Petula Clark a offert à son public dimanche soir un heureux mélange de «vieilles chansons» et quelques titres de son plus récent album, «Vu d’ici».

Pétillante Petula Clark

CRITIQUE / Que fais-tu là Petula? Dimanche soir, à la salle Albert-Rousseau, la réponse à la question était on ne peut plus évidente. Petula Clark était là pour combler ses admirateurs et pour montrer qu’elle chante encore magnifiquement bien, avec une énergie incroyable, à l’âge de 85 ans.

Appuyée par cinq musiciens, la plus québécoise des chanteuses anglaises a offert à son public un heureux mélange de «vieilles chansons» et quelques titres de son plus récent (et très réussi) album, Vu d’ici, enregistré récemment à Montréal sous la direction de Louis-Jean Cormier et d’Antoine Gratton.

C’est par une ovation debout que la chanteuse a été accueillie par des fans conquis d’avance. Avec un bel entrain et un plaisir non dissimulé de revenir «dans ce pays que j’adore», elle a ouvert le bal avec Happiness, suivi d’un Je me sens bien chaleureusement applaudi. Oh yep, yep, yep! Oh yep, yep, yep!

Le ton de la soirée était donné, la star alternant avec bonheur les chansons dans les deux langues pendant près de deux heures. My Love, J’ai tant d’amour à te donner, Que fais-tu là Petula?, Chariot, les succès se sont succédés.

C’est avec émotion qu’elle a revisité, dans une version plus douce que l’originale, l’hymne des insomniaques déprimés, la très belle La nuit n’en finit plus, reprise du succès de 1964 Needles and Pins, du groupe The Searchers.

Gainsbourg et Chaplin

La blonde chanteuse s’est faite généreuse en anecdotes sur ses rencontres avec quelques personnalités. Ainsi est-elle revenue sur l’épisode du verre de bière échappé dans son piano par le «timide» Serge Gainsbourg, «que j’ai connu avant qu’il ne devienne Gainsbarre. Cette collaboration devait aboutir à La gadoue, reprise plus tard par Jane Birkin. «Mais je sais que c’est pour moi qu’il a composé la chanson…» a-t-elle lancé, taquine.

Il y a eu aussi, a-t-elle rappelé, un certain Charlie Chaplin, «un grand monsieur», qui l’a un jour invitée chez lui, à Genève, pour lui proposer un air qui figurera plus tard au générique de La comtesse de Hong-Kong, mettant en vedette Marlon Brando et Sophia Loren.

«Sophia est une femme magnifique, très gentille, mais elle me rend malade cette femme, anyway…» a-t-elle lancé avec une pointe d’humour à l’endroit de l’actrice italienne avant d’entonner C’est ma chanson, reprise en chœur par la foule.

La grande dame s’est installée au piano, le temps de reprendre Pour être aimée de toi, composée en collaboration avec un Charles (prononcé à l’anglaise) Aznavour qui, lors de leur rencontre, en avait davantage pour ses oliviers du midi de la France…

Le temps de changer de vêtements, de se parer de quelques bijoux et de s’attacher les cheveux, la chanteuse est revenue avec autant d’entrain pour la deuxième partie. Son célèbre Personne ne veut mourir a été interprété avec une énergie communicative et beaucoup d’humour. De toute évidence, Petula Clark est loin de vouloir quitter ce monde et la salle ne s’est pas fait prier pour l’appuyer dans son désir d’immortalité.

Moment d’émotion

La chanteuse a emprunté avec dérision l’accent québécois pour introduire Le chemin de la gare, (de la «gâre…), très belle chanson composée pour elle par Louis-Jean Cormier. Puis, immense moment d’émotion avec Un enfant, «un beau cadeau», offerte par Jacques Brel à l’époque où elle assumait la première partie de ses spectacles.

La soirée s’est terminée par une très solennelle adaptation de la chanson thème du film Evita (Don’t Cry for me Argentina), sans oublier, il ne pouvait en être autrement, son célèbre Downtown (Dans le temps).

«Merci pour toutes ces années ensemble» a-t-elle lancé à une foule comblée, après l’interprétation de Jamais adieu, chanson de clôture on ne plus appropriée pour la pétillante Petula.