Philippe Cassard présentera son concert Debussy, inspirations et influences au Grand Théâtre, point culminant de la semaine d’activités du pianiste français à Québec.

Pour l’amour de Debussy

«Comme le chantait Barbara : “Ma plus belle histoire d’amour, c’est lui”», écrit Philippe Cassard dans chacun des exemplaires de presse de son essai sur Debussy, qui vient tout juste d’être édité chez Actes Sud. Un amour fort de 50 ans de fréquentations assidues, qui a entre autres généré le programme Debussy, inspirations et influences, que le pianiste français présentera au Club musical le 4 février.

«C’est un compositeur que j’ai joué quand j’étais tout enfant. Il n’y a pas eu un seul moment où ses partitions n’ont pas été sur mon piano», indique le musicien de 55 ans. «Il a un rapport très sensuel avec le piano, il a inventé de nouvelles couleurs, une nouvelle manière de jouer, plus caressante, plus sensorielle.» Lorsqu’il joue cette musique, tous ses sens sont en action. Les œuvres de Debussy, selon lui, se respirent, se caressent et se dégustent, et sont absolument essentielles à son équilibre musical, voire humain.

Le concert sera le point culminant de la fin de semaine d’activités publiques de Cassard à Québec. L’enregistrement public (complet) d’une émission d’ICI Musique et un cours de maître public sont aussi au menu. Il faut dire que le musicien est aussi animateur-vedette à France Musique, où il anime Portraits de famille, après avoir été à la barre de Notes du traducteur de 2005 à 2015.


« C’est un compositeur [Debussy] que j’ai joué quand j’étais tout enfant. Il n’y a pas eu un seul moment où ses partitions n’ont pas été sur mon piano »
Philippe Cassard

Habile vulgarisateur, il transmet sa passion de la musique d’une manière terre à terre et enthousiaste. «Je ne suis pas professeur, même si je donne parfois quelques [classes de maître]. J’ai trouvé un moyen différent de communiquer mes connaissances et mon expérience de la musique avec la radio, explique-t-il. Je pense que la musique dite classique ne doit pas rester la propriété d’un petit nombre. […] Oui, la musique est un langage quelquefois abstrait ou intellectuel, mais il y a une part d’elle qui est directement reliée au cœur et aux émotions de tout un chacun.»

Essai sur Schubert

Il semble avoir adopté la même approche, très personnelle, dans ses écrits sur la musique. Il a publié un essai sur Schubert paru en 2008 et un volume d’entretiens sur le cinéma et la musique intitulé Deux temps trois mouvements : un pianiste au cinéma. Dans son nouvel essai, il aborde la musique de Debussy, de son point de vue d’interprète, nourri par des lectures, son expérience et des rencontres. «C’est très pointilliste, ce sont de petits chapitres, des instantanés», note-t-il.


« Je pense que la musique dite classique ne doit pas rester la propriété d’un petit nombre. […] Oui, la musique est un langage quelquefois abstrait ou intellectuel, mais il y a une part d’elle qui est directement reliée au cœur et aux émotions de tout un chacun »
Philippe Cassard

Le grand cinéphile voit dans la grammaire du cinéma, dans la manière de faire des films, des analogies avec la manière de Debussy de faire de la musique. Il fait notamment des liens entre la scène d’ouverture du film Le sacrifice de Tarkovsky — un plan-séquence de neuf minutes — et un prélude de Debussy baptisé Voiles. Le même prélude a des similitudes, selon lui, avec une toute petite aquarelle de Turner, presque abstraite, intitulée Bateau en mer. «Il y a aussi une toile de Matisse baptisée Le piano, très près de la suite Children’s Corner de Debussy», indique le pianiste.

Une musique «visuelle»

Debussy abordait la musique de manière «très visuelle», ne serait-ce que dans ses titres, comme La terrasse des audiences du clair de lune, Brouillard ou encore Jardin sous la pluie.

Le programme présenté dimanche prochain sera lui aussi riche en liens, entre les compositeurs qui ont influencé ou qui ont été influencés par Debussy. Inspiré par Chopin et par Rameau, qui symbolisait pour lui le sommet de l’élégance française, Debussy aurait aussi été profondément marqué par une performance de Liszt au piano à laquelle il a pu assister.

Une pièce de Stravinsky permettra aussi de mettre en exergue le respect que Debussy, «très acide, ironique et cinglant pour les gens médiocres et sans talent», indique Cassard, a toujours eu pour le compositeur russe.

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VOUS VOULEZ Y ALLER

  • Quoi: Philippe Cassard joue Debussy, inspirations et influences
  • Quand: dimanche 4 février à 15h (prélude au concert à 13h45)
  • : Grand Théâtre de Québec
  • Billets: 53,50$ à 86$ (23$ pour les 30 ans et moins)
  • Info: 1 877 643-8131 et www.clubmusicaldequebec.com
  • Aussi: Cours de maître public le samedi 3 février à 15h à la Chapelle du Musée de l’Amérique francophone

Le récital est également présenté à Montréal, à la salle Bourgie le mercredi 31 janvier 2018 à 19h30.