Télé et radio

Dans l’engrenage de Fugueuse

CHRONIQUE / Fugueuse, la nouvelle série de TVA, illustre bien comment tout peut basculer du jour au lendemain pour une adolescente au portrait familial presque parfait. L’œuvre de 10 épisodes d’une heure, sur l’exploitation sexuelle des jeunes filles, affrontera Les pays d’en haut le lundi à 21h, dès le 8 janvier 2018.

TVA souhaite faire œuvre utile avec ce sujet très d’actualité, comme il l’a fait pour les jeunes et l’alcool au volant avec Pour Sarah, du même trio, composé de l’auteure Michelle Allen, le réalisateur Éric Tessier et le producteur Louis Bolduc chez Encore Télévision. Fugueuse, une idée originale de Québecor Contenu, risque en effet d’interpeller bien des gens, particulièrement les parents d’adolescentes, et de provoquer des discussions dans les chaumières. Parce que ça peut arriver à tout le monde.

Pas besoin de vivre une situation familiale difficile pour être attiré par ce que font miroiter les prédateurs aux victimes. Fanny (Ludivine Reding), 16 ans, vit avec sa famille dans une maison de banlieue, avec son père Laurent (Claude Legault), sa mère Mylène (Lynda Johnson), son frère Mathias (David Poirier) et sa petite sœur Anabel (Mayssa Resendes). Une famille normale, qui n’a ni plus ni moins de problèmes que les voisins.

Mais Fanny veut plus. Plus d’argent, plus de liberté. Quand les sous lui manquent pour accompagner son chum Fred et ses deux meilleures amies à New York, la frustration s’empare d’elle. Son adorable grand-mère Manon (Danielle Proulx) accepte de lui prêter l’argent, mais son père le lui refuse catégoriquement. Par un concours de circonstances, Fanny décide de quitter sa chambre, alors plongée dans un monde attirant, les belles fringues, les beaux gars, les belles voitures, le traitement VIP.

CHRONIQUE

Des Olivier qui font du bien

CHRONIQUE / Après un automne à forte odeur de scandale, les humoristes avaient besoin de rire et de nous faire rire dimanche soir au 19e Gala Les Olivier. Et on a ri. Beaucoup. Une soirée qui a couronné en toute fin Mariana Mazza, restée assise jusque là malgré cinq nominations, donnant une des seules touches féminines à la liste des gagnants.

Chapeau à François Morency, qui a offert un gala sans reproches, dans des circonstances pas évidentes, on le sait. L'animateur a donné le ton dès le début, avec un numéro d'ouverture dont chaque ligne a suscité les rires dans la salle. Particulièrement lorsqu'il a commenté les photos de Noël d'humoristes alors qu'ils étaient enfants. «Korine Côté ou sa tante Gilberte, c'est dur à dire.» «Laurent Paquin juste avant qu'il fonde Microsoft.» «Ça c'est en noir et blanc, donc c'est Michel Barrette. À gauche Michel, à droite La Bolduc.»

Morency, qui doit toujours composer avec les controverses, a jalousé Louis-José Houde, «dont le seul scandale en 10 ans a été Safia Nolin qui met un t-shirt». Un message à Guillaume Wagner, bientôt papa, en référence à sa sortie contre Martin Matte qui fait de la pub: «Si tu te cherches des couches pas chères, Maxi, ben oui, Maxi.» Il n'a pas fait de gags sur les agressions, préférant utiliser ce moment pour saluer les victimes qui ont dénoncé leurs agresseurs.

Richard Therrien

Gala Les Olivier: la fête malgré tout

CHRONIQUE / François Morency a animé 20 galas dans sa vie, que ce soit Juste pour rire, le Gala Artis. Il en a vu d’autres, a dû animer les Olivier de l’an dernier en pleine polémique impliquant Mike Ward et Guy Nantel, qui se disaient muselés. Jamais il n’aurait pensé qu’un autre événement pourrait battre ça en matière de controverse.

Entre le scandale Rozon, les chicanes entre humoristes et l’affaire Guy Nantel, il a bien l’intention que les spectateurs du 19e Gala Les Olivier passent une bonne soirée et sortent avec le sourire. Dimanche à 20h sur ICI Radio-Canada Télé, ce sera l’occasion idéale de décompresser, autant pour le milieu que pour le public, après un automne chargé en émotions.

Avec une controverse qui n’attendait pas l’autre, Morency admet que la préparation de ce Gala Les Olivier, son troisième, n’a pas été de tout repos. «Cette année, j’ai trouvé ça plus difficile de trouver le plaisir là-dedans. Je serais très hypocrite de dire le contraire. J’ai une équipe extraordinaire, la même que l’année passée. Mais il y a vraiment des réunions de production où on se disait : ‘‘Sérieux?’’», m’a confié l’humoriste, lui-même en nomination pour l’Olivier de l’année. Dans cette catégorie, l’animateur affronte Louis-José Houde, Philippe Laprise, Martin Matte, Mariana Mazza, Dominic Paquet et Laurent Paquin.

François Morency l’a déjà dit : il compte évacuer la question de Gilbert Rozon dès les premières minutes du gala. Mais pas question d’en faire le thème de la soirée. «Pour créer une ambiance festive, le mot rassembleur n’a jamais été aussi pertinent. C’est ma job ce soir-là.»

Avant l’éclatement des affaires Salvail et Rozon, l’équipe du gala avait déjà écrit un numéro inspiré de la série de dénonciations contre Harvey Weinstein aux États-Unis. On aurait pu le jeter au panier, on l’a au contraire conservé. Il sera livré par deux présentateurs dimanche. «L’histoire de Gilbert Rozon n’a en soi rien de drôle. On parle d’accusations très sérieuses d’agressions sexuelles. Les témoignages sont d’une lourdeur épouvantable. Ce ne sont jamais les événements qui sont drôles, c’est ce qui se passe autour et les interprétations qu’en font les gens. L’alcoolisme, il n’y a rien de drôle là-dedans. Mais il y a combien de personnages saouls qu’on a vus dans nos séries et qui nous font rire? C’est la preuve que si on a le bon angle, on peut arriver à faire quelque chose qui se tient.»

Télé et radio

Face au mur : et quel mur!

CHRONIQUE / En 22 ans de métier, j’en ai vu des plateaux de télévision. Sur celui de «Face au mur», le nouveau grand jeu de TVA, je me sentais comme un enfant qui entre à Disney World. Hallucinant est le seul mot que j’ai trouvé en voyant ce gigantesque mur, pièce maîtresse de cette adaptation d’un concept américain, «The Wall», qui fait fureur sur NBC depuis un an, et exporté dans une douzaine de pays.

À TVA, seul le studio G pouvait contenir ce mastodonte, qui a la taille d’un immeuble de quatre étages. Encore qu’il a fallu décrocher des pièces du plafond pour que ça entre. La construction de cette réplique du mur original est entièrement québécoise. On s’est d’ailleurs inspiré des murs des adaptations américaine, française et polonaise, auxquelles on a ajouté des écrans incrustés au plancher et une caméra aérienne. Rien de trop beau.

«Au début, j’avais le mal de mer sur le plateau», m’a confié l’animatrice Maripier Morin, en m’invitant à vivre l’expérience d’en bas, à moins d’une semaine du début des enregistrements. À l’émission pilote, quand il fut question d’Alcatraz dans une question, elle a vu les flots de la baie de San Francisco s’ouvrir sur les écrans au sol devant elle. Assez pour étourdir l’animatrice, dont la carrière ne cesse de prendre de l’ampleur.

Face au mur prendra la relève de Lâchés lousses dans la case du mardi à 19h, dès le 23 janvier prochain. Les participants, qui viennent en duos, ne sont pas là par hasard, mais ont été sélectionnés pour leurs accomplissements. «Des gens d’exception qui se sont démarqués par leurs bonnes actions», résume la directrice principale chaînes et programmation du Groupe TVA, Suzane Landry. Ça peut être un duo d’enseignants qui ont le feu sacré, impliqués dans de nombreux projets, ou encore des gens qui ont parrainé une famille de réfugiés syriens venus s’installer au Québec. «On veut inspirer les gens à faire une différence autour d’eux», explique Maripier Morin.

Pour accumuler de l’argent, les participants doivent répondre correctement à des questions de connaissance générale, jouer de stratégie et compter sur le hasard. Le mur est construit un peu sur le principe du Plinko, un des jeux les plus populaires de The Price is Right. Au lieu des pastilles, ce sont des balles qu’on laisse tomber au sommet du mur, et qui atterrissent dans une des 15 cases contenant des montants d’argent, de 1 à 200 000 $. Si la réponse est bonne, les balles deviennent vertes et on empoche, sinon, tout devient rouge, et on perd de l’argent. Plus d’un million de dollars peuvent être attribués chaque semaine.

Cinq questions sont posées dans la première manche. Dans les deux suivantes, les duos sont séparés, un devant le mur, l’autre est isolé. Tout se joue dans la troisième manche, alors que le candidat dans la cabine insonorisée doit décider s’il signe ou s’il déchire le contrat, sur lequel apparaît un montant d’argent garanti. Et ce, sans savoir s’il a répondu correctement aux questions, et combien d’argent a été accumulé. «Le mur peut tout donner, mais aussi tout reprendre», résume Maripier Morin, dont le frère Mathieu tourne les vidéos de présentation des candidats.

L’émission est coproduite par TVA Productions et Deux L Productions (Nathalie Laberge et Jean-Marc Létourneau), en collaboration avec Québecor Contenu. Il a fallu 12 semaines et l’expertise de Scène Éthique, Softbox et des ateliers scéniques de TVA pour construire et monter ce mur, qui nécessite 9 millions de lumières LED. Quinze caméras nous retransmettront sa magie, dont une au plafond offrant une vue à donner le vertige.

Comme elle ne croyait jamais faire du cinéma, Maripier Morin n’avait pas planifié animer un jeu télévisé un jour. Mais c’était elle que voulait TVA. Par insécurité, elle n’était d’ailleurs pas certaine d’être la personne désignée pour animer l’émission. «Je me trouvais trop jeune. J’avais peur de brûler des étapes, et je me disais que ce show-là revenait plutôt à quelqu’un qui avait du métier. Aujourd’hui, je suis convaincue que c’est moi qui devais l’animer.» Elle croit que son empathie et son exubérance sont ses meilleurs atouts pour cette expérience.

Contrairement à d’autres jeux, les participants ont le choix de conserver l’argent pour eux ou de le remettre en tout ou en partie à des œuvres de bienfaisance. Porte-parole de la Fondation des étoiles, Maripier Morin souhaite créer un mouvement de générosité à travers l’émission. «Si jamais le mur décide de ne pas être généreux avec les duos, j’ai l’impression que les gens vont vouloir compenser en faisant des dons pour leurs œuvres.»

Autant le jeu est excitant, autant il peut être cruel et laisser les participants repartir avec rien du tout. «C’est comme une série dramatique, avec des courbes émotives hyper intenses. À la fin, c’est l’euphorie ou le scénario catastrophe!»

Télé et radio

Julie aux Enfants de la télé: une heure trop courte

CHRONIQUE / Je la réclamais depuis des années : Julie Snyder est une mine d’or à elle seule pour Les enfants de la télé. L’occasion a enfin lieu mercredi à 20h, alors qu’André Robitaille et Édith Cochrane lui consacrent toute l’heure sur ICI Radio-Canada Télé. Après l’avoir visionnée, j’avoue que j’en aurais pris le double.

L’équipe de recherche a fait un travail remarquable, mêlant savamment des extraits qu’on attendait et qu’on voulait revoir, à d’autres séquences complètement inattendues. Comme cet extrait de 13-16, au canal communautaire de Vidéotron, où Julie était chroniqueuse à 16 ans. Son complice dans tous ses plus grands projets, Stéphane Laporte, passe une bonne partie de l’heure autour de la table.

Presque tout un segment porte sur Star Académie, avec Wilfred LeBouthillier en studio. On raconte cette nuit où Julie est allée lui annoncer au beau milieu de la nuit qu’il avait été choisi, et que sa mère croyait que quelqu’un voulait défoncer la porte. Même qu’une arme est impliquée dans l’histoire. «J’peux pas croire que tu vas dire une affaire de même à tivi!» s’exclame le premier gagnant de Star Académie. Et cette finale de 2009, où René Angélil a fait très peur à Julie au moment d’ouvrir l’enveloppe.

Parmi les invités inattendus, Marguerite Blais, qui fut jadis vedette de la télé avant de devenir ministre, et qui avait donné sa chance à Julie à TQS. Je croyais connaître la carrière de la démone par cœur, mais j’avais oublié qu’elle faisait des apparitions à Top jeunesse avec Roch Voisine, aussi en studio. Et avec Normand Brathwaite, on verra qu’avant L’enfer, Julie parlait de sport à Beau et chaud. Ce fut de courte durée.

Bien que Julie ne soit plus «l’intervieweuse officielle» de Céline, on ne pouvait pas faire abstraction du lien qui les a unies si longtemps. On les revoit en ski nautique à L’été indien, un «beau et triste souvenir» pour Julie, témoin des derniers moments de joie de René Angélil ce jour-là. Par contre, à aucun moment, vous ne verrez Pierre Karl Péladeau dans l’émission. Et honnêtement, je ne vois pas comment il aurait pu en être question, tant la situation est délicate. On comprend parfaitement.

Certains extraits marquants du Poing J n’y sont pas, mais ont été gardés pour l’émission «jamais vu» du 10 janvier prochain. Comme la fameuse entrevue où Julie, furieuse, tente d’arracher le micro du jovialiste André Moreau, qui affirme qu’«une caisse de condoms ne vous empêchera jamais d’attraper une maladie». Et cette autre, où l’acteur Vincent Cassel, mécontent qu’on le questionne sur sa relation avec Monica Bellucci, profite de la pause pour quitter le plateau.

Visite éclair de Maripier Morin, beauté du Banquier durant cinq ans. TVA, qui produisait l’émission avant d’y mettre fin la saison dernière, a fourni l’extrait sans problème. D’ailleurs, je remarque qu’on voit assez souvent des extraits de TVA à l’émission. Celui de la semaine dernière avec Mitsou qui chante en tenue trop sexy devant des enfants à De bonne humeur, est l’un des plus drôles que j’ai vus aux Enfants de la télé. Et la réaction de la chanteuse en studio valait 1000 $.

La semaine prochaine, le 13 décembre à 20h, on propose une spéciale de deux heures Les vrais enfants de la télé, avec des invités qui ont grandi à l’écran, dont Louise Marleau, Guillaume Lemay-Thivierge et Sophie Nélisse. Dès janvier, Virginie Fortin prendra la relève d’Édith Cochrane durant son congé de maternité, aux côtés d’André Robitaille, à qui on consacrera aussi toute une émission, alors qu’il ne s’y attendait pas du tout. L’animateur de cette spéciale : Pierre-Yves Lord.

CANAL+: OÙ SONT LES HORAIRES?

Plusieurs lecteurs me l’ont signalé : les abonnés de Vidéotron n’ont accès que partiellement à la grille-horaire de la chaîne française Canal+ International, disponible depuis le 15 novembre aux positions 628 en haute définition, et 28 en format standard. Ils tombent le plus souvent sur la mention «À communiquer» dans leur guide horaire à l’écran, et la grille n’est disponible nulle part sur le Web. Un irritant si on veut s’intéresser à cette chaîne, débrouillée pour un mois seulement. Sachez que Vidéotron n’y est pour rien. Mélanie Mingotaud, de Communications Mingotwo, reconnaît la situation, reliée à «des problèmes techniques de fichiers», m’écrit-elle. Du côté de Vidéotron, on nous dit que «l’équipe de Canal+ travaille actuellement à nous fournir les fichiers nécessaires pour compléter notre guide horaire. Dès que nous les recevrons, nous les ajouterons à nos systèmes sans tarder.» Espérons que ce soit avant que la chaîne devienne payante, le 15 décembre.

RICHARD THERRIEN

«House of Cards»: une sixième saison avec Robin Wright en vedette

BLOGUE / Netflix confirme que le tournage de «House of Cards» reprendra au début de l'année 2018, sans Kevin Spacey. Le personnage de Claire Underwood, joué par Robin Wright, devient donc l'héroïne de la série.

Il y a quelques semaines, des membres de l'équipe réclamaient qu'on reprenne le tournage de la série. Les scénaristes ont depuis trouvé le moyen de remanier leur histoire pour permettre une sixième et dernière saison de huit épisodes. Curieux de voir comment ils évacueront le personnage de Frank Underwood.

Le tournage de House of Cards avait dû être interrompu au début novembre en raison des allégations d'inconduites sexuelles reprochées à la vedette de la série, Kevin Spacey. Chez nous, Télé-Québec a par la suite annoncé qu'elle retirait la série de sa grille d'hiver.

Spacey, qui devait jouer dans le prochain film de Ridley Scott, All the Money in the World, a depuis été remplacé par Christopher Plummer.

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Chronique

Cette colère qui gronde

CHRONIQUE / Tout le monde a une opinion, partout, tout le temps. Et qui passe trop souvent par la violence verbale. Il en a été souvent question, dimanche, à Tout le monde en parle. Une émission dans laquelle il devait aussi être question d’intimidation et de suicide, sujets qui ont dû être évacués pour des raisons d’enquête en cours.

Pour cette dernière avant les Fêtes, l’étoile du match va sans hésitation à Catherine-Anne Toupin, aussi éloquente que passionnée. La Shandy d’Unité 9 s’inquiète de la surabondance d’agressivité et de défoulement dans l’espace public. «On a perdu le contrôle sur le discours ambiant. J’ai l’impression qu’il y a une violence qui est en train de s’immiscer de manière pernicieuse partout dans nos vies.» L’actrice et dramaturge parle d’«un magma dangereux, qui nous change collectivement et individuellement.»

La réaction négative des téléspectateurs à la colère de Marie Lamontagne dans Unité 9 lui a inspiré sa prochaine pièce à La Licorne, La meute, précisément sur la colère, et réservée à un auditoire de 16 ans et plus. «Ça prend une certaine maturité pour digérer tout ça», admet l’auteure, encensée par la critique britannique pour sa pièce Right Now, adaptée depuis dans plusieurs pays.

Appelant à une certaine prudence, la comédienne a néanmoins défendu le choix de l’équipe d’Unité 9 de montrer la violence telle qu’elle est dans la scène du double viol de mardi dernier. La série se déroule en milieu carcéral, où des femmes sont victimes de violence. «Pour rendre justice à ce milieu-là, on n’a pas le choix [de le montrer]», croit-elle.

Non seulement François Morency n’évitera pas l’affaire Gilbert Rozon au Gala Les Olivier dimanche prochain, mais il compte arracher «le Band-Aid» dès le numéro d’ouverture. «Il y aura un éléphant dans la pièce, il faut que je le tue vite», dit-il. L’humoriste, qui devait animer le prochain gala hommage au Festival Juste pour rire, espère que l’entreprise sera vendue «au PC». «Je ne vois pas comment ils peuvent faire un festival comme on a toujours connu.»

Une question qu’on lui pose beaucoup, à travers toutes les chicanes et controverses du milieu: «Eille les humoristes, pouvez-vous juste faire des jokes?» Il a écrit cinq épisodes d’une série inspirée de son livre Discussion avec mes parents, dans laquelle il jouerait son propre rôle, mais qui reste à l’étape du projet.

Dans la portion consacrée à Patrick Bourgeois, décédé la semaine dernière à 55 ans, il a beaucoup été question de son sens de l’humour, qu’il a cultivé jusqu’à la fin. Son amie Geneviève Borne l’a accompagné durant ses traitements. «C’était des fous rires, même en chimiothérapie! […] Il était très moqueur. Et sa cible préférée, c’était lui-même», relate l’ancienne VJ de MusiquePlus, qui a vécu la BBmania.

Ses deux comparses des BB étaient là. Alain Lapointe pensait que son ami allait au moins passer les Fêtes pour voir la maison qu’il venait de faire construire. François Jean, qui avait lancé une poursuite contre lui il y a deux ans, ne lui parlait plus depuis. Patrick avait accepté de le revoir dernièrement, mais la rencontre n’a pas eu lieu. Le duo s’est rappelé des grands moments du groupe, dont ces retrouvailles de 2008 aux FrancoFolies devant 100 000 spectateurs. «La musique de Patrick va continuer à travers Ludovick [son fils]», affirme Geneviève Borne.

Il a été question de couples libres avec Martin Matte et Mélissa Désormeaux-Poulin, venus promouvoir leur nouvelle comédie, Le trip à trois. On a senti Mélissa très prudente lorsqu’il a été question du réalisateur Sylvain Archambault, qui l’a dirigée durant les trois premières saisons de Mensonges et une partie de la quatrième. «Ça s’est toujours fait dans le respect et dans l’humour», dit-elle, en ce qui la concerne, tout en donnant de l’importance aux témoignages de chaque victime. «On n’a pas le choix de l’écouter, de la croire et d’agir.»

Concernant le nouveau Festival du rire de Montréal, Martin Matte est aussi demeuré prudent. En gros, il appuie ses collègues moralement. «Juste pour rire est un joyau pour Montréal, et je ne souhaite pas que ça s’éteigne», dit-il aussi. Matte s’ennuie du temps où les humoristes pouvaient ne pas avoir d’opinions sur tout.

Fidèle d’Occupation double Bali, Yves P. Pelletier est venu à la rescousse de Jay Du Temple, que les autres s’amusaient à taquiner. Il prédit à Joanie une carrière à la Maripier Morin. «Une chance qu’elle était là», affirme l’ancien RBO. Arrangé avec le gars des vues, le sauvetage perpétuel de Sansdrick et Joanie? «Tu connais la télé Guy A.!» a répondu Jay Du Temple, avant d’ajouter, à propos des revirements de la téléréalité de V: «C’est la 11e saison, faut brasser la soupe un peu.» L’animateur et humoriste se surprend qu’on ait souligné le faible score de l’émission à la télé, alors qu’elle s’adresse aux 18-34 ans, qui n’ont pas de télé et qui la regardent sur les plateformes numériques.

Les téléspectateurs qui attendaient Yan England et Karine Dufour, la soeur de Simon Dufour, l’adolescent qui s’est enlevé la vie, ont dû être déçus. Après avoir été contactée par le Service de police de l’agglomération de Longueuil, l’équipe de l’émission a décidé de retirer ce segment. «Des développements dans l’enquête depuis jeudi rendaient l’entrevue complètement caduque», m’a expliqué Guy A. Lepage, tout juste avant la diffusion. Ce n’est pas la première fois qu’un invité est coupé au montage, comme c’était arrivé pour Tanya St Arnauld, la jeune femme qui avait été aspergée d’acide par son ex-conjoint.

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Richard Therrien

Pablo Escobar, la vraie histoire

CHRONIQUE / Il y a exactement 24 ans aujourd’hui même, le célèbre trafiquant de drogues colombien Pablo Escobar était tué à Medellín. À ce jour, les causes de sa mort restent un mystère. Et qu’est-il advenu de sa fortune? Depuis, nombre de médias dans le monde ont voulu convaincre son fils, Juan Pablo, et son épouse, Maria Victoria, de raconter leur histoire à la télé. Mais c’est une équipe québécoise qui a eu ce privilège, ayant accès aux archives du personnage et aux confidences de ses proches.

Le résultat apparaît dans un documentaire en deux épisodes de 45 minutes, Pablo Escobar, raconté par son fils, disponible depuis jeudi au Club illico. Un premier documentaire original pour le service payant de vidéo en ligne, qui se regarde comme un film d’action, une histoire incroyable, digne des grands thrillers. Les amateurs de la série Narcos sur Netflix, fortement inspirée de la vie d’Escobar, s’en régaleront, mais les autres tout autant.

Un peu naïvement, le producteur Éric Hébert, de Télégramme média, a demandé un rendez-vous avec Sebastián Marroquín, le nouveau nom de Juan Pablo Escobar. Il est allé rencontrer l’homme en Colombie, a patienté là-bas plusieurs jours, pour le convaincre de se confier à son équipe pour un documentaire. «On ne voulait pas faire la promotion de violence et de la drogue, on voulait faire la promotion de la vérité», a-t-il dit pour y parvenir. L’idée a séduit le fils, qui a dit oui. Difficile d’expliquer précisément pourquoi, mais Sebastián Marroquín n’a pas du tout aimé Narcos, qui contient 28 erreurs, selon lui. L’occasion est belle de montrer l’envers de la médaille.

L’existence de cet homme, qui amorce la quarantaine, est complètement romanesque et mérite d’être racontée. Encore fallait-il que Sebastián Marroquín ouvre vraiment son coffre à souvenirs. Vous verrez là-dedans plusieurs images jamais vues, alors que Juan Pablo était bébé dans les bras de son père, ou lors d’une course de motos. Le réalisateur Olivier Aghaby fait une utilisation judicieuse de ces images, juxtaposées au récit du fils.

Pourquoi parler maintenant? En grande partie parce que ceux qui en voulaient à sa famille sont tous morts. Juan Pablo raconte l’histoire de son père en retournant sur les lieux de son enfance et de son adolescence. Certaines révélations sont troublantes, comme lorsqu’il explique que son père lui avait montré comment se suicider s’il était traqué en forêt. Il est convaincu que son père s’est donné la mort en se tirant une balle dans la tête, et qu’il ne s’est pas fait tuer par les autorités colombiennes, comme le dit la version officielle.

Son ascension politique, en pleine vague de nationalisme colombien, et la descente aux enfers qui s’en est suivie, sont bien explorées. Le témoignage de son ex-épouse, Maria Victoria, est révélateur. On regarde presque avec compassion cette femme brisée, longtemps prise au piège. Elle raconte comment elle a dû négocier, avec le clan ennemi de son mari, la distribution de sa fortune au lendemain de sa mort.

Et de l’argent, il en avait; les billets de banque lui sortaient par les oreilles. À un moment, il faisait de 50 à 70 millions $ par semaine, dissimulés dans les sous-sols de ses nombreuses propriétés. Il avait sa propre piste d’atterrissage pour faire passer la drogue, et on a même bourré un avion de billets, à un point tel qu’Escobar et son pilote pouvaient à peine bouger dans le cockpit. Un film, je vous dis.

Chronique

«Bye», un documentaire bouleversant

CHRONIQUE / Qu’est-ce qu’on aurait pu faire pour empêcher ça? La question revient systématiquement chaque fois que quelqu’un se suicide, même chez les meilleurs parents. Imaginez le nombre de fois qu’Alexandre Taillefer a pu se la poser quand son fils de 14 ans s’est enlevé la vie dans le sous-sol de la maison, il y aura deux ans le 6 décembre.

Malgré sa peine, l’homme d’affaires et ancien dragon s’est prêté à un documentaire très touchant, qu’il faut voir absolument. Pour que la mort de son Thomas ne soit pas vaine et puisse servir à faire avancer les choses. L’œuvre d’une heure, initiée et produite par Jean-Philippe Dion, et réalisée par Frédéric Nassif et Mathew Mckinnon, sera diffusée à ICI Radio-Canada Télé, mardi à 21h. Le titre: Bye. Le seul mot laissé par Thomas aux siens à sa mort, sur un simple «post-it».

Cyberdépendant, Thomas ne s’est jamais ouvert à sa famille à ce sujet. Mais des mois avant de se tuer, il avait écrit à une star de Twitch, une plateforme web très populaire chez les amateurs de jeux vidéos, pour lui confier qu’il avait des idées suicidaires. Cette personne au surnom de sodapoppin ne lui a jamais répondu. Le jour même de son suicide, Thomas a publié une photo de la balle qu’il utiliserait pour mettre fin à ses jours, en plus de dépenser 3500$ sur Twitch. Alexandre Taillefer a tenté à plusieurs reprises d’entrer en contact avec la direction d’Amazon, propriétaire de Twitch, sans succès. L’entreprise avait pourtant tout entre les mains pour agir.

On n’a pas idée du courage qu’il a fallu à Alexandre Taillefer pour se replonger dans une histoire aussi dévastatrice. Pour la première fois, il retourne dans la maison où a eu lieu le tragique événement. Incapable d’y remettre les pieds, le couple et sa fille ont séjourné à l’hôtel avant de déménager après la mort de Thomas. Généreux malgré la gravité du sujet, Taillefer reste tout de même protecteur de son intimité, et c’est très bien ainsi. On voit à peine sa femme Debbie et pas du tout leur fille, sauf en photos et dans une touchante vidéo, où on voit le frère et la sœur partir pour l’école, tout sourire.

Chronique

Ruptures: balance ton porc!

CHRONIQUE / Si j’avais besoin d’une boule de cristal fiable, j’emprunterais celle de Daniel Thibault et Isabelle Pelletier, les auteurs de Ruptures. Bien avant la vague de dénonciations qui a marqué notre automne, le duo avait imaginé la chute de Jean-Luc de Vries (Normand D’Amour), pire salaud du moment à la télé, dénoncé par des femmes, victimes du prédateur sexuel. Un coup de théâtre qui a poussé Ariane (Mélissa Désormeaux-Poulin) à rappeler à son ancien patron qu’il l’avait violée.

De Vries n’a pas fini d’en baver, mais le croire vaincu serait sous-estimer sa vilenie. Et Claude Boily (Isabel Richer) pourrait bien en payer le prix, dans cette troisième saison tout à fait d’actualité, diffusée dès le lundi 8 janvier à 20h, sur ICI Radio-Canada Télé. Les trois premiers épisodes, montrés aux journalistes, donnent furieusement envie de voir la suite. Voilà une série qui tient en haleine, aux rebondissements efficaces, aux percutantes répliques, et portée par des comédiens et, surtout, des comédiennes, tous des plus convaincants. François Camirand a aussi coécrit quatre des 12 épisodes, réalisés pour la deuxième année par François Bouvier. Le droit de la famille est toujours au centre de l’oeuvre, inspirée de la longue expérience de l’avocate Suzanne Pringle.

On reprend donc au lendemain de ce fameux gala où des femmes ont dénoncé publiquement leur agresseur. De Vries devient à ce jour persona non grata à son grand cabinet d’avocats, et même Marie Rousseau (Catherine Trudeau), qui lui fut loyale jusqu’à ce jour, veut s’en débarrasser au plus vite. À contrecœur, Anne Lemieux (Geneviève Brouillette) redeviendra l’épouse au bras de son mari, le temps d’un éventuel procès. En parallèle de cette histoire, très présente cette saison, une autre risque de troubler Ariane encore plus : l’enquête sur le meurtre de son père a été rouverte. Un policier joué par Paul Doucet mènera l’enquête.

D’autres causes occuperont le cabinet d’Ariane, qui doit temporairement se départir des services de Claude, toujours accro à l’alcool et aux antidouleurs. On imagine facilement l’avocate impitoyable perdre patience en assistant à des rencontres de Dépendants anonymes. «Lève ton gros cul! […] Appeler sa mère à 40 ans pour chialer, grow up!» dira-t-elle à un homme déjà à terre. Chère Claude.