Richard Therrien

Beaucoup plus qu’un personnage

La première fois qu’elle s’est vue jouer la détenue Eyota Standing Bear dans Unité 9, Natasha Kanapé Fontaine s’est mise à pleurer. «Je ne me suis pas reconnue, j’avais l’impression que cette femme existait vraiment. J’identifiais aussi certains moments de ma vie et c’est comme si je guérissais de ces moments-là», m’explique l’artiste autochtone et militante de 27 ans, encore touchée par l’expérience.

Son entrée dans la série de Danielle Trottier en novembre dernier a frappé l’imaginaire : la très dure réalité de cette femme autochtone, exploitée sexuellement, se montrant dans toute sa vulnérabilité au cours d’une fouille insoutenable, a ébranlé le public. Natasha Kanapé Fontaine, qui arbore les cheveux plus courts depuis la fin du tournage, admet avoir été habitée par cette femme portant les marques de blessures profondes, bien au-delà des tournages. «Je restais avec elle pendant plusieurs jours, et ça devenait difficile. Je n’arrivais plus à m’en défaire parce que pour moi, elle existait. Eyota, je la vois dans les rues du centre-ville de Mont­réal, ou en sortant à la station de train Bonaventure.»

Natasha Kanapé Fontaine est convaincue que l’arrivée de ce personnage a créé une brèche dans l’incompréhension des autochtones par une grande partie de la population. «Je sens déjà une différence. En s’attachant au personnage, les gens finiront par comprendre ce qu’elle vit. Ce n’est pas seulement une histoire personnelle, mais l’histoire d’un pays.»

La comédienne s’est tenue loin des réseaux sociaux depuis l’arrivée d’Eyota, pour s’épargner les possibles commentaires négatifs qu’ils pourraient susciter. Et pourtant, tout ce qu’on entend au sujet de son interprétation ne relève que de l’éloge, malgré la violence de ses scènes. Déjà, la réaction de sursaut des gens à l’épicerie ou à la pharmacie, lui a donné une idée de la réception de son personnage.

Natasha Kanapé Fontaine avait mis une condition avant de jouer ce personnage : elle ne voulait pas qu’on la voie boire ou consommer à l’écran, préférant tendre vers la rédemption et la résilience. «Quand j’étais jeune et que je voyais quelque chose à la télévision, j’avais tendance à vouloir le recréer. À représenter quelqu’un qui consomme, je sais qu’il y en a qui auraient voulu le refaire. Je ne voulais pas que les gens qui me suivent depuis des années pensent que je validais ce comportement-là. Voir quelqu’un qui se sort de ses démons, c’est plus significatif que de représenter seulement quelqu’un qui reste là-dedans.»

Innue originaire de Pessamit sur la Côte-Nord, Natasha Kanapé Fontaine a grandi à Baie-Comeau. Elle a quitté le nid familial à 16 ans pour fuir un contexte difficile, un sujet qu’elle aborde rarement, mais qui a forgé son caractère. Il a fallu qu’elle apprenne que des membres de sa famille portaient le lourd héritage des pensionnats autochtones pour expliquer bien des choses. «J’aurais très bien pu ne jamais le savoir, je l’ai appris quand on a reçu un chèque du gouvernement. Ça a eu des répercussions sur moi.»

Le documentaire Le peuple invisible de Richard Desjardins et Robert Monderie a aussi été déterminant dans sa compréhension. «Tout a cassé après ça», dit-elle. Les rapports avec sa mère et sa grand-mère sont d’ailleurs au centre de son prochain recueil, à paraître au printemps. «Si la grand-mère a été brisée, que la mère a été brisée, forcément, la petite-fille le sera aussi. Quand on est la fille héritière de relations comme celles-là, comment on fait pour casser le cercle et assurer un meilleur avenir à sa propre fille?»

Télé et radio

Mon hiver, mes Jeux

CHRONIQUE / Ça y est, je suis accro. Depuis vendredi, je reste scotché aux Jeux d’hiver sur mes différents écrans. Et je me suis découvert une passion pour le slopestyle. C’est comme ça, et c’est un peu ingrat : on se découvre une passion pour un sport tous les quatre ans, mais on laisse tomber le reste du temps.

Reste que le slopestyle, cette discipline du surf des neiges, me fascine. Les compétitions sont spectaculaires, et ses athlètes, terriblement attachants. Les filles en arrachaient dimanche soir, c’en était désolant. Mais Laurie Blouin a été plus forte que le vent.

Au-delà du sport, les Jeux, ce sont des histoires humaines, parfois heureuses, mais bien souvent malheureuses. Et jusqu’à maintenant, on a été servi en terme de dépassement de soi. Voir Philippe Marquis affronter les bosses avec un ligament déchiré avait quelque chose de douloureux, mais suscitait l’admiration. Chapeau aux patineurs artistiques, qui sont sur la glace dès la matinée là-bas pour qu’on voit leurs exploits le soir chez nous. Cette discipline a toujours récolté de gros chiffres, pas question de montrer ça la nuit.

À ICI Radio-Canada Télé, la médaille d’or de la description va certainement à Guillaume Dumas, excellent aux compétitions de ski acrobatique. Toujours le bon mot, jamais d’hésitation, des propos intelligents, une réelle passion contagieuse pour le sport. Aux bosses, il forme un duo hors pair avec Jean-Luc Brassard. À entendre ce dernier, on en oublie presque qu’il a déclaré aux Francs-tireurs qu’il ne croyait plus au rêve olympique, et que la possible disparition des Jeux serait une bonne chose pour les athlètes. Le champion olympique y est allé quand même, parce que c’est sa seule opportunité de parler de son sport. Ce pourrait être différent dans quatre ans, alors que les Jeux auront lieu à Pékin, dans un régime totalitaire, un choix que Jean-Luc Brassard dénonce vivement.

C’est plus laborieux pour la journaliste Marie Malchelosse, qui s’étend beaucoup trop dans ses questions aux athlètes, au bas des pentes. L’une d’elles a d’ailleurs fait l’objet d’une vidéo virale tellement elle n’avait ni queue ni tête. Concision et précision seraient de mise de la part de la journaliste, dans ces moments toujours très attendus. Au fait, l’entrevue avec Chloé Dufour-Lapointe, en larmes après avoir fini 17e aux bosses, déchirait le cœur.

Les descripteurs et analystes trouvent toutes sortes de déclinaisons pour parler des «athlètes olympiques de la Russie», puisque le pays a été banni des Jeux. Pas d’hymne russe, pas de drapeau russe. Quand on doit répéter l’expression 50 fois dans un match de hockey, ça devient laborieux. Jean St-Onge, lui, a parlé des «athlètes olympiques d’un pays nordique».

Si les trop nombreuses publicités vous embêtent et que vous voulez suivre les compétitions dans leur intégralité, tournez-vous vers la très efficace application des Jeux de Radio-Canada, compatible avec Chromecast. Si vous avez ce qu’il faut pour visionner le tout sur votre télé, c’est le rêve. Vous n’aurez qu’à vous taper deux publicités avant d’y accéder, mais plus rien ensuite.

Vendredi, la rediffusion de la cérémonie d’ouverture en soirée a été suivie par 740 000 téléspectateurs sur ICI Radio-Canada Télé, et 144 000 à RDS. Les plus forts auditoires ont été atteints samedi soir lors de la finale masculine de slopestyle (Max Parrot et Mark McMorris) avec 932 000 téléspectateurs. Dimanche soir, la prestation du patineur artistique Patrick Chan a été suivie par 863 000 adeptes, alors qu’en matinée, 695 000 ont vu Justine Dufour-Lapointe récolter l’argent aux bosses.

LA VOIX EN TÊTE, MAIS EN BAISSE

La première de la saison de La voix a attiré dimanche 1938 000 téléspectateurs à TVA, dominant le palmarès, mais passant pour la première fois sous la barre des deux millions. L’an dernier, l’émission de Charles Lafortune en avait retenu 2181 000 pour sa première. Sur le même réseau, La vraie nature a été vue par 1097 000 adeptes. Le jeudi, 1res fois est en voie de rattraper Face au mur; alors que l’émission de Véronique Cloutier est regardée par 721 000 téléspectateurs à ICI RC Télé, celle de Maripier Morin en a tout juste 848 000 à TVA, en baisse constante. La première en avait attiré 1355 000 le 18 janvier dernier.

Télé et radio

«La voix»: Lara contre Éric

CHRONIQUE / La bataille, même amicale et forcée, aura lieu entre Lara Fabian et Éric Lapointe. C'est du moins l'impression que laissait cette première de la sixième saison de «La voix», dimanche soir à TVA. Des auditions à l'aveugle où Lapointe, le vétéran des coachs, accueillait trois nouveaux collègues, son grand ami Garou, Lara Fabian, et Alex Nevsky, qui passait de «La voix junior» à celle des grands.

Le combat ultime a eu lieu vers la fin, devant Jonathan Freeman, 24 ans, de Sept-Îles, qui a une voix rauque comme Garou. Toujours sur le ton de l'humour, Lara et Éric se sont presque battus pour ce dernier candidat, qu'on avait caché derrière un rideau pour titiller encore plus la curiosité des coachs. «Assis-toé!» a lancé Éric Lapointe à Lara Fabian, qui s'est levée d'emblée après son interprétation de Heart Beats Slow, d'Angus & Julia Stone. À Lara, qui l'avait traité de «téteux» plus tôt dans la soirée, Éric Lapointe a eu cette réponse en entrevue: «Calme-toi le pompon, Madame!». Ce qui a fait dire à Alex Nevsky: «Ça joue dur à La voix des grands». Finalement, Éric Lapointe a choisi Jonathan, et Jonathan l'a choisi.

N'empêche, c'est Lara Fabian qui s'est le plus imposée parmi les coachs dimanche soir. Et pourtant, c'est la seule qui n'en avait pas l'expérience, puisque Garou a fait The Voice en France. Un retour jusqu'ici réussi pour la chanteuse, la plus émotive du quatuor, mais qui est aussi capable d'humour et de répartie.

Un des moments les plus émouvants de la soirée revient à Félix Lemelin. Le jeune homme de 20 ans, de Québec, a complètement envoûté Lara Fabian, devenue très émotive après son interprétation tout en fragilité de Maudite promesse de 2Frères. «Tu m'as vraiment chaviré le cœur», lui a dit la chanteuse, à qui il a rappelé son enfance et son père. Le chanteur et guitariste aux cheveux longs et au grand chapeau noir aurait difficilement pu choisir un autre coach après une telle déclaration d'amour.

Déjà la première candidate, Yama Laurent, a ému les coachs par sa voix grave et profonde, empreinte d'une souffrance passée. «J'en ai arraché mon comptoir!» a dit Éric Lapointe, qui a parlé d'une performance à couper le souffle. La jeune Emma Lépine, de Chicoutimi, qui a livré un Milord très théâtral, avait l'embarras du choix avec quatre coachs à ses pieds. «Une vieille âme mélangée à une fée», a résumé Lara Fabian. «A star is born», a conclu Garou, l'heureux élu.

Parmi les candidats les plus intéressants figure Ben Alexander, 29 ans, un anglophone de Montréal qui a conquis deux des quatre coachs avec Tighten Up. Élodie Bégin, de Repentigny, a marqué l'assistance par son interprétation très sentie d'un succès de Simon and Garfunkel, The Sound of Silence. Et certains ont parlé de la prochaine reine du country en entendant Krystel Mongeau, une ex de MixMania4, qui a choisi Lara Fabian.

Aucun exclu n'a subi l'humiliation. Même que Lara Fabian a offert de rencontrer l'une d'elles, en marge de l'émission. La toute jeune Yana Rogozin, d'origine israélienne, avait opté pour une chanson de Lara, Adagio. Toujours risqué d'interpréter le titre d'un coach devant lui. «J'aurais pas pu chanter cette chanson-là à 18 ans», lui a dit Lara. Dommage que personne ne se soit retourné pour la seule «bibitte» de la soirée, Fred Beauchamp, 18 ans, qui comptait sur l'émission pour faire connaître son patelin, Mandeville, et sa mascotte, un canard en peluche. «On a tripé, vraiment», lui a pourtant dit Garou, après sa reprise fort sympathique de Passe-moé la puck des Colocs.

L'émission a subi tout un lifting, une façon de surprendre le public. En plus d'un quatuor de coachs renouvelé, la famille n'est plus derrière avec Charles Lafortune, mais pas très loin de la scène, pour encourager son candidat. On est donc privé des commentaires des supporters. Oubliez la chanson officielle, on a demandé aux coachs d'interpréter des succès de leur répertoire, tous ensemble pour ouvrir l'émission. Pour le reste, on aurait pu resserrer un peu: 2h22, c'est la longueur d'un gala. Deuxième émission d'auditions à l'aveugle dimanche prochain.

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Télé et radio

L'étoile du match à Kalina Bertin

CHRONIQUE / Qui nous dit la vérité et qui nous ment? Supercheries, fabulations et histoires à dormir debout ont été à l'avant-plan de ce «Tout le monde en parle», dimanche.

L'histoire la plus rocambolesque appartient sans doute à Kalina Bertin, qui a découvert, en tournant un documentaire sur son père, que ce gourou a eu 15 enfants de cinq femmes avant d'être assassiné. Manic raconte le parcours jonché de supercheries de cet homme né à Hawaï, souffrant d'un trouble de la personnalité, qui avait néanmoins beaucoup de charisme, et dont les anciens disciples conservent quand même de bons souvenirs. La réalisatrice a retrouvé sa dernière conjointe pour savoir pourquoi elle l'avait abattu, une rencontre très intense.

C'est pour montrer les effets dévastateurs de la maladie mentale qu'elle a filmé les moments de détresse de sa sœur et surtout de son frère, qu'on voit en pleine crise psychotique, lançant des couteaux dans la maison. Le film sensible, que Guy A. et ses invités ont trouvé bouleversant, a vraiment permis de rapprocher la famille, affirme Kalina Bertin. La question qu'elle aurait voulu poser à son père: «Est-ce que t'as aimé tes enfants?»

C'est vrai que tout le monde parle de la «jeune millionnaire» Éliane Gamache Latourelle, éclaboussée par une enquête de Nathalie Petrowski dans La Presse+. Comme bien d'autres, Ariane Leduc et Maxime Lachapelle se sont laissés charmer par la pharmacienne et ses conseils pour faire fortune. Le couple d'entrepreneurs en construction a failli rompre quand Ariane Leduc a décidé d'acquérir la compagnie de mentorat de Mme Gamache Latourelle. Le couple la poursuit aujourd'hui pour fausse représentation.

C'est un coiffeur qui a mis en contact Nathalie Petrowski avec Ariane Leduc. En tout, elle a pu identifier une quinzaine de personnes disant être flouées. La journaliste a tenu à préciser qu'«Éliane Gamache Latourelle n'a pas volé des millions. Elle n'a pas volé de banque. Ce n'est pas Vincent Lacroix.» N'empêche, la pharmacienne a convaincu plusieurs personnes de s'endetter et d'investir dans ses affaires, notamment en leur vendant des bracelets à 15 000$, qui donnaient accès à un complexe hôtelier.

À Marc Fisher, coauteur du livre La jeune millionnaire, qui l'accuse de «vendetta personnelle», Nathalie Petrowski répond que les personnes flouées sont bien réelles et qu'elle ne connaissait pas personnellement Éliane Gamache Latourelle. Elle aurait d'ailleurs aimé la rencontrer pour lui donner un droit de réplique, mais elle a toujours refusé.

Guy A. est tombé sous le charme du dernier album de Tire le coyote, Désherbage, qu'avait suggéré Émilie Perreault sur ce plateau. Même qu'il n'avait ressenti rien de tel depuis Tu m'aimes-tu? de Richard Desjardins. L'artiste singulier né à Sherbrooke, mais qui vit à Québec depuis l'âge de 18 ans, a dû faire le plein de nouveaux adeptes dimanche soir.

Aussi habile pour chanter du Neil Young que du Radiohead, et passionné de l'histoire du folk américain, Benoît Pinette, de son vrai nom, considère sa voix haut perchée comme un avantage, même si elle ne plaît pas à tout le monde. Ça peut même en irriter quelques-uns. Ça le dérange? «Pas vraiment, j'm'en sacre un peu. Y viennent pas me le dire.»

Autodidacte en musique, et ancien intervenant et éducateur spécialisé dans une école primaire et dans un centre de réinsertion sociale, il a longtemps eu le syndrome de l'imposteur. «Je ne suis pas du genre à foncer dans le tas et à m'imposer», affirme Benoît Pinette, conscient que plusieurs ont dû le découvrir dimanche. La carte du fou du roi illustre bien le personnage: «Tire le coyote, c'est comme le chant d'une mésange bicolore qui sort du bec d'une grosse corneille noire.»

Selon Alex Perron, qui s'improvise coach de vie amoureuse malgré son célibat, il ne faut jamais draguer dans la section des surgelés à l'épicerie: c'est là où se trouvent les paresseux qui ne veulent pas cuisiner. Initié après un numéro au ComediHa!, son livre, Le carnet secret d'Alex, contient une section de recettes «coquino-cochonnes». Par ailleurs, l'humoriste a déploré les amalgames entourant l'affaire Éric Salvail, disant qu'il ne fallait pas mettre tous les homosexuels dans le même panier.

Si vous pensiez que Les Denis Drolet était flyés, vous n'avez rien vu. Leur quatrième spectacle, En attendant le beau temps, va encore plus loin en matière d'absurde. Le duo revient aussi à la chanson, pour faire contrepoids avec les numéros «chargés et trashs». Les gags salaces et plein de préjugés du Denis Barbu auraient pu mal passer dans tout le mouvement #moiaussi, mais le public a compris que ça faisait partie du personnage. Le duo a laissé de côté Télétoon, avec qui il avait un projet de série d'animation depuis 12 ans. Le producteur et eux n'avaient plus du tout la même conception du projet.

Auteur du livre Ce qu'on ne vous dit pas sur le changement climatique, le météorologue Gilles Brien rappelle que le phénomène est un enjeu scientifique, pas une religion. Il pourfend autant les climatosceptiques, très puissants jusqu'à la Maison-Blanche, que les écologistes trop alarmistes, qui nuisent au débat. Il se méfie du «greenwashing» des publicités, qui nous vendent des VUS en pleine nature. «Y'a toujours un grizzli pas loin», ironise-t-il.

La situation n'en est pas moins préoccupante. «On perd nos repères, parce que présentement, le climat est tellement détraqué, qu'on ne se retrouve plus dans les saisons.» Il prend pour exemple une chute récente de température de 30 degrés d'un coup, ce qu'on ne voyait pas avant. M. Brien rappelle que la pollution est ce qui tue le plus de gens dans le monde.

Aura-t-on un bel été? Réponse du météorologue: «Je vous le souhaite!»

Veuillez noter que ce blogue fera relâche durant les deux prochaines semaines, de retour le 11 février.

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Richard Therrien

Nous préférons vous en avertir

CHRONIQUE / Voyez-vous encore les panneaux en ouverture d’émission ou au retour des pauses, pour vous avertir qu’il y a des scènes de violence ou du langage vulgaire? Pas moi. Ils sont devenus si courants qu’ils passent bien souvent inaperçus. À force de nous le faire redire, c’est comme si on ne les voyait plus, qu’on ne les entendait plus.

J’ai l’impression que si on avait été plus clair, la fameuse scène de viol dans Unité 9 n’aurait pas suscité un tel tollé. Un téléspectateur «bien» averti en vaut deux. Comme j’aurais moi-même aimé être prévenu avec plus d’insistance, je préfère vous dire que les épisodes de lundi de Ruptures et des Pays d’en haut contiennent des scènes surprenantes, voire choquantes. J’ai dû fermer les yeux devant l’une d’elles, impliquant Alexis (Maxime Le Flaguais) dans Les pays d’en haut, tant ce qu’on y voit provoque le haut-le-cœur.

Richard Therrien

«Danser pour gagner»: merveilleux MARVL

Numéros enlevants, ambiance survoltée, cris stridents d’un public en délire : ça cassait la baraque à la première de «Danser pour gagner», animée par Olivier Dion mercredi soir sur V. Des six premières équipes, les deux troupes de Québec, MARVL et QMDA, ont franchi la première étape, non sans peine pour la seconde.

Les sept filles de QMDA l’ont effectivement échappée belle. C’est avec elles que les juges se sont montrés les plus sévères après leur prestation sur Respect d’Aretha Franklin. Kim Gingras a aimé leur technique, «mais il faut plus de danse urbaine», leur a-t-elle dit. Denis Bouchard leur a reproché leurs costumes lignés, roses et noirs — «je me pensais chez l’optométriste!» —, mais aussi de porter des lunettes fumées comme le groupe précédent, Dead Angle Crew. Ironie du sort, c’est ce dernier groupe qui a été éliminé de l’aventure par les juges à la fin de l’émission.

Énergisante performance des sympathiques gars de MARVL, du Studio Party Time, qui ont fait vibrer la foule avec leurs acrobaties et leur sens du rythme, sur Say My Name, d’Odesza. À un certain moment, on ne savait plus où regarder. On les sentait vouloir en mettre plein la vue pour obtenir une place dans la compétition, et ce fut réussi. «Vous êtes pas obligés de sourire tout le temps», leur a lancé Denis Bouchard. «Sinon vous allez devenir les Chippendales de la danse urbaine. Vous cassez dans le rythme, cassez dans l’attitude.» Laurence Nerbonne a souhaité les entendre davantage «rugir». MARVL a été parmi les trois équipes sauvées en premier, et reviendra dans deux semaines.

La production de Julie Snyder, qu’on a vue faire une apparition express, en donne plein la vue à l’écran mais n’est pas parfaite. Jouer avec le direct comporte toujours des risques, surtout un soir de première. Caméras qui s’égarent ou ne montrent pas la bonne équipe, son pas optimal, surtout durant les chansons, beaucoup d’écho, vidéos qui ne partent pas au bon moment, j’imagine qu’on saura ajuster tout ça dans les prochaines semaines.

Au fait, inutile de crier dans le micro sur scène ou en coulisses, on vous entend. Préservez vos cordes vocales et nos pauvres oreilles. Parce qu’à ce volume-là, personne n’aura plus de voix au bout de la deuxième émission. La voix de Julie Ringuette, la plus perçante, peut devenir particulièrement irritante.

Comme les juges ne donnent pas de points, difficile de prédire qui peut gagner. J’ai été surpris de voir les gars de Dead Angle Crew, de Montréal, éliminés. Mis à part le numéro d’ouverture, sur Montréal XO de Laurence Nerbonne, c’est la seule troupe à avoir dansé sur une chanson québécoise, en l’occurrence une version remixée de 8 secondes des Cowboys Fringants. Et c’était fort réjouissant. D’ailleurs, ce serait bien qu’on inscrive à l’écran les titres des chansons sur lesquelles les troupes ont dansé, pas un petit détail.

Des trois juges, Laurence Nerbonne est la moins à l’aise dans sa livraison de commentaires, et consultait beaucoup ses notes. Mais on n’est qu’à la première. Les autres troupes qui ont survécu à la première étape sont Rockwell Family, Womanity et T.eenagers. Une autre troupe du Studio Party Time à Québec, Gossip, prendra part à l’émission de mercredi prochain. La compétition est lancée.

Richard Therrien

Les vrais dieux de la danse

Le plateau tournant de «Danser pour gagner», installé dans Pointe-Saint-Charles à Montréal, est impressionnant. C’est pas parce qu’on est à V qu’on ne peut pas faire les choses en grand. Julie Snyder, qui a connu des tournages complexes comme «Star Académie» et «Le banquier», dit que celui de «Danser pour gagner» se passe presque trop bien.

La démone en a pourtant plein les bras. Victime d’une chute de pression, comme Claire Lamarche, Julie s’est fracturé le coude droit en tombant dans sa salle de bain. La productrice a eu toute une frousse, mais jamais comme lorsqu’elle s’était abîmé des vertèbres cervicales à Paris, et qu’elle avait dû retarder la première de Vendredi c’est Julie. À la rencontre de presse lundi, ça ne l’a pas empêchée de grimper dans des structures métalliques pour prendre une photo. Vous la verrez faire des apparitions, le bras plâtré, dans la première émission de Danser pour gagner.

Mais c’est bien Olivier Dion qui anime l’adaptation québécoise de America’s Best Dance Crew, qui commence mercredi à 19h30 sur V, avec l’hebdomadaire de 90 minutes. Julie Snyder se plaît à dire qu’il s’agit de la seule émission de variétés en direct à la télé en ce moment. Pour sa part, Julie Ringuette arpentera les coulisses.

Si le reste est à l’image du numéro d’ouverture qu’on nous a montré, sur l’air de Montréal XO de Laurence Nerbonne, on en aura plein la vue. Douze équipes s’affrontent dans cette compétition de danse urbaine, dont trois de Québec. Deux proviennent du Studio Party Time, les gars de MARVL et les filles de Gossip, en plus de QMDA, aussi une équipe féminine. Mercredi, les six premières troupes s’affrontent, avant les six autres le mercredi suivant. On élimine une équipe chaque semaine avant une lutte à trois dans la grande finale. Le public pourra voter toute la semaine pour son équipe favorite. Les deux troupes qui obtiendront le moins de votes seront mises au ballottage.

Julie Snyder a demandé aux trois juges de ne pas être complaisants dans leurs commentaires. Kim Gingras, seule danseuse professionnelle du trio, risque d’être la plus sévère, mais Denis Bouchard et Laurence Nerbonne diront aussi ce qu’ils pensent réellement. Dans leurs numéros, les équipes n’auront que 120 secondes pour s’illustrer. On risque d’entendre plus d’anglais que de français dans les titres choisis, quoique Les Cowboys Fringants apparaissent dans la liste. Chaque chanson est remixée par une équipe de la version originale américaine.

Québec sera bien représentée parmi les 75 danseurs de 13 à 38 ans, qui s’étaient croisés pour la plupart dans différents concours. Composée de sept gars dans la vingtaine, spécialisés en breakdance et en hip-hop, MARVL n’en est pas à sa première compétition. L’un de ses membres, Louis Durand, de Limoilou, souhaite que l’émission serve de tremplin et montre aux gens à quel point le calibre est fort au Québec. «Si on peut servir de modèles à de jeunes garçons qui veulent danser, qui se reconnaissent dans MARVL, on serait vraiment très heureux», m’a confié celui qui met en veilleuse des études de droit le temps de la compétition. Leurs acrobaties au sol, spectaculaires mais exigeantes, représentent à la fois leur pire et leur meilleur défi. Dans les émissions de coulisses, les fans de Mixmania2 reconnaîtront le coach de MARVL, Tommy Tremblay, qui avait participé à l’émission de VRAK en 2011, et qui a toujours dansé depuis.

La direction artistique est confiée à une figure de Québec, Nicolas Bégin, créateur de Hit The Floor, une des plus importantes compétitions de danse au monde. Moins coûteuse qu’Occupation double, Danser pour gagner reste l’une des plus grosses productions à l’antenne de V. L’enjeu est énorme, puisque l’équipe gagnante remportera un grand prix d’une valeur de 100 000 $, incluant une bourse de 60 000 $. Julie Ringuette anime quatre demi-heures de coulisses, le lundi, mardi et jeudi à 18h30 et le mercredi à 19h.

Richard Therrien

Secrets de juges

EXCLUSIF / Après l’hôpital et la prison, au tour de la Cour de dévoiler ses secrets aux caméras de télévision. J’ai appris qu’un docu-réalité sera tourné cet hiver au palais de justice de Québec, et donnera un accès privilégié au travail des juges. L’œuvre en 11 épisodes d’une demi-heure, intitulée «Dans les coulisses du palais», sera diffusée à Canal D à partir de la mi-octobre.

«Y’a pas de justice au Québec!» Le commentaire revient chaque fois qu’une peine est jugée trop clémente par le public, qui parle alors de «sentences bonbons». Juge-t-on trop sévèrement notre système de justice? Et si on allait voir comment les choses se décident en coulisses? C’est ce que fera la maison de production KOTV, qui tournera de la fin janvier à avril.

«Il n’y a jamais une caméra de télévision qui est entrée dans le secteur restreint réservé aux juges», m’explique le producteur au contenu et scénariste Yves Thériault, qui arpente les couloirs des palais de justice depuis environ 25 ans. «C’est une mine inépuisable de sujets. Tous les drames de la vie humaine se jouent là. Au palais, il n’y a pas de petites causes. L’émotion est à fleur de peau.»

En plus d’avoir travaillé à L’arbitre sur V, Yves Thériault a signé un livre sur les libérations conditionnelles, travaillé à des séries télévisées sur la justice et la criminalité, et agi comme producteur au contenu de l’excellent docu-réalité En prison à Z, tourné à Bordeaux. Pour tourner au palais de justice, il lui a fallu obtenir l’approbation de plusieurs paliers, des juges au gouvernement. Et pas des moindres: Lucie Rondeau, juge en chef de la Cour du Québec, et Robert Pidgeon, juge en chef associé de la Cour supérieure du Québec, ont tous deux accepté avec enthousiasme de prendre part au projet, une fois convaincus de son sérieux.

Réalisée par Marc-André Chabot et produite par Marie Brissette, Dans les coulisses du palais suivra de plus près certains personnages de la magistrature, auxquels on devrait s’attacher. «Ça devait être de bons communicateurs, des gens vrais, qui avaient envie de partager leur passion», explique Yves Thériault au sujet du casting. Le nom de Robert Pidgeon s’est imposé dès le départ. Natif de Gaspé, le juge en chef associé de 72 ans est reconnu pour son humanité, sa jovialité, loin de l’image de juge distant et froid que l’on imagine. «J’ai gagné ma vie avec des gens ordinaires, j’ai toujours eu un grand respect pour eux. J’ai toujours voulu qu’ils comprennent notre système de justice, et c’est pour ça que j’ai embarqué dans ce projet-là», m’a-t-il confié. M. Pidgeon, qui insistait sur l’importance de l’indépendance des juges lors d’une cérémonie d’assermentation vendredi dernier à Québec, compte bien en faire la démonstration durant la série.

De la même manière que De garde 24/7 à Télé-Québec, qui montre des médecins passionnés par leur travail, Dans les coulisses du palais souhaite démystifier le travail des juges, mais aussi des avocats, des greffiers, des constables spéciaux, des agents correctionnels. «Chaque matin, il y a des gens, dans les 56 palais de justice au Québec, qui vont travailler avec la passion du droit dans le cœur, et qui souhaitent que la justice soit plus accessible, plus rapide et moins dispendieuse. C’est ce monde-là qu’on va montrer dans notre série», affirme Yves Thériault.

Selon Lucie Rondeau, la série arrive à un moment où les juges sont justement soucieux de mieux faire connaître leur fonction. «Si les gens savaient mieux qui on est, ça contribuerait à maintenir la confiance du public envers les tribunaux, et peut-être même à la solidifier», espère-t-elle. La juge en chef de la Cour du Québec croit aussi que le docu-réalité permettra d’humaniser la profession. «On va voir que, malgré les valeurs communes qui les habitent, chaque juge a sa personnalité. Ça demeure un individu, une personne entière.»

La série, qui ne se limitera pas au travail des juges, nous fera voir l’espace où on accueille les détenus et les ascenseurs qui leur sont réservés. Et on nous fera témoins des différentes étapes de sélection des jurés, un processus méconnu mais fascinant. «On ne veut surtout pas déranger le processus judiciaire ou nuire aux procédures. Par exemple, à la chambre de la jeunesse, on ne peut identifier ni les enfants, ni leurs parents», insiste Yves Thériault. Comme c’est la norme dans ce genre de série, on respectera la volonté des personnes qui refuseront d’apparaître à l’écran.

Pour la juge Rondeau, la série permettra aux gens de mieux comprendre les lenteurs du système, et l’ampleur de la tâche d’un juge. «C’est une occasion unique de mieux faire connaître la fonction de juge, son importance mais aussi ses limites. Un juge n’a pas plein pouvoir sur tous», souligne-t-elle. Et si l’on tentait d’embellir les choses, de nous montrer les juges sous leur meilleur jour? Après tout, c’est de la télé. Sa vision est claire: «Je ne pense pas qu’une personne puisse devenir totalement différente du jour au lendemain. Les gens vont rester ce qu’ils sont. De toute façon, il faut que le travail se fasse et que les causes soient entendues.»

L’équipe de KOTV n’a pas l’intention de s’attarder sur des causes déjà très médiatisées comme celles de Nathalie Normandeau et du présumé auteur de la tuerie de la Mosquée de Québec, Alexandre Bissonnette. Si KOTV a privilégié le palais de justice de Québec, c’est notamment pour la proximité des juges Rondeau et Pidgeon, qui garderont un œil sur le projet. «Et le palais de Québec est plus attrayant que celui de Montréal. L’éclairage est beaucoup plus intéressant», ajoute Yves Thériault, convaincu qu’il y aurait du matériel pour plus d’une saison.

Richard Therrien

La série qui rend parano

CHRONIQUE / La technologie peut titiller la folie. À une époque où il suffit de dire «OK Google!» pour connaître la météo, entendre la dernière toune de Taylor Swift ou pour se faire raconter une histoire drôle, toutes des choses bien innocentes, certains scénarios catastrophes de Black Mirror, la série de Netflix, paraissent à peine exagérés. Il y a quelque chose d’angoissant à suivre ces histoires à empêcher de dormir n’importe quel être le moindrement paranoïaque. Parce qu’on imagine que ce qui nous y est raconté pourrait réellement se produire un jour. Et en cette ère de «bouton sur le coin du bureau» pour déclencher une attaque nucléaire et de répliques à la «mon bouton est plus gros que le tien», il y a de quoi devenir parano.

Les histoires de Black Mirror, toutes inspirées des possibles dérives de la technologie, sont autant d’observations sur notre vie contrôlée par les écrans, par ce miroir noir qui nous retourne une image peu glorieuse de notre monde. La série britannique créée par Charlie Brooker en 2011, et récupérée par Netflix en 2016, en est à sa quatrième saison, en ligne depuis les Fêtes, en anglais comme en français, en versions doublée et sous-titrée. Pas besoin de voir les six épisodes dans l’ordre, ni les 13 précédents, d’ailleurs, puisqu’ils sont tous indépendants les uns des autres, comme de mini téléfilms aux durées variables, allant de 41 à 76 minutes. Si la science-fiction pure et les sagas de l’espace vous laissent indifférent, je vous suggère de ne pas commencer par le premier épisode, le plus long de la saison.

Jodie Foster réalise le second épisode, intitulé Archange. Traumatisée d’avoir perdu des yeux sa petite fille dans un parc durant plusieurs minutes, une mère décide de faire implanter à sa fille une puce, qui lui permettra de la surveiller en tout temps. Sur une tablette, elle observe tout ce que l’enfant voit de ses yeux, en temps
réel.

En apparence, le procédé semble pratique, comme l’intercom pour garder une oreille sur la chambre du bébé. Mais lorsque l’enfant grandit, ça se gâte. La mère en fait une véritable obsession, épie sa fille à longueur de journée. Évidemment, ce qui devait arriver survient : la mère est témoin des premiers rapports sexuels de sa fille. L’image la bouleverse et finit par la rendre folle. Ce simple désir de vouloir protéger sa fille l’a transformée en véritable louve surprotectrice. Vous verrez que la suite aura des conséquences insoupçonnées, plus graves que tout ce que vous pouvez imaginer.

Télé et radio

V en mode Rousseau

CHRONIQUE / V passe en mode Stéphane Rousseau. L’humoriste, qui reprendra le siège d’Éric Salvail plus de quatre mois après son éviction précipitée, rêvait d’un talk-show de fin de soirée. La proposition est venue tout juste avant les Fêtes. «J’avais ça en tête depuis toujours, mais je ne pensais pas que ça arriverait maintenant. Une fenêtre s’est ouverte.»

Stéphane Rousseau sortait d’une année sabbatique, qu’il a passée à peindre dans son atelier, à voyager un peu, à élever un bébé chien — qui fera peut-être partie de l’émission —, et à passer du temps avec sa conjointe et avec son fils. Du vrai temps pour lui. «Beaucoup, beaucoup de Netflix aussi!» me dit-il.

Voici que le 5 mars à 22h, il s’installera à l’Astral, l’ancien studio de Salvail, mais avec un tout nouveau décor, d’inspiration chalet chic. L’humoriste retrouve Fair Play, la boîte qui avait produit sa dernière émission, Sur invitation seulement, à TVA. S’il a aimé cette expérience, il souhaite maintenant un concept beaucoup moins survolté, et plus près de sa personnalité. Le but est de faire rire, comme Jimmy Fallon et Ellen DeGeneres aux États-Unis, mais aussi d’aborder des sujets plus sérieux avec ses invités.

Rousseau, qui agit aussi à titre de producteur exécutif, aura un ou deux collaborateurs, préférablement des collaboratrices, à ses côtés. Des auditions auront lieu la semaine prochaine pour combler ces postes. Pour le reste, son émission suivra les codes du talk-show traditionnel américain, avec un bureau pour l’animateur et un fauteuil pour les invités. Sketchs, prestations musicales et topos tournés à l’extérieur compléteront le programme.

Contrairement à En mode Salvail, qui était présentée en direct les lundis et mercredis, la nouvelle émission, qui n’a pas encore de titre, sera toujours enregistrée. Notamment en raison de la disponibilité des lieux, mais aussi parce que l’équipe souhaitait se donner une chance d’offrir une émission de qualité tous les soirs. Pour l’instant, l’émission se poursuivra jusqu’à la fin mai. Après, on verra.

Stéphane Rousseau est conscient qu’après quatre ans d’En mode Salvail, le public devra s’habituer à la nouvelle formule. «C’est sûr que les gens vont comparer, forcément. Salvail faisait une bonne job, et a su installer une habitude d’écoute qui n’existait pas à V dans cette case.» Il veut profiter de l’occasion pour se révéler autrement au public. «Les gens me connaissent, mais pas tant que ça», pense-t-il.

Rousseau, qui sera un invité de Tout le monde en parle dimanche, n’est pas du tout impliqué dans le Grand Montréal Comédie Fest, le nouveau festival du rire, même s’il a été approché et qu’il est sympathisant à la cause. Après six tournées, il avait déjà décidé de mettre en veilleuse sa carrière d’humoriste. Toute cette vague de dénonciations, qui a neutralisé Salvail et Rozon entre autres, aura selon lui des effets bénéfiques. «C’est tout un changement de société qui s’opère. L’homme doit s’ajuster et se réinventer. Des situations d’abus de pouvoir comme celles-là, c’est pathétique, triste, choquant. On fait donc un pas de géant dans le bon sens.»