Chronique

Moins d’intérêt pour Occupation double

CHRONIQUE / V a tout misé sur Occupation double Bali. La plus grosse production de la chaîne à ce jour, portant en plus la signature de Productions J. Mais voilà, le public ne suit pas avec la même passion le quotidien des candidats de cette nouvelle cuvée. Lundi, la quotidienne a obtenu son pire score avec 320 000 téléspectateurs, si on exclut les coulisses du jeudi, encore moins populaires.

Un souper presque parfait, qu’OD a remplacé à 18h30 et qui coûte infiniment moins cher, attirait plus de monde chaque soir, à pareille date l’année dernière. C’est sûr que V s’attendait à battre cette émission vieille de huit ans avec son gros canon.

Jacques Mathieu, le directeur principal, programmation et développement de Groupe V Média, aurait bien sûr souhaité de meilleures cotes d’écoute à la télé. Mais il affirme sérieusement qu’il existe un buzz autour de l’émission, et clame qu’elle attire un public jeune, la cible de V. «On a vraiment ramené les 18-34 ans à la télévision. Est-ce qu’on aurait aimé avoir un peu plus d’auditoire à la télévision? C’est sûr que oui», confie M. Mathieu. Il n’est pas question pour l’instant de changer l’émission de case horaire, que ce soit le dimanche ou la semaine. «Pas du tout. On ne prendra aucune décision sous l’effet de la panique, parce qu’on n’est pas paniqués.»

Jacques Mathieu a accueilli avec bonheur la décision récente de Numeris de développer une nouvelle façon de combiner les auditoires télé aux auditoires sur l’ordinateur, la tablette ou le mobile. «C’est de la musique à nos oreilles», dit-il, impatient d’en voir les résultats. Selon ses dires, additionner ces chiffres aux auditoires télé donnerait un portrait plus réaliste du nombre d’adeptes d’Occupation double. Dimanche, 391 000 téléspectateurs ont regardé la soirée d’élimination à la télé, et 97 000 en direct et en rattrapage sur noovo.ca, pour un total de 488 000. C’est mieux, mais pas énorme non plus, si on compare avec les autres titres du dimanche soir. Et qu’en est-il des annonceurs, à qui on avait promis des chiffres plus élevés? «Ils ont quand même à boire et à manger», assure Jacques Mathieu.

Si vous avez regardé par hasard OD la nuit à MusiquePlus, vous avez peut-être constaté qu’on a enlevé le son. C’est durant ces six heures nocturnes qu’Élodie et Joanie avaient tenu des propos racistes. «Étant donné la gestion que ça demande de traiter 42 heures de programmation par nuit dans un délai relativement court, on a tout simplement décidé d’enlever le son. On ne prend pas de chances», affirme Jacques Mathieu. Le patron de la programmation compare ces six heures en ondes à de la slow TV, comme il s’en fait ailleurs dans le monde. «On les voit nager, avoir du fun, discuter, mais on n’entend pas leurs propos.» Presque aussi passionnant que l’ancien foyer de TQS.

Déjà tourné à Bali, un deuxième tapis rouge sera diffusé le 29 octobre prochain, le même soir que le Gala de l’ADISQ.

HISTORIA ET SÉRIES+ VENDUES À BELL

Ce n’était qu’une question de temps avant que les chaînes Historia et Séries+ soient vendues à Bell Média. Corus Entertainment, qui les avait acquises d’Astral en 2013, vient de conclure un accord avec le géant des communications. Valeur de la transaction : 200 millions de dollars. Dans un communiqué, le PDG, Doug Murphy, explique que les deux chaînes «ne sont pas essentielles dans la mise en œuvre du plan stratégique de Corus en ce moment».

Cette transaction devra toutefois obtenir l’aval du CRTC. Rappelons qu’en faisant l’acquisition d’Astral Média en 2013, Bell avait dû s’engager à se départir d’Historia, Séries+ et Télétoon pour obtenir la bénédiction du CRTC. 

La Presse avait annoncé en 2016 que Bell souhaitait remettre la main sur Historia et Séries+.

La décision de Corus d’éliminer de la programmation de Séries+ les séries originales québécoises avait fait la manchette au printemps dernier, soulevant l’indignation du milieu culturel. En août, la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, avait demandé au CRTC de réviser ses décisions sur les renouvellements de licences francophones. Espérons que Bell annonce très prochainement vouloir redonner le feu vert à de nouvelles séries québécoises. Jusqu’à récemment vice-présidente à la programmation et contenu d’Historia et Séries+, Brigitte Vincent a depuis quitté Corus pour Groupe V Média.

Au Québec, Bell Média possède déjà RDS, Canal Vie, Canal D, VRAK, Investigation et Z, alors que Corus demeure propriétaire de Global Montreal, Télétoon et La chaîne Disney.

DISTRICT 31 FAIT LE PLEIN

La curiosité sur le sort de Nadine aura permis à District 31 d’atteindre les 1328 000 téléspectateurs, lundi à ICI Radio-Canada Télé. À peine moins que le premier épisode de la saison, qui détient le record avec 1399 000. À TVA, La voix junior extra n’a pu faire mieux que 518 000. À 19h30, Boomerang (1045 000) l’emporte sur Trop (613 000). À 20h, Faits divers (520 000) ne fait pas le poids contre L’Échappée (1097 000). C’est plus serré à 21h entre Olivier (748 000) et L’imposteur, la suite (633 000).

Chronique

District 31 ébranle ses fans

CHRONIQUE / Vaut mieux vous prévenir : si vous n’avez pas vu l’épisode de lundi de District 31, gardez cette lecture pour plus tard. J’étais sans voix, jeudi dernier, quand le générique silencieux de la quotidienne a commencé à défiler. «Il a pas fait ça?» me suis-je dit en pensant au cruel (mais très habile!) auteur Luc Dionne. Alors qu’on s’est demandé durant des mois si Nadine (Magalie Lépine-Blondeau) avait survécu au coup de feu de son ex, et qu’on l’avait retrouvée bien en vie à la rentrée de septembre, voilà qu’on nous l’enlève pour de bon.

Dans les minutes et les heures qui ont suivi, j’ai reçu un déluge de messages de téléspectateurs, qui menaçaient de ne plus jamais regarder l’émission. Pas notre Nadine! Productrice et script-éditrice de District 31, Fabienne Larouche avait brandi la même menace quand on a tué Ned Stark, personnage principal de la première saison du Trône de fer, mais n’a manqué aucun épisode depuis. «On écoute une série pour être touché, ému, avoir peur. Sinon, le téléspectateur s’endort», rappelle-t-elle, consciente que ce choix de scénario allait créer l’émoi.

La productrice a d’ailleurs convoqué la presse lundi matin pour présenter les quatre épisodes de cette semaine, réalisés par Catherine Therrien. Et je dois dire qu’ils sont particulièrement touchants et bien ficelés. Vincent-Guillaume Otis et Gildor Roy y sont absolument bouleversants.

District 31 souffrira-t-elle de la disparition d’un de ses personnages pivots? Parce que les gens aimaient beaucoup Nadine, moi le premier. Et est-ce que le personnage de Luc Picard disparaîtra à la fin de la saison, comme c’était prévu au départ pour l’enquêteur vedette de la série? Pas sûr de faire confiance à ce Jeff Morin, qui semble jouer sur deux tableaux. À suivre. Un nouveau lieutenant sera nommé pour prendre la relève de Nadine, parmi le personnel déjà en place.

Si ça peut vous réconcilier un peu avec l’auteur, vous constaterez que Nadine n’est pas morte sans raison. Laurent Cloutier (Patrick Labbé), vers qui tous les yeux se tournent, pourrait-il y être pour quelque chose? Plusieurs hauts gradés redoutaient le témoignage prochain de Nadine à la commission d’enquête portant sur les événements qui ont ébranlé l’état major de la police l’an dernier. Plus d’un ont des raisons de lui en vouloir. Au point de provoquer sa mort? L’auteur en a pour des mois à éclaircir le mystère. Orchestrer un accident avec autant de précision ne peut être l’affaire d’amateurs.

Télévision

Notre bulletin de mi-saison

Le beau temps nous a fait bouder notre télé en début de saison, avant qu’on s’y reprenne, une fois le véritable automne venu. En retard sur les nouvelles émissions et sur les retours? Déjà à mi-saison, voici ce qu’il vaut la peine de rattraper, et ce qui peut très bien attendre…
  • Faits divers: 9,5/10 (ICI Radio-Canada Télé)

Mon coup de cœur de l’automne. Marie-Ève Beaulieu est parfaite en avocate tueuse et folle dingue, qui met une énergie méticuleuse à dissimuler son crime. Et Fabien Cloutier excelle dans la gaucherie et la vulnérabilité d’un piètre criminel. Une série policière complexe, surréaliste, qui ne ressemble à rien de ce qu’on a fait ici, et qu’on ne regarde pas en faisant la vaisselle, pour en saisir toutes les subtilités. Dommage que la série vivote dans les sondages, l’œuvre écrite par Joanne Arseneau et réalisée par Stéphane Lapointe mérite d’être vue en rafale sur ICI Tou.tv.

Richard Therrien

L'Académie: trois filles, un pacte

CHRONIQUE / Les séries pour ados ou jeunes adultes, ça marche. Nommez-les : Riverdale, 13 raisons et, chez nous, Le chalet et Jérémie. Club illico y a vu un beau filon, et lance deux nouveautés québécoises dans la catégorie teen drama, seulement cette année. Avant La dérape, tournée à Québec et qui arrivera au début de 2018, les 10 épisodes de L’Académie sont déjà en ligne pour les abonnés de cette plateforme payante. Une œuvre légère de qualité, qui devrait intéresser un public surtout féminin.

Parce que l’Académie du titre est un pensionnat pour filles. Sarah-Maude Beauchesne, auteure de romans jeunesse, s’intéresse ici à un trio d’élèves, Agathe, Marie et Wendy, qui entreprennent leur dernière année du secondaire, en faisant le pacte de ne pas fréquenter de garçons : pas de contact physique ni même de flirt, encore moins de french, du moins pas avant le bal des finissants.

Or, la directrice de l’institution, Mme Léger (Pascale Bussières), a choisi cette journée pour annoncer un projet pilote, l’arrivée d’un groupe de 13 garçons de 5e secondaire, une décision qui divise les filles, le trio vedette étant contre l’idée. Théo et Clément (Rémi Goulet et Antoine Desrochers) sauront-ils se mêler à elles? Ce ne sera pas aussi simple.

L’Académie est peut-être une série pour ados qui mise sur l’importance de l’amitié, on y parle aussi crûment de relations sexuelles et de consommation d’alcool. La première scène montre Agathe (Léa Roy), portant une tenue un peu affriolante, qui se rend chez son amoureux avec l’intention d’avoir sa première relation sexuelle. La suite ne fera pas plaisir au garçon entreprenant (Antoine Pilon). Audacieux, mais fait avec goût, rassurez-vous. Ce public en a vu d’autres.

Très rare qu’on voit un personnage aussi jeune assumer pleinement d’être lesbienne. C’est le cas de Wendy, qui en bave pour une nouvelle élève, Scarlett (Marianne Fortier, vedette de Pour Sarah). Dans ce rôle, vous reconnaîtrez Sabrina Bégin Tejeda, qui joue la détenue Mariposa Selanes dans Unité 9. Juliette Gosselin, qu’on a vue au grand écran dans Familia et Embrasse-moi comme tu m’aimes, complète le trio dans le rôle de Marie. Les acteurs sont tous plus âgés que leurs personnages, mais on se laisse prendre. Tant qu’on ne les voit pas prendre 14 ans à compléter leur secondaire comme dans Watatatatow.

L’Académie reprend certains codes de la série pour ados. Agathe, Marie et Wendy ont en effet une rivale, Julie Couture (Laetitia Isambert-Denis), surnommée La bitch, qui ne recule devant rien pour leur mettre des bâtons dans les roues.

Contrairement à d’autres séries pour ados, on parle très rarement des adultes dans celle-ci, mis à part la directrice, le personnel enseignant, et le père d’Agathe, qu’on aperçoit au premier épisode. On a insisté pour la trame musicale de la série soit entièrement québécoise, à partir du thème, signé Alex Nevsky, jusqu’aux autres titres entendus dans la série, de Safia Nolin, Dead Obies et Milk & Bone, entre autres.

L’Académie a plusieurs parentés avec Le chalet : mêmes scénaristes, même réalisatrice, Marie-Claude Blouin; et même maison de production, Passez Go. On s’adresse aussi sensiblement au même public. Club illico avait tellement confiance en la série qu’il a organisé les projections de presse devant les élèves de deux écoles secondaires, dont le Collège François-de-Laval, à Québec.

Alors que d’autres séries du Club ont voyagé sur les différentes plateformes du Groupe TVA, comme Blue Moon, actuellement reprise à TVA, L’Académie vise un public plus jeune, un créneau qui n’apparaît sur aucune autre chaîne. Quoiqu’on croit que la série, classée pour huit ans et plus, intéressera aussi un public plus adulte, que des parents, nostalgiques de leur adolescence, pourraient y prendre goût. Comme on ne se cache pas de regarder Le chalet, je ne vois pas pourquoi on s’empêcherait de suivre L’Académie. Un rappel : l’abonnement mensuel au Club illico est de 9,99 $ par mois. Une deuxième saison est déjà en préparation.

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Luc Lavoie réintègre La joute

Le purgatoire de Luc Lavoie aura été de courte durée; l’analyste politique a déjà réintégré sa place au sein de l’équipe de La joute à LCN, à peine huit jours après avoir été suspendu par la direction de TVA. Il en avait été expulsé après une mauvaise blague sur la chasse aux séparatistes. Informé que son analyste était visé par une enquête de la Sûreté du Québec, a alors choisi de le suspendre. On a appris depuis qu’aucune accusation criminelle ne serait retenue contre Luc Lavoie. Pour son retour en ondes jeudi, qui n’avait pas été annoncé, il a réitéré qu’il était désolé s’il avait pu blesser des téléspectateurs. La semaine dernière, le diffuseur avait bien précisé qu’il suspendait M. Lavoie jusqu’à la fin de l’enquête.

Chronique

Le siège: 36 heures chrono

CHRONIQUE / Ne comptez pas sur la série Le siège pour vous détendre. Tournée au Nouveau-Brunswick, l’œuvre en six épisodes raconte les 36 heures d’une prise d’otages dans une usine condamnée à la fermeture. En même temps, ne vous attendez pas à 24 heures chrono; on reste dans le réalisme et les préoccupations locales. Pas de terroristes, d’excès de violence ni d’appels au président américain.

ICI ARTV diffuse la série à raison de deux épisodes par samedi, dès le 21 octobre à 21h, avant qu’elle soit relayée sur ICI Radio-Canada Télé, dans la case d’Olivier, le lundi à 21h, dès le 6 novembre. L’auteur Pierre-Marc Drouin signe ici sa première série, qui ne manque pas de suspense, et dans laquelle de gros noms québécois côtoient des acteurs acadiens.

Dans la ville fictive de Cole Creek, vouée à la disparition, le chef syndical Mario Cormier (Gilles Renaud) ignore qu’il est assis sur une bombe lorsqu’il propose à ses membres d’accepter un dernier mois de salaire pour préparer l’usine à la fermeture. Avec à leur tête le dur à cuire Alexis Godin (Alexandre Goyette), une poignée d’employés armés décident de protester en occupant l’usine et en prenant ses patrons en otage. Or, les choses tournent autrement, et Cormier se retrouve lui aussi parmi les otages.

C’est suffisamment grave pour qu’on engage une négociatrice aguerrie, rôle tenu par l’Acadienne Denise Bouchard, qui jouait la mère dans Le clan, du même réalisateur, Jim Donovan. Dès le départ, on comprend que Cormier et Godin ont de vieux comptes à régler, ce qui ne fera qu’exacerber le conflit. On comprend aussi que le chef syndical n’a pas agi honnêtement dans toute cette histoire. Qu’a-t-il à se reprocher et où veut-il en venir? Entre ces deux-là, ça ne peut pas bien finir.

Télévision

Vraie nature, vraies émotions

CHRONIQUE / On rit, on jase, on se confie, on pleure, on pleure souvent dans La vraie nature, la nouveauté de Jean-Philippe Dion, qui mise beaucoup sur l’émotion et la nostalgie. Le premier épisode, que diffuse TVA dès dimanche à 21h, réunit Mario Pelchat, Mariana Mazza et Étienne Boulay.

L’émission, qui succède à Accès illimité, est une adaptation de La parenthèse inattendue, conçue et animée en France par Frédéric Lopez, et diffusée chez nous à TV5. D’une durée de 2h30 sans pauses publicitaires là-bas, l’émission prend le format d’une heure avec pauses à TVA. Trois personnalités de domaines différents, qui ne se connaissent pas forcément, sont réunies durant toute une journée dans un lieu champêtre. Le but : leur tirer des confidences pour mieux les connaître.

Les invités arrivent séparément à bord d’une barque, qu’ils doivent mener eux-mêmes, sans savoir avec qui ils passeront les 24 prochaines heures. «Je suis la moins masculine, pour une fois!» s’exclame Mariana Mazza en apercevant ses deux camarades d’un jour. Une fois les présentations faites, ils se réunissent pour se parler de leur enfance, à partir de photos et de vidéos. Déjà, l’émotion monte. En voyant une photo familiale, Mario Pelchat confie que sa mère est atteinte d’un cancer. Mariana parle du père qu’elle n’a jamais connu. «Le père manquant te chie une vie», dit-elle en larmes.

Puis, on passe à l’adolescence autour d’une activité. Rapidement, les langues se délient, et ça peut aller loin. À la pêche, on apprend qu’Étienne Boulay a eu sa première expérience sexuelle avec deux filles en même temps.

À la cuisine, tout en préparant le souper, Jean-Philippe Dion leur fait parler de leurs débuts de carrière. Mariana raconte avoir déjà perdu son permis de conduire pour ivresse au volant. Au salon, Étienne Boulay reparle du fils qu’il a eu d’une première union. Il ne l’a plus revu quand son ex a décidé de partir vivre aux États-Unis, avant de renouer avec lui tout récemment. Bien sûr, il revient sur sa dépendance aux antidouleurs et sur sa tentative de suicide, qu’il regrette. Le tout se termine autour d’un feu, où on reprend en chœur le succès de Mario, Pleurs dans la pluie, cette fois dans la rigolade.

En quelque sorte, La vraie nature est un long «Autour du four» d’une heure, sans recettes pompettes. «C’est comme une thérapie», dira Mario Pelchat au petit déjeuner du lendemain, moment où on fait le bilan de la rencontre. À la barre de cette émission, Jean-Philippe Dion n’a jamais paru aussi à l’aise, liant les conversations avec beaucoup de doigté et d’assurance. Mais ceux qui ont un malaise à voir nos vedettes pleurer en racontant leur passé devraient passer leur tour.

À elle seule, Michèle Richard est un spectacle, déjà gauche à tenter de rejoindre le quai avec ses rames. Elle sera de la deuxième émission avec Charles Lafortune et François Bellefeuille. À son arrivée, Denise Bombardier a pris Phil Roy pour un assistant de production, avant d’apprendre qu’il était l’un des humoristes les plus appréciés de sa génération. Denis Bouchard complète le trio de cette troisième émission.

Parlant d’improbable duo, une des émissions réunira Gabriel Nadeau-Dubois, Joël Legendre et Sophie Lorain, après les Fêtes. Roch Voisine, qui n’a pas l’habitude de se confier beaucoup, constitue une des plus grandes découvertes de Jean-Philippe Dion.

Tout s’est passé très vite entre le moment où TVA a donné le go au projet et la diffusion de la première, dimanche. L’équipe n’a eu que cinq jours pour aménager les lieux, de la construction du quai à l’installation d’un poulailler. Vous verrez, le chalet est absolument magnifique. De mai à juillet dernier, l’équipe en a visité 25 avant de trouver celui-là, parfait, au Lac-Brome dans les Cantons-de-l’Est, qui n’était pas à louer, mais bien à vendre. Le coproducteur exécutif Benoît Clermont a alors offert de l’acheter pour en faire un lieu de tournage des plus champêtres.

La musique tient un rôle important. Outre le thème d’ouverture, emprunté à la version française, toutes les autres sont propres à l’adaptation québécoise, dont une chanson interprétée par Beyries et signée Maxime Le Flaguais.

Frédéric Lopez, qui a eu l’idée du concept alors qu’il était en vacances au Québec, a assisté à un des tournages et prodigué ses conseils à Jean-Philippe Dion, dont il appréciait le travail dans Accès illimité. En France, 160 invités se sont déjà prêtés au concept, qui a été vendu en Allemagne, et intéresse beaucoup Oprah Winfrey aux États-Unis.

Six émissions de La vraie nature sont prévues d’ici Noël, et six autres par la suite. Le tournage de toute la saison sera conclu avant la fin d’octobre. En ce qui concerne Conversation secrète, l’événementielle de Paul Arcand, la directrice principale chaînes et programmation du Groupe TVA, Suzane Landry, se dit très satisfaite des deux premières émissions avec Carole Devault et Dominique Michel. Six autres sont prévues d’ici le printemps, mais on ignore quand. Dès qu’un événement le justifiera, on fera une place à Paul Arcand dans la grille du dimanche soir.

Chronique

Pire qu’une «joke de mononc’»

CHRONIQUE / Je tombe souvent sur La joute à LCN, surtout en fin de soirée. Et des «jokes de mononc’», j’en entends de la part de Luc Lavoie. Mais sa mauvaise blague sur la chasse aux séparatistes entre dans une autre catégorie, le genre de gag qui ne passe pas. Pas plus de la bouche d’un mononc’ qu’en pleine télévision.

Sa blague, prononcée dans l’émission de mardi, a créé un tsunami de protestations sur les réseaux sociaux et lui a valu une suspension. «On pourrait prendre nos guns comme les Américains pis on tire des écureuils. [...] En fait, moi, j’aurais aimé pouvoir chasser les séparatistes, mais ça a l’air que c’est pas possible!» a-t-il envoyé, avant d’être rabroué par Paul Larocque.

Avant de le suspendre, TVA a tout de même attendu que la Sûreté du Québec l’informe qu’une plainte avait été formulée à son endroit, en lien avec la mauvaise blague. Le diffuseur a vivement condamné les propos de Lavoie, mais aurait-il sévi s’il n’y avait pas eu d’enquête policière? Le communiqué indique sans équivoque qu’il est suspendu «jusqu’à la conclusion de cette enquête». À moins que la pression populaire et politique soit si forte que TVA ne puisse plus reculer, Lavoie pourrait reprendre les ondes plus tôt qu’on le pense.

Parce que ce franc-parler, l’impression de «jusqu’où va-t-il aller?» que laissent ces propos chaque jour, font mouche. Je suis rarement d’accord avec lui, mais l’homme a le sens de la formule et connaît la politique sur le bout de ses doigts. Le trio qu’il forme avec Paul Larocque et Bernard Drainville ne manque pas d’efficacité, et le public en redemande, même que LCN a allongé la formule à 60 minutes par jour cet automne.

Mais Lavoie joue souvent avec le feu, et il n’est pas rare que Paul Larocque doive intervenir pour interrompre les conversations et tempérer les propos entre ses deux commentateurs. Ça fait partie du show. Sa bourde de mardi après-midi ne m’étonne pas vraiment, même que je me dis souvent, en regardant l’émission, qu’il va un jour dire la phrase de trop, celle qui ne passera pas. C’est arrivé mardi.

S’il retient la leçon, Luc Lavoie aura intérêt à dégonfler son égo d’un cran. Ce ton de mépris, cette attitude hargneuse et ces rires presque démoniaques, comme celui avec lequel il se gargarisait après son mauvais gag, n’ont pas leur place. Quand j’entends Lavoie dire en ondes «pauvre Martine» en parlant de Martine Ouellet, j’y vois immanquablement du mépris mal placé, pas tant dans les mots que dans le ton. Même si le commentateur s’est «réconcilié» publiquement avec la chef du Bloc québécois.

Je n’ai jamais pensé que Luc Lavoie, par ses propos, avait incité ses téléspectateurs à sortir dehors avec un fusil pour chasser le séparatiste. Mais dans le contexte actuel, et en se rappelant de l’attentat du Métropolis contre la première ministre, encore frais à nos esprits, c’est effectivement de mauvais goût et stupide. Et Lavoie l’a reconnu en s’excusant sur sa page Facebook professionnelle, fermée depuis.

Mercredi, en son absence à La joute, Antoine Robitaille et Mario Dumont ont débattu aux côtés de Bernard Drainville. D’entrée de jeu, celui-ci a condamné les propos de son collègue, d’un ton presque solennel. «C’était la seule décision à prendre», a-t-il dit au sujet de sa suspension, ajoutant que le privilège d’une telle tribune s’accompagne d’une immense responsabilité. «Quand on fait du direct, ça peut nous arriver de perdre pied, de glisser. […] Gardons-nous de lui lancer la pierre», a-t-il toutefois ajouté.

TVA a intérêt à calmer les esprits, parce qu’un livre signé Luc Lavoie, intitulé En première ligne, doit être publié en novembre aux Éditions de l’Homme, propriété de Québecor Média. Préfacée par Brian Mulroney, et sous-titrée «Le parcours atypique d’un communicateur», cette autobiographie revient sur les moments marquants de la carrière de l’ancien proche collaborateur de Pierre Karl Péladeau. Un livre qui pourrait maintenant se conclure par l’épisode malheureux de la «chasse aux séparatistes».

Chronique

Neuf enfants, c'est du sport

CHRONIQUE / Avoir neuf enfants en 2017, c’est absolument phénoménal. C’est le cas des Groulx, une famille de Saint-Lazare, à l’ouest de Montréal, dont le quotidien donne le tournis.

Vous les avez peut-être connus dans Bienvenue chez les Groulx, un documentaire produit en 2015, qui figure parmi les 20 émissions les plus regardées de toute l’histoire de Canal Vie, avec 518 000 téléspectateurs. Ça a si bien marché qu’on les retrouve, cette fois dans une série de huit épisodes d’une heure, Une année chez les Groulx, diffusée dès le jeudi 12 octobre à 20h sur la même chaîne.

Les parents, Tara et Pascal, ne se sont pas fait prier pour laisser entrer à nouveau les cinq membres de l’équipe de tournage, dont deux caméramans. Alors qu’il y en a plusieurs à la télé américaine, jamais au Québec une famille nombreuse n’avait fait l’objet d’un docuréalité. Le couple souhaitait montrer que, oui, c’est du sport, mais que c’est possible d’élever autant d’enfants sans devenir fou. Le réalisateur Frédéric Leblanc, que les enfants surnomment «mononc’ Fred», fait presque partie de la famille.

Le couple a cinq garçons et quatre filles. Le plus jeune, Nathan, a quatre mois au début de la série, tournée du mois d’août 2016 à juin dernier. Suivent dans l’ordre Gavin, 2 ans, Lucas, 5 ans, Haylee, 9 ans, Savannah, 11 ans, Bianca, 13 ans, Sasha, 15 ans, et Tristan, 16 ans. Certains d’entre eux ont un fort accent anglais, leur mère parlant cette langue à la maison la plupart du temps. Pour la série, Tara s’en tient presque uniquement au français, la langue maternelle de Pascal. Pendant que maman reste à la maison, Pascal, lui, gère un magasin de pièces de véhicules lourds.

J’ai passé le visionnement du deuxième épisode à me dire : «Mon Dieu que je serais incapable d’être à leur place.» C’est surhumain. Et pourtant, tout le monde a le sourire, et on sent tout l’amour qui règne dans cette maison. Bien sûr qu’il y a de la chicane, que les plus jeunes sont turbulents, qu’il faut imposer son autorité. Mais Tara et Pascal y arrivent, sans trop de découragement.

Richard Therrien

La cassette de Mélanie Joly

CHRONIQUE / «On dirait que vous ne nous entendez pas.» Gérald Fillion ne pouvait pas mieux dire. Après une semaine très difficile, Mélanie Joly s'est enfoncée encore un peu plus, dimanche à Tout le monde en parle. La ministre du Patrimoine, dont l'entente avec Netflix est décriée de partout, s'est même risquée à donner des leçons de fiscalité à des spécialistes d'économie, qui en ont vu d'autres. Elle n'aurait pas dû.
La ministre du Patrimoine canadien a répété sa cassette et s'est prêtée à une guerre de mots, s'embourbant au point de nier, à un certain moment, que Vidéotron soit un câblodistributeur, qui contribue au Fonds des médias. «Je suis désolé», s'est permis de rétorquer poliment Gérald Fillion.

Richard Therrien

Les sondages n'aiment pas la chaleur

CHRONIQUE / L'appel du barbecue et de la piscine en plein mois de septembre en a laissé plusieurs loin de leur télé depuis le début de la nouvelle programmation. Il faut dire qu'avec l'été frais et pluvieux qu'on a eu, ce dernier sursaut de chaleur était tout à fait bienvenu. Dommage collatéral pour les diffuseurs : plusieurs émissions ont baissé dans les sondages d'écoute. Mais ça aurait pu être bien pire.
«Il y a 356 000 personnes de moins qui ont regardé la télé, une fois les données confirmées sorties, tous réseaux confondus», observe Dominique Chaloult, directrice générale de la télévision de Radio-Canada, pour la semaine du 11 au 17 septembre. Ça en fait du monde sur le patio.