Philippe Laprise était en harmonie complète avec son jeune public mercredi soir à la salle Albert-Rousseau. Ce dernier a affirmé sur scène ne pas être «déçu pour cinq cennes» de son passage à Québec.

Philippe Laprise en parfaite symbiose avec ses jeunes fans

CRITIQUE / Un artiste en parfaite symbiose avec son public, ça ressemblait un peu, pas mal, beaucoup à Philippe Laprise, mercredi soir, à la salle Albert-Rousseau. Pour la première québécoise de son troisième one-man-show, intitulé «Je m’en occupe», l’humoriste a fait rire la foule autant qu’il a pu rire avec elle.

«Vous êtes écœurants. Je suis pas déçu pour cinq cennes d’être venu à Québec» a lancé Laprise à un public composé en grande partie d’adolescents et de jeunes adultes qui, de toute évidence, suivent sa carrière à la trace depuis ses débuts à VRAK.tv.

S’occuper de son couple, de ses enfants, de ses amis, du chat en fin de vie, et aussi de… ses poils de nez, autant de numéros livrés tambour battant, pendant une heure et demie, par un Laprise dont les nombreuses mimiques et interactions avec la salle ont permis d’insuffler une belle spontanéité à la soirée. 

Jeune quadragénaire (42 ans) resté quelque part un «grand ado» — il a offert une séance de floss dance en ouverture — Laprise possède un talent inné pour communier avec son jeune public. Comme lors de ce numéro fort réussi portant sur sa sortie en snowboard avec sa fille de 16 ans qui, comme lui, est atteinte d’un TDAH.

Avec, au final, une ecchymose format géant là où le dos perd son nom. Cette malheureuse expérience, «une entorse rectale», le conduira chez une ostéopathe, une «sorcière qui te replace quelque chose dans la nuque en te jouant avec la cheville». Ce qui fait dire à l’humoriste que sa mère a déjà sûrement exercé ce métier, elle qui avait l’habitude, à l’époque, de «lui botter le cul pour lui replacer les esprits»…

La «tondeuse à nez»

Après des premiers numéros ayant peu de liens avec le thème de la soirée — une visite chez Chocolats favoris pour se taper une «grosse molle» et l’importance de ne pas jamais porter de bobettes sous un cuissard — la soirée s’est mise en vitesse de croisière avec un sketch sur l’art masculin de s’occuper de ses «fucking» poils de nez.

Plutôt que de les brûler avec un briquet, d’utiliser de la cire chaude, une pince à épiler ou des ciseaux, Laprise a parlé avec éloquence de son expérience plus ou moins réussie avec «une tondeuse à nez», vendu non pas chez BMR, mais chez Jean Coutu. «Je ne savais plus comment gérer mes poils de nez. Plus tu les pousses en dedans, plus ils te sortent par les oreilles.»

L’humoriste a aussi joué de la longévité de son propre couple (19 ans) pour faire rire un max sur les différences entre les sexes, éternelle et intarissable source de blagues s’il en est une. Avec, d’un côté, les filles qui se content leurs problèmes d’intolérance au gluten ou leur peine d’amour autour d’une camomille; de l’autre, les gars rassemblés dans le garage, autour d’une motoneige, et qui ne savent pas quoi se dire, sinon des évidences, genre : «C’t’un ski-doo, ça?»

Les premiers contacts avec les nouveaux chums/blondes de ses amies/amis ont également donné lieu à quelques bonnes lignes. Surtout si le nouveau chum en question est professeur de littérature et que la nouvelle blonde a des attributs physiques qui, comme le nez de Cyrano, la devancent de 15 minutes...

Généreux avec ses jeunes fans déjà comblés, Laprise a eu la gentillesse, après le spectacle, de se faire prendre en photos avec des groupes, sur la scène. Pour rester dans le thème du spectacle, c’est ce qu’on appelle un artiste qui s’occupe de son public.