À en juger par le plaisir des uns et des autres, le retour sur scène de Mes Aïeux après une pause de six ans a donné lieu à un beau party.

Retrouvailles festives pour Mes Aïeux au FEQ [VIDÉOS]

CRITIQUE / Même après une absence de six ans, le groupe Mes Aïeux n’a rien perdu de son talent pour brasser le canayen de leur monde et faire lever le party. La preuve en a été donnée, dimanche soir, devant une très bonne foule réunie à Place George-V pour cette réunification des plus réussies.

Heureux de renouer avec la beauté de Québec, et relevant le paradoxe de jouer devant un drapeau canadien — «Ça fait bizarre...», dixit Stéphane Archambault — les sept joyeux complices, nationalistes devant l’éternel et habillés de leurs plus beaux habits bleu poudre, ont livré un concert pop rock folklorique qui s’est fait de plus en plus festif au fil de la soirée.

L’interprétation d’un de leurs grands succès, Le déni de l’évidence, a particulièrement été appréciée de la foule qui s’est rapidement mise au même diapason que leurs idoles retrouvées. Les festivaliers ont été mis à contribution à quelques reprises. Pour la loufoque Hommage en grain, séparée en trois sections, ils ont été sollicités pour réagir selon qu’ils avaient été classés dans la catégorie patates, sauce brune ou fromage...

Les lumières de centaines de cellulaires ont eu le plus bel effet pour l’interprétation des Oies sauvages, avant que le très beau Repos du guerrier donne lieu à des envolées de saxophone chaudement applaudies.

Pour Ton père est un croche, Archambault n’a pas manqué de rappeler à la jeune génération qu’à l’époque pré-SQDC, il fallait faire appel aux services «de gredins, de malfrats et d’ostrogoths» afin de pouvoir fumer un pétard. Aujourd’hui, ces vendeurs louches passent pour des «visionnaires»...

La soirée s’est terminée en force avec les incontournables Remède miracle et Dégénérations qui ont semé la frénésie dans l’assistance.

En rappel, Le reel du fossé, Notre-Dame-du-Bon-Conseil — une invitation à prendre les routes du Québec — et l’une de premières compositions du groupe, 2096, ont mis la dernière touche à ce concert retrouvailles qui, à en juger par le plaisir des uns et des autres, connaîtra sûrement des lendemains qui chantent. 

Andréanne A. Malette

Révélée à Star Académie en 2012, l’auteure-compositrice-interprète Andréanne A. Mallette a connu en milieu de soirée son baptême du Festival d’été où elle «rêvait de jouer depuis longtemps». La jeune chanteuse et guitariste, très à l’aise avec le public, a surtout déballé des pièces de son second album éponyme dont elle a assuré la coréalisation et la production, a-t-elle indiqué avec fierté. 

Plusieurs de ses chansons, entraînantes à souhait pour la plupart, ont fait mouche. On pense à la rigolote Les cons, à Si tu savais (de Marie-Pierre Arthur) et au très réussi «mash up» California Dreaming (Mamas & The Papas) et Somebody I Used to Know (Gotye).

C’est avec son grand succès Fou qu’elle a fermé son tour de chant. À n’en pas douter, grâce à sa passion, la jeune artiste a recruté plusieurs nouveaux admirateurs.

Joseph Edgar

Originaire de Moncton, Joseph Edgar, qui roule sa bosse depuis une quinzaine d’années, avait reçu le mandat d’ouvrir cette dernière soirée à la nouvelle Place George-V. Le musicien à l’accent chantant de son coin de pays a décliné devant une foule clairsemée quelques pièces d’un répertoire folk rock comptant six albums.

Feutre noir orné d’une fleur rouge et veston à paillettes dorées, ce grand défenseur de la culture acadienne a montré toute la mesure de son talent dans la dernière portion de sa prestation avec Espionne russe, Voilà notre cas et l’énergique Pont MacKay.