Zaz, au Grand Théâtre de Québec

Pétillante ZAZ

CRITIQUE / Pétillante un jour, pétillante toujours, pourrait-on dire de la chanteuse ZAZ. La vedette française a soulevé vendredi un Grand Théâtre rempli à ras bord avec une proposition qu'on pourrait d'emblée qualifier de plus sage que ce à quoi elle nous a habitués. Mais une fois de plus, sa grande voix et son immense personnalité ont fait mouche.  
Le concept à la base n'était peut-être pas le plus neuf : un album de reprises de chansons françaises en hommage à Paris. Mais tant qu'à plonger, ZAZ ne l'a pas fait à moitié, ne boudant pas ses envies de jazz et mordant à belles dents dans le répertoire emprunté à Maurice Chevalier, à Piaf, à Léo Ferré, à Aznavour ou à Joe Dassin. Avec son timbre unique et son énergie inégalable, elle a surtout su le mettre à sa main. 
La même recette appliquée sur scène (et pimentée de quelques-uns de ses succès à elle) avait tout pour fonctionner. Et force est d'admettre que la chanteuse a mis toutes les chances de son côté en s'entourant d'une redoutable machine musicale, qui s'est gonflée à mi-parcours d'une section de cuivres et des harmonies du quatuor vocal QW4RTZ. 
En grande forme, authentique et engagée (elle a offert vendredi une tribune à l'organisme YWCA et à son projet Kaléidoscope), ZAZ s'est imposée comme le moteur de cette mécanique musicale. Une voix de diva, sans la prétention qui va avec. Et elle a en boni elle-même joué les magiciennes en maniant à quelques reprises le thérémine. 
Isabelle Geffroy de son vrai nom a travaillé fort pour mettre le public du Grand Théâtre dans le coup et pour que la fête s'envole. Fallait la voir frapper sur son avant-bras pour inciter la foule à battre la mesure ou faire des mouvements explosifs de tout son corps pour l'encourager à chanter plus fort. Après avoir avancé quelques insinuations pour que les spectateurs quittent leur siège - du genre : «On peut danser si on a envie. Moi, j'aimerais bien ça...» -, elle a sorti les gros canons au moment d'entonner le succès On ira en hurlant : «Debout!» Message reçu, Mme ZAZ... pour un petit moment, du moins. 
Les fans réunis vendredi au Grand Théâtre n'étaient peut-être pas les plus dansants, mais ils ne se sont pas montrés passifs pour autant, très réceptifs à la proposition et prompts à répondre aux invitations de se dégourdir les cordes vocales. À ce titre, ils ont eu droit aux félicitations de la vedette au terme d'un exercice de vocalises collectives pendant I Love Paris : «La vache! a lancé ZAZ. C'est génial! C'est l'une des premières fois que tout le monde suit tout!»