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«Bébéatrice»: douce irrévérence

CHRONIQUE / Que voulez-vous pour souper? Des œufs grouillés? Du poulet mignon? À moins que vous ne préfériez des petites crevettes de Manhattan? Les mots sont de Béatrice, que son père Guy A. Lepage citait sur Twitter avant de coucher sur papier ses plus savoureuses réflexions, avec l’illustrateur Éric Godin. L’idée a grandi puis donne lieu aujourd’hui à ce qu’on présente comme la première sitcom animée, «Bébéatrice».

Pour une fois, tout vous sera offert gratuitement. D’abord, sous forme de neuf capsules de cinq minutes, dès aujourd’hui sur ICI Tou.tv, et neuf autres le 21 novembre. Puis durant les Fêtes, regroupées en quatre demi-heures, sur ICI Radio-Canada Télé.

Les extraits qu’on nous avait montrés jusqu’à maintenant n’annonçaient rien d’extraordinaire. Pourtant, on succombe au charme de la petite Bébéatrice, qui n’est pourtant pas un ange, et se montre aussi capricieuse qu’entêtée. Bébéatrice n’est pas une série qu’on regarde en se tapant sur les cuisses; son humour fait sourire plus qu’il fait rire, et rappelle à quel point les enfants peuvent se montrer éloquents et nous sortent souvent des perles.

Bébéatrice a donc quatre ans et demi dans la série, et n’a évidemment pas encore commencé l’école, une période bien particulière de l’enfance. Son histoire est inspirée à moitié de la véritable existence de la famille Lepage-Campeau; le reste a été imaginé par les auteurs. Oubliez le 3D ou l’animation très réaliste des grands films d’animation; l’illustration d’Éric Godin est minimaliste, mais tout à fait appropriée au genre. Bébéatrice se regarde très bien en capsules, à petites doses.

On a annoncé une série irrévérencieuse; peut-être parce qu’on est habitué à un humour beaucoup plus vulgaire et provocant, parlons donc d’une douce irrévérence, comme lorsque Bébéatrice répète avec un brin de provocation les jurons de son père. On joue quand même d’audace, en abordant le black face, quand Bébéatrice arrive le visage barbouillé pour «imiter» son ami haïtien. Un procédé que permettent l’enfance et le dessin animé, mais qui aurait été impensable avec de vrais acteurs.

Comme dans la vie, Papa Guy n’y a pas beaucoup d’autorité. Pour que Bébéatrice mange ses brocolis, il lui promet deux parts de gâteau. Mais ne parlez pas de délicatesse à la petite démone : elle tranche la tête de sa poupée, et malmène son petit chien, Attaque. On lui offre un poussin? Craignez le pire.

Pour prendre vie, Bébéatrice emprunte la voix d’Élia St-Pierre, une jeune comédienne de 10 ans, qui a déjà une longue feuille de route de doublage (Le grincheux, Les Minions, Le bébé boss), et que vous avez peut-être vue dans O’, dans le rôle de Coralie. Une enfant brillante, adorable, qui a impressionné tout le plateau, et qui est des 110 scènes des 18 premiers épisodes.

Pour les autres personnages, Guy A. Lepage joue lui-même Papa Guy, et Mélissa Désormeaux-Poulin est Mamanie, l’alter ego de Mélanie Campeau, épouse de Guy et co-productrice de la série avec Luc Châtelain. Guillaume Lambert prête sa voix à Théo, le grand frère, qui étudie à Londres. Le vrai Théo, lui, a quitté Londres pour compléter un doctorat à Providence. Enfin, Muriel Dutil joue grand-maman Suzanne, en plus de Laurent Paquin, Bruno Landry, Émilie Bibeau et Sylvie Potvin qui incarnent des rôles secondaires. La chanson-thème, signée Coeur de pirate, est vraiment charmante. L’artiste l’interprète en compagnie de Béatrice Lepage, la vraie, avec qui elle avait chanté sur le plateau d’En direct de l’univers.

L’équipe travaille déjà à une deuxième saison. On y illustrera entre autres la réaction de Bébéatrice à la rencontre d’une personne transgenre. L’héroïne est comme tous les autres enfants, a des réactions parfois gênantes, comme lorsqu’elle arrive devant la voisine, Mme Moreau, à qui elle lance : «Je t’aime, même si t’es grosse!» Ou lorsqu’elle la console de la mort de son mari au salon funéraire : «Ça sert à rien de pleurer comme ça, y reviendra pas.» Pas de méchanceté dans son propos, juste trop de franchise.

Contrairement aux autres séries d’animation, on a conçu les dessins à partir des textes français, et non anglais, comme c’est la norme. Mais déjà, des producteurs se sont montrés intéressés au dernier Mipcom, marché de l’audiovisuel, où on a montré des épisodes en français de France et en anglais.

Télé et radio

«Appelez mon agent», du bonbon

CHRONIQUE / Tous ceux qui ont vu les deux premières saisons d’«Appelez mon agent» savent à quel point cette série française est savoureuse. Une parodie du monde des agents d’artistes, à laquelle participent de grandes vedettes qui jouent leurs propres rôles, aux côtés d’acteurs qui incarnent des agents et leur entourage. La série, dont le producteur et idéateur, Dominique Besnehard, était à «Tout le monde en parle» dimanche, s’intitule là-bas «Dix pour cent» et plaît autant au public qu’à la critique.

Eh bien, vous ne serez pas déçu en voyant la troisième saison déjà en ligne sur l’Extra d’ICI Tou.tv. Fait étrange: l’œuvre ne commence que mercredi sur France 2, de sorte que nous l’avons avant les Français. Dans ces nouveaux épisodes, nous retournons donc à l’agence ASK. Évidemment que le personnage d’Andréa (Camille Cottin) n’allait pas quitter la série pour faire carrière à New York. Enceinte jusqu’au cou de son patron narcissique, mais vivant toujours sous le même toit que sa conjointe, elle tient à travailler jusqu’au bout. Le premier épisode, avec Jean Dujardin trop habité par son personnage, est absolument hilarant. L’acteur, qui vient de compléter le tournage d’un film durant six mois dans la forêt, refuse de sortir de son rôle, vit dans les arbres, a une barbe beaucoup trop longue et refuse de se laver. Sa fille, désespérée, implore Andréa de le sortir de là.

Monica Bellucci fait preuve d’une irrésistible autodérision dans le second épisode, incapable de préparer une infusion, s’en remettant constamment à sa gouvernante. Preuve qu’on est encore dans la fiction: la sublime actrice n’en peut plus des hommes riches et célèbres, trop compliqués; elle veut «un homme normal». Son agent, Gabriel (Grégory Montel), s’improvise donc conseiller matrimonial, une autre démonstration du rôle très large des agents, qui déborde souvent du cadre professionnel. Ainsi, Monica se coiffe d’une perruque blonde pour passer inaperçue dans une soirée, et ainsi, convaincre un homme de l’apprécier pour ce qu’elle est et non pour ce qu’elle projette. Attendez de voir le résultat.

Dans les épisodes suivants, vous verrez un Gérard Lanvin à l’égo démesuré, Béatrice Dalle refuser de tourner une scène de nudité dans un film, et Isabelle Huppert accepter trop de propositions en même temps. Dans d’autres milieux, il y a longtemps que le grand patron de ASK aurait été accusé de harcèlement psychologique. D’ailleurs, la patience de ses employés et associés a des limites, comme vous le constaterez dès le deuxième épisode. Une rébellion en vue?

Si vous n’êtes pas abonné à l’Extra, sachez que la série sera diffusée sur ICI ARTV dès le 7 février à 21h, à raison de deux épisodes chaque jeudi. Ces six nouveaux chapitres nous parviennent quelques semaines avant le début de la version québécoise, Les invisibles, à TVA. Produite par Sophie Lorain, celle-ci comptera 24 épisodes d’une heure, et mettra en vedette Bruno Marcil, Karine Gonthier-Hyndman, Benoît Mauffette et Danièle Lorain dans les rôles d’agents d’artistes. Parmi les vedettes qui défileront dans leurs propres rôles, citons Marc-André Grondin, Guillaume Lemay-Thivierge, Louise Marleau, Rémy Girard, Hélène Florent et Sophie Lorain, qui coréalise la série avec Alexis Durant-Brault. Catherine Léger signe les textes. Curieux de voir comment on aura su adapter le concept original à notre réalité. Je vous en reparle assurément.

***

BONNE AVANCE POUR RÉVOLUTION

L’émission de danse Révolution a pris les devants dimanche, suivie par 1292000 téléspectateurs à TVA. Tout le monde en parle arrive au second rang avec 950000 fidèles sur ICI Radio-Canada Télé, suivie de LOL (825000) et de La vraie nature (761000). À V, Occupation double Grèce a retenu 585000 irréductibles, étant l’émission la plus regardée chez les 18-34 ans.

Télé et radio

Sereine Marie-Mai

CHRONIQUE / Marie-Mai s’est peut-être fermé des portes en quittant son ancienne maison de disques, Musicor, mais ce mouvement était nécessaire pour elle. «J’ai décidé de parier sur moi, sur mes valeurs», a-t-elle expliqué à «Tout le monde en parle», dimanche, dans ce qu’on peut appeler un retour sous les projecteurs, où elle est apparue très sereine.

Dans cette entrevue extrêmement sympathique, qui ouvrait l’émission, il a bien sûr été question de Fred St-Gelais, l’autre «50 %» de son ancienne vie, avec qui elle formait autant un duo amoureux que professionnel. Pas question toutefois de recréer la même collaboration avec son nouveau conjoint, David Laflèche, qui l’a tout de même aidée pour la direction artistique de son nouvel album, Elle et moi. Cette «elle», de Elle et moi, c’est cette Marie-Mai qui dissimulait ses faiblesses, de peur de déplaire à son public.

Il a aussi été question de sa rupture avec Productions J, qui n’a pas été facile. «C’est comme un divorce, les avocats se mêlent de ça, c’est un gros bordel», a-t-elle décrit, avant d’envoyer tout de même quelques fleurs à Julie Snyder. Est-elle barrée de TVA depuis qu’elle a aussi quitté Musicor, une division de Québecor? Pas à ce point, dit-elle, mais elle n’a pas remis les pieds chez le diffuseur depuis cette décision. «On me donne le minimum, des poussières», remarque-t-elle au sujet de la couverture que lui accorde l’empire depuis. Une situation qui ne l’étonne pas, on l’avait prévenue «très clairement» que c’est ce qui arriverait. Non, on ne l’a pas réinvitée comme coach à La voix, mais elle semble avoir pris un plaisir fou à participer à The Launch, la téléréalité musicale de CTV, où elle partage le plateau avec entre autres Bryan Adams et Sarah McLachlin. Pour son nouvel album, elle a invité des fans chez elle, mais pas la presse comme l’a fait Ginette Reno. «Même si j’avais invité les journalistes, il y en a une maudite partie qui seraient pas venus!» a blagué la chanteuse.

Virulent plus tôt cette semaine au lendemain de l’ADISQ, Mario Pelchat s’est montré pas mal plus modéré sur le plateau de Tout le monde en parle. Il affirme toujours que le gala ne fait pas suffisamment d’espace aux artistes populaires et trop aux «marginaux plus à gauche», mais avec un grand sourire. Même douceur quand Guylaine Tanguay et lui ont vanté les mérites d’Hubert Lenoir, après avoir dénoncé son geste de s’enfoncer un Félix dans la gorge. La chanteuse country y a vu un «manque de respect» pour ce «grand monsieur» qu’était Félix Leclerc.

Il ne fera pas son propre gala de popularité, et ne remettra pas des «Mario», comme le suggérait Mario Girard dans La Presse. «Ça serait drôle, parce qu’il chialerait contre le gagnant du premier Mario!» a blagué Guy A. Mario Pelchat a quand même remis en doute la parole de l’ADISQ sur les nouveaux pourcentages de la votation dans les catégories des interprètes de l’année. À ses côtés, Marie-Mai ne semblait pas du tout d’accord avec sa vision. La carte du fou du roi : «On a désormais deux traditions annuelles : la marmotte qui sort de son trou au printemps et Mario Pelchat qui fait sa crise au lendemain de l’ADISQ».

L’histoire de Vito Rizzuto, racontée dans le livre du collègue de La Presse, Daniel Renaud, est fascinante. Enquêteur de la GRC durant 35 ans, Lorie McDougall a collaboré à Vito Rizzuto : La chute du dernier parrain, après avoir suivi celui-ci en filature. L’histoire de l’agent double, une séduisante policière qui s’est fait passer pour une représentante de crèmes de beauté, est savoureuse. Charmé par sa voisine à bord d’un avion, M. Rizzuto lui a raconté des faits très privés de sa vie, s’autoproclamant «parrain allégué de la mafia montréalaise». Daniel Renaud s’est montré extrêmement prudent dans la rédaction de son livre, évitant de mentionner certains noms. «Je ne voudrais jamais avoir mis la vie de quelqu’un en danger ou être responsable d’une tentative de meurtre parce que j’ai écrit quelque chose. […] Il y a des choses qui ne s’écrivent pas.»

Conversation très éclairante sur les élections de mi-mandat aux États-Unis, avec les deux spécialistes Rafael Jacob et Karine Prémont. S’il est vrai qu’une majorité démocrate empêchera la construction d’un mur sur la frontière mexicaine, Jacob est convaincu que le mur n’aurait jamais été construit de toute façon. Le plus gros impact, selon lui, concerne les enquêtes publiques que pourront lancer les démocrates contre Donald Trump. Il explique notamment l’absence de vague démocrate par la sortie de vote massive en milieu rural comme en 2016. Selon Karine Prémont, l’élection de deux femmes autochtones à la chambre des représentants et d’un premier homosexuel comme gouverneur s’explique par une mobilisation de la diversité américaine. «Ils ont dit : “Les États-Unis d’Amérique, c’est pas juste le pays des hommes blancs de Donald Trump, c’est le pays de tout le monde”.» Mais à ceux qui rêvent d’une destitution du président, Karine Prémont répond ceci : «Je ne vois pas tellement les démocrates se lancer là-dedans.» Selon Rafael Jacob, une éventuelle solide récession pourrait compliquer la tâche de Donald Trump pour sa réélection dans deux ans. Pour l’instant, aucun adversaire valable se pointe du côté démocrate pour lui faire de l’ombre.

Il a été au final très peu question d’Appelez mon agent (Dix pour cent en France) avec l’idéateur et producteur de cette excellente série française, Dominique Besnehard. La troisième saison est disponible depuis vendredi sur l’Extra d’ICI Tou.tv. Celui qu’on a surnommé l’agent le plus influent en France a eu dans son écurie Isabelle Adjani, Sophie Marceau et Pierre Richard. Ami de la productrice Denise Robert, il supervisera la sortie de La chute de l’empire américain en France. Il était en colère en apprenant que le film de Denys Arcand n’ait pas été sélectionné pour la course aux Oscars, persuadé que le Canada aurait obtenu une seconde statuette après Les invasions barbares.

On a vu Marie-Mai fulminer en entendant Dominique Besnehard minimiser le phénomène du harcèlement sexuel, lorsqu’il a été question du producteur Harvey Weinstein. En 20 ans comme agent, il n’a été témoin qu’une seule fois d’un cas du genre, ajoutant que «des actrices illustres n’ont jamais été dérangées» par Weinstein. La carte du fou du roi : «Pour que vous compreniez bien le sentiment de l’artiste face à son agent, on a pris 10 % de votre cachet et on l’a lancé par la fenêtre».

Auteurs de Joe Beef : survivre à l’Apocalypse, Frédéric Morin et David McMillan, les chefs chouchous du regretté Anthony Bourdain, avaient un peu pressenti son mal de vivre et son suicide. Après l’intervention de cette vedette de la gastronomie en leur faveur, «tout a changé. Les soirées tranquilles de janvier, y’en avait plus», explique McMillan, qui semble regretter avoir affirmé dans une entrevue que Toronto avait désormais de meilleures tables que Montréal. Il vante la clientèle québécoise, beaucoup plus audacieuse dans ses choix que le public new-yorkais, par exemple. «Vous devriez faire un show tous les deux. Sur scène, ce que ça serait!» leur a lancé Dominique Besnehard. Bonne idée.

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Télé et radio

«Plan B», encore aussi fort

CHRONIQUE / Florence Morin mène en apparence la carrière parfaite. Elle entreprend sa 10e année comme première femme animatrice de l’émission du matin à la radio publique. Emportée par le succès professionnel et l’enivrement que lui procure un amant 20 ans plus jeune, elle ne voit pas que sa fille Marilou va mal, au point de vouloir mettre fin à ses jours. Et si elle pouvait retourner en arrière pour arranger les choses?

La première saison de Plan B avait placé la barre haut, il y a un an et demi à Séries+. Heureusement, la série n’a pas perdu une once de pertinence dans le transport vers Radio-Canada, qui a mis en ligne ce matin même les six épisodes de la série sur Véro.tv, une section de l’Extra d’ICI Tou.tv, mais qui ne la diffusera pas avant un an sur ICI Télé. Outre l’agence Plan B, qui permet de retourner dans le temps, outre les deux matamores et leur fourgonnette blanche, l’histoire de la deuxième saison n’a rien à voir avec la première. Sauf un clin d’œil qui fera votre bonheur. Je ne veux pas trop en dire, mais on conseillera à Florence de ne pas retourner trop loin dans le temps.

Plan B nous fait voir comment un concours de circonstances peut tout faire dérailler. Quand Marilou s’isole et tombe amoureuse d’un individu peu recommandable, tout ça en secret de sa famille, sa vie prend une tournure dangereuse. Qu’aurait pu faire Florence pour l’empêcher de se détruire ainsi?

Encore une fois, Sophie Lorain offre une performance d’actrice absolument époustouflante dans ce rôle d’animatrice charismatique, militante féministe. Son jeu à la fois nuancé et puissant donne à cette série une couche supplémentaire de crédibilité, de sorte que les mots «ça se peut pas» ou «voyons, c’est impossible» ne vous viendront jamais à l’esprit. Ces six nouveaux épisodes, que vous voudrez peut-être dévorer en rafale, nous permettent une merveilleuse découverte, celle d’Emi Chicoine, dans le rôle de Marilou, son premier important à la télévision. Pas un personnage simple pour une actrice de 15 ans, qui la rend attachante malgré sa rébellion et son entêtement parfois irritants. Même s’il s’agit de la fille d’un des producteurs, Alain Chicoine, elle a passé tout le processus d’auditions et mérite amplement sa place. Tout le reste de la distribution maintient la qualité, que ce soit Luc Guérin, touchant et vrai dans le rôle de l’ex-conjoint, et Levi Doré, qui jouait le fils adoptif de Sophie Lorain dans Au secours de Béatrice, d’un grand naturel dans le rôle du frère de Marilou.

Il est exceptionnel qu’un chroniqueur télé puisse voir l’intégralité d’une série avant de pouvoir en parler à ses lecteurs, ce qu’on nous a permis pour Plan B. Je peux vous dire que jusqu’au bout, la série m’a gardé scotché. La deuxième saison est moins une course folle que la première, mais celle qui fait appel aux services de l’agence Plan B n’en est pas moins motivée à réparer ce qu’elle considère comme des erreurs de sa part. Mais vous verrez qu’en tentant de réparer des erreurs, on ne réussit parfois qu’à empirer la situation.

Plan B n’est pas une série joyeuse, mais nous pousse à la réflexion sur notre propre existence, nous confronte dans nos choix. Merveilleux travail de réalisation de Jean-François Asselin, qui rend limpide une histoire qui pourrait être autrement plus complexe. Le duo d’auteurs qu’il forme avec Jacques Drolet sait parfaitement nous guider à travers le temps. Leur écriture est d’une finesse et d’une grande intelligence.

Rappelons que Radio-Canada avait d’abord dit non à la première mouture de Plan B, qui devait compter 10 épisodes. Louis Morissette et ses collègues producteurs se sont alors tournés vers Séries+, qui a retenu le projet en le réduisant à six épisodes. Plan B a remporté le Gémeaux de la meilleure série dramatique et fourni à Magalie Lépine-Blondeau celui du meilleur premier rôle féminin et à Jean-François Asselin celui de la meilleure réalisation.

Le duo de Plan B planche déjà sur une troisième saison, qui pourrait se dérouler dans un milieu plus pauvre. Faudra voir par quelle ingéniosité les protagonistes de cette histoire sauront trouver l’argent pour faire appel à l’agence, passablement gourmande. J’ai déjà hâte.

Télé et radio

TLMEP: blessures de guerre

CHRONIQUE / Ils sont retournés en Bosnie, là où ils avaient été déployés il y a 25 ans comme Casques bleus, en pleine guerre. Pour garder une meilleure image de ce pays où l'odeur a changé, où on entend maintenant les oiseaux. Pour faire la paix avec la guerre.

Il était extrêmement émouvant, dimanche à Tout le monde en parle, d'entendre les témoignages de Frédérick Lavergne et Dominique Brière, deux frères d'armes, qu'on peut voir dans le documentaire Faire la paix avec la guerre, que je vous recommande chaudement de visionner sur ICI Tou.tv. Quelques silences lourds de sens ont ponctué l'entrevue avec ces deux vétérans du Régiment de Hull, à qui je décerne les deux premières étoiles du match. Frédérick Lavergne revoit des images qu'il avait préférées sortir de sa mémoire, comme celle de ce carrosse qui servait à transporter les cadavres d'enfants trouvés dans un hôpital abandonné. À son retour de Bosnie, il était incapable de rester dans le silence, et devait dormir contre une sécheuse. Dominique Brière admet avoir souvent eu envie de se servir de son arme, même s'il lui était interdit de le faire. «Les soldats serbes nous regardaient en pleine face pis riaient de nous autres. Là, y'avait ton sergent ou ton chef qui te dit : «c'est pas ta famille, mêle-toi-z-en pas ».»

«Mon but à moi, c'était d'aller dans un conflit armé. J'étais attiré  par ça en tant que jeune soldat. Mais tu déchantes assez vite», relate Dominique Brière. En zone de guerre, il avait dû porter secours à une femme en train d'accoucher. Les parents ont alors choisi de lui donner son prénom, Dominique. Un récit touchant, même si la naissance de son propre fils a réactivé son syndrome de stress post-traumatique.

L'autre entrevue à voir, dimanche, était celle d'Émile Proulx-Cloutier, particulièrement éloquent, et qui mérite aussi une étoile. La question environnementale ne devrait plus être l'affaire d'«une gauche vertueuse», plaide l'acteur et musicien, citant une récente chronique de Richard Martineau. «C'est pas à gauche, pas à droite, c'est dans notre face», a-t-il lancé dans une diatribe convaincante en faveur d'un mouvement populaire fort, en vue de la marche du 10 novembre à Montréal. Il invite la population à demander à François Legault : «S.v.p., soyez un leader. On a les moyens de faire de grandes choses au Québec.»

Au risque de déranger, il a transformé la chanson Mommy en Maman, pour illustrer la réalité des Premières nations, qui voient leurs langues disparaître à travers les générations. «Un angle mort de l'histoire», croit-il au sujet de cette réalité qui le bouleverse. Pas besoin d'aimer le hockey pour apprécier Demain des hommes, dans laquelle il joue un entraîneur, et que le milieu du hockey junior apprécie et trouve réaliste, dit-il. Celui qu'on voit aussi dans Faits divers en parle comme «une série sur le crime désorganisé», rassemblant «une gang de tout croches».

C'est au sortir d'une dépression que Mike Ward a décidé d'intituler son nouveau spectacle Noir. Selon l'humoriste, on peut rire de tout, même de la mort. Il fait notamment un numéro sur les transgenres, dans lequel il raconte l'histoire d'un ami devenu femme.

C'est après avoir condamné à verser 42 000$ à Jérémy Gabriel qu'il est tombé en dépression. Pas à cause du procès, mais «à cause de tout ce qui est arrivé après». Portée en appel, la cause sera entendue en janvier. «Si on perd, on va aller en Cour suprême», promet-il, au nom de la liberté d'expression. Au départ, son avocat, Julius Grey, lui avait dit qu'il n'avait aucune chance de gagner, parce que la poursuite était lancée par la Commission des droits de la personne. «T'es mieux de juste payer», lui avait-il dit, ce qu'il a refusé. Durant sa dépression, il s'est soigné lui-même par de longs bains, et a diminué des deux tiers sa consommation d'alcool. Pour ses entrevues au Bordel, il déteste les invités qui répondent comme s'ils étaient à Tout le monde en parle. «C'est clair qu'ils vous mentent!» «Googlez Mike Ward sous écoute Louis Morissette», a-t-il suggéré à la blague.

Il a vilipendé François Massicotte et Gad Elmaleh d'avoir recyclé les gags de collègues, mais admet avoir fait la même chose, sans le vouloir, avec ceux de l'humoriste américain Sam Kinison, son idole de jeunesse. Pour se faire pardonner, il a acheté un puits en Afrique, avec l'inscription : «Une joke sale a payé pour votre eau propre.»

Venu promouvoir son album Meilleur après, Diane Dufresne ne s'en cache pas : elle déteste les entrevues. «Ça vous tentait de venir nous voir?» lui a demandé Dany Turcotte. «Du tout», a-t-elle répondu sans hésiter, à sa troisième visite sur ce plateau. Coiffée d'une casquette de chat, la diva a confié préférer sa vie d'aujourd'hui à celle de ses jeunes années. «La vie des femmes était assez compliquée. [...] On endurait des hommes même s'ils étaient violents», affirme celle qui partage la vie de Richard Langevin, qui ne lui a jamais adressé un seul reproche. «Ça prend du caractère pour décider d'être un homme doux.»

Depuis 2014, elle écrit ses mémoires, sans urgence. Elle n'a pas regardé le Gala de l'ADISQ, mais interrogée sur le désir de la provocation, partagé avec Hubert Lenoir, elle s'est permis ce commentaire, en référence à Hubert Lenoir. «On peut pas provoquer juste pour provoquer, [...] faut savoir ce qu'on fait un petit peu, faut changer les codes, faut faire attention sur quoi on fait des fellations.»

Issu d'une famille pauvre, l'ancien dragon François Lambert affirme toujours qu'on peut réussir à se nourrir avec 75$ par semaine. Dans son livre Qu'est-ce que j'en pense, il dénonce le travail au noir, s'oppose à la parité hommes-femmes et pourfend les syndicats. Lui-même agriculteur, il qualifie d'ailleurs l'Union des producteurs agricoles de «la plus grosse mafia». Pour contrer les «B.S.» qui profitent du système, il réclame le retour des Boubou Macoutes de Robert Bourassa. Au sujet de la parité, il s'engage sur un terrain glissant en parlant des «traits généraux» différents chez les hommes et les femmes, celles-ci ayant «tendance à être plus empathiques», et ces messieurs «portés vers les travaux plus techniques».

Brigitte Poupart est nue durant une bonne partie du film Les salopes ou le sucre naturel de la peau, de Renée Beaulieu. Une œuvre osée sur la sexualité libre et affirmée d'une femme, sujet rarement abordé. Pour elle, «beaucoup de couples normaux ont des sexualités débridées mais n'en parlent pas». Elle parle de Robin Aubert comme d'un être visionnaire, qui a donné le pouvoir aux femmes dans son film Les affamés. L'actrice, qui a remporté un Iris pour son rôle dans ce film de zombies, est convaincue que les femmes seraient les premières à se battre si le Québec était en situation de détresse. «On ne serait pas comme dans les films américains, à se tordre une cheville à courir derrière en talons hauts», image-t-elle. Pour cet ancienne membre des Zapartistes, qui collabore encore avec le groupe, l'humour doit absolument passer un message.

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Chronique

Mourir d’amour

CHRONIQUE / Les thrillers fantastiques ne sont pas légion à la télé québécoise. Quand on en voit, ce sont souvent des productions étrangères à gros budget. Sûrement par crainte de n’atteindre qu’un public très niché, ou encore de souffrir de la comparaison, il ne s’en produit que très peu pour les adultes chez nous, si ce n’est de Grande Ourse, qui date déjà de plusieurs années.

La malédiction de Jonathan Plourde, une minisérie que diffusera Super Écran dès le lundi 12 novembre à 21h, puis que VRAK reprendra l’automne prochain, fait donc figure d’exception. À mi-chemin entre le drame et la comédie romantique, la série est coproduite par une boîte québécoise, Avenue Productions (Marche à l’ombre), et par une boîte ontarienne, Slalom (Toi & moi ). D’ailleurs, les six épisodes d’une heure ont été entièrement tournés dans la région d’Ottawa, avec une équipe majoritairement ontarienne. Des acteurs locaux héritent surtout de rôles secondaires, aux côtés de collègues québécois dans les personnages principaux.

Le Jonathan Plourde du titre est un jeune homme de 23 ans, joué par Félix-Antoine Duval (Xavier dans L’Échappée). Sa vie est devenue un enfer depuis que, chaque fois qu’il tombe amoureux d’une fille, elle meurt tragiquement. Ludivine Reding fait une apparition éclair dans le rôle de l’une d’elles. La chose le trouble énormément, de sorte qu’il met tout en œuvre afin de ne plus tomber amoureux de personne, se contentant d’entretenir une relation platonique avec une livreuse de poulet. Ça se complique quand une séduisante gestionnaire (Kalinka Petrie) fait son apparition au bureau.

Bien entendu, la police soupçonne Jonathan de causer ces décès en série. Dans le noir total, celui-ci se tournera, par désespoir, vers les sciences occultes pour expliquer cette malédiction. Table qui bouge, croisement de Scrabble et de Ouija, lecture dans les chakras et conversations avec les plantes; il se prête à tout ça, par l’entremise d’une étrange collègue (Laetitia Isambert) très insistante. Simon Lacroix, la moitié du couple gai de Lâcher prise, incarne l’ami et le voisin de travail immédiat de Jonathan, alors que Sonia Vachon joue sa mère. Jean-Nicolas Verreault apparaît au quatrième épisode, dans un rôle mystérieux qui surgit du passé.

L’idée provient de Stéphane Lapointe, qui a oeuvré surtout comme réalisateur ces dernières années, notamment pour la première saison de Lâcher prise et les deux saisons de Faits divers. Cinéaste et scénariste, il a d’abord voulu en faire un film avant de se tourner vers la télé. Lui-même d’Ottawa, le réalisateur Martin Cadotte (Motel Monstre) offre une belle vitrine à la capitale nationale, superbement filmée. Les textes de La malédiction ont été confiés à Pierre Marc Drouin (Le siège), Marie-Sissi Labrèche et Philip Rodrigue.

La série surfe constamment entre le fantastique et la comédie. Si vous aimez les séries ultra réalistes, ce n’est pas pour vous. On n’a pas affaire ici à la série du siècle, mais on rit souvent, et les quelques effets spéciaux sont étonnamment crédibles. On insiste beaucoup sur les cauchemars et les visions de Jonathan, hanté par un personnage portant un «kangourou», et qui se trouve chaque fois là où les drames se produisent. Au moins, la série ne se prend pas au sérieux, particulièrement quand il est question de spiritisme et de surnaturel. Et Félix-Antoine Duval porte bien la série, crédible dans le rôle principal. On reste souvent pour lui, parce que l’œuvre souffre parfois du jeu plus faible de certains acteurs de soutien.

Comme VRAK, qui se cherche depuis quelques années, on ne sait pas trop à quel public on s’adresse, entre l’adolescence et l’âge adulte. La chaîne de Bell Média souhaite toutefois atteindre un auditoire plus âgé qu’avec Jérémie et Le chalet. Au fait, VRAK diffuse à partir de lundi à 19h30 la fiction quotidienne Clash, sur les jeunes patients d’un centre de réadaptation pour personnes accidentées.

Télé et radio

La drogue qui tue

CHRONIQUE / Le fentanyl arrache des vies. De plus en plus. Les cas relatés dans les médias sont souvent brutaux. Même «District 31» s’est mise de la partie ces jours-ci, avec une vague de morts tragiques reliées à la consommation de cet opioïde sans merci.

Mais d’où sort le fentanyl? Qui en consomme et pourquoi fait-il tant de victimes? Fentanyl: la menace, la série documentaire qui commence mercredi soir à 20h30 sur Moi et cie, risque de vous ébranler, et pas juste un peu. C’est sale, c’est coup de poing, et c’est sûrement ce que ça prend pour nous éveiller sur une réalité qu’on croit loin de nous.

Parfait dans ce rôle, le rappeur Samian nous sert de guide, avec une sincérité, une absence totale de préjugé. Lorsqu’il discute avec les accros au fentanyl, il échange, il entend, il partage avec eux, et surtout, il ne les juge pas. Les toxicomanes doivent le sentir puisqu’ils se confient sur des faits très intimes de leur vie. Vous verrez la misère humaine dans sa plus profonde désolation. Ça fait mal à voir, mais ça nous ouvre les yeux.

J’ai été incapable de retenir mes larmes en voyant Tina raconter son histoire. Crack, morphine, coke, toutes les heures de sa vie. Elle a été séquestrée par un individu qui la forçait à consommer du fentanyl. Elle vit dans un taudis avec son amoureux. Et le plus grave: elle est enceinte. Personne ne choisit une telle existence, souligne Samian. Le cas de Cate, qui se prostitue pour amasser les 400$ que lui coûte chaque jour sa drogue, est tout aussi poignant. Ils ont tous l’air plus vieux que leur âge, on les sent démolis, hors de toute réalité. On nous promet quelques images d’espoir plus tard dans la série de six demi-heures, et j’avoue qu’on en aura besoin.

Télé et radio

ICI Tou.tv, de plus en plus extra

CHRONIQUE / On peut dire que les choses vont bien pour l’Extra d’ICI Tou.tv, qui a connu une croissance d’abonnements payants de 78% de septembre 2017 à septembre 2018. Après Club illico il y a trois semaines, au tour de la plateforme de Radio-Canada de dévoiler sa programmation, composée de plusieurs nouveautés. À vous de voir si la section payante vaut l’investissement de 6,99$ par mois. Parce qu’ICI Tou.tv, quand ça ne bogue pas, ça peut effectivement être extra.

C’est en février prochain que sera mise en ligne la minisérie Le monstre, inspirée du livre d’Ingrid Falaise, signée Chantal Cadieux (Mémoires vives) et réalisée par Patrice Sauvé. Une histoire vécue par Ingrid Falaise elle-même, qui a été sous l’emprise d’un homme violent. Pas un sujet joyeux, mais les premières images donnent envie de voir l’œuvre. Rose-Marie Perreault incarne le personnage principal. Je suis curieux de voir Les bogues de la vie, une comédie romantique de Michel Brouillette et Stéphanie Perreault en 10 demi-heures, sur la rencontre improbable entre un concepteur de jeux vidéo (Charles-Alexandre Dubé) et une avocate (Charlotte Aubin), que tout éloigne. On nous l’annonce pour mars et, contrairement à Trop ou Les Simone, Les bogues de la vie restera exclusive à l’Extra pour un long moment.

Environ 13% du trafic sur la plateforme provient des contenus des diffuseurs partenaires, composés de Télé-Québec depuis tout récemment, Bell Média, Groupe V Médias, TV5 Québec Canada et l’ONF, alors que la section Véro.tv génère 20% du trafic. C’est d’ailleurs sur Véro.tv que seront déposés les six épisodes de la deuxième saison de Plan B, le 7 novembre, avec Sophie Lorain dans le rôle d’une vedette de la radio, qui craint d’avoir négligé sa fille au profit de sa carrière. Je vous en reparlerai puisque la presse est convoquée à un visionnement la semaine prochaine, mais la bande-annonce fait anticiper le meilleur.

Plusieurs autres nouveautés sont au programme de Véro.tv, dont 22 minutes avec..., une série de spectacles au Lion d’Or par de jeunes humoristes de la relève. Disponible en janvier. Sortez les mouchoirs pour Je ne veux pas partir, sur une femme de 32 ans atteinte de fibrose kystique, Audrey Metcalfe, qui ne devait pas atteindre la trentaine selon les pronostics des médecins. Elle rencontre des gens qui, comme elle, doivent apprivoiser la mort. À voir en avril. Pierre-Yves Lord, qui tournera bientôt une émission pilote pour ICI Radio-Canada Télé, met déjà un pied dans la tour avec Ma génération, série documentaire de Fair-Play sur les défis de la quarantaine, à voir en février.

Une nouvelle saison complète de Rétroviseur n’est hélas pas prévue pour l’instant, mais on tourne aujourd’hui même une spéciale d’une heure sur La fureur avec Sébastien Benoit et Mahée Paiement. L’émission sera disponible le 17 décembre, quelques semaines avant le retour pour un soir de La fureur sur ICI Télé en janvier. Ni Trop, ni Demain des hommes, qui ont d’abord été relayées par ICI Tou.tv, n’ont encore obtenu leur feu vert pour une nouvelle saison. Les deux séries sont actuellement diffusées sur ICI Radio-Canada Télé.

Dans la section gratuite, on attend la version animée de Bébéatrice, inspirée des réflexions de la fille de Guy A. Lepage, dont on attend les neuf premiers épisodes pour le 14 novembre. Une animation dépouillée, mais des propos irrévérencieux. On nous annonce une cinquième saison d’En audition avec Simon pour février et une troisième de L’âge adulte pour avril. Et Terreur 404, la websérie d’horreur de Sébastien Diaz, maintes fois récompensée à travers la planète, revient avec de nouveaux épisodes le jour de l’Halloween. En passant, ICI Tou.tv retransmet maintenant gratuitement ICI Télé en direct pour ceux qui n’ont pas de télé. Sachez que les six premiers épisodes des Magnifiques, les trois premiers de Lâcher prise et les deux premiers des Pays d’en haut arriveront à temps pour les Fêtes.

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Télé et radio

Harmonium, Hubert et Louis-José

CHRONIQUE / De quoi jase-t-on ce matin autour de la machine à café? D'Hubert Lenoir, bien sûr. De l'hommage à Harmonium, si beau et si vibrant. Et de Louis-José, qui a encore été parfait à l'animation de l'ADISQ.

Il régnait un bel esprit de diversité et de genres dans ce 40e gala, réussi en tous points, dimanche soir sur ICI Radio-Canada Télé. Et au-delà des réactions toujours inattendues d'Hubert Lenoir, récompensé à trois reprises, il y avait cette chanson, Fille de personne II, qui résonnait chaque fois dans la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, comme un hymne à la différence.

On sentait les frissons traverser la salle durant l'hommage à Harmonium, l'un des plus beaux que ce gala nous ait offert depuis 40 ans. L'ADISQ n'avait pas lésiné sur les moyens, avec un véritable orchestre classique sur scène. Tout, tout était parfait dans cet hommage, tant les reprises de chansons que les témoignages sentis des Rivard, Séguin, Piché et compagnie. Et cette finale sur Un musicien parmi tant d'autres, avec Céline et une mosaïque de visages reprenant ces paroles en choeur. «Quessé que vous venez de faire là, estie?» a demandé Serge Fiori, sonné, ému après cet hommage vibrant. «On voulait vous envelopper dans nos bras, et finalement, ce qui est arrivé, c'est que c'est vous autres qui nous avez enveloppés», a-t-il réussi à balbutier, trop touché par tant d'admiration condensée.

En ouverture, Mario Pelchat, Martine St-Clair, Maxime Landry et Guylaine Tanguay ont uni leurs voix pour interpréter des petits bouts des chansons de l'année des 40 galas. Un medley franchement réjouissant, on l'on entendait défiler quatre décennies de succès québécois, et qui nous rappelait que, oui, La légende Oochigeas a déjà été chanson de l'année.

Comme toujours, Louis-José Houde a été formidable. «J'viens de fumer un batte avec 2Frères. Sont vraiment drôles finalement!» a-t-il envoyé pour ouvrir son 13e gala, parfaitement dans son élément. Déchaîné, il allait ensuite résumer les 40 ans de cette soirée en soulignant ses travers, comme ces gagnants qui ne savent pas de quel côté sortir, ou «qui ne s'y attendaient pas». «Arrive pas en avant avec une face de dégât d'eau dans ton sous-sol», a-t-il suggéré aux nommés. Peu d'animateurs peuvent se permettre d'engueuler, même gentiment, nos artistes adorés.

Il a parlé d'Hubert Lenoir, qu'il a résumé pour sa sœur aux États-Unis comme «un jeune artiste original et talentueux», avant d'ajouter : «Prends Iggy Pop, Francis Reddy, Joe Bocan, brasse très fort». Plus tard, l'animateur a offert un résumé désopilant du gala de 1992, cette année où Gilles Gagné est monté sur scène et que l'enveloppe de la chanson de l'année était vide. Sérieusement, on en prendrait un comme ça pour chacun des 40 galas.

Évidemment, on ne fera pas nos surpris : vêtu d'une tunique blanche et maquillé de rouge et de jaune, l'unique Hubert Lenoir n'allait rien faire comme les autres en montant sur la scène, lui qui avait prédit sur le tapis rouge ne rien gagner du tout. Chaque fois acclamé par la foule, il avait un message pour ceux qui le trouvent weird : «c'est toujours une question de perception. Au nom de la jeunesse québécoise, je trouve que vous êtes wack en estie.» Puis, il a considéré son deuxième Félix comme une victoire «pour toute une nouvelle génération de musiciens qui en ont plus rien à crisser. […] J'veux juste dire qu'y'é trop tard, on est là, on s'en vient vous chercher tout le monde. That's it!» Pour son troisième, il a feint d'avaler son Félix pour mieux le recracher. «J'ai juste d'l'amour à vous donner, merci beaucoup!»

Pour la plupart disciplinés et brefs, les gagnants semblaient préparés dans leurs remerciements. Même la moustachue Klô Pelgag s'est montrée plus loquace en recevant le Félix de l'interprète féminine. «La musique c'est pas un concours, c'est juste de la musique, ça devrait toujours suffire», a-t-elle lancé, avant qu'un Patrice Michaud médusé monte chercher celui de l'interprète masculin.

Quelques-uns en ont aussi profité pour interpeller les politiciens. Privé de télésouffleur — «on se croirait dans un mauvais rêve!» —, Émile Bilodeau a prié François Legault d'abandonner l'idée de forer l'île d'Anticosti; la CAQ avait cependant envoyé la ministre Nathalie Roy. Le premier ministre Justin Trudeau, qui était dans la salle, a pour sa part reçu les récriminations de Yann Perreau, qui, citant Gilles Vigneault, lui a envoyé : «J'ai plus l'impression que mon pays, ce n'est pas un pays, c'est une pétrolière.»

Plusieurs bons numéros musicaux, dont celui de Pierre Lapointe et de Galaxie, qui a tout arraché. On a choisi de jumeler d'autres artistes en duo, comme Andréanne A. Malette et 2Frères. Les cinq nommés dans la catégorie de la révélation se sont succédés sur la scène, Hubert Lenoir offrant la prestation la plus énergique. Guy A. Lepage n'a pas voulu toucher au Félix, après celui qu'il avait lancé à son cinquième et dernier gala. «T'as gagné 21 Félix en carrière et le seul dont on se souvient, c'est celui que t'as garroché! C'est le fun hein?» lui a fait remarquer Louis-José. De la visite belle et rare : Yvon Deschamps, qui ne donnait pas sa place à l'animation de l'ADISQ.

Et alors, ce gala vous a-t-il donné envie, comme moi, d'écouter du Hubert Lenoir, du Klô Pelgag, du Philippe Brach, du Harmonium?

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Richard Therrien

Notre bulletin télé de mi-saison

CHRONIQUE / À mi-parcours d’un automne riche en nouveautés, quelles émissions suivez-vous assidûment et quelles autres songez-vous à effacer de votre enregistreur? Si on exclut «Révolution», la plus réjouissante surprise de la saison, c’est plutôt à des valeurs sûres qu’on a attribué nos meilleures notes.

EN DIRECT DE L’UNIVERS, ICI Radio-Canada Télé 10/10

Ce trésor télévisuel prend de la valeur saison après saison. Jamais il ne nous déçoit. Cet automne, le plateau de France Beaudoin a été particulièrement magique, autant pour Isabel Richer que pour Louise Latraverse et Sophie Grégoire-Trudeau. Le numéro du conjoint de Yannick Nézet-Séguin, Pierre Tourville, avec Céline Dion, d’un romantisme inouï, était juste sublime. Cette équipe ne néglige rien pour décrocher de gros noms et pour nous virer le cœur à l’envers chaque samedi soir. Après 10 ans, ça mérite bien une note parfaite.

RÉVOLUTION, TVA 9,5/10