Panorama: vu, lu, entendu cette semaine

MUSIQUE

Choses sauvages, album indie-Pop-rock de Choses sauvages ***1/2

Nouveau venu chez Audiogram, le groupe Choses sauvages ne rate pas sa rentrée avec ce premier album éponyme. Réalisée par Emmanuel Éthier (Peter Peter, Jimmy Hunt, Bernhari), l’offrande de 10 titres déborde d’un bon groove qui prend ici et là des teintes planantes, mais qui s’offre plus souvent des envolées carrément disco. Armé d’une basse bien ronde, de synthés qui déboulent en cascades et du chant un peu éthéré de Félix Bélisle, qui porte des textes souvent trempés dans la mélancolie, le quintette brosse des tableaux musicaux funky et joliment construits. On se retrouve sur une mystérieuse piste de danse un peu hors du temps (on pourrait être en 1978 autant qu’en 2028)… Et c’est loin d’être déplaisant! Après une présence, la semaine dernière, au Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue, Choses sauvages se produira mercredi à l’Université Laval au désormais traditionnel Show de la rentrée. Geneviève Bouchard

MUSIQUE

Kamikaze, album hip-hop d'Eminem ***

«Revival didn’t go viral», chante Eminem sur Greatest, le deuxième morceau de son album-surprise Kamikaze, à peine huit mois après son prédécesseur. L’échec relatif de Revival explique la sortie rapide de ce nouvel essai. Après s’être dispersé et avoir beaucoup essayé sans réussir à tout coup, le rappeur de Detroit est revenu à la base: moins de collaborations, un flow d’enfer et des règlements de compte. Kamikaze aurait tout aussi bien pu s’intituler La rage. Car colère (et frustration) il y a, mais aussi une urgence dans ce court et intense effort produit en partie par Illadaproducer. Plus irrévérencieux et moins contemplatif, Kamikaze n’en est pas moins un essai à moitié réussi. En s’en prenant aux autres rappeurs, Eminem ressemble à un vieux qui radote et perd notre intérêt. Passe à autre chose si tu veux rester pertinent… On se serait attendu à mieux, honnêtement.  Éric Moreault

MUSIQUE

Marauder, album alternatif d'Interpol ****

Après El Pintor (2014), un album de transition, j’étais curieux d’écouter ce qu’Interpol aurait à proposer. Quinze ans après Turn On the Bright Lights, œuvre fondatrice du trio post-punk de New York, Marauder s’avère une très agréable surprise. Le groupe a décidé de se délester du superflu et d’aller à l’essentiel: 13 titres qui rockent comme jamais, mais tout en conservant l’esprit de sa signature sonore, amalgame contemporain de Joy Division et de Television. La voix de Paul Banks n’a jamais paru aussi assurée et présente sur les riffs hypnotiques de Daniel Kessler et la rythmique pesante de Sam Fogarino. En fait, disons plutôt que les gars n’ont jamais paru aussi inspirés depuis leurs débuts, tant sur le plan instrumental que lyrique (les paroles de Banks, plus personnelles tout en étant allusives, contribuent à traduire cette créativité renouvelée). Mais on retiendra surtout que Marauder est un recueil moins uniforme, qui varie les atmosphères et les tempos, tout en conservant les particularités du son de la formation. À chaque morceau, on sait que c’est Interpol. Et du bon Interpol.  Éric Moreault

LIVRE

Quatre Mélanie et demie, recueil de nouvelles/poésie de Justin Laramée ***1/2

Elles sont quatre filles de Gatineau portant le prénom plutôt générique de Mélanie. Elles n’ont pas la langue dans leur poche et racontent tour à tour, sous la plume dégourdie de Justin Laramée, un chapitre de leur vie. Nous passons d’une partie de chasse en famille qui vire mal à plus d’un point de vue à un lendemain de party de bureau qui va de l’extase au cauchemar. À une soirée de révélation sur fond des lumières qui flashent à la demande de Jean-Marc Parent à un règlement de comptes sur un stationnement désert. Puis, il y a cette demi-Mélanie qui vient discrètement lier les quatre autres. Parce qu’on comprend qu’une cinquième Mélanie forte en gueule, ça aurait pu être un peu trop… Récemment  ajoutée à la collection La Shop de Québec Amérique, cette plaquette niche quelque part entre la nouvelle littéraire, le roman, le poème en prose et le théâtre. Parfois cru, souvent drôle et surprenant, à un moment un peu prévisible (des histoires de toilettes bouchées, on en a vu et entendu une et une autre…), le texte de Justin Laramée coule avec beaucoup de naturel dans une langue vive, percussive et imagée.  Geneviève Bouchard

Nos cotes:  ***** Exceptionnel;  ****Excellent;  *** Bon;  ** Passable;  * À éviter