Panorama: vu, lu et entendu cette semaine

LIVRE

Quentin Tarantino — The Iconic Filmmaker and His Work, *** 1/2, Essai, Ian Nathan

S’il y a un réalisateur contemporain qui mérite un traitement biographique — et iconographique —, c’est bien Quentin Tarantino. L’essai «non officiel et non autorisé» que lui consacre Ian Nathan peut autant contenter l’inconditionnel, qui y découvrira des détails révélateurs de son parcours et de l’information sur les tournages, que le curieux, qui s’y voit offrir un vaste panorama informé et critique de l’œuvre du réalisateur de Pulp Fiction et Kill Bill. Le journaliste anglais a, de toute évidence, voulu éviter le livre savant. Il ne s’agit pas d’une analyse en profondeur de type universitaire. Mais plutôt celle d’un phénomène assez unique dans le cinéma récent, celle d’un auteur dont la personnalité — le mythe? — éclipse parfois la production, tout en étant doté d’une signature forte, reconnaissable au premier coup d’œil. Le livre (qui vient tout juste de sortir en français chez Gallimard) regorge de magnifiques photos et affiches, de Reservoir Dogs à Il était une fois… à Hollywood. Éric Moreault

MUSIQUE 

Somebody’s Knocking, ***, Rock alternatif, Mark Lanegan Band

Personne ne pourra reprocher à Mark Lanegan de reproduire sans cesse la même formule. Pour Somebody’s Knocking, 11e effort en solo ou avec son groupe, le chanteur à la voix rauque et traînante a décidé de revisiter de façon plus marquée le new wave des années 1980 : synthés planants ou minimalistes, batterie électronique répétitive, guitares avec du fuzz… Chaque morceau résonne des échos — évidents — de Joy Division et New Order, Depeche Mode, Sisters of Mercy et compagnie. On est loin de ses années grunge avec Screaming Trees ou de celles qui ont suivi où il mettait à sa main folk et blues acoustiques trempés dans l’alcool. Remarquez, la trajectoire depuis Blues Funeral (2012) démontrait un intérêt marqué pour les sonorités électroniques. J’apprécie modérément cette musique «piste de danse» contemporaine. La production s’avère impeccable, mais je savoure généralement plus ses morceaux plus abrasifs, presque absents ici... Éric Moreault