La procureure de la poursuite Amélie Rivard a annoncé mercredi qu’elle pouvait avoir 3-4 témoins. Le juge peut accepter ou refuser de les entendre.
La procureure de la poursuite Amélie Rivard a annoncé mercredi qu’elle pouvait avoir 3-4 témoins. Le juge peut accepter ou refuser de les entendre.

Procès d’Éric Salvail: la Couronne veut faire entendre d’autres témoins

MONTRÉAL — Près d’un mois après le début du procès très médiatisé de Éric Salvail, les rebondissements se poursuivent. Trois ou quatre nouvelles personnes pourraient être appelées à la barre des témoins le mois prochain, a annoncé mercredi le Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Éric Salvail, rentré de la Floride mardi, était de retour au palais de justice de Montréal pour la suite de son procès qui attire dans la salle autant les journalistes que des curieux et des admirateurs de la vedette déchue.

Encore vêtu d’un complet ajusté bleu marine et de chaussettes originales et colorées, l’ex-animateur et producteur n’a pas répondu aux nombreuses questions des journalistes à propos d’une nouvelle plainte qui aurait été déposée pour agression sexuelle en février, soit quelques jours avant le début de son procès.

D’une durée de moins de trente minutes, cette cinquième journée de procès aura été définitivement la plus courte.

Même si la preuve principale avait été présentée, la procureure de la poursuite Amélie Rivard a annoncé au juge Alexandre Dalmau qu’elle présentera une contre preuve lors de la poursuite du procès en avril prochain.

«Je pourrais avoir 3-4 témoins», a répondu Me Amélie Rivard.

Le juge a rappelé qu’il pourrait «accepter ou refuser» de les entendre, dépendant de la preuve qui sera déposée d’ici la fin du mois.

Les plaidoiries devaient avoir lieu le 30 avril, mais finalement, cette journée sera consacrée à la requête de la poursuite pour présenter cette contre-preuve.

Comme la Couronne a déjà terminé de présenter sa preuve principale, elle doit se limiter dans la présentation de sa contre-preuve. Les témoignages doivent traiter uniquement d’éléments nouveaux apportés par la défense. Des règles strictes s’appliquent, ainsi la Couronne ne peut pas évoquer tout ce qu’elle veut à cette étape.

L’ex-animateur d’En mode Salvail et des Recettes pompettes est accusé d’agression sexuelle, de harcèlement criminel et de séquestration à l’endroit de Donald Duguay, qui a tenu à être nommé publiquement.

Lors de son témoignage, l’homme de 47 ans a raconté qu’il a vécu «l’été du harcèlement» en 1993, alors qu’il était employé au service du courrier de Radio-Canada où travaillait Éric Salvail. Une période où il s’est senti «traqué comme un animal» et où il a eu «excessivement peur [d’une] agression sexuelle».

Selon M. Duguay, son collègue lui a montré son «pénis en érection», l’a touchée régulièrement et lui a fait de nombreux commentaires désobligeants. Les évènements ont culminé le 29 octobre 1993 dans une salle de toilette du sous-sol de Radio-Canada où Éric Salvail l’aurait agressé sexuellement.

Ce dernier a nié catégoriquement avoir harcelé, séquestré ou agressé sexuellement Donald Duguay, allant jusqu’à qualifier de «farfelu» cet incident de la salle de toilette. Dans son témoignage, l’ancienne vedette de 50 ans a même affirmé qu’il ne travaillait plus à Radio-Canada en octobre 1993.

Le 8 avril prochain, les parties doivent se rencontrer devant le juge pour planifier la suite du procès, entre autres pour fixer de nouvelles dates. La présence de Éric Salvail n’est pas requise pour cette étape.