«Plaire, aimer et courir vite» est l'histoire d'un premier et d’un dernier amour, entre un étudiant raté de 20 ans et un écrivain fauché de 35 ans porteur du VIH.

«Plaire, aimer et courir vite»: tourner à vide **

CRITIQUE / Sept mois après le Festival de Cannes, on se demande encore ce que venait faire Plaire, aimer et courir vite en compétition. Difficile de croire, compte tenu de la très forte production française, que ce mélo lourd et convenu de Christophe Honoré ait pu se tailler une place en sélection officielle.

Le sujet? Celle d’un premier et d’un dernier amour, entre Arthur, étudiant raté de 20 ans de Rennes qui découvre Paris, et Jacques, écrivain fauché de 35 ans porteur du VIH, en 1990.

Après Appelle-moi par ton nom (Luca Guadagnino, 2017), le drame sentimental souffre de la comparaison à propos de cette relation ambiguë entre l’apprenti et son mentor. Il manque de grâce et s’avère encore plus appuyé sur le plan dramatique.

Les acteurs, peut-être? Pierre Deladonchamps (L’inconnu du lac), dans la peau de Jacques; Vincent Lacoste (Victoria), dans celle d’Arthur, et Denis Podalydès (Embrassez qui vous voudrez), le voisin d’Arthur, forment une solide distribution, mais c’est loin d’être suffisant.

D’autant que cette histoire d’amour au temps du sida est un film verbeux, prétentieux et terriblement vain. Le réalisateur des Chansons d’amour (2007) suit des sentiers mille fois empruntés (tant chez les hétéros que les gais) sans rien apporter de nouveau.

La mise en scène soignée et quelques moments humoristiques plus réussis ne peuvent faire oublier les longueurs et les imprécisions du scénario. Pas plus que ses nombreuses citations culturelles, qui relèvent plus du tic que de la bravoure. Avec ses tirades grandiloquentes et plaquées, tout ça sonne horriblement faux.

Un film empesé, terriblement décevant.

AU GÉNÉRIQUE

• Cote: **

• Titre: Plaire, aimer et courir vite

• Genre: drame sentimental

• Réalisateur: Christophe Honoré

• Acteurs: Pierre Deladonchamps, Vincent Lacoste, Denis Podalydès

• Classement: 13 ans +

• Durée: 2h12

• On aime: I’m So Lonely I Could Cry dans la version des Cowboys Junkies

• On n’aime pas: la prétention. Le mélo lourd. Le ton grandiloquent