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Roberto Begnini interprète en Gepetto un pauvre menuisier crédule qui décide de sculpter une marionnette qu'il va traiter comme son fils.
Roberto Begnini interprète en Gepetto un pauvre menuisier crédule qui décide de sculpter une marionnette qu'il va traiter comme son fils.

Pinocchio : revisiter un classique *** [VIDÉO]

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
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CRITIQUE / Il revenait à un réalisateur italien, et pas des moindres en la personne de Matteo Garrone, de revisiter Pinocchio pour en offrir une variante moderne «crédible». Les avancées technologiques en matière d’effets spéciaux lui permettent de livrer une version somptueuse de ce conte traditionnel . Un vrai film familial tourné en prises de vues réelles avec Roberto Begnini en Gepetto.

Le scénario de Garrone et Massimo Ceccherini s’avère très respectueux des Aventures de Pinocchio (1881) de Carlo Collodi, plus que les versions édulcorées à la Disney.

Le long métrage introduit d’emblée un de ses thèmes principaux : la pauvreté. Le digne Gepetto use de divers stratagèmes pour éviter de quémander un repas… Le passage d’un théâtre de marionnettes va convaincre le menuisier d’en façonner une de ses propres mains.

Il va se retrouver, à son insu, avec une pièce de bois magique. En sculptant celle-ci, il fait apparaître Pinocchio ( Federico Ielapi), qu’il considère comme son propre fils. Le vieil homme consent à tous les sacrifices, mais sa création s’avère plutôt curieuse, dissipée et encline à succomber à la tentation.

Sa turpitude va bientôt l’entraîner dans une série d’aventures, plus inouïes les unes que les autres. Sa route va d’abord croiser celle du chat (Rocco Papaleo) et du renard (Massimo Ceccherini), qui abusent de sa crédulité, puis de la Fée bleue qui va le sauver de l’emprise des gueux. Pendant ce temps, Gepetto cherche désespérément le petit fugueur.

Ici, Garrone se conforme encore plus à l’original, en faisant vieillir la Fée (Marine Vacht), qui incarne une présence maternelle. Elle le ramène d’ailleurs, en quelque sorte, sur le bon chemin en le convaincant d’aller à l’école où son éventuel succès lui permettra de devenir un enfant humain.

Pinocchio est l’archétype du récit initiatique avec une récompense à la clé si la marionnette se conforment aux valeurs que tentent de lui inculquer Gepetto et la Fée bleue : obéissance, courage, honnêteté et respect.

Personne n’est contre la vertu, mais le thème de l’obéissance apparaît daté et en manque de nuances — après tout, il s’agit ici d’une version contemporaine. On oppose le travail et l’assiduité à la fantaisie et au goût de l’aventure. Une forme de dressage...

Robert Begnigni (<em>La vie est belle</em>) se révèle extrêmement touchant dans <em>Pinocchio</em>.

Matteo Garrone délaisse son style baroque habituel pour livrer un film plus épuré (pour lui), mais tout de même foisonnant sur le plan visuel. L’artiste peint de véritables tableaux, un régal pour les yeux.

Mais connaissant le travail du réalisateur sur Tale of Tales (2015) et Dogman (2018), on s’étonne qu’il présente une version dont il a gommé les aspects plus glauques (dans un but évident de rejoindre un large public).

Robert Begnigni (La vie est belle) se révèle extrêmement touchant et le réalisateur a su contenir ses ardeurs. Federico Ielapi s’avère un Pinocchio plus vrai que nature, grâce au maquillage et aux effets spéciaux.

Reste que malgré la fantaisie, il manque un peu de poésie à la version proposée par Garrone. Les enfants vont tout de même y trouver leur compte. Et beaucoup de parents aussi, assurément.

Pinocchio est présenté au cinéma

Au générique

Cote : ***

Titre : Pinocchio

Genre : Conte

Réalisateur : Matteo Garrone

Acteurs : Federico Ielapi, Roberto Begnigni, Marine Vacht

Durée : 2h05