Une oeuvre d'Elsa Tomkowiak lors de la présentation des Passages insolites de 2016

Passages insolites: le défi du patrimoine

La 5e présentation des Passages insolites, ce parcours libre semant des œuvres étonnantes dans le Vieux-Port et le Petit-Champlain, sera sous le signe de la collaboration. Dix-huit créateurs signeront neuf œuvres, dont huit nouvelles, alors que l’art s’alliera au patrimoine et que l’architecture éphémère s’immiscera chez un restaurateur.

«Pour célébrer les 5 ans des Passages insolites, nous leur avons lancé le défi du patrimoine», a annoncé Alicia Despins, responsable de la culture, de la technoculture et des grands évènements à la Ville de Québec.

La conseillère municipale de Vanier-Duberger s’est aussi réjouie que des œuvres des moutures précédentes des Passages insolites soient présentées dans les arrondissements qui ne font pas partie du centre-ville, qui ont souvent moins l’occasion d’accueillir de l’art actuel. Les œuvres et les lieux de ce nouveau volet des Passages insolites, baptisé Circulation, seront dévoilées le 28 juin, lors du vernissage des nouvelles propositions.

Le sculpteur Jean-Robert Drouillard et le duo formé de l’artiste visuel Jacques Samson et de la cinéaste Catherine Breton créeront avec l’historien José Doré deux œuvres collaboratives ancrées dans l’histoire de Québec. La première s’intitulera Un monument pour Mary Ann. Drouillard, qui s’inscrit dans la tradition des sculpteurs sur bois de Saint-Jean-Port-Joli tout en ayant une approche on ne peut plus contemporaine, s’est intéressé à un fait historique méconnu tournant autour des femmes et des Autochtones. La seconde a été baptisée Dans l’temps et jumèlera vidéo et sculpture, «dans une ambiance Quai du Roy», tout en évoquant l’éboulement du Cap Diamant, a annoncé Vincent Roy, directeur général et artistique d’EXMURO arts publics, qui chapeaute les Passages insolites.

Vincent Roy, directeur général et artistique d’EXMURO, et la conseillère municipale Alicia Despins

Architectes en herbe

Le restaurant Laurie Raphaël accueillera sur sa terrasse une œuvre dont le titre est à déterminer qui sera conçue par des étudiants au baccalauréat en architecture de l’Université Laval (Léanne Bolduc, Philippe Champagne, Francis Lavoie, Antoine Michel et Karine Taillon) qui forment le Collectif 5. «On pourrait résumer leur approche en disant qu’ils explorent comment faire de l’art avec des tuyaux d’égout [propres]», note M. Roy.

Un autre collectif étudiant, composé cette fois de trois candidats à la maîtrise en architecture (Francis Gaignard, Sandrine Gaulin et Gabriel Lemelin), signera une installation intitulée Les piliers du post postmodernisme.

«On remarque qu’il y a une certaine tangente engagée cette année, des discours plus sociaux qui se dégagent des œuvres», souligne Vincent Roy. «Les artistes évoquent l’avenir de l’humanité et le monde dans lequel on vit, où l’intelligence est artificiel et les catastrophes, naturelles.»

De Québec, Isabelle Demers et Fanny Mesnard, qui créent des univers fantastiques à partir de la faune et de la flore de la forêt boréale, signeront Les heureux naufragés. Fannie Giguère fera quant à elle «un pied de nez aux nouvelles technologies» avec La tête ailleurs, qui comprendra une vidéo «100 % mécanique». 

Brandon Vickerd, professeur de sculpture à l’Université d’York, concevra Alouette, d’après le nom du premier satellite canadien envoyé dans l’espace. Le Madelinot Jean-Yves Vigneau, établi à Gatineau, jouera avec la marée comme métaphore du mouvement perpétuel avec Les fleurs d’eau

On pourra aussi revoir TTTourner, du Torontois Robert Hengeveld, qui était situé derrière le Musée de la civilisation l’an dernier, dans un nouveau lieu près des infrastructures de VIA Rail. L’œuvre invisible pour les passants peu attentifs fait tourner doucement un arbre grâce à un mécanisme sous-terrain. 

La Ville de Québec a affecté 315 000 $ pour les Passages insolites cette année, comparativement à 250 000 $ et 15 000 $ en services l’an dernier. Info : exmuro.com