon

BLOGUE / L'image était parlante: Martin Petit, entouré d'une dizaine d'humoristes, qui lancent leur propre Festival du rire de Montréal. Une bande d'insoumis motivée qui prépare une petite révolution dans le monde de l'humour québécois. Michel Barrette, Marie-Lise Pilote, Maxim Martin et le plus drôle d'entre tous hier, Julien Lacroix. Il y en avait du monde sur le plateau de «Tout le monde en parle», dimanche.

En tout, une quarantaine d'humoristes ont déjà embarqué dans l'aventure avec Petit. Personne n'a dit non. Et pourtant, «fédérer des humoristes, c'est comme montrer des tours de magie à des chats», blague Martin Petit. Appuyé par la ministre Dominique Anglade et le Mouvement Desjardins, le projet semble solide. Pas encore de dates pour l'événement, mais une rencontre prévue lundi avec la ministre Mélanie Joly.

Comme plusieurs de ses collègues, Petit s'est senti trahi par Rozon, qui produisait sa série Les pêcheurs. Il lui a parlé au téléphone la dernière fois trois semaines avant la sortie du scandale. Et comme chaque fois, Rozon a terminé la conversation en lui disant: «Merci Martin pour ta confiance.» Quelle ironie. Petit a décroché de Juste pour rire en apprenant que Rozon allait vendre son entreprise au plus offrant. Pas question qu'il participe à ces enchères, s'est-il dit avec d'autres humoristes autour d'une bière. Le projet est né.

La valeur de Juste pour rire a sérieusement chuté depuis, mais ce n'était pas le but, plaide Réal Béland, qui voulait d'un festival partageant de meilleures valeurs. Il souhaite que les techniciens soient mieux payés et que les billets soient moins chers que pour Juste pour rire. «Si on met l'argent à la bonne place, je pense qu'on va réussir à le faire», dit-il. Cathy Gauthier, Les Denis Drolet, Phil Roy, Mike Ward et Louis-José Houde font aussi partie du collectif.

Seconde visite de Margaret Atwood sur le plateau de Guy A. Lepage, pour le nouveau roman C'est le cœur qui lâche en dernier. Un moment de grâce avec cette romancière d'une grande sagesse, à qui je décerne mon étoile du match. La Canadienne a surtout parlé de La servante écarlate, en raison du succès de la série, sur des femmes esclaves de fondamentalistes religieux. L'auteure s'est assurée que tout ce que raconte son histoire s'est déjà produit quelque part dans le monde. Une règle que devra suivre la deuxième saison, qui n'est plus son histoire, mais pour laquelle elle agit comme conseillère.

Elle admet que l'élection de Donald Trump a eu un effet sur l'équipe de tournage. «Rien n'avait changé dans la série, mais le contexte autour avait changé. La série allait être perçue autrement.» Le Prix Nobel de littérature lui a encore échappé. Assez pour la contrarier? Jamais. «Il faut comprendre ceci: les prix hommage pour l'ensemble d'une œuvre sont des jalons sur le chemin de la mort», répond-elle.

Pierre Thibault, Ricardo Larrivée et Pierre Lavoie ont eu à défendre leur Lab-École, décrié entre autres par les enseignants et les syndicats. Thibault affirme tout de même que le trio est accueilli à bras ouverts lors de ses passages dans les écoles. L'architecte souhaite des cours de récréation avec des arbres, des potagers, que «l'école soit l'endroit le plus attractif».

Valérie Plante n'allait certainement pas abandonner son sens de l'humour en entrant en politique. «On ne devrait pas se sentir coupable de sourire», affirme la première mairesse de Montréal. «Je pense que ça donne envie à ben du monde d'avoir du fun dans la vie!»

Bien sûr, le virage de Richard Bergeron, qui renie soudainement Denis Coderre, la fait sourire. «M. Bergeron est très flexible, idéologiquement parlant. C'est quand même assez drôle à voir.» Ce qui a inspiré à Martin Petit cette nouvelle expression: «Y'a juste Richard Bergeron qui change pas d'idée.»

Valérie Plante promet de ne pas augmenter les taxes, d'envoyer la Formule E au Circuit Gilles-Villeneuve, n'est pas contre le retour des Expos, mais demandera aux Montréalais s'ils sont prêts à payer. Et elle promet aussi d'éliminer ces chantiers inactifs durant plusieurs jours, qui ajoutent au stress des automobilistes.

Tâche ingrate pour Jonathan Roberge d'arriver après Margaret Atwood, avec les gags de son Petit Roberge un petit peu illustré, qu'il qualifie lui-même de «livre de jokes de toilettes». «Tu vas gagner un prix Nobol», a blagué Martin Petit. Ça ne riait pas beaucoup, avant que l'humoriste sorte ses blagues sur Tout le monde en parle, «un phare pour les radios de Québec, qui sont pendues à leurs lèvres le dimanche soir pour savoir sur quoi bitcher le restant de la semaine».

La toute discrète Jain a fait bon effet sur le plateau. La Française qui chante en anglais n'avait que 16 ans lorsqu'elle a écrit la chanson Come, dont la vidéo a été vue 70 millions de fois sur YouTube. Douée en graphisme, elle a finalement choisi de gagner sa vie avec la musique. Le second album s'en vient, toujours en anglais.

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Richard Therrien

Une Révolution s'annonce à TVA

CHRONIQUE / TVA parle d’«une variété de grande envergure» et du «plus grand événement de danse au Québec», rien de moins. Avec Révolution, la nouveauté du réseau prévue pour l’automne prochain, Danser pour gagner, que produira Julie Snyder cet hiver à V, et Les dieux de la danse, possiblement renouvelée à ICI Radio-Canada Télé, l’année 2018 sera celle de la danse à la télé.

Contrairement à Danser pour gagner, qui est une adaptation d’un concept de Warner, Révolution est 100 % québécoise, conçue à la fois par Québecor Contenu et Fair-Play. Vous me direz : qu’y a-t-il d’original à concevoir une compétition de danse, et de remettre le sort des candidats entre les mains d’un jury et du public?

D’abord, les candidats pourront participer en solo, en duo ou même en troupe, quel que soit leur âge, de 7 à 77 ans. «Ça peut être un couple de 70 ans qui fait du cha cha depuis 60 ans, une jeune ballerine de 7 ans, ou un jeune Billy Elliot de 15 ans. C’est large», explique la productrice au contenu, Marianne Boulet, chez Fair-Play. Puis, l’émission comptera sur une technologie bien spéciale, qui permettra de voir la danse sous tous ses angles, d’où le titre Révolution. La production reste encore mystérieuse sur cette nouvelle technologie, mais elle sera la marque de commerce de l’émission, au même titre que les fauteuils qui tournent le sont à La voix.

Trois grosses pointures de la danse composent le jury, qu’on appelle «les Maîtres», à commencer par le plus célèbre, l’explosif Jean-Marc Généreux, ancien chorégraphe de So You Think You Can Dance et juge de la version canadienne. Les deux autres sont Steve Bolton, qui est derrière le succès québécois des comédies musicales Footlose et Mary Poppins, et qui a oeuvré entre autres sur America’s Best Dance Crew, le format qu’a acquis Julie Snyder pour V; et Lydia Bouchard, éminente chorégraphe des spectacles de la Série Hommage du Cirque du Soleil, et qui a travaillé avec Robert Lepage sur La damnation de Faust.

D’une dizaine de semaines, la compétition se déroulera en trois étapes, ce qu’on appelle dans le jargon de la télé un format non linéaire. D’abord, les auditions devant les juges. Puis, des face à face. Et enfin, les meilleurs s’affronteront lors des trois dernières émissions, en direct. À chaque étape, les candidats pourront s’appuyer sur des professionnels du monde de la danse pour tenter d’accéder à la suivante. Ce sera au public d’élire son ou ses préférés parmi les finalistes. Chaque émission aura une durée de 90 minutes.

Chronique

Go go go! Une autre série sur le hockey

CHRONIQUE / Quoi, une série sur le hockey qui n’est pas Lance et compte? Attendez-vous à un changement radical avec Demain des hommes, nouvelle série de fiction sur de jeunes espoirs du hockey de 16 à 20 ans. Déjà, on passe de Réjean Tremblay à Guillaume Vigneault, plus connu pour ses romans, qui baignent dans un tout autre univers.

L’œuvre de 10 épisodes d’une heure sera offerte au printemps sur l’Extra d’ICI Tou.tv, avant d’apparaître à la télé. L’équipe de Melenny, qui est notamment derrière Les Boys, tourne depuis trois jours sur la Rive sud de Montréal, mais l’histoire est campée dans la ville fictive de Montferrand. Comme Jos Montferrand, de la chanson de Gilles Vigneault, le père de l’auteur. Une ville qu’on pourrait comparer à l’importance de Saguenay, avec son propre quotidien, ses stations de radio.

Après avoir travaillé ensemble pour le film Tout est parfait, Guillaume Vigneault et le réalisateur Yves Christian Fournier (Blue Moon) se retrouvent pour cette série. Le duo s’était perdu de vue, mais une rencontre dans un bar a ravivé leur désir de travailler ensemble. Fournier a aussitôt embarqué dans l’histoire de Vigneault et l’intériorité de ses personnages.

Les Draveurs de Montferrand font partie de la Ligue de hockey junior élite, aussi fictive. On aurait bien voulu emprunter le nom de la vraie Ligue de hockey junior majeur du Québec, mais on a reçu un refus de l’organisation, qui ne souhaitait pas donner cette image. Demain des hommes n’est pas une série à la Walt Disney, prévient son réalisateur. Oui, les joueurs boiront de l’alcool, comme dans la vraie vie. Et bien sûr, certains joueurs défieront le couvre-feu et courront les filles. «Si tout le monde se couche à 11h, c’est plate!» lance Guillaume Vigneault, qui trouve qu’on ne voyait pas assez de hockey dans nos fictions.

CHRONIQUE

Marie-Ève Beaulieu, l’avocate au congélo

CHRONIQUE / Certains la découvrent, d’autres savent qu’ils l’ont vue quelque part, plusieurs la retrouvent avec plaisir. Mais où était donc Marie-Ève Beaulieu, si convaincante dans le rôle de l’avocate folle dingue Anne Dupuis dans Faits divers, l’un des personnages les plus flamboyants de l’automne télévisuel?

Originaire de Cowansville, dans les Cantons-de-l’Est, la comédienne a tenu plusieurs rôles après sa sortie du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 2004, à la télé dans Minuit, le soir, Les hauts et les bas de Sophie Paquin et Virginie, où elle a été durant deux saisons la sœur de la deuxième Virginie, Stella Charest, vivant avec une déficience intellectuelle. Puis, silence radio de cinq ans, une éternité dans la carrière précaire d’une actrice.

Ce rôle dans Faits divers, l’actrice de 36 ans l’attendait donc depuis longtemps. Tellement qu’elle en était presque à se demander si le métier voulait encore d’elle. «Durant ces cinq années, je sentais quand même que ça pouvait changer, parce que je passais des auditions. Chaque fois, je sentais que ça passait proche. Je ne lâchais pas», dit-elle.

Puisqu’il fallait gagner sa vie, elle a tout essayé et tenté de travailler comme serveuse. «Même pour ça, on ne me prenait pas. Là où j’allais, les gens me reconnaissaient, me disaient qu’ils m’aimaient, mais en bout de ligne, ne m’engageaient pas. Je me disais : ‘‘Coudonc, je suis vraiment mal barrée!’’ Tu vois dans l’œil de l’autre qu’il ne comprend pas pourquoi je ne travaillais pas dans mon domaine.» Puis, elle a travaillé dans des garderies, enseigné le théâtre aux enfants et même eu un emploi de vendeuse dans une boutique de vêtements. Avant de décrocher enfin ce rôle en or. 

Tout un numéro que cette Anne Dupuis, avocate véreuse et névrosée, doublée d’une psychopathe improvisée, qui dissimule sa victime dans un congélateur. Un personnage très physique, toujours dans l’action, qui court partout. Pensons seulement à cette scène où Anne Dupuis doit soulever le cadavre avec son tracteur. Ou cette autre, où elle doit le déterrer pour en prélever un échantillon. «Je me sentais comme à Fort Boyard! C’était plutôt amusant», confie la comédienne. Ce sont pourtant les scènes de confrontation avec Mike Pratt (Fabien Cloutier) qu’elle a trouvées les plus complexes à jouer.

Un rythme exigeant, mais stimulant pour l’actrice, qui a dû tourner 75 scènes en à peine 15 jours. «J’avais des journées énormes. Les choses déboulent, t’es en mission et t’as pas le temps de ressortir la tête entre chaque scène. Mais j’ai fait ça avec une joie immense, en me disant que je ne savais pas combien de fois ça pouvait passer dans une vie, un rôle comme celui-là.»


Chronique

Des Jeux et District 31

CHRONIQUE / Jour et nuit, les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang en Corée du Sud occuperont tout l’espace à ICI Radio-Canada Télé, 9 au 25 février 2018, dans 100 jours plus exactement. Tout l’espace, ou presque : les accros de District 31 auront droit malgré tout à leur drogue quotidienne. Mais il faudra se river plus tôt à son écran, à 18h30, ou bien programmer son enregistreur.

D’autres rares émissions seront maintenues à l’antenne, dont Entrée principale et Silence, on joue! en semaine, de même que Le téléjournal du midi et de 18h, en version de 30 minutes. Pour le reste, 500 heures de programmation olympique tapisseront les grilles horaires d’ICI Télé et de RDS, partenaire de diffusion. La LNH n’est plus là, mais quatre nouvelles disciplines sont prévues, dont la spectaculaire planche à neige grand saut ou «big air».

Si Radio-Canada en est à ses 21es Jeux, Marie-José Turcotte, elle, couvre ses 15es. La chef d’antenne principale, de 19h à 1h, sera suivie de Diane Sauvé, Guy Daoust et Martin Labrosse. Le décor donnera une vue splendide sur la tour de saut à ski, au cœur de la montagne. Le studio n’est pas encore construit, mais pas de panique, on est en avance sur l’échéancier, assure-t-on.

La première directrice des sports et de la production olympique, Catherine Dupont, affirme que le décalage horaire de 14 heures est plus avantageux qu’on le pense pour nous. Les compétitions en matinée là-bas nous parviendront en soirée, alors que celles du soir en Corée, en matinée ici. Des 20 à 22 heures quotidiennes de retransmission, 15 heures seront en direct.

La période creuse de l’après-midi chez nous sera occupée par Alexis de Lancer, qui ne sera non plus sur la plage comme à Rio, mais sur le terrain, dans la froidure hivernale coréenne. L’équipe compte un atout majeur en la personne du volubile Laurent ­Duvernay-Tardif, des Chiefs de Kansas City. Le charismatique footballeur s’intéressera aux athlètes de près.

Animateur pour la 15e fois aux Jeux olympiques, Claude Mailhot sera seul chef d’antenne à RDS, alors que Radio-Canada en a cinq. RDS, RDS2 et RDS Info se partageront la retransmission des compétitions. TVA Sports, qui était dans le pool de diffusion à Sotchi mais pas à Rio, n’est toujours pas impliqué, et ne le sera pas plus pour les prochains Jeux, puisque le partenariat entre ­Radio-Canada et RDS vaut jusqu’en 2024.

La vive tension entre Donald Trump et le chef nord-coréen Kim Jong-un n’inquiète pas outre mesure l’équipe réduite de télévision qui se rendra là-bas. Marie-José Turcotte, qui avait couvert les Jeux de Séoul en 1988, se souvient que le centre de diffusion était déjà protégé par des militaires armés de mitraillettes, et qu’on devait passer par un détecteur de métal pour y entrer, à une époque où ce n’était pas courant comme aujourd’hui. «C’est un pays beaucoup plus militarisé que le nôtre», rappelle la chef d’antenne, en plus de souligner qu’un plan d’urgence est prévu, en cas de véritable menace.

Le directeur général de la production à Radio-Canada, François Messier, affirme que le diffuseur ne mettra pas les vies de ses employés en danger, et croit improbable l’idée d’attaquer le centre de diffusion. «C’est probablement l’endroit le plus sécuritaire. Ils savent que les images partent de là pour le reste du monde.»

M. Messier croit que la décision de la LNH de ne pas envoyer ses joueurs à Pyeongchang permettra à Radio-Canada et RDS de mettre la lumière sur des athlètes olympiques souvent éclipsés par le hockey. «Érik Guay va skier un samedi à 21h à notre heure, donc en prime time», souligne-t-il. «Pensez-vous réellement que les gens ne seront pas intéressés de voir Alex Harvey, même s’il ne porte pas des patins mais des skis?» demande Claude Mailhot. N’empêche, c’est le hockey qui récoltait les meilleures cotes d’écoute aux Jeux par le passé.

Les bonnes performances des athlètes canadiens dans la dernière année en championnats du monde font espérer le meilleur pour Pyeongchang. Marie-José Turcotte se mouille et nous prédit au moins 25 médailles, le score de Sotchi.

D’une extraordinaire efficacité lors des derniers Jeux, l’application mobile rendra disponible plus de 2500 heures de compétitions en direct, et des résumés pour ceux qui ne veulent pas se taper l’intégrale d’une épreuve.

Olivier : des adieux très suivis

Olivier a fait ses adieux à 761 000 téléspectateurs lundi soir à ICI Radio-Canada ­Télé. C’est 200 000 de plus que L’imposteur – la suite, qui en a conservé 558 000 à TVA. Plus tôt, Boomerang gagnait haut la main à 858 000 contre 512 000 pour Trop. L’échappée (1 014 000) maintient son avance sur Faits divers (416 000).

Coup de foudre adaptée dans quatre pays

Beau coup pour Media Ranch, qui vient de vendre les droits de l’émission Coup de foudre au groupe Banijay, une importante société française de production et de distribution de contenus. Après cette entente conclue au Mipcom à Cannes, l’entreprise compte ainsi créer des matchs parfaits en Australie, en France, au Danemark et en Italie, où seront produites différentes adaptations de l’émission. Animée ici par Mathieu Baron, en semaine à 17h30 sur V, la nouvelle mouture de l’émission en est à sa deuxième saison à V. 

Jusqu’ici produite par Salvail & Co, Coup de foudre appartient exclusivement à Media Ranch, qui a racheté avec Vivianne Morin l’entreprise d’Éric Salvail. Cette nouvelle entité prendra la relève à la production, si l’émission était renouvelée. Coup de foudre est un concept 100 % québécois, créé par René Ferron et diffusé de 1988 à 1993 à TQS. Une histoire de famille, puisque M. Ferron est le père de Sophie Ferron, présidente de Media Ranch.