La pièce <em>Le dire de Di</em> a été présentée au Carrefour l'an dernier. 
La pièce <em>Le dire de Di</em> a été présentée au Carrefour l'an dernier. 

Programmation virtuelle pour le Carrefour de théâtre

N’eût été la COVID-19, le Carrefour international de théâtre devait être lancé ce jeudi. L’occasion aurait été belle de nous rassembler dans les salles de spectacles et aux abords de la rivière Saint-Charles, où le parcours Où tu vas quand tu dors en marchant…? devait reprendre vie. Pandémie oblige, ce sera partie remise. Mais l’organisation tenait quand même à marquer le coup en proposant à ses festivaliers une programmation virtuelle mise en ligne dès maintenant.

«C’est une façon de faire un petit coucou à notre public, de dire qu’on est là», note la directrice artistique du Carrefour, Marie Gignac.

Au menu de ce festival Web, quelques captations intégrales de spectacles qui ont fait escale au Carrefour dans les dernières années. C’est le cas de la pièce Le dire de Di de Michel Ouellette, qu’on a pu voir l’an dernier. Idem pour la singulière expérience de La nuit des taupes de Philippe Quesne, proposée en 2018. L’exercice qui loge à mi-chemin entre la conférence et la pièce de théâtre Un faible degré d’originalité d’Antoine Defoort pourra aussi être revu sur le Web, tout comme le spectacle Straight Jacket Winter d’Esther Duquette et Gilles Poulin-Denis, qui s’inspire librement du roman L’hiver de force de Réjean Ducharme et qu’on a pu voir en 2016.

«Je tenais à ce que ce soit des spectacles qu’on a déjà présentés, que les gens ont déjà vus, explique Marie Gignac. Je trouve que le théâtre en captation vidéo, ça ne rend pas justice à l’œuvre. Mais si tu as vu Le dire de Di, tu peux avoir envie de le réécouter. Même si ce n’est pas pareil, tu as quand même le souvenir de ton expérience charnelle.»

Les vidéos accessibles sur le site du Carrefour comprennent également nombre de documentaires mettant en perspective l’œuvre d’artistes «habitués et chéris du Carrefour» qui nous ont rendu visite au fil des ans : Joël Pommerat, Thomas Ostermeier, Alain Platel ou Peter Brook. Des œuvres de ces deux derniers — Requiem pour L et Why? — étaient d’ailleurs attendues au festival en 2020.

Le travail de Brigitte Haentjens, qui a elle-même été codirectrice du Carrefour, sera aussi mis en exergue. Celui des artistes Mani Soleymanlou, Emmanuel Schwarz, Sacha Samar, Olivier Choinière et Olivier Kemeid le sera également.

«Ça, c’est de la belle grosse matière», résume Marie Gignac.

Une scène de la mouture 2013-2014 du parcours <em>Où tu vas quand tu dors en marchant...?</em>

Où tu vas…

À défaut de pouvoir renouer pour le moment avec le populaire parcours théâtral Où tu vas quand tu dors en marchant…?, le public aura aussi accès en ligne à un «concentré en images» des 10 premières années de cette activité phare du festival. L’équipe a choisi d’omettre les extraits tournés l’an dernier aux abords de la rivière Saint-Charles, dans l’espoir d’une reprise du spectacle avant (trop) longtemps, avec possiblement une fenêtre ouverte jusqu’à l’automne.

«Tout va dépendre de la santé publique, avance Marie Gignac. Nous, on serait prêt à l’essayer avec des mesures de distanciation sociale. Évidemment, ça ne serait pas la même expérience. Les accès seraient contrôlés, ça prendrait des laissez-passer, il faudrait savoir à tout moment combien il y a de personnes sur les sites. Ça serait plus compliqué. Mais au moins, ça se passe à l’extérieur...»

La programmation en ligne du Carrefour international de théâtre pourra être visionnée jusqu’au 6 juin sur le site Web du festival.