Pierre Chastenay (à droite) anime Les électrons libres, avec les chroniqueurs Rabii Rammal et Marianne Desautels-Marissal.

Pierre Chastenay: 10 ans de sciences à la télé

Les étoiles étaient alignées pour que Pierre Chastenay devienne communicateur scientifique et astronome. Après huit ans à la barre de l’émission «Le Code Chastenay», il anime maintenant «Les électrons libres», pour une deuxième saison.

En 3e année du primaire, il entretenait déjà ses camarades sur les comètes. Il a été guide à l’observatoire du cégep de Trois-Rivières, puis responsable des activités éducatives du Planétarium de Montréal pendant 25 ans, tout en enseignant à de futurs enseignants.

Le passage du Code Chastenay aux Électrons libres a été motivé par deux éléments; la volonté de s’adresser de manière plus directe aux téléspectateurs et l’envie de sortir du studio, pour aller dans les lieux où la science se vit et se fait.

«Nous essayons d’inclure les téléspectateurs dans les conversations entre Marianne, Rabii et moi et dans les segments où on aborde des sujets d’actualité, je m’adresse directement à la caméra, note l’astronome. J’avais l’ambition d’aller disons, dans des cafés, mais on sort au-delà de nos espérances, souvent on est carrément dehors.» L'intégration d'images filmées par des drones dynamise aussi le tout.

Les électrons libres sont le fruit du travail d’une vaste ruche de recherchistes, pour qui la rigueur est une notion fondamentale. «Chaque virgule, chaque mot est compté, c’est pire qu’en politique, observe M. Chastenay. Les gens ont souvent l’impression que la science est un ensemble de connaissances immuables, alors que c’est un processus évolutif, auto-correcteur, qui se remet toujours en question.»

Si l’astronome connaît très bien tout ce qui touche aux sciences physiques, il est toutefois heureux d’apprendre de nouvelles informations à chacun des tournages. «Il y a des sujets que je trouve plus complexes. Tout ce qui touche à la génétique par exemple. À côté de ça, l’univers est d’une simplicité absolue!» souligne-t-il.

Marianne Desautels-Marissal, spécialisée en microbiologie et en microchimie, arrive alors en renfort. «Elle connaît bien le corps humain et tout ce qui touche aux sciences de la vie», observe M. Chastenay, qui loue aussi la crédibilité de sa consœur, bien branchée dans le milieu des chercheurs. «Les scientifiques sont heureux de se confier à elle, ils savent que ce sera bien rapporté, bien vulgarisé.»

Il compare son autre collaborateur, Rabii Rammal, à un Leonard de Vinci des temps modernes. «Il écrit bien, il dessine bien [ses dessins sont d’ailleurs utilisés pour illustrer certains segments de l’émission], il design des vêtements, il tient un café et il n’y a rien dans l’expérience humaine qui ne suscite pas chez lui de la curiosité et du questionnement. On peut l’envoyer dans des laboratoires et il devient lui-même le sujet de l’expérience», résume Pierre Chastenay. Il se voit lui-même comme «le vieux sage». «À nous trois, on est un peu plus que la somme de nos parties.»

L’émission Les électrons libres est diffusée les vendredis à 18h30 à Télé-Québec.