Panorama: vu, lu, entendu cette semaine

LIVRE

Apprendre sur le tas, essai de Boucar Diouf **1/2

Sur un ton tout ce qu’il y a de plus léger, au regard du thème abordé, Boucar Diouf livre un petit essai rigolo et instructif sur le «moufa» ou, si vous préférez, les excréments. Dans un premier temps, au fil de petits chapitres, l’humoriste biologiste offre plusieurs informations inédites sur les bouses dans le règne animal (ainsi l’éléphant produit 100 kg de crottes chaque jour), avant de brosser l’état des lieux chez l’être humain. Pour ceux qui n’ont pas trop le nez fin, plusieurs pages sont consacrées aux flatulences. Évidemment, le sujet du livre est prétexte à des jeux de mots «pipi-caca» dont Diouf ne se prive pas. In caca veritas… Normand Provencher

MUSIQUE

La Force, album électro-pop de La Force ****

Nous avions d’abord entendu la voix souple et magnétique d’Ariel Engle au sein du collectif Broken Social Scene et du duo AroarA, qu’elle a fondé avec son mari, Andrew Whiteman. Mais l’artiste montréalaise n’avait pas encore montré de quel bois elle se chauffe en solo. C’est maintenant chose faite… Et l’attente aura valu la peine! Sous le nom de La Force (emprunté au jeu de tarot), l’auteure-compositrice-interprète a brodé une solide collection électro-pop où se côtoient la vie et la mort, l’ombre et la lumière, la douceur et la force, justement. Petit bijou de mélodies, ce premier album très personnel donne l’occasion à son auteure de jouer dans plusieurs registres, de l’envoûtante You Amaze Me, une chanson d’amour dédiée à son mari, à la percutante Ready to Run, dansant coup de gueule inspiré de la crise des migrants, en passant par l’ondoyante Lucky One, qui prouve une nouvelle fois à quel point Ariel Engle sait imposer le respect avec sa voix sans donner dans la surenchère ou les grands excès. Geneviève Bouchard

LIVRE

Un poignard dans un mouchoir de soie, roman de Robert Lalonde ***

Écrivain prolifique, également homme de théâtre et de télévision, Robert Lalonde mène une belle carrière depuis la parution de son premier roman, La belle épouvante, sorti en 1981. Dans ce nouvel opus, Lalonde ramène à l’avant-scène un autre personnage d’adolescent, présent dans quelques-unes de ses œuvres précédentes. Le jeune Jérémie, un itinérant au passé trouble, servira de trait d’union à la rencontre entre un professeur de philosophie à la retraite et une actrice de théâtre à la mémoire défaillante. Avec une poésie omniprésente et le monde du théâtre en toile de fond (l’ouvrage est d’ailleurs divisé en trois actes), le romancier brosse le portrait de personnages liés par le destin, mais dont les histoires s’égarent parfois dans des chemins de travers, laissant trop souvent le lecteur sur sa faim. Normand Provencher

Nos cotes:  ***** Exceptionnel;  ****Excellent;  *** Bon;  ** Passable;  * À éviter