Télé et radio

De garde 180 jours

CHRONIQUE / Tout le monde a une opinion sur la compétence des professeurs, sur l’état de nos écoles, sur ce qu’on devrait enseigner. Mais combien d’entre nous avons un réel portrait de ce qui s’y passe au jour le jour, des conditions dans lesquelles les profs doivent enseigner? La série documentaire «180 jours» risque d’avoir sur vous le même effet que «De garde 24/7», si vous avez suivi cette excellente série à Télé-­Québec, au point de changer considérablement votre vision du milieu scolaire.

Diffusée à partir de jeudi à 20h sur la même chaîne, la série de 12 épisodes, de la même équipe de production que De garde 24/7 chez Avanti, s’étend sur les 180 jours d’une année scolaire, de la rentrée au bal des finissants, à l’école secondaire Gérard-Filion à Longueuil. Dans cette première polyvalente au Québec, les élèves, de 65 nationalités différentes, proviennent souvent de milieu défavorisé. Le taux de décrochage y est élevé. De façon extrêmement sensible et respectueuse, la réalisatrice Mélissa Beaudet nous permet vraiment de saisir l’intensité de ce qui se vit dans une école chaque jour.

Comme d’autres problématiques scolaires, l’intimidation est l’un des sujets les plus sensibles. Et pas seulement celle qui se passe à l’intérieur des murs, mais aussi après les classes, notamment sur les réseaux sociaux, terreau fertile d’intimidation. Quand une élève reçoit des messages tels que «grosse pute, tu devrais pas vivre» et «fais-toi frapper par une voiture», l’école n’a pas le choix d’intervenir, de concert avec la police. Même collaboration quand un souteneur s’introduit dans la cour pour recruter des jeunes filles. Déjà dans les premiers jours, une altercation survient dans le couloir; un élève vient de dire à une autre de «niquer» sa mère. Un conflit que doit régler avec le plus grand tact une des directrices adjointes.

Imaginez, en cette rentrée, plusieurs postes de professeurs n’ont pas encore été comblés. Un enseignant engagé il y a à peine deux semaines doit à son tour former un suppléant. C’est si récent que, dans les documents remis aux élèves, Hugo Ladéroute n’est pas identifié. «Le pas de nom, c’est moi!» dit-il aux élèves qui cherchent leur classe de français. Attendez de voir la prof d’ECR (éthique et culture religieuse). Avec elle, la matière devient soudainement intéressante.

J’ai été particulièrement touché par la classe de Celso C. Leduc, composée d’élèves aux prises avec des troubles de communication. Une scène du cinquième épisode, particulièrement émouvante, montre ces élèves exprimer toute leur reconnaissance envers leur professeur et leurs camarades, avant le congé des Fêtes. Une démonstration éloquente de ce que peut changer l’école dans les vies d’enfants au bord de décrocher.

J’ai eu un coup de cœur pour la directrice, Sylvie Dupuis, elle-même une ancienne élève de Gérard-Filion. Humaine, attachante, investie. Les directeurs d’école peuvent passer pour des durs, c’est tout le contraire pour Sylvie Dupuis, qu’on sent tout à fait sincère dans ses rapports avec le personnel et les élèves.

Ce n’est pas vrai que les jeunes n’ont pas d’opinion, qu’ils n’ont rien à dire. Et ce, même si personne ne lève la main quand le prof demande qui connaît Michel Tremblay. Fred Pellerin? Deux mains se lèvent. Rachid Badouri? Tout le monde le connaît. Bien que certains visages soient brouillés dans les situations les plus délicates, la majorité des élèves se montrent à la caméra. Sachez qu’il a fallu expédier par la poste 1500 demandes de consentement aux parents afin d’y arriver, un travail titanesque.

C’est fou comme plusieurs séries offertes sur nos chaînes cet automne réveillent en nous tant d’admiration. Pendant que la téléréalité célèbre l’insignifiance, il y a au moins les Infractions, Classe à part, Pinel : au cœur de la maladie mentale, L’unité des naissances et 180 jours qui nous font voir le travail essentiel d’une multitude d’individus, motivés par le cœur et le dévouement. De la télé qui fait du bien, dont notre monde a cruellement besoin.

***

Les quatre chefs chez Guy A.

Philippe Couillard, François Legault, Jean-François Lisée et Manon Massé seront de la première de Tout le monde en parle, dimanche à 20h sur ICI Radio-Canada Télé. Pour leur permettre de participer au Face à face Québec 2018 à TVA jeudi soir, l’émission sera exceptionnellement enregistrée vendredi. Aussi sur le plateau de Guy A. Lepage et Dany Turcotte : Louis-José Houde pour le Gala de l’ADISQ, Paul Arcand, qui a reçu un Gémeaux pour Conversation secrète, de même que Pénélope McQuade et Hugo Latulipe pour le documentaire Troller les trolls.

Télé et radio

«XOXO», chest, bras

CHRONIQUE / Si «XOXO» représente la nouvelle ère de la téléréalité, ce n’est pas sur l’apparence de ses candidats qu’on verra la différence, croyez-moi. Les cinq mâles de la nouveauté de TVA, qui commence mercredi à 19h30, pourraient tous danser au 281. Et les 26 filles qui les convoitent pourraient à peu près toutes travailler comme mannequins.

Même si le genre m’indiffère totalement, j’étais curieux de voir à quoi rimait cette réplique de TVA à Occupation double. Compliqué, XOXO? Il faut admettre qu’une fois la première terminée, on comprend assez bien le concept. Sachez que les trois conseillers, l’artiste peintre et ex-lofteuse Elisabetta Fantone, M. Beachclub, Olivier Primeau, et le styliste Cary Tauben auront chacun leur équipe de filles, qu’ils appuieront dans l’organisation d’événements pour appâter les mâles. Des conseillers, il est clair que Tauben se démarquera par son exubérance et sa spontanéité. En français, l’artiste anglophone s’exprime en peu de mots et rappelle étrangement le chroniqueur artistique de l’époque disco Coco Douglas Léopold. «Je t’aime et je veux toi dans mon groupe!» dit-il à une candidate. Jamais un mot méchant, toujours adorable. Chaque conseiller a un penthouse, décoré à son goût, qui sera habité par les filles. Dans celui de Cary Tauben, les armoires sont léopard, à l’image du personnage.

Télévision et radio

«Révolution», plus qu’un gadget

CHRONIQUE / Je craignais le gadget, la bébelle qui ne sert qu’à flasher ou attirer l’attention. Mais ce qu’on appelle «le moment Révolution», créé par 128 caméras qui filment un mouvement de danse à 360 degrés, constitue réellement une valeur ajoutée à l’expérience que vivront sans doute plus d’un million de télé­spectateurs cet automne à TVA.

J’ai beaucoup aimé la première de Révolution, que vous pourrez voir dimanche à 19h30. Et je suis curieux de voir comment le public recevra cette compétition de danse, où les vedettes ne sont pas invitées. Que des talents purs, qu’ils aient sept ans jusqu’au début de la soixantaine, dans tous les styles. L’effet wow est réussi.

La série commence dimanche avec les auditions. Trente-six places sont disponibles en vue des face-à-face. La formule du levier qu’on actionne pour approuver la chorégraphie rappelle inévitablement le bouton rouge de La voix. Sauf que les juges, qu’on appelle les maîtres, peuvent l’activer pendant ou même après la fin du numéro, question de faire durer le suspense. Trois leviers actionnés signifient que le candidat ou le groupe passe directement à la prochaine étape, alors que deux l’envoient au ballottage.

Bien que Sarah-Jeanne Labrosse assure la narration et qu’on la voit beaucoup encourager les danseurs, les maîtres prennent une place vraiment importante dans l’émission. Ma révélation est Lydia Bouchard, qui rayonne dans cette formule. J’adore sa façon de réagir aux prouesses des danseurs, mais aussi à leurs faiblesses. Bien sûr, vous connaissez Jean-Marc Généreux, peut-être un peu moins exalté qu’on l’a déjà vu, mais pas moins passionné. Les Twins, Larry et Laurent Bourgeois, complètent admirablement ce quatuor original. Et vous verrez que, bien que jumeaux, ils ne sont pas toujours d’accord. Je n’ai pas senti que les maîtres avaient appris des phrases choc qu’ils lanceraient aux candidats durant la production. Leurs réactions sont naturelles.

Les adeptes de Danser pour gagner, la production de Julie Snyder diffusée l’hiver dernier à V, reconnaîtront deux troupes de Québec : les filles de QMDA et les garçons de MARVL. Mais mon coup de cœur parmi les candidats s’appelle Rahmane, 22 ans, aussi de Québec, dont le style très saccadé rappelle un peu celui des Twins. Vous le verrez danser sur Seul au monde de Corneille, une chanson qui rappelle sa propre solitude après avoir perdu contact avec sa famille. Outre ce léger rappel à la vie privée de Rahmane, j’ai beaucoup apprécié qu’on ne fasse pas intervenir le passé malheureux des candidats. Pas de vidéo de présentation sur eux, on entre directement dans la danse, on nous montre ce qu’ils ont dans les jambes et le cœur.

Contrairement à Danser pour gagner, rien n’est en direct. La production est beaucoup plus léchée. Même la finale sera enregistrée, parce que le public ne sera pas invité à voter pour ses danseurs préférés. La danse est un art trop complexe et précis pour qu’on laisse la décision finale au feeling du public. Les candidats jouent gros parce que le gagnant remportera 100000$ à la 11e et dernière émission.

La production a voulu s’assurer que le français soit bien présent dans les chansons choisies par les danseurs. Mais c’est sûr que vous entendrez de l’anglais, comme The Show Must Go On de Céline Dion. La claquette ne vous dit rien? Attendez de voir le jeune Mathieu s’exécuter sur la pièce dance How Deep is Your Love de Calvin Harris & Disciples, vous n’aurez jamais rien vu de tel.

Depuis trois ans qu’ils y travaillent, Québecor Contenu et Fair-Play ont conçu ce format expressément pour le vendre à l’étranger. Ils souhaitent rien de moins que de conquérir le monde avec leur système de caméras 360, et tenteront de convaincre les producteurs et diffuseurs au prochain Mipcom à Cannes.

***

LES GÉMEAUX EN HAUSSE

Le Gala des prix Gémeaux défie la tendance et voit son auditoire augmenter d’année en année. Dimanche, 1291000 téléspectateurs ont regardé la soirée animée par Jean-Philippe Wauthier sur ICI Radio-Canada Télé, comparativement à 1065000 en 2016 et 1 140000 en 2017. Coanimé par Claudine Prévost et Herby Moreau, le tapis rouge a aussi connu une légère hausse, suivi par 796000 curieux, comparativement à 736000 l’an dernier. L’après-gala a quant à lui suscité moins d’intérêt, vu par 164000 téléspectateurs, alors que 213000 étaient au rendez-vous en 2017.

Richard Therrien

Gémeaux: effets pervers d’une paix fragile

CHRONIQUE / Attendez-vous à ce qu’il soit question de l’absence d’Éric Salvail aux Gémeaux dimanche. Animateur en solo de la soirée, Jean-Philippe Wauthier pourrait difficilement faire comme si de rien n’était. L’an dernier, dans un numéro de présentation, il avait prédit à la blague que Salvail en était à son dernier gala. Il n’aurait jamais pu si bien dire.

Je suis curieux de voir comment Wauthier saura se débrouiller, maintenant seul. C’est toujours entouré qu’il a animé La soirée est (encore) jeune, Deux hommes en or, Le beau dimanche. Et Salvail y était pour beaucoup dans la réussite des deux galas qu’ils ont coanimés. Mais il n’y a pas de secret: les bons textes font toute la différence. Avec de bonnes lignes, il risque d’être bon. Avec des textes pauvres, ce sera plus laborieux.

RICHARD THERRIEN

Le débat des chefs poursuit sa chute

BLOGUE / Le grand débat des chefs connaît une nouvelle baisse d'auditoire: 638 000 téléspectateurs l'ont regardé jeudi soir sur ICI Radio-Canada Télé, comparativement à 830 000 en 2014. ICI RDI a quant à elle retenu 163 000 téléspectateurs, alors que 326 000 avait choisi cette chaîne il y a quatre ans.

Télé-Québec est restée stable, retenant pour sa part 124 000 téléspectateurs, comparativement à 123 000 en 2014, alors que V, qui présentait le débat pour la première fois, n'en a rallié que 71 000.

Le débat des chefs provincial connaît une baisse constante d'auditoire, du moins à la télévision. De 1 986 000 en 2008 – le débat était encore diffusé à TVA et LCN –, le nombre de téléspectateurs a chuté à 1 623 000 en 2012, à 1 282 000 en 2014, puis à 996 000 jeudi soir.

L'histoire ne dit pas combien d'électeurs ont choisi de regarder l'échange sur le web, ce qui pourrait expliquer en partie cette diminution.

Pendant ce temps, 369 000 téléspectateurs ont préféré regarder Ninja Warrior: le parcours ultime à TVA.

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.

Télé et radio

«Clash»: fraîcheur et nouveaux visages

CHRONIQUE / Comment se relever d’un grave accident qui nous laisse de lourdes séquelles? Quatre jeunes autour de la vingtaine l’apprendront à la dure dans la nouvelle quotidienne «Clash», signée Martine D’Anjou et produite par Fabienne Larouche et Michel Trudeau. Quarante-huit épisodes totalisent la première saison, un défi pour VRAK, qui souhaite fidéliser son public de jeunes adultes.

L’action se situe en grande partie dans un centre de réadaptation pour patients ayant subi de graves traumatismes. Deux coéquipiers de soccer sont en fauteuil roulant après un accident de voiture, qui transportait aussi la blonde de l’un d’eux, sortie indemne. On passera la première partie de la saison à en apprendre au compte-gouttes sur ce qui s’est vraiment passé le soir où Robin (Alexandre Nachi) a perdu la maîtrise du véhicule et heurté une autre voiture, laissant son ami Christophe (Alex Godbout) handicapé comme lui. Dans le déni, celui-ci s’obstine néanmoins à s’inscrire à un camp d’entraînement de soccer, n’écoutant personne autour de lui.

Télé et radio

Fini le «trash» à V

CHRONIQUE / Nouveau logo, nouvel habillage, et finie la vulgarité gratuite chez V, qui fêtera ses 10 ans l’an prochain. Depuis aujourd’hui, V devient une marque plus rassembleuse, mais conserve quand même son nom et son audace. «V a été un mauvais garnement, et maintenant, on s’assagit un peu», précise la vice-présidente contenu, Brigitte Vincent, affichant le nouveau logo, beaucoup moins stylisé que l’ancien, et maintenant orange plutôt que jaune.

C’est pour rassurer les annonceurs, qui ne voulaient plus s’associer à des titres comme Célibataires et nus, que le diffuseur a souhaité se donner cette nouvelle image. On a donc sollicité l’industrie au printemps dernier pour qu’on lui soumette de nouveaux projets audacieux, à l’image de la nouvelle vocation de l’antenne. Jeunesse, énergie et vitalité devaient émaner de ces concepts novateurs.

La nouvelle programmation commence lundi, une semaine après les autres grands réseaux. Occupation double Grèce commence toutefois le dimanche 30 septembre à 18h30, avec un tapis rouge beaucoup plus glamour que celui de l’an dernier, qui manquait résolument d’envergure, de l’aveu même de l’équipe. Jay Du Temple revient à l’animation de la quotidienne, alors que Nicolas Ouellet arrive à OD+ en direct, à MusiquePlus. Au fait, les participants d’OD seront désormais liés par un contrat d’exclusivité avec le diffuseur, même une fois la saison terminée, de sorte qu’ils devront obtenir une autorisation s’ils veulent travailler pour la concurrence. On ne veut sans doute plus voir un nom comme Sansdrick partir faire de la déco à Canal Vie.

Dans le 5 à 7, La guerre des clans reprend lundi à 17h30 avec un nouvel animateur, Jean-François Breau, un nouveau décor, mais toujours le même jeu et des spéciales vedettes. Puis, Un souper presque parfait reprend sa case de 18h avec la même formule. C’est de 19h30 à 21h qu’on observe les plus gros changements avec cinq nouvelles productions originales. Le lundi, la soirée débute avec Vendeurs de rêve, sur de jeunes courtiers immobiliers spécialisés dans les propriétés de luxe. À 20h, Isabelle Racicot anime Je suis chef, qui permettra à des cuisiniers amateurs de se mesurer à des chefs réputés. On leur imposera entre autres «l’ingrédient rebelle», qu’ils devront inclure à leurs recettes.

Dans Moment décisif, le mercredi à 19h30, des participants auront 90 secondes, le temps d’un trajet en ascenseur, pour convaincre des entrepreneurs de les engager, sous l’œil attentif de Kim Rusk et de l’ancien dragon Serge Beauchemin. Je suis très curieux de voir Ne jamais faire à la maison, le mercredi à 20h, de la même équipe que Génial! à Télé-Québec. Marie Soleil Dion et Jonathan Roberge y testeront des trucs qu’il ne faut surtout pas répéter à la maison. Qu’est-ce qui arrive quand on lance un séchoir dans une baignoire remplie d’eau? Ou qu’on dépose une boîte de conserve sur un rond de poêle? Je ne donne pas cher de la maison qu’ils occupent pour le tournage, et qui explose de partout.

Avec Bootcamp: le parcours extrême, le jeudi à 20h, on est loin des épreuves d’hébertisme au camp de vacances. Émily Bégin et Étienne Boulay soumettent les 12 duos de candidats à des défis physiques éprouvants. Curieux de voir si l’émission souffrira des comparaisons avec Ninja Warrior. Les vendredis font la loi sont de retour dès 19h, avec la dernière saison de L’arbitre, «dont on a fait le tour», croit Brigitte Vincent. On enchaîne à 20h avec l’excellent docuréalité Huissiers.

Pour donner plus de cohérence à la grille, on consacre la case de 21h aux séries américaines. Deux nouveautés proviennent de CBS: Seal Team: cœur et courage le mercredi, avec David Boreanaz et Jessica Paré, et Tous contre le crime le vendredi, avec Jeremy Piven. V a aussi acheté Les jeux fous d’Ellen, version française de Ellen’s Game of Games, le mardi à 20h, et The Amazing Race: défis autour du monde, le jeudi à 19h.

De retour à 22h, Le show de Rousseau passe de 60 à 45 minutes. On veut resserrer le concept pour lui donner plus de rythme. Sonia Cordeau n’y est plus, mais la famille Ouellet est de retour en musique. L’ouverture de lundi, toute en rap, réunit les vedettes de l’antenne. J’ai aimé au point de vouloir la réécouter en boucle.

Le dimanche à 10h, RPM, en provenance de Québec, célèbre son 20e anniversaire. On garde pour l’hiver deux nouveautés, Phil s’invite, avec Phil Roy, et Maître du chantier, avec Patrick Groulx, et de nouveaux docuréalités, qui seront dévoilés plus tard. Et oui, il y aura une septième saison de L’amour est dans le pré. Qu’arrive-t-il de Taxi payant? Après un dernier sursaut l’hiver dernier, le jeu d’Alexandre Barrette est définitivement abandonné par la chaîne, qui souhaitait ajouter plus de nouveauté à sa grille. Vous en verrez des reprises cet automne.

V, qui ne s’identifie plus comme un télédiffuseur mais comme un diffuseur de contenus, veut rejoindre le public peu importe la plateforme. On cible un public de 35 à 44 ans, davantage féminin, «parce que les femmes consomment plus que les hommes». Après avoir revampé MAX, anciennement MusiMax, Groupe V Média réfléchit actuellement à l’avenir de MusiquePlus, qui adoptera aussi une nouvelle identité dans un an. On s’en reparlera.

***

Chroniques

«Faits divers» chez les nudistes

CHRONIQUE / J’avais adoré la première saison de «Faits divers», mais je sens que je vais aimer encore plus la deuxième. Une histoire qui mêle meurtre sordide, mafia italienne, camp de nudistes et juifs hassidiques. Du solide boulot pour Constance Forest (Isabelle Blais) et toute son équipe du bureau régional de Mascouche.

L’action se transporte donc dans un camping naturiste, tenu par un couple original, joué par Luc Senay et Chantal Baril, qu’on avait très peu vue depuis Km/h, mais qui fait beaucoup de doublage. Les deux courageux comédiens se montrent souvent dans leur plus simple appareil. Bien qu’on voie souvent les seins de Chantal Baril, la caméra ne montre pas tout, juste assez. Quoique j’ai vu plus de pénis dans un seul épisode de Faits divers que dans deux saisons de Cheval-Serpent!

C’est un réel fait divers, la découverte de trois cadavres dans un camping naturiste de Sainte-Brigitte-des-Saults en 2017, qui a donné cette idée à l’auteure. La productrice Sophie Deschênes chez Sovimage raconte qu’elle a dû changer le lieu de tournage de ces scènes, en raison des tiques, qui auraient pu incommoder sérieusement les acteurs. Les risques du métier vont parfois très loin.

La deuxième saison se déroule un an après la première. Bien qu’on change complètement d’enquête, on retrouve nos deux enquêteurs principaux, Constance et Fred (Émile Proulx-Cloutier), qui vivent désormais sous le même toit, avec toute la famille. Guy Nadon est toujours formidable dans le rôle du père de Constance, qui arbore le kilt lorsqu’il fréquente le camp de nudistes. Constance est toujours appuyée par son fidèle partenaire, Jonas (Maxime Mailloux).

Nous connaissions Sylvain Lauzon (Patrick Hivon), l’ex de Constance, nous connaîtrons maintenant sa famille, qui fraie dans des affaires pas trop catholiques. D’abord, son père Maurice (Roger Léger), propriétaire d’un concessionnaire de voitures usagées. Puis, sa sœur Rachelle (Rachel Graton), qui compte prendre la relève de son père à sa retraite. Or, tout tourne au vinaigre quand Maurice désigne plutôt Jimmy (Alexandre Goyette), le chum de l’autre sœur de Sylvain.

Pour des raisons que vous découvrirez, la mafia sera impliquée dans l’enquête à venir. Parce que Rachelle n’aime pas beaucoup que Tony Cozzolino (Tony Calabretta), chef de la mafia italienne des Laurentides, empiète sur ses plates-bandes. Beaucoup de nouveaux visages dans le clan italien, dont celui de Roman Pagliaro, oui, oui, le fils de Michel Pagliaro, qui forme un duo d’hommes de main pas très futés avec Virgil Serban, les Orsini. Et vous verrez Claudia Ferri, sortie de Lietteville l’an dernier, dans le rôle de leur sœur.

Et pour ajouter à la diversité, on a affaire à une communauté de juifs hassidiques, mécontents de voir des nudistes se promener dans le voisinage. Encore plus de devoir répondre aux questions des enquêteurs – et surtout des enquêteuses! – sur une affaire de meurtre sordide en plein restaurant, la trame principale de cette deuxième saison.

Cette seconde saison, qui commence ce soir (mardi) à 21h, est encore meilleure que la première. Ceux qui étaient rebutés par l’ambiance glauque et le rythme lent rappelant Fargo préféreront aussi ce nouvel opus. Ça bouge plus, on rit énormément même si on parle de meurtres, et les textes de Joanne Arseneau sont savoureux. Même Stéphane Lapointe a vivifié sa réalisation et aime surprendre le téléspectateur. Tous les acteurs sont bons, mais j’ai un faible pour Rachel Graton, très différente de son rôle de Laurence dans Les Simone, et Alexandre Goyette, impayable en beau-frère innocent.

Vous n’avez pas besoin d’avoir vu la première saison pour apprécier la deuxième, puisqu’il ne s’agit pas vraiment d’une suite. D’ailleurs, ne comptez pas sur le retour de Mike Pratt et de l’avocate au congélateur, Anne Dupuis, qu’on imagine derrière les barreaux. Réjouissons-nous: une troisième saison est en préparation.

***

Chefs, dragons et squelettes de retour

Les émissions Les chefs! et Dans l’œil du dragon seront de retour au printemps prochain sur ICI Radio-Canada Télé. L’immortel jeu Des squelettes dans le placard, qui a célébré cet été sa 1000e émission, a quant à lui obtenu son passeport pour une 14e saison l’an prochain. Radio-Canada n’a toutefois pas encore confirmé le retour des talk-shows Les échangistes et Le beau dimanche, mais il est encore bien tôt.

***

Isabelle Richer quitte Enquête

La journaliste Isabelle Richer quitte l’émission Enquête, qu’elle coanimait depuis trois saisons avec Marie-Maude Denis. Elle conserve sa quotidienne de 11h30 sur ICI RDI, en plus d’occuper désormais les fonctions d’analyste judiciaire dans les bulletins de l’antenne. Dans un communiqué, Radio-Canada explique que la décision a été prise d’un commun accord avec la journaliste, qui dit «manquer de temps». Marie-Maude Denis reprendra quant à elle l’animation d’Enquête en solo, le jeudi 20 septembre à 21h, sur ICI Radio-Canada Télé.

Télé et radio

Un héritage bien vivant

Avec les décès de Lise Payette et de Gilles Pelletier, la télé perd deux monuments qui ont fait longtemps partie du quotidien des Québécois. La première, toujours avec l’intention d’être une voix forte pour les femmes; le second, avec l’image d’un grand sage, capable de s’imprégner totalement de ses personnages. Tous deux, ils ont rêvé de l’indépendance du Québec.

Lise Payette avait l’étoffe d’une grande intervieweuse. Diffusé de 1972 à 1975, Appelez-moi Lise reste parmi les talk-shows les plus populaires de l’histoire de la télé, faisant école. Pensez-y : l’émission était diffusée de 23h à minuit à Radio-Canada et restait incontournable, même à cette heure tardive. Personne ne réussirait un tel exploit de nos jours. TVA avait eu l’idée saugrenue de lui opposer un talk-show avec Réal Giguère et Dominique Michel, Altitude 755, mais ce fut un échec.

Télé et radio

«Ruptures»: Ariane sous haute tension

CHRONIQUE / Je me disais qu’elle ne pourrait tenir à ce rythme encore longtemps. Eh bien, Sainte-Ariane Beaumont va craquer cette saison. Un quatrième chapitre de «Ruptures», ma série préférée d’entre toutes, commence sous haute tension, dans la nouvelle case horaire du lundi à 21h, dès le 10 septembre.

Rappelez-vous la finale au printemps, quand ce père fou furieux joué par David Savard a menacé de tout faire sauter, briquet à la main, serrant contre lui l’enfant qui n’est finalement pas le sien. On reprend là où on avait laissé, avec une Ariane (Mélissa Désormeaux-Poulin) complètement paniquée, incapable de raisonner son client. Dose intense de stress dans ce premier épisode, dont notre avocate préférée sortira vidée.

Le drame agit comme un véritable électrochoc sur Ariane, qui voit rejaillir des souvenirs du meurtre de son père. La santé ne suit plus et le diagnostic tombe : elle fait de la pression artérielle. Parce que, oui, elle a des failles. Au point d’être incapable de reprendre le boulot après la prise d’otages, dont je tairai bien sûr l’issue. Entre en scène un nouveau personnage joué par Vincent Leclerc (Séraphin), Me Marc Dalpé, qui prendra le relais à moitié durant sa convalescence. Un être charismatique, qu’elle a connu à l’université, sur qui elle pourra compter, en plus de sa fidèle employée Gabrielle (Dominique Laniel). Mais vous savez bien qu’Ariane ne pourra jamais quitter complètement. À ses risques et périls.

Marie Rousseau (Catherine Trudeau), elle, est dans sa meilleure forme. Vous assisterez à une querelle épique entre Ariane et elle, un échange au cours duquel elles se diront leurs quatre vérités. Et ça fera mal. Hélas, on n’est pas près de voir Claude (Isabel Richer) plaider à nouveau de sitôt. En cure de désintoxication, elle tente de se reconstruire, pendant que l’infâme Jean-Luc de Vries (Normand D’Amour) rêve d’obtenir sa vengeance contre elle. Claude pourrait aussi avoir à ses trousses le truculent détective Alain Grimard (Serge Postigo), qui n’a toujours pas pris d’avoir été berné par elle.

Une des premières causes de droit familial abordées dans la série concerne une femme dont le conjoint, un homme marié, n’a pas donné signe de vie depuis des mois. Brigitte Paquette, qu’on voit trop peu à notre écran, jouera un rôle important dans cette intrigue. On abordera l’histoire d’un enfant transgenre avec Émilie Bibeau et Gabriel Sabourin, alors que Salomé Corbo et Guy Nadon seront d’une autre intrigue.

Sachez que l’histoire entourant l’épouse d’Antoine (Guillaume Lemay-Thivierge) se conclura cette saison. Ça ne veut pas dire pour autant qu’Ariane et lui pourront enfin vivre leur amour. Au fait, Étienne (Vincent-Guillaume Otis), son ex, refera surface et pourrait brouiller les cartes. On saura tout également de l’enquête sur la mort du père d’Ariane, et sur ce que cache Mireille (Sylvie Léonard) à ses enfants. Une cinquième saison est en développement. La directrice générale de la télévision de Radio-Canada, Dominique Chaloult, souligne que la série a conservé sensiblement le même auditoire, malgré ses changements d’horaire. La saison dernière, 943 000 fidèles étaient au rendez-vous.

L’arrivée du talentueux Rafaël Ouellet (Nouvelle adresse, Fatale-Station) à la réalisation pour prendre la relève de François Bouvier donne un nouvel élan à la série, plus soignée. Aux textes, Isabelle Pelletier, Daniel Thibeault et François Camirand font encore un travail remarquable. Il est absolument incroyable que Mélissa Désormeaux-Poulin et Isabel Richer ne soient pas en nomination aux Gémeaux pour leur interprétation, avec le talent qu’elles ont. David Savard récolte la seule nomination de la série, méritée, pour son rôle de soutien.