Inspiré d’un fait divers terrible qui implique un enfant, «Origami» met en vedette François Arnaud.

Patrick Demers signe un thriller fantastique avec Origami

Quand la tragédie frappe, combien de personnes aimeraient retourner en arrière pour éviter qu’elle se produise? Retourner en arrière pour changer le cours des événements, Louis Morissette en a fait l’an dernier le cœur de la télésérie «Plan B». Au tour du réalisateur Patrick Demers de s’aventurer sur le terrain spatio-temporel avec le thriller fantastique «Origami».

Un voyage dans le temps? C’est du moins ce que croit le spectateur dans la première portion du film, explique Demers en entrevue téléphonique au Soleil. «Le scénario est conçu au début dans la perspective du personnage de David (François Arnaud). Le spectateur voit les choses et les comprend en même temps que lui. On comprend ce qu’est le sentiment de perdre contact avec la réalité. Et quand on retourne sur terre, comment ça peut être tellement dur qu’on souhaite retourner dans notre tête.»

David, un jeune artiste spécialisé dans les estampes japonaises, commet une bourde irréparable qui changera sa vie à jamais. En équilibre psychique précaire, le père de famille vivra les conséquences de son geste entre réalité et imaginaire, au gré d’un internement hospitalier et d’une rencontre avec un écrivain nippon, auteur d’un livre sur le voyage dans le temps. Difficile d’en dire davantage pour éviter de passer pour un divulgâcheur…

Le réalisateur Patrick Demers renoue avec le long-métrage huit ans après Jaloux.

«Je ne vois pas ce film comme un voyage dans le temps, mais davantage comme l’histoire d’un homme qui perd contact avec la réalité parce qu’elle est trop dure à avaler», explique le réalisateur, qui renoue avec le long-métrage huit ans après Jaloux.

Projet ambitieux
Plus ambitieux que ce premier film, avec un budget 20 fois plus important, le cinéaste a sauté dans le train d’Origami après la lecture du scénario d’André Gulluni et de Claude Lalonde, inspiré d’un terrible fait divers impliquant un enfant. En cours de route, le comédien François Arnaud (J’ai tué ma mère) s’est joint à l’équipe, à la grande satisfaction du cinéaste.

«J’étais bien content qu’il soit là, car c’est un scénario qui repose beaucoup sur le personnage principal. C’est son visage qu’on voit presque tout le temps. Ça prenait quelqu’un de solide pour mener la barque à bon port. François était le comédien parfait. Il a le charisme nécessaire pour aborder un sujet aussi difficile. C’est quelqu’un de très minutieux.»

Pour la suite des choses, Patrick Demers est déjà en préparation d’un troisième film, «une histoire de vengeance au féminin» adaptée d’un roman noir québécois dont il préfère garder le titre secret.

Origami prend l’affiche le 27 avril.