Richard Therrien

SNL: même équipe et Magalie en prime

C’est confirmé: ICI Radio-Canada Télé ramènera SNL le temps d’une soirée, le samedi 6 janvier à 21h, en direct, avec l’équipe originale, dans un format de 90 minutes. De joyeuses retrouvailles, avant un possible retour plus régulier. Le titre: Le SNL de… Magalie Lépine-Blondeau avec notre Nadine nationale comme invitée spéciale, et Daniel Bélanger pour le volet musical.

Guy Villeneuve et Michel St-Cyr, qui avaient produit les neuf émissions de SNL Québec, en rêvaient, et la directrice générale de la Télévision de Radio-Canada, Dominique Chaloult, y réfléchissait depuis la fin de l’émission à Télé-Québec, il y a deux ans. Elle considère que le 6 janvier est une date parfaite pour programmer Le SNL de…. «Les gens sont disposés à regarder ce genre d’émission après tous les partys de Noël», croit-elle.

On a vu Magalie Lépine-Blondeau jouer la comédie dans Boomerang, mais ce sera l’occasion d’apprécier son talent comique dans un contexte de sketchs. «Pour moi, c’est de l’ordre du fantasme», admet la comédienne, qui suit beaucoup l’émission américaine. Si tout se confirme, elle devrait se rendre prochainement sur le plateau de Saturday Night Live à New York pour observer le travail des Américains et s’imprégner de l’ambiance de l’émission de NBC.

Fair-Play n’a pas eu de mal à renégocier les droits de l’émission mythique, puisque les producteurs là-bas ont beaucoup aimé la version québécoise diffusée à Télé-Québec en 2014 et 2015. Le SNL de… respectera le concept original, incluant Les nouvelles SNL, avec le duo Guillaume Girard et Mickaël Gouin. Paidge Beaulieu, le personnage de Katherine Levac, y fera-t-elle un retour? Pas forcément, mais seulement si c’est justifié et qu’on trouve «la» bonne idée pour la ramener.

Rassurez-vous, Phil Roy, Pier-Luc Funk, Katherine Levac et Virginie Fortin ne sont pas sur la photo mais sont de retour, avec Léane Labrèche-Dor et Mathieu Quesnel. Frappant de constater à quel point tous ces noms ont fait le plein de popularité depuis leur expérience à SNL Québec, un tremplin comme c’est le cas aux États-Unis. «Il fallait qu’ils soient tous là, c’était fondamental», ajoute Dominique Chaloult, qui les avait déjà ramenés une première fois dans Le nouveau show à ICI ARTV. Attendez-vous aussi à plusieurs caméos le 6 janvier. Ce serait l’occasion parfaite de voir Louis-José Houde, qui avait été du tout premier SNL Québec, rejoindre son amoureuse sur le plateau en direct. On peut toujours rêver.

Comme SNL fait de la parodie, l’équipe de création, pilotée par Josée Fortier, s’assurera de ne pas répéter ce qui aura été fait au Bye Bye, six jours plus tôt. On espère de bons textes de l’équipe d’auteurs, sensiblement la même, composée de Sébastien Ravary et Éric K. Boulianne, qui ont signé De père en flic 2, LeLouis Courchesne et David Michaël.

Pouvons-nous aussi rêver de revoir l’émission sur une base régulière? Dominique Chaloult ne rejette pas du tout l’idée, même qu’on la sent très favorable.

Télé et radio

ICI Tou.tv, huit ans plus tard

CHRONIQUE / ICI Tou.tv aura huit ans en janvier. Depuis 2010, Netflix lui fait la vie dure, comme à toutes les plateformes de vidéo en ligne, sans payer de taxes. Néanmoins, le nombre de visionnements sur ICI Tou.tv a augmenté de 30 % durant la dernière année, pendant que la télé, elle, a 18 % moins d’auditoire depuis le début de l’automne.

En huit ans, le contenu d’ICI Tou.tv s’est multiplié, concurrence oblige. La plateforme, qui dévoilait sa programmation mardi, offre pas moins de 25 webséries originales, dont sa plus fréquentée, L’âge adulte, de retour pour une deuxième fournée en avril prochain. La toute première websérie de son histoire, En audition avec Simon, reviendra le 27 février dans de nouveaux épisodes après une absence de six ans, aussi dans la section gratuite. Marc Labrèche, Guylaine Tremblay et Antoine Olivier Pilon passeront l’audition. Une curiosité parmi les nouveautés : Le band et Sébastien, une comédie prévue pour janvier avec Julien Lacroix en gagnant de concours de chant télévisé, en pleine déchéance, qui décide de sortir du moule de chanteur pop et propre qu’on lui a accolé.

Il n’y a pas si longtemps, pour un créateur, voir sa série disponible exclusivement sur Tou.tv était presque reçu comme une punition. «On est encore à expliquer aux producteurs qu’aller sur Tou.tv n’est pas un déshonneur. Au contraire, c’est une bonne affaire, ça crée un buzz», affirme la directrice générale de la télévision de Radio-Canada, Dominique Chalout. Elle cite le cas de Trop, offerte sur Véro.tv au printemps, avant d’arriver à la télé cet automne. «Ça n’a pas du tout nui à la diffusion télé, Trop attire en moyenne 733 000 téléspectateurs le lundi soir.» Une deuxième saison vient d’être tournée et arrivera en ligne au printemps. Trop est la série la plus visionnée sur Véro.tv, devant Les Simone et Les Morissette et moi.

La section Extra d’ICI Tou.tv, qui héberge Véro.tv, coûte toujours 6,99 $ par mois. À ce prix, les usagers ont le privilège de voir des épisodes de séries en primeur. J’admets que j’étais bien content de voir la finale de Faits divers une semaine avant sa diffusion à la télé. Vous pourrez en faire autant pour les trois premiers épisodes des Pays d’en haut dès le 7 décembre et de Lâcher prise dès le 12 décembre. Parmi les nouveautés internationales, je vois la quatrième saison de Sherlock et la série Masters of Sex, sur le duo de chercheurs Masters & Johnson, que j’ai beaucoup aimée.

Si l’on en croit Radio-Canada, Véro.tv va très bien. Même que ses usagers comptent pour 25 à 44 % de tout le trafic de l’Extra. Les nouveautés qui m’apparaissent les plus intéressantes sont Le bulletin, où des enfants de vedettes comme Mariloup Wolfe et Les Denis Drolet donnent des notes à leurs parents sur divers aspects de leur vie. Neuf épisodes à partir du 21 décembre. Puis en avril, une nouvelle fiction intitulée Papa épique avec Jean-Philippe Perras et Guillaume Cyr en pères au foyer. Aussi à surveiller : Une étape à la fois, sur l’évolution des rénos de la nouvelle cuisine de Marilou; Karaoké, où deux accros à ce loisir, Martin Proulx et Léane Labrèche Dor, parcourent la province à la recherche des plus passionnés; et Cheerleading, docu-réalité sur ce phénomène en croissance au Québec.

Véronique Cloutier conserve une présence sur sa plateforme, pour de nouvelles émissions de Rétroviseur, avec entre autres Guylaine Tremblay, Sophie Prégent, Stéphane Rousseau et Micheline Lanctôt. Il reste aussi un épisode de Les Morissette et moi, et une captation des Morissette en spectacle sera en ligne juste à temps pour Noël, le 22 décembre.

En rattrapage, District 31 est toujours la série la plus visionnée sur ICI Tou.tv, devant Unité 9, Les Simone, Mémoires vives et Olivier. Une deuxième saison de Cheval-serpent, réalisée cette fois par Rafaël Ouellet, sera mise en ligne l’été prochain sur l’Extra. Il était déjà prévu que Sylvain Archambault ne soit pas de retour derrière la caméra, en raison d’un conflit d’horaire.

TÉLÉ-QUÉBEC SE DÉBARRASSE DE HOUSE OF CARDS

Télé-Québec, qui avait annoncé en grandes pompes avoir fait l’acquisition de House of Cards, n’avait plus le choix et annule la diffusion de la série de Netflix, prévue à partir de janvier 2018. La décision était prévisible, étant donné les allégations de harcèlement sexuel à l’endroit de Kevin Spacey, qui ont jeté de l’ombre sur cette série maintes fois primée. Netflix a d’ailleurs interrompu le tournage de la sixième saison, qui devait être diffusée au cours de 2018. À Télé-Québec, on annonce que la cinquième saison de la série britannique SOS sages-femmes, présentée en primeur, occupera la case horaire prévue pour House of Cards, à partir du mardi 9 janvier à 21h. L’histoire ne dit pas si le diffuseur a perdu de l’argent en renonçant à diffuser la série, dont il avait acquis les cinq premières saisons. «En ce moment, nous évaluons nos options», répond Catherine Leboeuf aux communications.

Télé et radio

24CH devient une émission de jasette

CHRONIQUE / Je ne connais rien au hockey, mais quand je tombe sur la série 24CH à RDS, je reste toujours scotché. Une série bien faite, qui fait réellement voir l’équipe de l’intérieur. Mon intérêt risque toutefois de s’étioler avec la nouvelle formule, 24CH hors glace, qui commence samedi à 18h30 à RDS, et à partir du mercredi 22 novembre à 18h30, à Canal D.

Pour la sixième saison de 20 épisodes, oubliez le vestiaire des joueurs, on a choisi d’abandonner la formule docu-réalité pour en faire une demi-heure de jasette autour de rondelles d’oignon et d’ailes de poulet à la Taverne 1909 du Centre Bell. Marc Denis y reçoit deux joueurs du Canadien et une personnalité publique. Pour la première, on a jumelé Jonathan Drouin et Phillip Danault à l’humoriste Rachid Badouri. Et honnêtement, on n’apprend rien de bien transcendant.

Parmi les invités confirmés, Marc-André Grondin sera jumelé à Paul Byron et Torrey Mitchell, amateurs du film Goon. Louis Morissette, Chuck Hughes et d’autres y seront, et on tente d’arranger une rencontre entre Jay Baruchel et son ami Carey Price, à laquelle se joindrait Shea Weber. En plus d’être de la première, Badouri s’improvise 24e joueur du Canadien et fait des capsules d’humour avec un des invités, à raison de deux par semaine. Les premières avec Phillip Danault ne sont pas particulièrement drôles.

Pourquoi avoir abandonné l’ancienne formule des coulisses? Claude Julien aurait-il maugréé à l’idée de voir entrer des caméras dans son vestiaire? Pas du tout, jure le vice-président à la production de RDS, Domenic Vannelli. Julien a même vécu une expérience similaire à Boston. On considère seulement qu’après cinq saisons, un rafraîchissement de la formule s’imposait. Et on devine que ça coûte aussi beaucoup moins cher.

Il ne sera pas question de l’actualité du CH dans cette nouvelle formule, plusieurs émissions le font déjà. Mais si un joueur est échangé et que l’émission a déjà été enregistrée, c’est dommage, mais on la jette au panier. Comme pour le défenseur suisse Mark Streit, qui avait tourné des capsules avec Rachid Badouri, mais que l’équipe a soumis au ballottage.

RDS a aussi renouvelé 24CH le valet pour une troisième saison, disponible uniquement sur Télé Fibe à la chaîne TV1. Maxim Martin est de retour au volant, accompagnant les deux mêmes joueurs pour la première, Drouin et Danault, à bord d’une camionnette. Encore là, de la jasette sur tout sauf le sport, mais sur qui fait le lavage à la maison. Et on ne sort pas des lignes machos du genre : «Laisser traîner notre linge, c’est une façon de marquer notre territoire».

Ça tombe un peu mal, parce que l’intérêt pour le Canadien n’est pas à son meilleur. Même que la moyenne d’écoute a baissé les soirs de matchs, passant de 686 000 l’automne dernier à 527 000 cet automne.

SYLVAIN ARCHAMBAULT S’EN VA

Sylvain Archambault ne réalisera plus la série Mensonges. Visé par des allégations de harcèlement et d’inconduite sexuelle, il a finalement décidé de quitter la production, qui devra se trouver un nouveau réalisateur. Dimanche, sur sa page Facebook, le réalisateur reconnaissait avoir commis certains faits relatés dans l’article de La Presse, quelques jours après les avoir niés formellement. Dans ce même message, il s’excusait et demandait qu’on lui donne une seconde chance, avec l’intention de poursuivre son travail sur la série Mensonges. Visiblement, les choses ne se sont pas passées comme il l’espérait.

DEUX FINALES ENLEVANTES

Deux bonnes séries prenaient fin lundi soir. Une pour toujours, L’imposteur, et Faits divers, dont le retour est plus qu’incertain. Dans le cas de L’imposteur à TVA, je suis satisfait de la fin qu’a donnée le trio Piérard-Dansereau à son histoire. Ils m’ont bien eu, j’ai cru un instant à la véritable mort de Philippe/Youri (Marc-André Grondin). J’ai moins aimé la deuxième que la première saison, plus lente à démarrer. Mais j’attends déjà la prochaine série de ces auteurs. Je vais m’ennuyer de Faits divers, mon coup de cœur de l’automne sur ICI RC Télé, et de ses personnages hors du commun, particulièrement l’avocate Anne Dupuis (Marie-Ève Beaulieu), qui risque de passer une bonne partie de sa vie derrière les barreaux. Et si on lui donnait une série dérivée comme on l’a fait avec l’avocat de Breaking Bad aux États-Unis? Une deuxième saison de Faits divers est en développement, mais le retour n’est pas assuré.

CANAL+ À 10 DOLLARS

Il faudra débourser 10 $ par mois pour s’abonner à Canal+ International, en débrouillage pour un mois chez Vidéotron à partir de mercredi, aux positions 628 HD et 28 standard. Cette chaîne française relaiera les contenus les plus prisés du Groupe Canal+, dont les émissions Salut les Terriens! avec Thierry Ardisson et Touche pas à mon poste avec Cyril Hanouna. Le jour sera consacré aux 3 à 15 ans, on promet du cinéma français, du foot et rugby pour les amateurs, mais aussi des séries françaises, dont la comédie Catherine et Liliane. Enfin une chaîne française de plus, même si ce n’est pas donné. On espère que Bell, Cogeco et les autres distributeurs suivront.

LES MILLIONNAIRES DU DIMANCHE

Tout le monde en parle a renoué avec le million dimanche, ralliant 1119 000 téléspectateurs sur ICI RC Télé. TVA avait aussi trois titres millionnaires : La Voix junior (1781 000), Vlog (1043 000), et La vraie nature (1035 000), beau succès de l’automne, dont c’était la dernière avant les Fêtes.

RICHARD THERRIEN

Bye Bye Rozon

BLOGUE / L'image était parlante: Martin Petit, entouré d'une dizaine d'humoristes, qui lancent leur propre Festival du rire de Montréal. Une bande d'insoumis motivée qui prépare une petite révolution dans le monde de l'humour québécois. Michel Barrette, Marie-Lise Pilote, Maxim Martin et le plus drôle d'entre tous hier, Julien Lacroix. Il y en avait du monde sur le plateau de «Tout le monde en parle», dimanche.

En tout, une quarantaine d'humoristes ont déjà embarqué dans l'aventure avec Petit. Personne n'a dit non. Et pourtant, «fédérer des humoristes, c'est comme montrer des tours de magie à des chats», blague Martin Petit. Appuyé par la ministre Dominique Anglade et le Mouvement Desjardins, le projet semble solide. Pas encore de dates pour l'événement, mais une rencontre prévue lundi avec la ministre Mélanie Joly.

Comme plusieurs de ses collègues, Petit s'est senti trahi par Rozon, qui produisait sa série Les pêcheurs. Il lui a parlé au téléphone la dernière fois trois semaines avant la sortie du scandale. Et comme chaque fois, Rozon a terminé la conversation en lui disant: «Merci Martin pour ta confiance.» Quelle ironie. Petit a décroché de Juste pour rire en apprenant que Rozon allait vendre son entreprise au plus offrant. Pas question qu'il participe à ces enchères, s'est-il dit avec d'autres humoristes autour d'une bière. Le projet est né.

La valeur de Juste pour rire a sérieusement chuté depuis, mais ce n'était pas le but, plaide Réal Béland, qui voulait d'un festival partageant de meilleures valeurs. Il souhaite que les techniciens soient mieux payés et que les billets soient moins chers que pour Juste pour rire. «Si on met l'argent à la bonne place, je pense qu'on va réussir à le faire», dit-il. Cathy Gauthier, Les Denis Drolet, Phil Roy, Mike Ward et Louis-José Houde font aussi partie du collectif.

Seconde visite de Margaret Atwood sur le plateau de Guy A. Lepage, pour le nouveau roman C'est le cœur qui lâche en dernier. Un moment de grâce avec cette romancière d'une grande sagesse, à qui je décerne mon étoile du match. La Canadienne a surtout parlé de La servante écarlate, en raison du succès de la série, sur des femmes esclaves de fondamentalistes religieux. L'auteure s'est assurée que tout ce que raconte son histoire s'est déjà produit quelque part dans le monde. Une règle que devra suivre la deuxième saison, qui n'est plus son histoire, mais pour laquelle elle agit comme conseillère.

Elle admet que l'élection de Donald Trump a eu un effet sur l'équipe de tournage. «Rien n'avait changé dans la série, mais le contexte autour avait changé. La série allait être perçue autrement.» Le Prix Nobel de littérature lui a encore échappé. Assez pour la contrarier? Jamais. «Il faut comprendre ceci: les prix hommage pour l'ensemble d'une œuvre sont des jalons sur le chemin de la mort», répond-elle.

Pierre Thibault, Ricardo Larrivée et Pierre Lavoie ont eu à défendre leur Lab-École, décrié entre autres par les enseignants et les syndicats. Thibault affirme tout de même que le trio est accueilli à bras ouverts lors de ses passages dans les écoles. L'architecte souhaite des cours de récréation avec des arbres, des potagers, que «l'école soit l'endroit le plus attractif».

Valérie Plante n'allait certainement pas abandonner son sens de l'humour en entrant en politique. «On ne devrait pas se sentir coupable de sourire», affirme la première mairesse de Montréal. «Je pense que ça donne envie à ben du monde d'avoir du fun dans la vie!»

Bien sûr, le virage de Richard Bergeron, qui renie soudainement Denis Coderre, la fait sourire. «M. Bergeron est très flexible, idéologiquement parlant. C'est quand même assez drôle à voir.» Ce qui a inspiré à Martin Petit cette nouvelle expression: «Y'a juste Richard Bergeron qui change pas d'idée.»

Valérie Plante promet de ne pas augmenter les taxes, d'envoyer la Formule E au Circuit Gilles-Villeneuve, n'est pas contre le retour des Expos, mais demandera aux Montréalais s'ils sont prêts à payer. Et elle promet aussi d'éliminer ces chantiers inactifs durant plusieurs jours, qui ajoutent au stress des automobilistes.

Tâche ingrate pour Jonathan Roberge d'arriver après Margaret Atwood, avec les gags de son Petit Roberge un petit peu illustré, qu'il qualifie lui-même de «livre de jokes de toilettes». «Tu vas gagner un prix Nobol», a blagué Martin Petit. Ça ne riait pas beaucoup, avant que l'humoriste sorte ses blagues sur Tout le monde en parle, «un phare pour les radios de Québec, qui sont pendues à leurs lèvres le dimanche soir pour savoir sur quoi bitcher le restant de la semaine».

La toute discrète Jain a fait bon effet sur le plateau. La Française qui chante en anglais n'avait que 16 ans lorsqu'elle a écrit la chanson Come, dont la vidéo a été vue 70 millions de fois sur YouTube. Douée en graphisme, elle a finalement choisi de gagner sa vie avec la musique. Le second album s'en vient, toujours en anglais.

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Richard Therrien

Une Révolution s'annonce à TVA

CHRONIQUE / TVA parle d’«une variété de grande envergure» et du «plus grand événement de danse au Québec», rien de moins. Avec Révolution, la nouveauté du réseau prévue pour l’automne prochain, Danser pour gagner, que produira Julie Snyder cet hiver à V, et Les dieux de la danse, possiblement renouvelée à ICI Radio-Canada Télé, l’année 2018 sera celle de la danse à la télé.

Contrairement à Danser pour gagner, qui est une adaptation d’un concept de Warner, Révolution est 100 % québécoise, conçue à la fois par Québecor Contenu et Fair-Play. Vous me direz : qu’y a-t-il d’original à concevoir une compétition de danse, et de remettre le sort des candidats entre les mains d’un jury et du public?

D’abord, les candidats pourront participer en solo, en duo ou même en troupe, quel que soit leur âge, de 7 à 77 ans. «Ça peut être un couple de 70 ans qui fait du cha cha depuis 60 ans, une jeune ballerine de 7 ans, ou un jeune Billy Elliot de 15 ans. C’est large», explique la productrice au contenu, Marianne Boulet, chez Fair-Play. Puis, l’émission comptera sur une technologie bien spéciale, qui permettra de voir la danse sous tous ses angles, d’où le titre Révolution. La production reste encore mystérieuse sur cette nouvelle technologie, mais elle sera la marque de commerce de l’émission, au même titre que les fauteuils qui tournent le sont à La voix.

Trois grosses pointures de la danse composent le jury, qu’on appelle «les Maîtres», à commencer par le plus célèbre, l’explosif Jean-Marc Généreux, ancien chorégraphe de So You Think You Can Dance et juge de la version canadienne. Les deux autres sont Steve Bolton, qui est derrière le succès québécois des comédies musicales Footlose et Mary Poppins, et qui a oeuvré entre autres sur America’s Best Dance Crew, le format qu’a acquis Julie Snyder pour V; et Lydia Bouchard, éminente chorégraphe des spectacles de la Série Hommage du Cirque du Soleil, et qui a travaillé avec Robert Lepage sur La damnation de Faust.

D’une dizaine de semaines, la compétition se déroulera en trois étapes, ce qu’on appelle dans le jargon de la télé un format non linéaire. D’abord, les auditions devant les juges. Puis, des face à face. Et enfin, les meilleurs s’affronteront lors des trois dernières émissions, en direct. À chaque étape, les candidats pourront s’appuyer sur des professionnels du monde de la danse pour tenter d’accéder à la suivante. Ce sera au public d’élire son ou ses préférés parmi les finalistes. Chaque émission aura une durée de 90 minutes.

Chronique

Go go go! Une autre série sur le hockey

CHRONIQUE / Quoi, une série sur le hockey qui n’est pas Lance et compte? Attendez-vous à un changement radical avec Demain des hommes, nouvelle série de fiction sur de jeunes espoirs du hockey de 16 à 20 ans. Déjà, on passe de Réjean Tremblay à Guillaume Vigneault, plus connu pour ses romans, qui baignent dans un tout autre univers.

L’œuvre de 10 épisodes d’une heure sera offerte au printemps sur l’Extra d’ICI Tou.tv, avant d’apparaître à la télé. L’équipe de Melenny, qui est notamment derrière Les Boys, tourne depuis trois jours sur la Rive sud de Montréal, mais l’histoire est campée dans la ville fictive de Montferrand. Comme Jos Montferrand, de la chanson de Gilles Vigneault, le père de l’auteur. Une ville qu’on pourrait comparer à l’importance de Saguenay, avec son propre quotidien, ses stations de radio.

Après avoir travaillé ensemble pour le film Tout est parfait, Guillaume Vigneault et le réalisateur Yves Christian Fournier (Blue Moon) se retrouvent pour cette série. Le duo s’était perdu de vue, mais une rencontre dans un bar a ravivé leur désir de travailler ensemble. Fournier a aussitôt embarqué dans l’histoire de Vigneault et l’intériorité de ses personnages.

Les Draveurs de Montferrand font partie de la Ligue de hockey junior élite, aussi fictive. On aurait bien voulu emprunter le nom de la vraie Ligue de hockey junior majeur du Québec, mais on a reçu un refus de l’organisation, qui ne souhaitait pas donner cette image. Demain des hommes n’est pas une série à la Walt Disney, prévient son réalisateur. Oui, les joueurs boiront de l’alcool, comme dans la vraie vie. Et bien sûr, certains joueurs défieront le couvre-feu et courront les filles. «Si tout le monde se couche à 11h, c’est plate!» lance Guillaume Vigneault, qui trouve qu’on ne voyait pas assez de hockey dans nos fictions.

CHRONIQUE

Marie-Ève Beaulieu, l’avocate au congélo

CHRONIQUE / Certains la découvrent, d’autres savent qu’ils l’ont vue quelque part, plusieurs la retrouvent avec plaisir. Mais où était donc Marie-Ève Beaulieu, si convaincante dans le rôle de l’avocate folle dingue Anne Dupuis dans Faits divers, l’un des personnages les plus flamboyants de l’automne télévisuel?

Originaire de Cowansville, dans les Cantons-de-l’Est, la comédienne a tenu plusieurs rôles après sa sortie du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 2004, à la télé dans Minuit, le soir, Les hauts et les bas de Sophie Paquin et Virginie, où elle a été durant deux saisons la sœur de la deuxième Virginie, Stella Charest, vivant avec une déficience intellectuelle. Puis, silence radio de cinq ans, une éternité dans la carrière précaire d’une actrice.

Ce rôle dans Faits divers, l’actrice de 36 ans l’attendait donc depuis longtemps. Tellement qu’elle en était presque à se demander si le métier voulait encore d’elle. «Durant ces cinq années, je sentais quand même que ça pouvait changer, parce que je passais des auditions. Chaque fois, je sentais que ça passait proche. Je ne lâchais pas», dit-elle.

Puisqu’il fallait gagner sa vie, elle a tout essayé et tenté de travailler comme serveuse. «Même pour ça, on ne me prenait pas. Là où j’allais, les gens me reconnaissaient, me disaient qu’ils m’aimaient, mais en bout de ligne, ne m’engageaient pas. Je me disais : ‘‘Coudonc, je suis vraiment mal barrée!’’ Tu vois dans l’œil de l’autre qu’il ne comprend pas pourquoi je ne travaillais pas dans mon domaine.» Puis, elle a travaillé dans des garderies, enseigné le théâtre aux enfants et même eu un emploi de vendeuse dans une boutique de vêtements. Avant de décrocher enfin ce rôle en or. 

Tout un numéro que cette Anne Dupuis, avocate véreuse et névrosée, doublée d’une psychopathe improvisée, qui dissimule sa victime dans un congélateur. Un personnage très physique, toujours dans l’action, qui court partout. Pensons seulement à cette scène où Anne Dupuis doit soulever le cadavre avec son tracteur. Ou cette autre, où elle doit le déterrer pour en prélever un échantillon. «Je me sentais comme à Fort Boyard! C’était plutôt amusant», confie la comédienne. Ce sont pourtant les scènes de confrontation avec Mike Pratt (Fabien Cloutier) qu’elle a trouvées les plus complexes à jouer.

Un rythme exigeant, mais stimulant pour l’actrice, qui a dû tourner 75 scènes en à peine 15 jours. «J’avais des journées énormes. Les choses déboulent, t’es en mission et t’as pas le temps de ressortir la tête entre chaque scène. Mais j’ai fait ça avec une joie immense, en me disant que je ne savais pas combien de fois ça pouvait passer dans une vie, un rôle comme celui-là.»


Chronique

Des Jeux et District 31

CHRONIQUE / Jour et nuit, les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang en Corée du Sud occuperont tout l’espace à ICI Radio-Canada Télé, 9 au 25 février 2018, dans 100 jours plus exactement. Tout l’espace, ou presque : les accros de District 31 auront droit malgré tout à leur drogue quotidienne. Mais il faudra se river plus tôt à son écran, à 18h30, ou bien programmer son enregistreur.

D’autres rares émissions seront maintenues à l’antenne, dont Entrée principale et Silence, on joue! en semaine, de même que Le téléjournal du midi et de 18h, en version de 30 minutes. Pour le reste, 500 heures de programmation olympique tapisseront les grilles horaires d’ICI Télé et de RDS, partenaire de diffusion. La LNH n’est plus là, mais quatre nouvelles disciplines sont prévues, dont la spectaculaire planche à neige grand saut ou «big air».

Si Radio-Canada en est à ses 21es Jeux, Marie-José Turcotte, elle, couvre ses 15es. La chef d’antenne principale, de 19h à 1h, sera suivie de Diane Sauvé, Guy Daoust et Martin Labrosse. Le décor donnera une vue splendide sur la tour de saut à ski, au cœur de la montagne. Le studio n’est pas encore construit, mais pas de panique, on est en avance sur l’échéancier, assure-t-on.

La première directrice des sports et de la production olympique, Catherine Dupont, affirme que le décalage horaire de 14 heures est plus avantageux qu’on le pense pour nous. Les compétitions en matinée là-bas nous parviendront en soirée, alors que celles du soir en Corée, en matinée ici. Des 20 à 22 heures quotidiennes de retransmission, 15 heures seront en direct.

La période creuse de l’après-midi chez nous sera occupée par Alexis de Lancer, qui ne sera non plus sur la plage comme à Rio, mais sur le terrain, dans la froidure hivernale coréenne. L’équipe compte un atout majeur en la personne du volubile Laurent ­Duvernay-Tardif, des Chiefs de Kansas City. Le charismatique footballeur s’intéressera aux athlètes de près.

Animateur pour la 15e fois aux Jeux olympiques, Claude Mailhot sera seul chef d’antenne à RDS, alors que Radio-Canada en a cinq. RDS, RDS2 et RDS Info se partageront la retransmission des compétitions. TVA Sports, qui était dans le pool de diffusion à Sotchi mais pas à Rio, n’est toujours pas impliqué, et ne le sera pas plus pour les prochains Jeux, puisque le partenariat entre ­Radio-Canada et RDS vaut jusqu’en 2024.

La vive tension entre Donald Trump et le chef nord-coréen Kim Jong-un n’inquiète pas outre mesure l’équipe réduite de télévision qui se rendra là-bas. Marie-José Turcotte, qui avait couvert les Jeux de Séoul en 1988, se souvient que le centre de diffusion était déjà protégé par des militaires armés de mitraillettes, et qu’on devait passer par un détecteur de métal pour y entrer, à une époque où ce n’était pas courant comme aujourd’hui. «C’est un pays beaucoup plus militarisé que le nôtre», rappelle la chef d’antenne, en plus de souligner qu’un plan d’urgence est prévu, en cas de véritable menace.

Le directeur général de la production à Radio-Canada, François Messier, affirme que le diffuseur ne mettra pas les vies de ses employés en danger, et croit improbable l’idée d’attaquer le centre de diffusion. «C’est probablement l’endroit le plus sécuritaire. Ils savent que les images partent de là pour le reste du monde.»

M. Messier croit que la décision de la LNH de ne pas envoyer ses joueurs à Pyeongchang permettra à Radio-Canada et RDS de mettre la lumière sur des athlètes olympiques souvent éclipsés par le hockey. «Érik Guay va skier un samedi à 21h à notre heure, donc en prime time», souligne-t-il. «Pensez-vous réellement que les gens ne seront pas intéressés de voir Alex Harvey, même s’il ne porte pas des patins mais des skis?» demande Claude Mailhot. N’empêche, c’est le hockey qui récoltait les meilleures cotes d’écoute aux Jeux par le passé.

Les bonnes performances des athlètes canadiens dans la dernière année en championnats du monde font espérer le meilleur pour Pyeongchang. Marie-José Turcotte se mouille et nous prédit au moins 25 médailles, le score de Sotchi.

D’une extraordinaire efficacité lors des derniers Jeux, l’application mobile rendra disponible plus de 2500 heures de compétitions en direct, et des résumés pour ceux qui ne veulent pas se taper l’intégrale d’une épreuve.

Olivier : des adieux très suivis

Olivier a fait ses adieux à 761 000 téléspectateurs lundi soir à ICI Radio-Canada ­Télé. C’est 200 000 de plus que L’imposteur – la suite, qui en a conservé 558 000 à TVA. Plus tôt, Boomerang gagnait haut la main à 858 000 contre 512 000 pour Trop. L’échappée (1 014 000) maintient son avance sur Faits divers (416 000).

Coup de foudre adaptée dans quatre pays

Beau coup pour Media Ranch, qui vient de vendre les droits de l’émission Coup de foudre au groupe Banijay, une importante société française de production et de distribution de contenus. Après cette entente conclue au Mipcom à Cannes, l’entreprise compte ainsi créer des matchs parfaits en Australie, en France, au Danemark et en Italie, où seront produites différentes adaptations de l’émission. Animée ici par Mathieu Baron, en semaine à 17h30 sur V, la nouvelle mouture de l’émission en est à sa deuxième saison à V. 

Jusqu’ici produite par Salvail & Co, Coup de foudre appartient exclusivement à Media Ranch, qui a racheté avec Vivianne Morin l’entreprise d’Éric Salvail. Cette nouvelle entité prendra la relève à la production, si l’émission était renouvelée. Coup de foudre est un concept 100 % québécois, créé par René Ferron et diffusé de 1988 à 1993 à TQS. Une histoire de famille, puisque M. Ferron est le père de Sophie Ferron, présidente de Media Ranch.

Chronique

Olivier enfin en paix

CHRONIQUE / Olivier en aura vécu des drames depuis le premier épisode de cette série signée Serge Boucher, qui s’est conclue lundi soir sur ICI Radio-Canada Télé. Une finale assez triste, mais en même temps libératrice pour Olivier et sa famille reconstituée.

Et maintenant, on attend la nouvelle série du même auteur, cette fois une histoire bien à lui, et non inspirée d’un livre. L’œuvre est en développement chez le même diffuseur, qui se fait plus qu’avare de détails à cette étape-ci.

Olivier a fait très bonne figure dans les sondages, obtenant une moyenne de 934 000 téléspectateurs, presque au coude à coude avec L’imposteur – la suite, suivie par 920 000 fidèles. On remarque toutefois qu’Olivier a gagné des adeptes en cours de route, alors que la série de TVA a commencé fort avec 1 089 000 pour se stabiliser ensuite dans les 880 000.

Il y avait tout de même un risque, à mi-parcours, que le public vive difficilement la transition entre le petit et le grand Olivier. C’est tout le contraire qui s’est produit, même que les gens étaient heureux de voir l’adolescent quitter l’enfance, vers un avenir meilleur, malgré de nouveaux malheurs. On s’était tellement attachés à Anthony Bouchard, choisi parmi 65 garçons venus auditionner pour le rôle d’Olivier, enfant. Thomas Derasp a repris le rôle, plus vieux, avec aplomb et assurance.

Impossible de quantifier le nombre d’aveux qu’a pu susciter Olivier chez des personnes qui ont vécu une enfance similaire. Le producteur André Dupuy, chez Amalga, affirme que la Direction de la protection de la jeunesse a vraiment apprécié la série, entre autres la façon de décrire cette époque de transition, où le portrait de l’adoption a changé au Québec.

Le coffret DVD d’Olivier arrivera sur les tablettes le 5 décembre, juste à temps pour Noël.

House of Cards en suspens à Télé-Québec

Alors que Netflix annonçait hier que la sixième saison d’House of Cards serait la dernière, Télé-Québec réfléchit à ce qu’elle fera de la série, dont elle a acquis les droits en mai dernier, et qui est prévue à sa grille horaire dès janvier prochain. La vedette de la série, Kevin Spacey, est la cible d’allégations d’agressions sexuelles sur l’acteur Anthony Rapp, qui n’avait alors que 14 ans. «Il va sans dire que nous prenons les allégations troublantes d’agressions sexuelles à l’endroit de M. Spacey au sérieux. […], nous profiterons des prochaines semaines pour bien analyser la situation, en suivant la suite de l’affaire», a fait savoir Catherine Leboeuf, aux communications.

Canal+ chez Vidéotron à la mi-novembre

Bonne nouvelle pour les amateurs de télé française : plusieurs contenus de Canal+ seront disponibles en sol canadien à partir du 15 novembre prochain. Pour l’instant, la chaîne sera offerte en exclusivité aux clients de Vidéotron. J’étais de ceux qui réclamaient depuis longtemps l’ajout de Canal+ au Canada. De la France, TV5 nous relaie les programmes plus conventionnels de France Télévisions, alors que Canal+ a davantage la réputation de présenter des contenus audacieux. Le Canada recevra le signal de Canal+ International, déjà disponible dans plusieurs pays, et qui offre à ses abonnés les contenus les plus prisés de Canal+. On souhaite que les autres distributeurs, comme Bell et Cogeco, puissent à leur tour rendre la chaîne disponible à leurs abonnés éventuellement.

Le million pour l’ADISQ

Le Gala de l’ADISQ a attiré 1 016 000 téléspectateurs diman­che soir sur ICI Radio-Canada Télé. C’est un peu moins que l’an dernier, alors que la soirée animée par Louis-José Houde en avait rallié 1 118 000. Le tapis rouge, qui précédait le gala, a attiré l’attention de 571 000 curieux. C’est à peine plus que l’autre tapis rouge, le deuxiè­me d’Occupation double Bali, vu par 503 000 irréductibles à V, en hausse par rapport aux dimanches précédents. À 20h, la nouvelle formule d’OD+ en direct a retenu 182 000 téléspectateurs à V et 18 000 à MusiquePlus, alors que la reprise d’OD à 21h a été vue par 120 000 à V. Avec ses 1 750 000 accros à TVA, La voix junior n’a pas souffert de la présence de l’ADISQ, pas plus que La vraie nature, suivie par 1 176 000.

Anne-Élisabeth Bossé a eu la surprise de sa vie lorsque son amoureux, l’humoriste Guillaume Pineault, l’a demandée en mariage à En direct de l’univers, samedi. Un moment d’une grande intensité, pas racoleur, au contraire très touchant, qui a attiré pas moins de 786 000 téléspectateurs à ICI Radio-Canada Télé.

Chronique

La fête n’a pas été assombrie

CHRONIQUE / Non seulement les affaires d’agressions sexuelles n’ont pas jeté d’ombre sur le 39e Gala de l’ADISQ, mais il en a été peu question au final. Un vrai baume de près de 2 heures 30 sur les plaies récentes du scandale, qu’on pourrait même qualifier d’exercice thérapeutique réussi.

Louis-José Houde n’allait pas laisser tout ça gâcher la fête. Très drôle et efficace dans son monologue d’ouverture, il a en quelque sorte exorcisé d’emblée le malaise généralisé des derniers jours. Il a osé quelques gags sur Éric Salvail, dont le premier était déjà écrit avant les événements. Évoquant le public qui salue discrètement les artistes lorsqu’il les rencontre: «Mais là, j’jase avec Salvail, s’il te plaît, viens me parler!» Puis, il a ajouté: «C’est ça qui arrive quand tu te prépares à l’avance. J’l’ai dit pareil. Quoi, ça va lui nuire?» Rire général.

Houde m’a semblé un peu plus mordant qu’à l’habitude, s’approchant parfois de l’humour des Gémeaux. Quand sa sœur qui vit aux États-Unis veut savoir qui est untel, il lui décrit Patrice Michaud comme «un moniteur un peu trop vieux pour être moniteur». Alex Nevksy: «[Cherche dans] Google: patinage artistique 1982.» Klô Pelgag: «As-tu 20 minutes?» Coeur de Pirate: «Ça dépend quand.» Jérémy Gabriel: «Je passe!» Nicola Ciccone: «Des fois, tu te demandes, qui boit vraiment ça du Baileys?» Ouch. Et puis, sa meilleure pour Marc Hervieux: «Denis Coderre un peu paqueté dans le sud!»

Toute une revanche pour Safia Nolin, après la déferlante de commentaires déchaînés de l’an dernier sur sa tenue vestimentaire. «Les gens à la maison, calmez-vous s.v.p.», a-t-elle dit d’emblée. L’interprète féminine de l’année a utilisé toutes les secondes de ses remerciements pour «saluer le courage de tous les hommes et les femmes qui ont dénoncé des actes dégueulasses qui leur ont été faits». L’interprète masculin, Patrice Michaud, a parlé d’«un moment surréaliste. Et j’y goûte pleinement. Et je suis fier de moi», a-t-il dit, pesant bien chaque mot.

Il aura fallu 39 ans pour qu’on invite Michel Louvain à chanter au Gala de l’ADISQ. Les artistes dits populaires ont toujours été snobés par une partie du milieu, hélas. Dimanche, cette industrie s’est levée pour ovationner notre plus grand crooner, impeccable comme toujours, dans l’interprétation d’Un certain sourire, un numéro tout en sobriété. Mieux vaut tard que jamais, mais quand même.

Adoré le numéro où Louis-José Houde, accompagné d’Ariane Moffatt au piano, a raconté sa dernière visite dans un magasin HMV, naviguant «entre les Gipsy Kings et Eva Avila». «Une marche funèbre entre les gars de 38 à 54 ans, avec leurs sandales en velcro, leur queue de cheval et leur t-shirt de Cégeps en spectacle.»

Pas de numéros musicaux spectaculaires, mais de beaux numéros. Et les mariages créés étaient souvent originaux. Comme on le fait souvent, on a choisi de confier des numéros à des artistes un peu moins connus, comme The Brooks et Alexe Gaudreault, jumelés à Alex Nevsky et Robert Charlebois, venu reprendre Mon pays de Réjean Ducharme. Belle connivence entre Patrice Michaud et Émile Bilodeau, qui ont uni leurs succès Kamikaze et J’en ai plein mon cass. Très beau numéro de Klô Pelgag avec le violoniste Alexandre Da Costa. Audacieux mais vivifiant de confier l’ouverture au groupe hip-hop Alaclair Ensemble avec Ça que c’tait, suivie de la divine Charlotte Cardin et de Daniel Bélanger.

Les rares à s’y risquer, 2Frères y sont allés de jeux de mots un peu douteux pour écorcher Salvail et Rozon. À la suggestion de Sonny de changer la catégorie Adulte contemporain par Adultes louches, Éric répond: «Par les temps qui courent, on n’aurait pas ben ben de misère à trouver des adultes louches.» Sonny: «Éric, j’pense pas que “Salvail” la peine d’aller là.» Puis son frère de conclure: «Osons dénoncer ça. “Rozon” le dénoncer une deuxième fois.» Poudoumtish!

Plus grave, en recevant le prix du spectacle pour Mary Poppins, le metteur en scène Serge Postigo a salué les employés de Juste pour rire, dont les emplois sont actuellement en péril. «Ne laissons pas l’horreur décider de leur avenir à court ou moyen terme. Occupons-nous de nos victimes, mais soyons vigilants, par souci de vengeance, de ne pas en faire des milliers de collatérales. Parce que tous ces gens […] n’ont rien fait.»

On a tout de même été bien servis en remerciements; pas de longueurs, et les artistes s’étaient préparés. Réjouissante, Klô Pelgag a eu ce mot pour les «haters» en tous genres: «On se fout de ce que vous pensez et on vous souhaite de vous trouver des passions, comme nous on le fait, autres que la méchanceté. Les filles particulièrement, habillez-vous comme vous voulez, peu importe ça ressemble à quoi!» Bien dit.

Dans un des rares moments touchants de la soirée, on a rendu un hommage posthume à Leonard Cohen par un montage de bouts d’entrevues, collés à ses chansons, avant que des artistes se lèvent dans la salle pour reprendre le refrain de Hallelujah. Cohen avait déjà refusé le prix du Gouverneur général. «Mais celui-là, il l’accepterait volontiers», a dit son fils Adam, venu chercher le Félix. Un de ses grands regrets avant de mourir aura été de ne pas passer ses derniers jours à Montréal. «Il aurait aimé se prononcer sur un débat un peu chaud au Québec, le smoked meat du Schwartz ou celui du Main? Il préférait celui du Main», a conclu Adam Cohen.

Ce Gala de l’ADISQ ne nous a peut-être pas laissé de grands moments en mémoire. Mais les artistes, et nous, avions besoin d’une soirée réconfortante et chaleureuse dimanche, ce à quoi on a eu droit.