Simon Guénard, Frédérick Desroches, Simon Lachance, Martin Plante et Éric Blanchard, du groupe Raton Lover, lancent vendredi leur deuxième album, Le sens du vent.  

Raton Lover: du sérieux et du givré

Un côté plus givré, un côté plus sérieux. Avec son deuxième album, Le sens du vent, le groupe de Québec Raton Lover polarise ses énergies dans une pop-rock teintée d'influences sixties, d'élans progressifs et d'un esprit de communauté forgé tant sur les planches que sur la route.
Depuis la parution de son premier album, à l'automne 2014, Raton Lover n'a pas boudé les kilomètres à parcourir pour aller courtiser son public. Pour le groupe, qui a installé son quartier général à Charlesbourg, c'est pratiquement un engagement. «On est un band de shows, on prend la route et on va à la rencontre du monde. Et on y va coûte que coûte. Chacun des membres est vraiment impliqué dans le projet. C'est très motivant», confirme le chanteur et parolier Simon Lachance. «L'été dernier, on a passé 45 jours les cinq gars ensemble sur la route, reprend-il. Ça nous a permis de roder l'album en spectacles.»
Ledit album, Le sens du vent, dans les bacs vendredi, est donc en partie né dans une camionnette de tournée. Et c'est ce qui explique, selon son auteur, les deux visages qu'il montre, entre la légèreté de l'extrait Frencher des Françaises et le côté plus grave des titres qui se déploient en fin de parcours, davantage teintés d'épreuves, de trahisons et de coeurs brisés. 
«Les chansons écrites sur la route sont souvent plus légères ou autobiographiques, évoque Lachance. Celles écrites hors tournée et hors contexte du groupe, elles sont souvent plus deep. On sent les deux influences. Et étant donné qu'on souhaite faire un vinyle, on a placé les pièces de sorte que les chansons plus légères se retrouvent sur la première face et que la face B soit un peu plus introspective.»
Les hasards et Placard
Depuis sa formation, le hasard a souvent souri à Raton Lover. Même le clin d'oeil un brin irrévérencieux accolé à son logo (où le raton semble brandir un doigt d'honneur) serait selon Simon Lachance dû à un léger accident avec le pochoir signé MC Grou... et que le groupe a finalement souhaité conserver. 
Le premier album de Raton Lover avait été réalisé par Éric Blanchard, désormais membre à part entière du groupe. La formation s'est donc tournée vers le chevronné Dany Placard pour mettre sa griffe sur ses nouvelles créations. Et là encore, le hasard a bien fait les choses pour le quintette. 
La rencontre avec le musicien saguenéen, Simon Lachance en parle comme d'une «scène de film». Il y a d'abord eu cette chanson de Placard entendue dans la camionnette, alors que les Ratons se rendaient à Montréal pour assister à un concert de Wilco. Puis cette envie folle d'un café exprimée par le guitariste Éric Blanchard en arrivant à la salle de spectacles. 
«On n'a pas trouvé de café au bar, mais on a trouvé Dany Placard!» rigole Simon Lachance. Quelques semaines plus tard, une virée à la FrancoFête en Acadie a remis Dany Placard sur leur chemin. Le sort en était jeté pour cette nouvelle collaboration en studio.
«On voulait que ce soit le plus live possible, décrit Simon Lachance. Comme on est un band de scène, on a voulu rendre hommage à ça le plus possible. Dany Placard, c'est un disciple du live et d'un son pur qui ne sera pas nécessairement transformé à l'ordinateur. On avait un bon réalisateur avec lui.»
En famille
Dans la création des chansons, l'organisation de tournées ou la gestion du groupe lui-même, Simon Lachance décrit Raton Lover comme une famille. Rien de moins. «Il y a toute une philosophie derrière ça qui est plus grande que juste les cinq gars du band ou la musique qu'on fait, indique-t-il. On a des forces différentes, on a chacun notre rôle à jouer dans cette communauté. Et bien qu'on ne se considère pas tant comme un groupe engagé, on est de ceux qui pensent que le changement vient à petite échelle. Le fait de travailler en famille, en communauté, de se serrer les coudes, ça fait aussi partie de notre approche artistique.» 
Dans cette optique, les gars de Raton Lover ont tenu à célébrer leur lancement d'album avec des artistes qu'ils ont côtoyés sur la route. Parmi les invités qui se joindront à eux mardi au District Saint-Joseph, Simon Lachance cite Éric Dion du duo gaspésien Dans l'shed, Antoine Lachance ou le Néo-Brunswickois Pierre Guitard. 
«Pour nous, l'Acadie, ç'a été un méchant trip, évoque-t-il. Je pense que c'est un endroit où on ressent très fort l'esprit de communauté...»