Richard Therrien

«Clash» : la fureur de vivre

CHRONIQUE / Ils sont à peine majeurs et voient leur vie changée à jamais par un terrible drame. À travers les défis qu’ils auront à relever, les jeunes patients de la série quotidienne «Clash» développeront une forte amitié, animés par une urgence de vivre.

L’oeuvre prévue pour l’automne marque le retour de Chantal Fontaine dans une dramatique quotidienne. Il s’agit d’une première collaboration entre Bell Média et Aetios Productions, qui a l’expertise en matière de quotidiennes, avec Virginie, 30 vies et District 31. Les studios de Clash sont d’ailleurs situés tout près de ceux de la série de Luc Dionne, chez Mels à Saint-Hubert. Après quelques semaines d’arrêt, l’équipe technique de District 31 a pris le relais sur Clash, tout comme le réalisateur Simon Barrette, il y a à peine quelques jours, jusqu’en juillet.

Martine D’Anjou, qui a été de l’équipe d’auteurs de O’ en plus d’avoir signé la minisérie Sur-Vie à Séries+, a écrit les 48 demi-heures de cette quotidienne pour jeunes adultes. La série sera d’abord diffusée en bloc de quatre épisodes à Super Écran, le samedi à 19h30 dès septembre. VRAK, qui a habitué son public à des dramatiques de qualité comme Le chalet et Jérémie, reprendra Clash à un rythme quotidien en novembre, dans une case à déterminer. La seconde moitié de la série sera diffusée cet hiver.

La série Clash a comme principal décor un centre de réadaptation pour patients ayant vécu divers traumatismes, nommé l’Atrium. Robin, Jasmine et Christophe, âgés de 19 à 21 ans, ont survécu à un grave accident de voiture, les deux garçons désormais en fauteuil roulant, et Jasmine, qui s’en est sortie indemne, mais avec un fort sentiment de culpabilité. Bien entendu, cette tragédie compromet brutalement les ambitions et les rêves de ces jeunes joueurs de soccer — tout un «clash» avec leur vie passée. Alexandre Nachi joue Robin, Alex Godbout, qu’on peut voir dans L’heure bleue, incarne Christophe, et Ludivine Reding, l’héroïne de Fugueuse, hérite du rôle de Jasmine. Les trois autres personnages principaux ont été attribués à Félix-Antoine Cantin, Rose-Marie Perreault et Marie-Evelyne Lessard. L’un des patients est aphasique, une autre a été victime de brûlures importantes.

Les producteurs Fabienne Larouche et Michel Trudeau retrouvent Chantal Fontaine, qui jouera la travailleuse sociale en charge de l’Atrium, et qu’on n’avait pas vue comme actrice depuis la fin de Yamaska en 2016. Fabienne refuse de parler de réconciliation, puisqu’elles s’étaient déjà reparlé depuis leur différend de 2008, et que Chantal était revenue sur le plateau de Virginie pour la dernière semaine d’enregistrement, il y a déjà plus de huit ans. Au départ, l’actrice ne devait avoir qu’une présence réduite, mais on a combiné deux personnages pour lui donner plus d’espace. Au fait, saviez-vous que Jean L’Italien gagnait plus que Chantal Fontaine au début de Virginie? Fabienne Larouche avait défendu son héroïne pour remédier à cette injustice.

Avec Clash, la productrice parle d’une série rassembleuse, qui devrait intéresser les 10 à 30 ans, mais aussi les plus vieux. La série compte sur une distribution de feu, réunissant entre autres Sébastien Huberdeau, Réal Bossé, Lucie Laurier, Joey Scarpellino, Jessica Barker, Catherine Proulx-Lemay et Pier Gabriel Lajoie. Guillaume Cyr, le frère du héros dans L’imposteur, incarne quant à lui un criminel impliqué dans l’accident de voiture du jeune trio.

Quelque temps après avoir entrepris l’écriture de la série, Martine D’Anjou a elle-même été victime d’un accident à cheval, s’en sortant avec un ligament déchiré et des contusions, mais devant tout de même se déplacer en fauteuil roulant durant une courte période. «Ça change le point de vue sur la vie. On sent une espèce de sentiment d’infériorité, que le regard des gens change à notre endroit», raconte-t-elle. Or, Clash restera une série lumineuse malgré le drame. À travers les défis qu’ils auront à relever, les jeunes patients développeront une forte amitié, animés par une urgence de vivre.

Étant seule dans la catégorie des séries dramatiques quotidiennes, District 31 pourra tout de même participer aux Gémeaux, aux côtés des séries annuelles cette année. Ça risque de changer l’an prochain, puisque Clash s’ajoutera comme quotidienne. C’est dire que deux productions d’Aetios seront l’une contre l’autre, le temps du gala.

Stéphane Langdeau brise le silence

Dimanche à Tout le monde en parle, l’ex-animateur de L’antichambre, Stéphane Langdeau, fera sa première apparition publique depuis sa démission de RDS. Le mois dernier, l’ancien animateur de radio Gary Daigneault avait porté plainte à la Sûreté du Québec pour «s’être senti menacé» par Stéphane Langdeau au cours d’un appel téléphonique, avait relaté Le Journal de Montréal. Aussi sur le plateau de Guy A. Lepage : Pauline Marois, Yolande James, Pascale Navarro, Ricardo Trogi, Jean-Carl Boucher, Louise Richer, Marc Brunet, Louis Morissette et Dany Boon.

Chronique

«District 31» enfin aux Gémeaux

CHRONIQUE / La compétition monte d’un cran aux Gémeaux, puisque le talent des artistes et artisans de «District 31» pourra enfin y être reconnu. J’ai appris qu’un amendement à un règlement permet désormais à Aetios Productions d’inscrire sa populaire quotidienne dans la catégorie des séries dramatiques annuelles, ce qui n’était pas possible jusqu’à l’année dernière.

Ce changement à la réglementation de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision prévoit que lorsqu’une série est seule dans sa catégorie, celle des séries dramatiques quotidiennes dans le cas de District 31, un producteur peut maintenant l’inscrire dans la catégorie qui s’en rapproche le plus. L’œuvre de Luc Dionne pourra donc concourir avec des séries annuelles qui ont 14 épisodes ou plus par année, comme par exemple Unité 9, Au secours de Béatrice et O’.

Il y avait quelque chose d’absurde à ce que District 31, considérée comme le phénomène de l’heure sur nos écrans, soit exclue de la grande fête annuelle de la télévision. Or, cette situation découlait de la décision de répartir les séries dramatiques en trois catégories distinctes — saisonnières, annuelles et quotidiennes —, installées depuis le gala de 2015, et qui visait entre autres à rassembler des productions de format, de fréquence et de budget similaires, une façon d’être juste envers tout le monde. En d’autres mots, la volonté était de comparer des pommes avec des pommes. Cette décision avait cependant comme effet pervers d’exclure automatiquement la fiction quotidienne d’ICI Radio-Canada Télé, si elle était seule dans sa catégorie, ce qui était le cas depuis 2017. Pour remédier à l’absence de District 31 du tableau des finalistes l’année dernière, le jury avait décerné à l’équipe de la série le prix Jean-Besré qui souligne l’originalité et l’excellence d’un individu, d’une production ou d’un diffuseur.

La période d’inscriptions en vue du 33e gala est maintenant terminée. Animée en solo par Jean-Philippe Wauthier, la soirée se tiendra le dimanche 16 septembre prochain, sur ICI Radio-Canada Télé. Les noms des finalistes seront dévoilés le 14 juin. Les jurys sélectionneront les lauréats au cours de l’été. Disons que District 31 se positionne drôlement bien pour le gala de l’automne.

DU HOCKEY DE PRINTEMPS SUR TOU.TV

Pas une seule fois, je n’ai pensé à Lance et compte en regardant les trois premiers épisodes de Demain des hommes, la nouvelle série de Guillaume Vigneault sur le hockey junior majeur (rebaptisé élite), disponible sur l’Extra d’ICI Tou.tv à partir de mercredi à 9h. Bien sûr, comme dans la série de Réjean Tremblay, les joueurs défient les couvre-feux et commettent des gaffes. Mais Demain des hommes, réalisée plus sobrement par Yves Christian Fournier, n’est pas une série d’action avec d’immenses punchs à la fin de chaque heure. L’œuvre de 10 épisodes s’attarde plutôt à la capacité d’adaptation des personnages, que ce soit celle de l’entraîneur Robert Dion (Normand D’Amour) aux méthodes plus douces de son nouveau bras droit, Stéphane Meunier (Émile Proulx-Cloutier). Ou celle des jeunes joueurs des Draveurs de Montferrand (ville fictive), au stress de la compétition et à leur passage à l’âge adulte.

J’ai beaucoup aimé Émile Proulx-Cloutier dans le rôle d’adjoint. Son personnage, le plus attachant du lot, devra composer avec l’arrivée de sa fille de 14 ans, qui refuse de suivre sa mère en Asie. Le médecin de l’équipe (Catherine de Léan) pourrait s’avérer un atout majeur dans cette vie de père monoparental.

En général, les jeunes jouent juste, autant sur la glace qu’à l’extérieur. On a fait un effort particulier pour rendre les scènes de hockey crédibles, et ça marche. L’arrivée du joueur russe Oleg Petrenko (Trevor Tave Momesso, fils de l’ancien Canadien, Sergio Momesso), qui semble ne pas manquer de moyens financiers, soulève l’intérêt de Roxanne (Sophie Nélisse), la fille du propriétaire des Draveurs. Le rôle le plus détestable est attribué à Joey Scarpellino, celui du joueur vedette Zach Walker, qui ne se prend pas pour de la m… depuis qu’il a été repêché par les Blues de St. Louis.

Parmi les plus jeunes, l’un des personnages les plus intéressants en est un secondaire, celui de Chloé Bouchard (Marianne Fortier), qui travaille à la cantine de l’aréna et développe un lien particulier avec le coach Dion, un être colérique que seule sa femme (Marie-Chantal Perron) réussit à tempérer.

La trame musicale, très présente, fait une belle part à Tire le coyote, à qui on doit entre autres le thème d’ouverture. L’animateur de radio Jean-Charles Lajoie fait ses débuts au jeu en analyste sportif, alors que son fils Pier Gabriel, que vous avez peut-être vu dans 30 vies ou comme mannequin entre autres pour Simons, joue un des personnages principaux, Maxime Richer, dont le cœur balance entre le hockey et la batterie. Comme les Canadiens ne font pas les séries, les gens d’ICI Tou.tv Extra comptent bien sur les amateurs pour se rabattre sur ses Draveurs.

EN TOUT CAS RENOUVELÉE À TVA

TVA a commandé 10 nouveaux épisodes de la comédie En tout cas, prévus pour l’hiver prochain. Guylaine Tremblay et Anne-Élisabeth Bossé reprennent donc leurs rôles de mère et fille, la première quittant son Abitibi pour retrouver sa fille à Montréal. Plusieurs ont comparé la série de Rafaële Germain à Lâcher prise, diffusée à la même heure sur ICI Radio-Canada Télé, aussi avec un duo mère-fille. Le public a toutefois été plus nombreux à suivre En tout cas, qui a enregistré une moyenne de 1047000 téléspectateurs, contre 892000 pour Lâcher prise, le lundi à 19h30.

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Télé et radio

Des croque-morts bien sympathiques

CHRONIQUE / On croit qu’ils sont de sinistres personnages, qu’ils passent leur vie au sous-sol, les stores fermés, et mènent une vie triste et austère. Le très divertissant docuréalité «Les croque-morts» vous les fera plutôt voir comme de bons vivants, pas du tout ennuyants, et capables de rire de la mort. Produite chez Pixcom, la série de 10 épisodes de 30 minutes est diffusée à partir du mercredi 2 mai à 20h sur la chaîne Moi et cie, qui adopte une nouvelle image dès ce printemps.

Le choix des protagonistes est toujours primordial dans ce genre de série, et celui des Croque-morts est particulièrement judicieux. Tous deux âgés de 35 ans, Louis-Simon Lamontagne et Maryse Proulx sont en couple depuis bientôt neuf ans, et parents de deux garçons de deux et trois ans. Thanatologue de quatrième génération à Saint-Félix-de-Valois dans Lanaudière, Lamontagne gère avec sa conjointe les résidences funéraires F. Thériault. Veillent au grain sa mère Francine, surnommée «la reine mère» de l’entreprise, et son père, Louis Lamontagne, avec qui il se «tiraille» régulièrement, pour emprunter le mot de Louis-Simon. Mais il règne dans cette famille une réelle unité, et on est loin du dysfonctionnel clan Fisher de Six pieds sous terre.

La vie de ces gens n’est pas celle qu’on croit, mais elle n’est pas pour autant banale. Déjà dans l’un des premiers plans, on voit Louis-Simon demander à l’intercom d’un garage si le lave-auto a la capacité d’accueillir son corbillard. L’image du plus jeune garçon dans son siège de bébé dans le corbillard, avec un cercueil (vide) à ses côtés, a quelque chose de surréaliste.

Louis-Simon Lamontagne pousse l’audace jusqu’à commanditer des soirées d’humour intitulées Mort de rire et à offrir comme prix d’un tournoi de golf non pas un voyage dans le sud, mais un cercueil! Pour une campagne de publicité à l’arrière des autobus, l’entreprise a adopté comme slogan: «Ne textez pas au volant car vous pourriez devenir notre client.» Vous voyez que ces gens-là ne se prennent pas trop au sérieux. Disons que leurs méthodes dérangent parfois les plus vieux dans le domaine.

Chacun des 10 épisodes nous les montrera dans leur vie de tous les jours, y compris dans cette pièce où ils doivent préparer les corps. Bien entendu, on a respecté les règles, obtenu les autorisations des familles et, soyez rassuré, brouillé toutes les parties des cadavres. On parle tout de même ici de vrais morts. Le couple pourrait suivre un certain rituel et garder le silence au cours des manipulations; il tient au contraire les conversations les plus banales sur le programme de la journée. C’en devient presque une partie de plaisir. Et heureusement, je dirais, parce qu’on risquerait d’avoir le haut-le-cœur à les voir vider les cadavres de leur sang pour le remplacer par une solution préservatrice. Opération que Louis-Simon Lamontagne compare à «un backwash de piscine». Juste pour vous donner un exemple de ce qui peut survenir, une petite fuite de tuyaux est survenue au premier épisode, de sorte que le sang a commencé à fuir.

Je n’aurais pas aimé être à la place des caméramans, qui eux, voyaient tout. Le réalisateur Simon Sachel (Barmaids, Homme cherche sérieux) parvient à bien traduire le mode de vie de ces personnages aussi ordinaires qu’extraordinaires. Jamais de mauvais goût, et on en montre juste assez. Drôle de hasard que cette série arrive à peine quelques jours après l’annonce d’Une autre histoire, la série dans laquelle Marina Orsini jouera une thanatopractrice. Au fait, si on les appelle croque-morts, c’est qu’on raconte que les embaumeurs de jadis devaient croquer l’orteil du défunt pour s’assurer qu’il était bien mort.

Sans doute dans une volonté de faire décoller ses parts de marché, qui collent à 0,5%, Moi et cie se donne un nouveau logo, abandonne son esperluette (&) et devient «la chaîne des histoires vraies», juste à temps pour sa programmation printemps-été, le 30 avril. Avec les succès de Je suis trans, Face à la rue et Tu ne m’as pas tuée, autant auprès des hommes que des femmes, on veut multiplier les séries de faits vécus. Déjà peu nombreuses, toutes les émissions de style de vie et de cuisine ont été évacuées de la grille.

Tous ceux qui ont suivi le docuréalité Face à la rue ne voient plus les sans-abri du même œil. Jean-Marie Lapointe entreprend la deuxième saison le mardi 1er mai à 21h avec Lucienne, dont le fils est décédé le 1er juin dernier alors qu’il vivait dans la rue à Mont­réal. Cette quête pour trouver des gens qui l’ont côtoyé dans les derniers jours de sa vie au Square Viger, donnent des moments extrêmement touchants, qui arrachent les larmes. Une série utile, formidablement construite, qu’il faut voir absolument. Moi et cie reprend aussi l’excellent documentaire en deux épisodes Pablo Escobar raconté par son fils, lancé sur le Club illico en décembre.

***

LA VOIX ET LE BEAU TEMPS

Avec le beau temps comme compétiteur dimanche, La voix a perdu quelques plumes, attirant tout de même 1674000 téléspectateurs à TVA. Baisse aussi pour Tout le monde en parle sur ICI Radio-Canada Télé, avec 859 000. Jeudi dernier, 1315000 fidèles médusés ont assisté à la démente finale de District 31, qui a permis à la pièce The Way, du groupe Fastball, de revenir sur les palmarès de ventes, 20 ans après sa création. Vous avez été par ailleurs nombreux à me faire part de votre mécontentement de la fin de Virtuose, le diffuseur considérant «avoir fait le tour de la formule». De 499000 fidèles la première saison, la moyenne d’écoute avait baissé à 336000 la deuxième, puis à 286000 cette saison, le vendredi à 19h.

Chronique

Dany Laferrière et le charme des mots

CHRONIQUE / Dany Laferrière ne m'a déçu dans aucune de ses apparitions à «Tout le monde en parle», et il n'a pas fait exception dimanche soir. Qui d'autre que l'Académicien aurait pu faire l'éloge de l'alphabet avec autant de verbe et d'éloquence? «S'il n'y avait pas l'alphabet, nous serions tous morts. […] L'alphabet porte le fardeau du monde. S'il n'y avait pas cela, vous vous imaginez, on aurait pu perdre toute la mémoire du monde», a-t-il dit, relevant au passage que les voyelles étaient «snobs et prétentieuses», regardant les consonnes de haut.

Laferrière, qui semble chaque fois éprouver un réel plaisir sur ce plateau, a écrit et dessiné à la main son 30e livre, Autoportrait de Paris avec chat. Il déplore que l'ordinateur nous ait fait négliger nos propres mains, «le premier outil de l'homme et de la vie». «La main a une mémoire que l'ordinateur n'a pas. […] Nous refusons de l'utiliser. Nous sommes en train de perdre quelque chose.»

Le romancier reconnaît que l'Académie ne compte que quatre femmes et souhaite qu'il y en ait plus. «Disons quatre femmes et un Noir», a-t-il ajouté, rappelant qu'il y avait plus de femmes auteures que d'hommes, et que 80% du lectorat est féminin.

Alors que ses cinq dernières années lui semblent être passées à la vitesse de l'éclair, Marc Dupré reste avec l'impression d'avoir un peu négligé les siens. «Je m'ennuie de mes enfants, de ma femme, de ma vie familiale», affirme l'ancien coach de La voix, qui a quitté l'émission par choix, et qui ignore s'il y retournera un jour. Il a écrit pour sa femme Pourquoi t'es restée?, se demandant comment elle a pu supporter l'être anxieux qu'il est et qui travaille sans arrêt. «Je ramenais ça à la maison», dit-il. Depuis la mort de son beau-père René Angélil, Dupré et son épouse vont beaucoup moins à Las Vegas, vivant encore leur deuil.

«Elle est vraiment meilleure que moi», dit-il de sa fille Stella, avec qui il chante en duo. Un Justin Bieber chinois a repris sa chanson La tempête, un tabac dans son pays. «J'ai pas fait une fortune avec ça», affirme néanmoins Dupré, qui s'apprête à remonter sur la scène au Centre Bell et au Centre Vidéotron. La carte du fou du roi: «Tu t'es tellement créé de compétiteurs avec La voix qu'aujourd'hui, t'en es réduit à passer à Tout le monde en parle pour vendre tes billets.»

On ne se lasse pas de Chantal Machabée, qui mériterait enfin son trophée Artis. Comme elle le raconte dans sa biographie intitulée Chantal Machabée: désavantage numérique, et signée Guillaume Lefrançois, la vedette de RDS savait déjà enfant qu'elle voulait devenir journaliste sportive. Passionnée de hockey, elle a collectionné une bonne cinquantaine d'autographes de Guy Lafleur, son idole de toujours. À ses débuts à RDS, elle a dû se résoudre à porter des broches pour corriger une seule dent croche à la demande d'un patron, alors qu'on n'exigeait pas des collègues masculins bedonnants de perdre 30 livres. Elle a fait de tout, y compris décrire les tournois de fers avec Jean-Paul Chartrand.

Elle garde contact avec Jacques Demers, privé de la parole mais qui parvient à communiquer. «Malgré toutes ces épreuves-là, il demeure joyeux», affirme la journaliste et animatrice, qui a soutenu M. Demers avant qu'il ne dévoile au grand jour qu'il était analphabète. Exemples de commentaires vulgaires et méchants qu'elle peut recevoir: «T'es une salope. Tu dois coucher avec les joueurs. T'es une conasse. Tu connais rien. Qu'est-ce que tu fais encore là? T'es trop vieille pour être là.» Et c'est pire quand le Canadien connaît une série de défaites. Il fallait bien trouver un défaut à Chantal Machabée: elle admet qu'elle sacre beaucoup, sur la passerelle, les soirs de matchs, et peut lâcher un «Qu'est-ce qu'il fait là, l'estie de chaudron?»

«Je pensais que vous alliez faire l'entrevue avec un sac sur la tête», a dit d'emblée Dany Turcotte à Marc Bergevin, qui avait le caquet bas dimanche. «Ce qui est arrivé l'an dernier est inacceptable et j'en prends l'entière responsabilité», affirme le directeur général du Canadien. Il pointe du doigt l'offensive déficiente, l'«atroce» jeu en désavantage numérique, la saison «en-dessous de ses capacités» de Carey Price, de même que les défenseurs. Va-t-il endurer la baboune de Carey Price durant les huit ans de son contrat? Bergevin a trouvé le moyen de défendre son gardien, parlant d'un «être sensible» et «frustré».

Il rejette les rumeurs de ses chicanes avec Max Pacioretty, relevées entre autres par Mike Bossy, et contredit Réjean Tremblay, qui dit avoir su de Geoff Molson que la décision d'échanger P.K. Subban a été prise des mois avant la transaction. Ne comptez pas sur lui pour regretter cet échange, que bien des partisans ont encore sur le cœur.

Colombe St-Pierre a du caractère, et on aime ça. Élue cheffe de l'année au premier gala des Lauriers de la gastronomie québécoise, elle parle franchement de ce qui la heurte, notamment du mariage impossible entre production industrielle et artisanale, considérées à tort sur un pied d'égalité par nos réglementations. Oui, les femmes sont moins nombreuses que les hommes en gastronomie, tout comme dans le guide Michelin. «Mes compères masculins ont toujours été là pour moi», dit-elle toutefois, ajoutant ne jamais avoir été brimée par eux. «J'ai toujours eu un caractère qui ne laissait aucune place à toute forme d'intimidation», dit-elle au sujet du mouvement #moiaussi en gastronomie. Elle éclate de rire en entendant le nom de Jean-Claude Apollo, qui lui inspire ce gag un peu douteux, mais apprécié de l'assistance: «Ça ferait du bien, une matante cochonne!» Vantée par Dany Laferrière, qui salue sa hardiesse et qualifie sa cuisine de «fougueuse» mais de «très raffinée» en même temps, la propriétaire de Chez St-Pierre au Bic assume pleinement son choix de tenir un resto en région, mais admet avoir enregistré un déficit pour la première fois dans la dernière année.

Le film Origami, mélange de drame psychologique et de science-fiction, nous ramène François Arnaud, qui joue un restaurateur d'œuvres d'art capable de se déplacer sur sa propre ligne du temps. Médium qui parle aux morts dans Midnight, Texas, François Arnaud préfère les plateaux américains aux français, où les acteurs seraient moins bien préparés. «Ils parlent aux maquilleuses comme si c'était de la scrap», dit-il des collègues français. L'acteur vit à Brooklyn, mais s'ennuie du Québec et de «vivre en français». Producteurs québécois, prenez-en note. La carte de Dany: «T'es jeune et beau, profites-en bien. Par expérience, je te le dis, ça durera pas.»

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Richard Therrien

V brasse de grosses affaires

CHRONIQUE / Une grille-horaire un peu pêle-mêle, un 5 à 7 malmené, des émissions pas toujours de la plus grande classe. En prenant la direction de V en octobre dernier, Brigitte Vincent voyait tout le potentiel de cette chaîne, mais ne pouvait faire abstraction de ses défauts. La vice-présidente contenu de Groupe V Média promet que les choses vont changer cet automne, et pas juste un peu.

«L’ADN de V reste audacieux. Mais je voulais une petite touche d’intelligence, un lieu où on se divertit de façon différente», m’a-t-elle expliqué. Oubliez les émissions à la Célibataires et nus Québec, bienvenue à de nouveaux concepts avec plus de substance. Qu’est-ce qui marche auprès des gens? Brigitte Vincent remarque que le style de vie, la déco, la cuisine, l’alimentation et le sport accrochent beaucoup le public. «Nous dépendons des annonceurs, et pour vendre de la pub, ça prend des shows alléchants. Ces dernières années, il y avait un petit caractère trash associé à V. Ça, c’est fini. Ça nous prend des têtes d’affiche propres, le fun, que les gens aiment, auprès desquelles les gens veulent s’engager. Jean-François Breau, Marie-Ève Janvier, Stéphane Rousseau sont de bons exemples.»

Télé et radio

Netflix rencontrera les producteurs québécois

CHRONIQUE / Les producteurs québécois auront enfin l’occasion de vendre leur salade à Netflix. Dans les prochaines semaines, le géant américain déléguera plusieurs de ses directeurs à les rencontrer à Montréal pour discuter d’éventuels partenariats, a annoncé la directrice des productions originales jeunesse chez Netflix, Dominique Bazay.

L’ancienne directrice de la programmation de VRAK, qui a quitté le Québec pour œuvrer chez Netflix en Californie il y a bientôt trois ans, a procédé à cette annonce mercredi, durant une conférence du congrès de l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM) à Gatineau, devant un parterre de producteurs attentifs. Il s’agissait probablement de la conférence la plus attendue de ce congrès, où le nom de Netflix est sur toutes les lèvres. «On veut créer de bonnes relations avec vous. Le secret du succès d’une bonne série, c’est la qualité de nos relations», affirme Mme Bazay, consciente que la présence et le succès de Netflix ont pu créer des frustrations parmi le milieu de la télévision au Québec. Interrogés par l’ancienne patronne chez Astral, Judith Brosseau, qui animait la conversation, Mme Bazay et son collègue aux productions originales internationales, Felipe Tewes, n’étaient pas là pour aborder la question politique d’une éventuelle taxe imposée à Netflix, mais bien pour répondre aux interrogations des producteurs et de gens de l’industrie, qui souhaitent voir leurs émissions et leurs films atterrir sur ce service de vidéo en ligne.

Tout le monde était resté sceptique quand la ministre Mélanie Joly avoir conclu une entente l’automne dernier pour que Netflix s’engage à investir 500 millions $ sur cinq ans dans la production originale au Canada. Plusieurs s’étaient alors demandé quelle serait la part réservée au contenu francophone. Dominique Bazay ne voit pas pourquoi le Québec ne serait pas considéré à sa juste valeur lors de l’attribution de ces investissements au pays. «Nous avons un écosystème qui a créé des visionnaires, des passionnés de bonnes histoires, et c’est exactement ce que cherche Netflix», dit-elle. Sans pouvoir confirmer que cette somme sera entièrement consacrée à du contenu original, elle affirme que le nombre de 500 millions $ n’est qu’un minimum à ce que Netflix compte investir chez nous en production. On verra toutefois si ces rencontres seront fructueuses et se concrétiseront par de réels partenariats entre Netflix et les producteurs francophones du Québec, mais aussi de tout le pays.

Mais comment charmer l’empire avec nos humbles moyens? Felipe Tewes suggère aux producteurs de ne pas essayer de tenter d’universaliser leurs histoires, de se fondre à la masse, mais au contraire de rester authentiques, voire même d’aborder des enjeux très locaux. Dominique Bazay a cité le film Les affamés, de Robin Aubert, dont Netflix vient d’acquérir les droits internationaux, mais aussi la série documentaire Making A Murderer, un succès mondial qui a charmé ses adeptes par petits groupes au début.

LEGAULT AU CLUB ILLICO

Claude Legault sera la vedette d’Appelle-moi si tu meurs, une série produite par Zone3 pour le Club illico, qu’il cosignera avec son complice de Minuit le soir et de Dans une galaxie près de chez vous, Pierre-Yves Bernard. La présidente et chef de la direction de Groupe TVA et chef du contenu de Québecor Contenu, et la présidente et chef de la direction de Vidéotron, Manon Brouillette, ont profité du congrès pour dévoiler cette annonce, ainsi qu’un accroissement des investissements en production originale au Club illico. D’une seule série québécoise à sa création il y a cinq ans, la plateforme est passée à cinq par année. Aucun détail sur l’histoire de cette nouveauté n’a été révélé.

Fortes du succès de leurs grandes séries Blue Moon et Victor Lessard, et de leur contenu original jeunesse et documentaire, Mmes Lauzière et Brouillette ont aussi annoncé que le Club illico investirait désormais dans la production de longs métrages québécois, dont au minimum trois seulement cette année. Prête à recevoir les projets et surtout à la recherche de fictions, l’entreprise a déjà analysé certaines propositions. Ces films seront disponibles sur toutes les plateformes du groupe, en primeur sur le Club illico.

Télé et radio

Le grand retour au jeu de Marina

CHRONIQUE / Marina Orsini n’avait pas joué dans une série depuis la mort de Suzie Lambert dans «Lance et compte» en 2015. Pour son retour au jeu dans la nouveauté de Chantal Cadieux, «Une autre histoire», elle incarnera Anémone, une femme atteinte d’Alzheimer précoce, qui voudra renouer avec son passé. Un personnage «mystérieux, fragile et résilient».

Diffusée à partir de la saison prochaine sur ICI Radio-Canada Télé à raison de 24 épisodes par année, Une autre histoire arrive moins d’un an après la fin de Mémoires vives, la précédente série de Chantal Cadieux, qui n’aura pris que trois mois de congé avant de plancher sur ce nouveau projet. À 50 ans, la peur du vide s’est emparée d’elle, de sorte qu’elle n’allait pas rester inactive bien longtemps.

Dans les premières minutes de la série, Anémone apprendra à 53 ans qu’elle souffre d’Alzheimer précoce, un mal héréditaire, dont l’évolution est beaucoup plus rapide à cet âge. Ce choc brutal fait naître l’urgence de régler certaines choses qu’elle avait enfouies dans sa mémoire. Il y a bientôt 30 ans, Anémone, qui s’appelait alors Manon, a fui un contexte familial de violence, abandonnant par le fait même ses trois enfants, joués par Debbie Lynch-White, Benoît McGinnis et Adam Kosh, et élevés par Ronald, rôle tenu par Vincent Graton. Ce sont eux qu’elle voudra revoir avant de les oublier, sauf que ceux-ci ignorent même que leur mère est encore en vie.

Devenue thanatopractice (ou embaumeuse), Anémone a refait sa vie à Belleville, ville fictive près de Québec, et a trois enfants issus d’une nouvelle union, joués par Marilou Morin, Mikhail Ahooja et Laurence Barrette. Son deuxième conjoint, lui, est décédé. Quoiqu’avec Chantal Cadieux, on n’est jamais sûr de rien.

Sébastien Ricard incarne le nouveau directeur du salon funéraire pour lequel travaille Anémone, et qui cache probablement plusieurs secrets, comme bien des personnages de l’auteure. Après l’annonce de mardi, Marina Orsini se rendait rencontrer un véritable thanatopracteur pour recevoir une courte formation. Parce qu’on la verra embaumer des corps, pas des vrais, rassurez-vous. Marina n’a pas peur, elle qui a vu des opérations pour incarner des médecins dans Urgence et Dr Lucille. Ne vous attendez pas pour autant à voir autant de cercueils que dans Six pieds sous terre.

L’impressionnante distribution d’Une autre histoire comprend aussi Danielle Proulx, Nathalie Coupal, Patrice Godin, Marie Turgeon, Guillaume Cyr, Stéphane Jacques, Widemir Normil, Patricia Tulasne et Cynthia Trudel. C’est un bonheur de retrouver Debbie Lynch-White, qui jouera une camionneuse après avoir été IPL dans Unité 9, et qui brille actuellement dans La Bolduc.

Le tournage commence le 14 mai dans les environs de Varennes, sur la couronne sud de Montréal. La série est produite par Sophie Pellerin de Sphère Média Plus, boîte qui a aussi produit Providence et Mémoires vives, les deux précédentes œuvres de Chantal Cadieux. Marina Orsini retrouve quant à elle la réalisatrice Brigitte Couture, qui l’avait dirigée dans 30 vies. Celle qui s’est surtout consacrée à l’animation ces dernières années ne s’est pas fait désirer après avoir lu les trois premiers textes de Chantal Cadieux, avec qui elle s’embarque peut-être pour plusieurs années.

Ce sera une année occupée pour l’animatrice, qui poursuivra son travail à Deuxième chance, en plus de la quotidienne Marina Orsini, amputée de près de la moitié de ses émissions (60 au lieu de 110) pour des raisons de budget.

Un duo touchant

La première des Échangistes a donné lieu à un moment magique de télévision, avec l’improbable duo de Marie-Mai et Safia Nolin, qui ont interprété des airs de l’une et de l’autre, en y ajoutant leurs couleurs. L’émission de lundi a été suivie par 635 000 télé­spectateurs sur ICI Radio-Canada Télé. J’aurais cru que la première des Chefs! aurait attiré plus que les 673 000 curieux qui étaient au rendez-vous. District 31 reste imbattable avec ses 1 374 000 accros, dont plusieurs s’interrogent sérieusement sur la réelle mort de Jeff Morin (Luc Picard). Plus que deux épisodes avant la fin de la saison, jeudi.

Télé et radio

Fabien Cloutier s’offre Labrèche et Dorval

CHRONIQUE / Anne Dorval et Marc Labrèche, qui font très peu de séries télé, seront de la distribution de la comédie Léo, signée Fabien Cloutier, qui en tiendra le rôle-titre. La première jouera une coiffeuse et mairesse d’un village, alors que le second sera un contremaître macho dans une usine.

L’œuvre en 12 épisodes, coécrite avec Steve Laplante, Érika Soucy et Claude Lalonde, et produite chez Encore Télévision, apparaîtra au Club illico dès l’automne. Jean-François Chagnon, qu’on a connu dans Les Appendices, signe la réalisation. Marie-Laurence Moreau jouera Cindy, sur qui Léo jettera son dévolu, Steve Laplante sera Chabot, son meilleur ami, et Julien Poulin, son père Yvon.

Ce n’est pas la première fois que Fabien Cloutier côtoie Labrèche et Dorval, puisqu’il apparaissait en curé dans les sketchs Morte campagne avec Macha Grenon, un segment hilarant des Bobos, et une des premières fois où on le voyait à la télé. Labrèche et lui avaient tissé des liens en animant un événement bénéfice. Ce rôle dans Léo est bien plus qu’un retour d’ascenseur. «Ce sont tous des acteurs qui ont un timing comique, mais aussi une grande humanité et une grande vérité», affirme Fabien Cloutier, à quelques semaines du tournage.

Mais qui est donc ce Léo? Les fidèles du théâtre de Fabien Cloutier connaissent déjà un peu le personnage, inspiré du «chum à Chabot», apparu dans deux pièces de l’auteur et acteur, Scotstown et Cranbourne. Un être désœuvré, qui vit dans le village fictif de Wallace, et qui décide de prendre sa vie en main. «Ce gars-là arrive à la quarantaine sans avoir vraiment eu des emplois stables, n’a pas son secondaire 5, vit dans un village où tout le monde se connaît», raconte l’auteur. Sa quête le mènera à travailler dans une usine de pâtisserie, où il rencontrera la belle Cindy, échaudée par des relations amoureuses toxiques.

Fabien Cloutier décrit avec enthousiasme le personnage de Jessica, joué par Anne Dorval, une coiffeuse à qui Léo se confiera, et «qui aurait pu être première ministre». «Ça lui prenait une figure féminine très forte. Il n’a pas assez eu de femmes autour de lui, il a perdu sa mère très jeune. Il travaille dans un milieu d’hommes, il a sa gang de gars. Je pense sincèrement que plus on a des femmes autour de nous, plus ça change les hommes qu’on devient. Pour Léo, ça arrive un peu sur le tard, mais ça lui donne confiance en lui.»

RICHARD THERRIEN

Reviendra, reviendra pas?

BLOGUE / Vous avez été nombreux à me demander la liste des retours confirmés pour la saison prochaine. La voici, cette liste annuelle des «reviendra, reviendra pas», qui sera mise à jour au fur et à mesure des confirmations. Notez entre autres les retours de «1res fois», un des beaux succès de l'hiver, et des «Magnifiques» sur ICI Radio-Canada Télé. Télé-Québec donne aussi une deuxième saison à sa nouveauté «Dans les médias», mais décide de mettre fin à l'émission d'Anaïs Favron, «100% animal».

ICI RADIO-CANADA TÉLÉ

RETOURS CONFIRMÉS

District 31

Lâcher prise

Ruptures

Les pays d'en haut 

Unité 9 

Cheval-Serpent 

Les Simone 

Trop 

Faits divers

Au suivant

Les enfants de la télé 

Tout le monde en parle 

Ici on chante 

Marina Orsini 

Entrée principale

Silence, on joue!

En direct de l'univers

Ricardo

1res fois

Infoman

Ici Laflaque

Prière de ne pas envoyer de fleurs

Deuxième chance

Info, sexe et mensonges

Les magnifiques

Les dieux de la danse

La facture

L'épicerie

Enquête

Découverte

La semaine verte

Second regard

Les coulisses du pouvoir


NON-RENOUVELÉES

Hubert & Fanny 

Virtuose


EN ATTENTE DE CONFIRMATION

Ouvrez les guillemets

Télé et radio

Des héros et des zéros

CHRONIQUE / On a ratissé large dans les discussions dimanche à «Tout le monde en parle», passant de l'échec cuisant des Canadiens à la réussite en affaires, déboulonnant au passage plusieurs mythes persistants.

Dominique Brown, le pdg de Chocolats favoris et recrue de Dans l'œil du dragon, veut la première place et rien d'autre. «L'objectif est de créer une marque de chocolat québécoise qui va se trouver partout à travers le monde», a dit avec assurance celui qui a fait la meilleure impression parmi les invités dimanche. Avec comme objectif un chiffre d'affaires de 100 millions $ d'ici 2020, Chocolats favoris atteindrait le top 100 mondial des confiseurs, une première étape vers la tête.

Héros des affaires, Dominique Brown n'a jamais dévoilé combien il avait vendu Beenox à Activision. Sa seule folie le lendemain a été de s'acheter un vélo de 2000$. «Si je m'étais mis à dépenser en fou furieux, je n'aurais jamais pu probablement faire le saut avec Chocolats Favoris.» Dire qu'à ses débuts, Beenox a frôlé la faillite, avant de se lancer dans un concept de conversion de jeux vidéo.

Jamais il n'a été question qu'on traduise en anglais le nom des boutiques, même à l'international. «Si les entreprises américaines changent pas de nom en arrivant, y'a pas de raison pour laquelle on changerait de nom», tranche-t-il, applaudi par l'assistance. La carte du fou du roi: «Si Chocolats favoris désire produire des Guy A. en chocolat, dépêchez-vous, le moule craque de partout.»

Il fallait voir Julien Lacroix offrir un «pitch» hilarant mais non moins misérable à Dominique Brown pour financer son film. Plutôt que d'attendre des subventions, Adib Alkhalidey et lui ont préféré faire appel au public pour trouver les 80 000$ nécessaires à la production de leur premier long métrage. Destinée au web, cette comédie sur la maladie mentale a déjà une date de sortie, le 10 janvier 2019, ce qui oblige le duo d'humoristes à livrer coûte que coûte.

Aussi auteur de la websérie aux divers accents Pause Kahwa, Adib Alkhalidey a grandi dans un environnement multiethnique, Ville Saint-Laurent, au nord de Montréal. Il constate comme tout le monde un manque de diversité culturelle à la télévision, mais reste compréhensif. «Faut arrêter de culpabiliser les gens. Tu ne vas pas parler de quelque chose qui ne fait pas partie de ton imaginaire. On ne peut pas demander à un auteur qui n'a pas grandi dans mon quartier d'écrire à propos de mon quartier, ça ne va pas lui venir naturellement.»

Très intéressant passage de Michel C. Auger, auteur de 25 mythes à déboulonner en politique québécoise. L'animateur et analyse politique déplore que plusieurs parlent de la situation de la langue française au Québec comme on en parlait il y a 50 ans. Il ne croit pas au recul du français, et rappelle que 94,5% des Québécois sont capables de tenir une conversation dans cette langue.

Michel C. Auger considère que plusieurs ramènent le concept de la laïcité dans le but de diminuer le nombre d'immigrants. Il ne voit pas pourquoi l'étudiante en technique policière serait une plus mauvaise agente parce qu'elle souhaite garder son voile. «Même qu'elle pourrait avoir plus d'empathie», croit-il. Y'a-t-il trop de chroniques d'opinions dans nos médias? «Comme journaliste, je ne vais jamais dire qu'il y en a trop. Y'en a trop des pas bonnes», a-t-il répondu. «On pense aux deux mêmes?», a blagué Guy A. La carte de Dany: «Un autre mythe à déboulonner, celui du journaliste qui finit toujours avec un beau grand sourire sur une pancarte électorale.» «Ah pas moi, Dieu m'en préserve!» a répliqué Auger.

Justement, Bianca Longpré a décidé d'abandonner l'opinion pour rester dans l'humour. Boule d'énergie et verbomotrice, elle décline son concept de Mère ordinaire dans un blogue, un livre, un magazine et même un spectacle. Son discours de dimanche, très drôle et positif, jurait avec ses textes d'opinions qui créaient la polémique, il n'y a pas si longtemps. «J'ai choisi les jokes, c'est pas mal plus le fun», affirme l'humoriste, aussi la conjointe de François Massicotte, et qui clôturera le premier Grand Montréal Comédie Fest avec un gros party de filles.

Celle qui décrit ce qu'elle fait comme «l'inverse de Marilou» avait envie de montrer la réalité plus chaotique de la vie d'une mère. «Je me suis rendue compte qu'il y en avait une méchante gang qui vivait la même affaire que moi.» Si les hommes ne sont pas vraiment invités à son spectacle, «on vous tolère», dit-elle. Encore en 2018, certains hommes refusent de laisser sortir leur blonde sans les accompagner.

Réjouissante Miss BBQ

Réjouissant de voir la révélation de la dernière saison de District 31, Charlotte Legault, qui a pensé abandonner le métier avant que son rôle d'Amélie/Nadia/Miss BBQ prenne l'ampleur qu'on connaît et obtienne la faveur du public. «Fallait que je marque l'histoire avec ce rôle-là», s'est-elle dit. En travaillant sur son personnage d'escorte, l'actrice de 26 ans est allée dans des bars de danseuses et rencontré un tatoueur pour trouver le symbole qu'allait adopter sa Miss BBQ. Avant de connaître le succès, elle a passé pas de moins 470 auditions. Moment charmant lorsqu'elle a imité l'accent du sud-est des États-Unis et l'accent britannique du début du XXe siècle, deux atouts dans sa manche d'actrice, elle qui joue aussi en anglais.

«C'est rien de moins que la pire saison de l'histoire de l'équipe», va jusqu'à dire Jean-Charles Lajoie, à propos de nos zéros, les Canadiens. Presque cruel d'entendre Claude Julien, sur vidéo, dire sur le même plateau l'automne dernier qu'il était revenu à Montréal pour gagner la Coupe Stanley. «Il n'a pas le casting voulu», poursuit l'animateur du 91,9. Au sujet du «problème d'attitude», cité si souvent durant la dernière semaine, le journaliste de La Presse+ Richard Labbé reconnaît que Carey Price affichait une mauvaise mine, même les soirs de victoires. Quel est ce fameux plan de la direction, selon lui? «Tu prends le gardien de but, pis tu croises tes doigts», dit-il, ajoutant qu'on a monté cette équipe à la manière des années 90, en misant d'abord sur le gardien.

Les partisans ont baissé les bras assez tôt dans la saison: Adib Alkhalidey, qui a le CH tatoué sur le cœur, a abandonné en novembre dernier et s'est résigné à suivre les Maple Leafs de Toronto. Geoff Molson a décliné l'invitation de Tout le monde en parle, mais Marc Bergevin a promis de s'y présenter dimanche prochain. Par ailleurs, Jean-Charles Lajoie joue un descripteur de hockey dans la série Demain des hommes, dans laquelle apparaissent son fils Pier-Gabriel et un autre de ses fils comme doublure du gardien de but.

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