Phoenix sera sur les plaines d'Abraham le 12 juillet.

Phoenix, une aventure renouvelée

En près de 20 ans de carrière, le quatuor indie-pop Phoenix a eu l’occasion de tourner un peu partout dans le monde, notamment aux États-Unis, qui l’a reconnu avant sa France natale : il a remporté un Grammy en 2009 avec l’album Wolfgang Amadeus Phoenix et il a été le premier groupe français à se produire au Madison Square Garden de New York.

Québec n’avait jusqu’ici jamais figuré à son itinéraire de tournée. Thomas Mars, Deck D’Arcy, Laurent Brancowitz et Christian Mazzalai remédieront ce jeudi à la situation sur la grande scène des plaines d’Abraham, juste avant l’Américain Beck. «Notre premier album, on l’a sorti il y a 18 ans. On peut dire qu’on s’est préparé pendant 18 années pour aller jouer chez vous… Je crois que nous sommes prêts!» a confirmé le guitariste Mazzalai, qui a répondu aux questions du Soleil quelques jours avant ce premier rendez-vous.

Q: Votre dernier album, Ti Amo, est inspiré de l’Italie. Qu’est-ce qui vous a amenés là?

R: À chaque album que nous faisons, nous tentons de relancer les dés et de repartir à zéro. Ce qu’on fait, c’est qu’on trouve chaque fois un nouveau lieu d’enregistrement et on essaie d’oublier nos anciennes règles pour en trouver de nouvelles. Pour cet album, on a trouvé un vieux théâtre au cœur de Paris. On y a posé nos valises pendant presque deux ans. On s’est mis à expérimenter, on a voulu laisser aller notre inconscient. Ça nous a guidés vers ces influences latines, voire italiennes. Nous avons accueilli ce territoire à bras ouverts. Je ne sais toujours pas vraiment pourquoi on est arrivé dans ce territoire, mais c’est ce genre de surprises qu’on recherche lorsqu’on écrit, lorsque l’on crée tous les quatre ensemble. 

Q: Vous avez vraiment travaillé pendant deux ans sur l’album?

R: C’est beaucoup d’heures de travail pour ensuite arriver à 10 chansons. C’est notre manière de fonctionner. Il faut que ça plaise à tous les quatre. C’est très dur à réussir, ça. Tant que les quatre ne sont pas satisfaits, notre règle d’or, c’est de ne rien sortir. On veut garder cette ligne de conduite. C’est ce qui fait qu’on est toujours ensemble. C’est presque comme au premier jour. On est des amis d’enfance, des amis d’école. C’est une aventure sans cesse renouvelée. Chaque album est comme un nouveau chapitre de nos vies. Le fait d’être amis avant tout et d’avoir fait un pacte dans notre enfance — un pour tous et tous pour un, à la vie à la mort — c’est une aventure. Et de la partager ensemble, c’est formidable. Si j’étais seul, l’intérêt serait vraiment moindre. C’est comme ce voyage au Québec. Le faire seul, ça serait bien. Mais le faire avec ses meilleurs amis, ça va être formidable.

Q: Vous redevenez un peu des ados, en somme...

R: À chaque album, on redevient des ados, ouais. On réapprend. Dans la création, il y a toujours ce moment où on se retrouve face à soi-même, face à ses faiblesses et ses doutes. On redevient un adolescent qui prend sa guitare et qui fait ses premiers accords. En tout cas, pour nous, c’est comme ça. Le fait de garder toujours l’oreille candide, c’est quelque chose qu’on chérit. On essaie de garder ça, de ne pas être trop professionnel. On veut garder une spontanéité, mais tout en travaillant énormément. 

Q: Les États-Unis vous ont adoptés. Même que vous avez connu du succès là-bas avant d’en avoir en France. Comment l’avez-vous vécu? 

R: On l’a pris comme un cadeau. Le succès n’est pas venu au premier album. Il est venu au bout du troisième ou du quatrième album. Ça, c’est quelque chose qu’on chérit parce qu’on n’a pas brûlé les étapes. Aux États-Unis, avant de gagner un Grammy, je pense qu’on a joué 300 fois dans des clubs. On a traversé le pays pendant des mois. On a commencé à jouer dans les bars, puis dans des théâtres avant les arénas. On a vécu chaque étape. 

Q: Phoenix a été invité à plusieurs reprises à participer à des émissions de fin de soirée américaines. Comment décririez-vous l’impact qu’elles ont eu sur votre parcours?

R: La première qu’on a faite, c’était Saturday Night Live. C’est une émission qu’on adore et ç’a été une expérience extraordinaire parce que l’Amérique entière regarde cette émission. Le fait que ce soit en direct a fait que ce moment, on ne l’oubliera jamais. Et c’est vrai que dès le lendemain, on a senti que quelque chose s’était passé. On peut dire qu’on était un peu un groupe culte pour les initiés, mais là, l’Amérique nous a découverts. C’est vrai que ç’a beaucoup joué. 


« Oui, on chante en anglais. Mais on se sert de l’anglais comme d’un outil. On chante des choses très françaises ou très européennes »
Christian Mazzalai, Phoenix

Q: Vous considérez-vous comme un groupe français ou un groupe tout court?

R: Un groupe français, je crois. Oui, on chante en anglais. Mais on se sert de l’anglais comme d’un outil. On chante des choses très françaises ou très européennes, en tout cas. On ne parle jamais de Hollywood ou de la Highway 61. On parle plus de notre héritage européen, comme de l’Italie, par exemple. 

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VOUS VOULEZ Y ALLER?

Qui: Phoenix

Quand: 12 juillet à 20h

: plaines d’Abraham

Accès: laissez-passer

Info.: www.infofestival.com