es sonorités planantes et l’envoûtante voix de Matt Holubowski se sont réverbérées sur les murs du Grand Théâtre, jeudi soir.

Planant Matt Holubowski

CRITIQUE / Les sonorités planantes et l’envoûtante voix de Matt Holubowski se sont réverbérées sur les murs du Grand Théâtre, jeudi soir, à l’occasion de la visite du jeune musicien montréalais, venu présenter son troisième et plus récent album Weird Ones, sorti le mois dernier. 

L’ancien participant de La Voix n’est pas un inconnu dans la capitale. Le Festival d’été l’avait honoré de son Prix Espoir en 2017. Aussi étaient-ils nombreux — dont une soixantaine de fans devant la scène — à venir acclamer les mélodies folk, tantôt mélancoliques, tantôt entraînantes, de l’auteur-­compositeur-interprète d’origine polonaise, flanqué de cinq musiciens aguerris pour l’occasion.

Avec en toile de fond une représentation de la pochette de Weird Ones — avec une arche et un cercle où ont été projetés quelques extraits vidéo — Holubowski a offert une première partie énergique, avec entre autres Down the Rabbit Hole et The Highlands. Au-delà de ses plus récentes compositions, le chanteur s’est permis d’offrir trois pièces de son second album, Solitudes, les très belles The King et The Year I Was Undone, sans oublier une rare chanson en français, L’imposteur.

«C’est une vieille chanson, mais personne ne veut la faire avec moi, alors c’est pourquoi je me retrouve seul...» a expliqué le chanteur au sujet de cette composition inspirée d’un emploi décroché il y a quelques années, mais pour lequel il n’était «pas qualifié». Le syndrome de l’imposteur quoi, d’où le titre.

Dommage que son répertoire ne compte pas davantage de chansons en français, lui qui sait se faire si charmant dans cette langue. Une seule parmi une quinzaine, ce n’est vraiment pas le Pérou...

Sous des éclairages verdâtres de circonstances pour Greener, Holubowski a souligné l’anniversaire de son guitariste Simon Angell, un grand complice de toute évidence. Moon Rising, avec sa finale en sonorités électriques déclinées dans la noirceur totale, est venu mettre un terme à cette soirée de belle tenue.

En rappel, Holubowski a été rejoint sur scène par l’artiste qui a assuré la première partie, son ami Dan Magan, pour interpréter en duo Et si les mots croisés. Le genre de chanson qui fait un malheur autour d’un feu de camp.

C’est de façon très décontractée, seul à la guitare, avec ses musiciens regroupés autour de lui pour faire office de chœur (avec un cor inusité en prime), que Holubowski, un mordu de voyages, a offert la très délicate et touchante Mango Tree, composée lors d’un séjour en Ouganda.

Ce show très convivial s’est officiellement terminé sous l’une des chansons phares de son dernier album, la plus-que-planante Love, The Impossible Ghost. Un autre moment de grâce.

Dan Magan

Au sujet de ce Magan, qui avait reçu le mandat de mettre la table pour la soirée, c’est dans une ambiance hyper intimiste que le sympathique musicien de Vancouver s’est acquitté de la tâche avec un bonheur palpable, alignant une demi-douzaine de chansons en solo à la guitare. Des mélodies folk de belle facture reçues dans une ambiance religieuse par l’assistance.

Gagnant de deux prix Juno en 2012 (dont celui de nouvel artiste de l’année), Magan s’est fait un point d’honneur de parler ici et là français, lui qui s’est souvenu du jour où, adolescent inscrit comme moniteur au camp Trois-Saumons, il avait gratté la guitare dans le foyer du Grand Théâtre en rêvant, a-t-il avoué candidement, d’y monter sur scène un jour.