L’auteur-compositeur-interprète Pierre-Hervé Goulet a tracé sa voie un pas à la fois.

Pierre-Hervé Goulet: l'errance heureuse

«Ça va bien», résume Pierre-Hervé Goulet, qui vient de remporter six prix au festival de la chanson de Petite-Vallée et jouera au parc de la Francophonie samedi. Originaire de Beauceville, le jeune homme promène les chansons de son deuxième album, «Pas loin d’ici», pour lequel il a fait beaucoup de route, de Banff à New York, en passant par Québec.

L’auteur-compositeur-interprète a tracé sa voie un pas à la fois. Il a fréquenté l’École de la chanson de Granby, a fait des études collégiales en littérature et théâtre au cégep Lévis-Lauzon, donne lui-même des cours d’écriture de chanson… Il a aussi, alors qu’il était tout juste majeur, en 2009, fait partie des 20 finalistes de l’émission Star Académie. «Je crois que j’ai été parmi les premiers à jouer mes propres compositions. Je tenais mon chapeau — j’avais même un petit chapeau dans le temps — c’est peut-être pour ça que je n’ai pas traîné d’étiquette. Un concours, c’est une tape dans le dos, et ensuite, tu fais ton chemin», indique-t-il en prenant une gorgée de café.

Trois secondes plus tard, il pouffe de rire en s’essuyant la moustache. «C’est devenue une sacrée moustache, en hommage à George Brassens, qui est mon idole, mon héros des mots», dit-il. Parmi ses autres influences, il mentionne Daniel Bélanger, Les Cowboys Fringuants, Jean Leloup, Richard Desjardins, Plume Latraverse, Les Beatles, Bob Dylan, The Doors… «Je suis quelqu’un d’assez vintage», admet-il.

Son album Pas loin d’ici contient une longue préface, un texte de fiction, remixé par l’écrivain David Leblanc. Il y raconte, en gros, l’enterrement d’un poète anonyme. L’album, lui, parle beaucoup de voyage. «Ça me permet de parler de la vie, qui est elle-même un voyage mouvementé, et du temps qui nous passe au travers», souligne-t-il. «J’aborde des thèmes larges que j’essaie de filtrer à travers une vision comico-poétique. J’aime faire des allitérations, faire groover les mots et les syllabes.» 

Banff, Toronto, New York...

Il s’est rendu à Banff pour écrire ses chansons, grâce à Doobie, une voyageuse rencontrée par hasard, qui lui parlait beaucoup de l’Ouest, et qui lui a inspiré une chanson sur son premier album. «Je voulais vivre ça. Je me suis promené dans les montagnes, j’ai marché, j’ai grimpé, j’étais tout seul, ça m’a vraiment permis de me donner un coup de vent nouveau dans la tête pour écrire un deuxième album.» Il a enregistré ses chansons à Toronto, a créé les arrangements à Québec avec d’autres musiciens, puis est allé mixer l’album à New York, avec Justin Gerrish. «Ça a été un beau roadtrip d’émotions», résume-t-il.

Derrière lui, l’aventure de Destination chanson fleuve, où quelques chansonneurs choisis peaufinent leur art pendant un mois, de Montréal à Petite-Vallée en passant par Tadoussac et Québec, où ils ont entre autres fait des ateliers d’écriture avec Tire le coyote, et d’expression corporelle avec Paule-Andrée Cassidy. Devant lui, le Festival d’été samedi, puis des spectacles en France, une tournée du ROSEQ et des premières parties d’Émile Bilodeau à l’automne. Le périple continue.

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VOUS VOULEZ Y ALLER?

  • Qui : Pierre-Hervé Goulet
  • Quand : samedi 14 juillet à 19h
  • Où : parc de la Francophonie
  • Accès : laissez-passer
  • Info : infofestival.com