Panorama: vu, lu, entendu cette semaine

MUSIQUE

Love is Here to Stay, album jazz de Diana Krall et Tony Bennett ****

Diana Krall et le grand Tony Bennett, 92 printemps au compteur, réunis pour rendre hommage à la musique de George et Ira Gershwin, l’événement mérite d’être marqué d’une pierre blanche. De leurs voix feutrées qui se conjuguent à merveille, unis dans une belle complicité, les deux chanteurs revisitent dans cet album une douzaine de pièces du répertoire all american songs, appuyés par Bill Charlap (piano), Peter Washington (basse) et Kenny Washington (batterie). Du talent mur à mur qui insuffle une grâce de tous les instants aux reprises de chansons comme I’ve Got Rhythm, I’ve a Got a Crush on You et They Can’t Take Away From. La musique «doudou» idéale pour les soirées d’automne, au coin du feu, un verre à la main.   Normand Provencher

MUSIQUE

Chris, album électropop de Christine and the Queens ****

Chaleur humaine (2014), premier effort de Christine and the Queens, a connu un succès retentissant. La marche était haute pour Héloïse Letissier. Son successeur témoigne de l’effort dans l’accomplissement. Chris compte deux CD des mêmes chansons (sauf exception), en anglais et en français (que je préfère, avec un chant qui coule mieux). Cette dualité se veut un reflet d’une crise d’identité et du look androgyne qui vient avec (comme Bowie dans les années 70). Album de réinvention, donc, qui, à défaut d’originalité, joue la carte de l’efficacité et de l’actualité — Chris arrive à point nommé. L’auteure-compositrice-interprète, aussi productrice de l’œuvre, sait comment jouer de toutes les déclinaisons de l’électropop avec un indéniable flair mélodique — chaque morceau reste gravé dans la tête. Évidemment, les textes abordent les questions de genre, d’identité, d’aliénation, de normes et de contraintes sociales. Mais aussi d’amour. Et il y a une fragilité certaine. Difficile de faire la part d’authenticité (d’opportunisme?) dans la démarche, mais sur le plan musical, c’est un petit bijou pop (5 Dollars, Girlfriend, Goya Soda, entre autres), d’une efficacité redoutable.  Éric Moreault

MUSIQUE

La nuit est une panthère, album indie rock/pop de Les Louanges ****

Comme bien des jeunes artistes, Vincent Roberge, alias Les Louanges, a puisé dans ses influences pour trouver sa signature sonore. Et comme les siennes ratissent large (entre le jazz, le hip-hop, le R&B et la chanson québécoise…), le natif de Lévis avait l’embarras du choix. Disons qu’il s’est payé la traite (et à nous aussi, par extension) en composant le cocktail chansonnier gravé sur La nuit est une panthère, son premier album. Il se dégage une belle fraîcheur dans cette succession de pièces indéniablement mélodiques, portées par les synthétiseurs et le saxophone. D’un timbre haut perché et avec un flow souvent lent flirtant avec le rap, Roberge porte une poésie alternant entre le terre-à-terre («Missed la dernière L2 / Casualty, typique Lévis / Deux heures du matin / Encore stuck, chantier Davie», chante-t-il sur l’ode à son adolescence Tercel) et des territoires plus impressionnistes. Des couleurs musicales qui se démarquent et une personnalité bien affirmée. Ça promet pour la suite… Les Louanges offrira son spectacle pas trop loin de là où il a grandi, à L’Anglicane, le 29 novembre.  Geneviève Bouchard

Nos cotes: ***** Exceptionnel;  **** Excellent;  ***Bon;  ** Passable;  * À éviter