Papa Roach a retrouvé mardi ses fans de la capitale dans une salle Louis-Fréchette bondée et survoltée. Au menu : des décibels en masse et une solide dose d’amour rock partagé.

Papa Roach: du «fucking» amour dans l’air!

CRITIQUE / Un an et demi après s’être produit au Centre Vidéotron, Papa Roach a retrouvé mardi ses fans de la capitale dans une salle Louis-Fréchette bondée et survoltée. Au menu : des décibels en masse et une solide dose d’amour rock partagé. Ou plutôt de «fucking» amour, pour emprunter le vocabulaire du leader Jacoby Shaddix.

Depuis son entrée fracassante dans la vague nu metal du début des années 2000, la formation californienne a souvent fait escale dans la région. De quoi se bâtir un bassin de fans assidus. Et comme le groupe a eu l’occasion de tremper sa musique en terrain plus pop au fil des ans, il ratisse large dans le public qu’il attire. Certains moments moins pesants n’ont pas eu l’heur de plaire à tous, mardi, mais sur scène comme dans la foule, on pouvait s’accommoder : la mielleuse ballade Periscope aura par exemple offert aux unes l’occasion de chanter à tue-tête et aux autres une fenêtre pour aller faire un tour au bar avant le retour aux choses sérieuses. C’est toujours ça de gagné! 

Avec un neuvième album, Crooked Teeth, arrivé dans les bacs il y a moins d’un an, Papa Roach avait mardi plusieurs nouvelles chansons à offrir à son public, entre l’intense et très personnelle Help et les plus engagées (et pesantes) Born for Greatness ou None of the Above. Mais le groupe ne s’est pas privé de faire des bonds dans le temps — vieille de 18 ans, Between Angel and Insects fait toujours son effet… —, devant un parterre très réceptif. 

S’il n’a pas le langage le plus châtié du show-business, on ne pourra certainement pas reprocher à Jacoby Shaddix d’être sur le pilote automatique. Bon, certaines mimiques de rock star font un peu cliché ou sketch, comme ce moment dans My Medication où il a feint de recueillir l’amour des fans et de se l’injecter dans le bras… Mais il a l’air sincère dans ses confidences (il a fait référence à son passé d’alcoolique et à ses épisodes dépressifs) et ses remerciements chaleureux, ponctués du traditionnel gros mot en f, souvent bonifié de la classique référence aux mamans… 

«C’est vraiment bien de revenir à Québec. Je vous le jure, chaque fois qu’on voit le Canada français dans l’horaire de tournée, on se dit : “fuck yeah! On retourne dans l’Est”. C’est toujours génial ici. Je ne dis pas ça pour la forme, je le dis parce que je le sens», a lancé le chanteur, qui n’a pas ménagé ses efforts pour que le gâteau lève. Il carbure visiblement à l’énergie de ses fans, n’hésitant pas à s’offrir des bains de foule, quitte à piétiner au nom du rock les dossiers des abonnés de l’OSQ. Faut ce qu’il faut!

Généreux survol

Outre quelques références à d’autres artistes — ici un clin d’œil à Eminem ou à Queen, là une reprise en bonne et due forme de Blur —, Papa Roach a offert un généreux survol de sa carrière. 

Après un détour dans la très emo Scars, le rendez-vous s’est terminé comme on pouvait s’y attendre avec la locomotive Last Resort, qui nous a ramenés en cinq mots («Cut my life into pieces…») au début des années 2000. Le hit fondateur capable d’être à la fois indéniablement fédérateur et profondément déprimant (quand on s’attarde aux paroles suicidaires) a sans surprise galvanisé la foule, qui l’a repris d’une seule voix. Il n’y a pas à dire, le courant a passé, mardi.