Actif depuis 35 ans, Voivod ne ralentit pas, continuant à donner de nombreux concerts des deux côtés de l'Atlantique.

Retour de balancier pour Voivod

En 35 ans d'activités, Voivod n'a pas toujours eu la vie facile. Le groupe thrash metal a même failli s'éteindre au lendemain de la disparition du guitariste Denis D'Amour, en 2005, mais aujourd'hui, il a le vent dans les voiles avec une série de concerts des deux côtés de l'Atlantique, des rééditions et un nouvel album sur le feu.
«Ça va bien, notre affaire!» lance le batteur et membre fondateur Michel Langevin, un sourire dans la voix. Après un passage sur l'importante scène du festival Sweden Rock, Voivod s'est promené en Hollande, en Belgique, en Allemagne et en Angleterre, là où Langevin a pris le temps de s'entretenir avec Le Soleil.
«C'est impressionnant comment on voit notre public d'il y a 30 ans, mais aussi trois et quatre générations qui se sont ajoutées, observe-t-il. Le thrash métal est comme revenu à la mode, les 10 dernières années, ça se porte vraiment bien, il y a beaucoup de jeunes dans nos spectacles, qui essaient de ressembler à ce qu'on ressemblait dans les années 80, avec des patchs métal partout!»
Climats social et politique
Voivod, qui a déjà eu dans ses rangs le bassiste Jason Newsted, semblait un choix évident pour partager la scène avec Metallica, sur les plaines d'Abraham, le 14 juillet. Au fil des ans, les deux groupes se sont croisés régulièrement. Et comme l'observe Michel Langevin, la popularité soutenue de Metallica rejaillit sur l'ensemble du genre.
Il y a également d'autres éléments qui peuvent expliquer la recrudescence du thrash metal. Celui qui porte le surnom d'«Away» note qu'il y a des parallèles entre les climats sociaux et politiques actuels et ceux qui avaient cours dans les débuts de Voivod, dans les années 80.
«Il y a 30 ans, les bands de thrash metal parlaient beaucoup de la destruction de la planète, donc c'est encore pertinent, même si on parlait de Tchernobyl et de la couche d'ozone dans le temps, là c'est Fukushima et le réchauffement climatique. C'est un cauchemar qui continue et se perpétue et je pense que c'est à cause de ça que les gens connectent encore. Et dans le temps de la Guerre froide, où on a démarré, on parlait beaucoup du nucléaire et c'est vraiment revenu dans les nouvelles, avec l'Iran, la Corée, dans les dernières années...»
Album pour 2018
La formation actuelle de Voivod, qui réunit, outre Langevin, le chanteur Denis «Snake» Bélanger, le guitariste Dan «Chewy» Mongrain et le bassiste Dominique «Rocky» Laroche, a développé une solide cohésion. Devant l'accueil réservé au EP Post Society, les quatre complices ont décidé d'enregistrer un nouvel album. Le quatuor doit prendre la route des studios après son passage au Festival d'été, au mois d'août, avant de retourner en Europe, cette fois du côté est, pour une autre série de concerts.
«Musicalement, on a presque fini, indique Langevin. Sur neuf pièces, il y en a six de complétées. En général, ce sont des longues pièces progressives de 7, 8 minutes. Et on a parlé d'en écrire de plus courtes, plus rock, pour bien mélanger. En général c'est du thrash metal assez progressif.»
Parallèlement au nouvel album, qui devrait sortir début 2018, le reste de la discographie de Voivod se porte bien. Le band a même vu ses trois albums publiés chez Noise être réédités en vinyle.
Fait intéressant, le passage de Voivod à Québec ne s'est pas fait que dans une approche thrash metal post apocalyptique, puisque les gars ont fait une apparition dans le concert de Lisa Leblanc, sans compter que Langevin a joué avec Aut' Chose.
Mais qu'importe le contexte, les musiciens veulent toujours arriver en pleine maîtrise de leur art. 
«On travaille fort et c'est vraiment précis notre affaire. Parce que c'est du métal assez technique et il faut que ce soit bien exécuté. Je dirais que depuis le 8 ou 9e show [de notre tournée] ça rentre au poste, comme on dit!»
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Away, Snake, Chewy et les autres
Quand les membres de Voivod se sont réunis à Jonquière, au début des années 80, ils ont rapidement réalisé que des noms comme Jean-Yves Thériault, Denis Bélanger, Michel Langevin et Denis D'amour n'étaient peut-être pas leur meilleur passeport de visite pour le marché international. Ils ont donc opté pour des surnoms anglophones. Au fil des ans, il y a eu quelques remaniements au sein du groupe, mais la tradition des surnoms est demeurée. «On cherchait des surnoms qui représenteraient chacun de nous et qui seraient faciles à se rappeler. C'était beaucoup influencé par les Ramones et Venom, qui avaient des noms sataniques. On s'est donné des noms plus comiques et ç'a marché, les gens ont accroché là-dessus!»
Le bassiste Dominique Laroche avait déjà le surnom «Rock»; il est rapidement devenu Rocky. Le guitariste Dan Mongrain est pour sa part un grand fan de Star Wars et plus précisément de Chewbacca, il est donc devenu Chewy. Le chanteur a été rebaptisé Snake à la suite d'une de ses performances en improvisation, lorsqu'il était encore à Jonquière et qu'il se produisait avec la bande du groupe Sanguin. 
«Away, c'est pas moi qui a choisi ce nom-là, raconte Michel Langevin. C'est les gars qui m'ont appelé comme ça, à cause de mes dessins et parce que des fois je n'arrivais pas du tout aux pratiques parce que j'avais trop de devoirs!» 
Le seul membre qui n'a jamais aimé son surnom? Denis Piggy D'amour. «Je ne me souviens pas qui a trouvé son surnom, mais il ne l'a jamais aimé. À un moment donné, il a dit "je ne veux plus que vous m'appeliez Piggy!" On lui a dit "ok Piggy!"»
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Vous voulez y aller?
Qui : Voivod
Quand : 14 juillet à 20h
Où : Plaines d'Abraham
Accès :  laissez-passer