Pascale Picard

Pascale Picard replonge dans Me, Myself and Us

Il y a 10 ans, Pascale Picard amorçait sa carrière sur les chapeaux de roue avec Me, Myself and Us, qui s'est écoulé à pas moins de 300 000 exemplaires. La chanteuse soulignera cet anniversaire à sa façon, le 17 février, profitant de son passage à l'Anti pour interpréter toutes les chansons de son premier album.
«Pour moi, c'est un album significatif, pas juste le succès qu'il a connu, mais pour toute l'histoire qu'il y a autour, indique l'artiste. C'est mon premier, il a fait beaucoup de chemin et il a rejoint beaucoup de personnes, mais je n'avais pas l'intention de faire quelque chose de particulier pour souligner l'anniversaire...»
Tout au plus, elle s'attendait à marquer le coup avec une publication dans Facebook. Modeste, la Pascale? C'est qu'elle regardait davantage vers l'avant. Elle prévoyait en effet mettre son énergie sur de nouvelles chansons qu'elle aurait partagées au printemps. À cela est venue s'ajouter la maternité : une petite fille se pointera le nez vers la fin avril. La future maman souhaite donc être pleinement disponible pour son enfant et elle veut voir, aussi, comment ce changement dans sa vie personnelle pourrait trouver un impact sur le plan créatif...
N'empêche, il restait deux concerts avec son band à l'agenda avant qu'elle ne s'éclipse et l'occasion était belle. Avec son complice de longue date Philippe Morissette (basse), le batteur Sébastien Dubois et le guitariste Simon Kearney, elle interprétera donc l'ensemble des pièces de Me, Myself and Us, avec une approche unplugged à travers ses autres compositions.
Un succès «collectif»
Pascale Picard ne le cache pas, la période de Me, Myself and Us est certainement la plus folle qu'elle ait connue. Elle s'est retrouvée dans un tourbillon que personne n'avait vu venir et qui l'a menée jusqu'en Europe. «La maison de disques à l'époque avait imprimé 7000 copies de l'album, ce qui est gros aujourd'hui, mais à l'époque, c'était des pinottes et finalement, ç'a été back order partout dans les premières semaines.
«J'ai senti que c'était un succès populaire, poursuit-elle. J'ai senti que les médias ont beaucoup embarqué. Ce n'était pas comme la maison de disques qui met de l'argent sur un artiste pour qu'il se fasse voir. Les médias, tout le monde m'a donné un coup de pouce. On dirait qu'on a fait ça en gang, cette histoire-là!»
Comme Pascale aime le rappeler, aucune des pistes de l'album n'avait été jouée sur scène avant d'être enregistrée. Les choses se sont donc bousculées à un rythme effréné et elle a dû apprendre le métier à toute allure. 
«C'est comme un 2, 3, 4 ans et il y a eu bien trop d'affaires là-dedans, commente-t-elle. Je ne peux pas dire que ç'a été ma période la plus heureuse, nécessairement. C'est la plus belle chose qui me soit arrivée, mais quand tu passes de classer des radiographies dans une shop ou de servir des patates frites à la Belle Province à te faire reconnaître quand tu vas faire ton épicerie, c'est beaucoup d'affaires à gérer pour une petite fille...»
Une chanteuse différente
Bien de l'eau a coulé sous les ponts depuis cet enregistrement, qui abritait notamment la chanson Gate 22 et Smilin'!!. Les lendemains ont été parfois difficiles, ce qui ne l'a pas empêchée de lancer deux autres albums, ainsi qu'une bande sonore. Si elle ne changerait rien à ce qu'elle a fait, c'est avec une approche forcément différente qu'elle livre aujourd'hui ce matériel.
«Comme musicienne, j'ai évolué, ma voix s'est placée autrement, il y a beaucoup de choses qui changent. Je pense que j'écris encore aujourd'hui comme je parle. J'aime ça comme ça, c'est simple. J'ai pu, des fois dans mon parcours, me poser trop de questions. Mon deuxième album est un peu trop cérébral, puis j'ai fait une trame sonore pour Trauma et ça m'a ramenée à ce qu'est une chanson, à la base, à enlever des artifices et je pense que ç'a paru sur mon dernier album. C'est tout un processus, mais je me reconnais dans chacun des albums et je me trouve chanceuse.»
Outre le concert de Québec, qui affiche complet, Pascale Picard fera un autre spectacle soulignant les 10 ans de Me, Myself and Us le 17 mars, au Magasin général Lebrun de Maskinongé.
Un prochain album... solo
En reportant la parution de son quatrième album de matériel original à 2018, Pascale Picard veut se garder toutes les portes ouvertes sur le contenu et la direction artistique. Elle a appris à travailler davantage sur des textes en français, quoique l'anglais reste encore ce qui est le plus facile et le plus naturel pour elle. Elle a une certitude, cependant : elle veut élaborer ses chansons en solo du début à la fin. «Ce ne sera pas guitare-voix, précise-t-elle, il y aura d'autres musiciens, mais ce ne sera pas un compromis à quatre pour faire des arrangements. Je veux travailler avec un réalisateur, qui va peut-être amener sa touche, plutôt que ça vienne du band, cette fois-là. Mais je me garde ouverte. Je ne sais pas où ça va me mener. J'ai envie de voir ce que ça va changer dans ma vie d'avoir un enfant et ce que ça va m'inspirer. J'ai envie de partir toute seule comme une grande!»