Bien servi par des musiciens précis et une sono impeccable, Vincent Roberge, alias Les Louanges, a distillé un bon groove dans l’enceinte de L’Anglicane.

Retrouvailles groovy

Il y a de ces soirées où la magie opère sur scène comme dans la salle. Celle de jeudi à L’Anglicane en était une de ce genre, alors que le Lévisien Vincent Roberge, alias Les Louanges, a pu célébrer en famille et entre amis la parution de son premier album complet.

«J’ai fait un lancement à Québec et j’ai dit que j’étais content d’être à la maison. Mais là, je ne pourrais pas être plus à la maison. J’ai grandi à cinq minutes à pied d’ici», a lancé l’auteur-compositeur-interprète de 23 ans, qui n’a pas manqué de souligner quelques souvenirs nés en ces lieux. Comme les spectacles qu’il a vus, cette fois où il avait loué la salle avec son groupe parce qu’ils étaient trop jeunes pour jouer dans les bars ou cette autre où il avait couru chercher sa guitare pour la faire autographier par Vincent Vallières. «Bref, ti-cul Vince est content d’être là», a-t-il précisé.

Sous la bannière Les Louanges, le musicien a fait paraître en septembre La nuit est une panthère, très réussi premier album complet sur lequel il s’est amusé à métisser des influences puisées dans le jazz, le R&B, le rap et la chanson québécoise. Le résultat, probant sur disque, a réussi avec brio l’épreuve des planches, jeudi. Bien servi par des musiciens précis et une sono impeccable, Les Louanges a distillé un bon groove dans l’enceinte de L’Anglicane, à grand renfort de basse profonde, de synthés agiles et de sax expert, gracieuseté de Félix Petit, qui a coréalisé l’album.

Aplomb

Tuque orange vissée sur la tête, celui qui vient d’être sacré Révélation de l’année au Gala alternatif de la musique indépendante du Québec (GAMIQ) et qui s’envolera dans quelques jours vers l’Europe a mené son monde avec beaucoup d’aplomb. Heureux d’entendre le public reprendre en chœur La nuit est une panthère, il y est allé d’un rigolo : «Vous êtes bons! Je vais vous laisser faire le show, rendu là. Faut que je m’économise pour la France!»

Ciblant plusieurs de ses connaissances dans le public, il avait plus tôt en soirée observé que son spectacle, «c’est comme Les retrouvailles avec Claire Lamarche». Il ne savait mieux dire… Quelques minutes plus tard, le tout s’est concrétisé sur scène : un segment qui devait être livré «juste vous et moi, corps contre corps» est devenu une réunion improvisée de vieux complices, alors que deux camarades avec qui Vincent Roberge jouait au collège ont repris du service. Moment sympa s’il en est un!

Ancien musicien de rue dans le Vieux-Québec, Roberge nous confiait en entrevue en septembre qu’il avait souvent couru pour attraper le bateau pour rejoindre la rive nord. Heure de tombée et horaire de traversier obligent, la représentante du Soleil a dû faire comme lui et se sauver avant la fin de ces retrouvailles groovy. Dommage, parce que la fête ne semblait pas vouloir s’essouffler...