Kirk Hammett, James Hetfield et les autres membres de Metallica ont a nouveau ravi les festivaliers sur les plaines d'Abraham, après un triomphe en 2011.

Québec est toujours Metallica

CRITIQUE / Les années filent, mais l'incroyable complicité qui unit Metallica à ses fans de Québec demeure intacte. On en a eu une autre preuve vendredi, alors que la troupe de métal a transformé les plaines d'Abraham en une mer de visages et de poings levés, pour la deuxième fois en six ans.
Le bassiste Robert Trujillo
Certes, Metallica revenait sur les lieux du crime, mais cette seconde visite au Festival d'été était différente de la précédente à bien des égards. En premier lieu, la météo était parfaite, c'est-à-dire du beau temps, mais pas de soleil cuisant, si bien que les festivaliers qui ont patienté ont eu la vie plus facile. Ensuite, l'entrée s'est faite de manière graduelle, par deux accès plutôt qu'un et le FEQ n'a jamais eu à fermer le site - pas de mécontents, donc. On pouvait d'ailleurs constater qu'il y avait une très belle ambiance dans une foule aussi dense.
Metallica s'est fait un peu attendre, se pointant avec une quinzaine de minutes de retard, si bien que le public criait son nom. Le quatuor lui a servi un concert de premier ordre côté performance et intéressant au plan visuel, sans pour autant sombrer dans les excès de poudre aux yeux.
Le traditionnel Ecstasy of Gold a retenti comme signal de départ, après quoi les Californiens ont fait rugir leur métal avec Hardwired, suivi de la mordante Atlas, Rise!. Rugir est bien le mot : c'était fort et l'ajout des cabinets de basse à l'avant-scène se ressentait physiquement de loin au point d'être parfois inconfortable (surtout lorsque Lars Ulrich, à la batterie, utilisait ses deux pédales de grosse caisse) ou de créer une fatigue d'écoute. On plaint ceux qui avaient oublié leurs bouchons... Mais ils vous diront sans doute que ça valait le coup!
«Metallica est reconnaissant d'être ici et de célébrer la vie avec de la musique live en compagnie de ses amis de Québec», a lancé le chanteur et guitariste James Hetfield.
Les festivaliers ont manifesté leur approbation de plus d'une façon, levant le poing, lançant des «hey» au rythme des pièces qui s'y prêtaient ou criant et applaudissant, bien sûr. Durant For Whom the Bell Tolls, qui était accompagnée d'un clip d'animation réussi, ils comblaient les vides qu'Hetfield laissait volontairement au chant.
James Hetfield
Le batteur Lars Ulrich, fidèle à lui-même, se levait quand il le jugeait bon et ses collègues, eux, allaient un peu partout sur la scène.
«C'est le temps d'aller à la maison?» a blagué le leader, alors qu'on n'était même pas à mi-parcours. Il a ensuite rassuré tout le monde que la troupe ne faisait que se réchauffer. Une Sad But True bien pesante est venue le démontrer. Tout de même, à ce point, Metallica avait déjà offert de bons moments. Le groupe avait en effet pris le temps de varier un peu les plaisirs, en se permettant une portion de percussions : quatre tambours géants sont apparus durant Now That We're Dead, offrant une intéressante interaction entre les quatre compères. Un peu plus loin, le guitariste Kirk Hammett, toujours friand de wah wah, s'est offert un jam avec le bassiste Robert Trujillo, qui arborait de longues tresses. Ce dernier a par la suite livré un solo, doublé d'images du défunt Cliff Burton.
Poids lourds
Mais Hetfield avait raison, Metallica ne faisait que se réchauffer : les poids lourds se sont mis à sortir durant la deuxième moitié de la soirée. L'intro de One, avec la pyrotechnie, était d'une grande efficacité, puis la pièce elle-même a été le long crescendo qu'on attendait, rehaussé de lasers et de projections.
Pour Master of Puppets, Hetfield n'aurait presque pas eu à chanter : tous les festivaliers ne pouvaient s'empêcher de faire son boulot!
Après toutes ces années de complicité, Metallica et Québec ont une histoire conjointe et le groupe s'est plu à la rappeler. Pendant Seek and Destroy, on pouvait voir le billet du tout premier spectacle que le groupe a donné en ville en 1985, à la salle Albert-Rousseau. Et comme cette histoire continue de s'écrire, Hetfield a laissé une caméra faire un gros plan de son pick de guitare, où l'on pouvait lire le nom de la ville.
La soirée s'est achevée sur l'incontournable Enter Sandman qui a été un feu d'artifice sur scène comme dans le ciel. Après quelque 2h15 de spectacle, la foule en aurait pris encore. Les musiciens ont alors défilé un à un micro, question de remercier la foule et de dire combien Metallica aimait Québec. Lars Ulrich a fermé les livres en rappelant qu'en 32 ans, le groupe avait joué partout en ville «et vous savez quoi? On ne fait que commencer!»
Communion vous dites? Certainement, une fois de plus.
Voivod
Voivod a amplement puisé dans son matériel des années 80 et 90, mais a aussi inséré quelques titres plus récents.
Pour Voivod aussi c'était un retour sur les Plaines, six ans après avoir mis la table pour Avenged Sevenfold. Les quatre musiciens sont apparus en bonne forme, prenant pleinement leur élan après deux ou trois pièces. Ils ont amplement puisé dans leur matériel des années 80 et 90, mais ont aussi inséré quelques titres plus récents. «J'appelle ça du métal à grande échelle, a lancé le chanteur Snake, embrassant l'immense foule du regard. C'est pas sorcier, le métal au Québec, c'est icitte que ça se passe, on va en profiter!» 
De fait, le groupe en a profité, balançant son métal technique et complexe avec fougue, au risque d'étourdir la foule. The Unknown Knows, de Nothing Face, de même que Fall sont parmi les bons coups de la troupe originaire de Jonquière.
Metalord
La formation de Québec Metalord avait l'honneur d'ouvrir la soirée Metallica sur les Plaines.
«On est venu ici ce soir pour vous botter l'cuuuuuul!» Le batteur de Metalord, André-Jacques Belley, pouvait difficilement être plus clair. La formation de Québec avait l'honneur d'ouvrir la soirée Metallica, vendredi, comme l'avait fait Dance Laury Dance, en 2011. Les gars ont rendu leur répertoire de manière efficace, savourant visiblement cette chance unique d'être sur la grande scène devant tant de monde - il fallait voir le bassiste Sébastien Maltais s'aventurer sur les côtés de la scène, tout sourire. Si la foule n'a pas suivi Metalord dans toutes les directions que le groupe a empruntées, les gars n'ont jamais baissé l'intensité et se sont bien tiré d'affaires.
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La liste des chansons de Metallica
1. Hardwired
2. Atlas, Rise!
3. For Whom The Bell Tolls
4. Fuel
5. The Unforgiven
6. Now That We're Dead
7. Moth Into Flame
8. Harvester of Sorrow
9. Welcome Home (Sanitarium)
10. Whiplash
11. Sad But True
12. One
13. 1Master of Puppets
14. Fade to Black
15. Seek & Destroy
16. Fight Fire With Fire
17. Nothing Else Matters
18. Enter Sandman