La Lévisienne Anne-Marie Desmeules recevra un prix littéraire du Gouverneur général pour son recueil «L’os et le tendon».

Prix du Gouverneur général: la poésie d’Anne-Marie Desmeules primée

Parce qu’elle y aborde la maternité d’un point de vue sombre et non conventionnel, Anne-Marie Desmeules dit avoir hésité avant de publier «Le tendon et l’os», son deuxième recueil de poésie. L’avenir lui a donné raison d’avoir osé : la voilà lauréate d’un prix littéraire du Gouverneur général.

«J’ai pensé me rétracter avant de l’envoyer, raconte la Lévisienne. Il y avait des choses là-dedans que je trouvais dérangeantes à dire. Ça me demandait de les affiner beaucoup, même s’il y a une grande part de fiction là-dedans.»

Comme toile de fond au recueil Le tendon et l’os, la relation malsaine entre une mère et son enfant. La maison d’édition l’Hexagone évoque «une noirceur qui s’invite dans la maternité». «Il y a de l’amour et de la lumière aussi dans ce livre-là, mais il y a une grande part de froideur, de détachement et de cruauté, ajoute Anne-Marie Desmeules. En tant que mère, c’est difficile de laisser ça aller et de dire : “je porte cette parole-là, je l’amène dans le monde, j’assume ce que j’ai écrit et peut-être que ça fera du bien à certaines personnes”. Ça semble avoir été le cas jusqu’à maintenant.»

Étonnée

Anne-Marie Desmeules écrit de la poésie depuis l’école secondaire. Après un certificat en création littéraire, elle a affiné sa plume jusqu’à publier un premier recueil, Cette personne très laide qui s’endort dans mes bras. Adjointe à la programmation à la Maison de la littérature, elle était justement au boulot lorsqu’elle a reçu la bonne nouvelle. «Je pense que j’ai crié, même si je ne pouvais pas trop parce que j’étais au travail, s’esclaffe-t-elle. J’étais très émue et surprise. C’était tout un mélange d’émotions. Quand j’ai vu [l’indicatif régional] 613 s’afficher sur le téléphone, le cœur s’est mis à battre pas mal fort.»

La prochaine étape pour elle et les autres lauréats (voir plus bas) se déroulera en décembre, à Ottawa, où ils recevront leur prix à Rideau Hall des mains de la Gouverneure générale, Julie Payette. Les auteurs iront aussi à la rencontre des lecteurs lors de séances de lecture publique.

«Ça me rend fébrile, confie Anne-Marie Desmeules. En même temps, je suis heureuse de savoir que ce livre-là va aller rejoindre encore plus de gens. Je suis contente parce que c’est pour ça que je l’ai fait, au fond. Pour que ça fasse du bien aux gens.»

Fondés en 1936, les prix littéraires du Gouverneur général récompensent chaque année sept ouvrages francophones et autant d’anglophones dans divers genres. Ils sont assortis d’une bourse de 25 000 $.

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LES AUTRES GAGNANTS FRANCOPHONES

Romans et nouvelles: Le drap blanc de Céline Huyghebaert

Essais: Le droit du plus fort : nos dommages, leurs intérêts d’Anne-Marie Voisard

Théâtre: Havre de Mishka Lavigne

Littérature jeunesse (texte): L’albatros et la mésange de Dominique Demers

Littérature jeunesse (livres illustrés): Jack et le temps perdu de Stéphanie Lapointe et Delphie Côté-Lacroix

Traduction: Nous qui n’étions rien, traduction par Catherine Leroux de Do Not Say We Have Nothing de Madeleine Thien