Un manifestant brandit une affiche portant l’inscription «Liberté pour Gnawi» en arabe et une photo du rappeur marocain devant le tribunal de Salé où l’artiste est jugé pour avoir insulté la police, lundi.

Rappeur condamné un an de prison pour insulte à la police au Maroc

SALÉ — Le rappeur marocain Gnawi, coauteur d’un titre polémique qui cumule 15 millions de vues sur YouTube, a été condamné lundi à un an de prison pour «outrage à fonctionnaire public».

«Je suis un artiste, mon boulot c’est de défendre mes droits et les droits du peuple, ce n’est pas la première fois que je subis une humiliation de la police. Depuis que je suis né, je ne cesse de subir des humiliations», a-t-il lancé pour sa défense devant le tribunal de Salé.

Selon son avocat, le rappeur de 31 ans est avant tout poursuivi pour son dernier titre, Vive le peuple («Aach al chaab», en dialecte marocain). La chanson reprend des slogans scandés dans les stades, dénonce «l’injustice» et «l’accaparement des richesses», en écho au malaise de la jeunesse marocaine.

Surtout, les paroles attaquent directement le roi, ce qui constitue, selon les médias locaux, un franchissement très net de ce qu’on appelle au Maroc les «lignes rouges».

Gnawi a cependant reconnu lors de l’audience avoir insulté la police dans une vidéo en direct sur son compte Instagram, en expliquant qu’il venait de «subir une humiliation» lors d’un contrôle policier.

Pour sa part, le représentant du parquet a brandi un CD du rappeur datant de 2014 avec un titre contenant des attaques contre la police, pour démontrer que l’accusé n’en était pas à sa première provocation.