Panorama: lu, vu et entendu cette semaine

LIVRE

L’affaires des hommes disparus, *** 1/2, BD, Kris Bertin, Alexander Forbes

L’éditeur québécois Pow Pow a réussi un bon coup avec la publication de L’affaire des hommes disparus, premier tome des Mystères de Hobtown, ville fictive de la Nouvelle-Écosse. Écrit et illustré, dans l’ordre, par Bertin et Forbes, la BD propose un croisement improbable entre les 4 As et Twin Peaks! Personnages étranges et situations bizarres peuplent les pages de cette enquête criminelle basée, comme le titre l’indique, sur la disparition d’une demi-douzaine de cinquantenaires. Parmi eux, le père de Sam Finch. Le jeune ingénieur va s’adjoindre le club de détectives de l’école secondaire pour mener l’enquête. Jouant des clichés — la pipe de détective, par exemple… — et des codes du suspense avec un style rétro dont le trait évoque Réal Godbout (Red Ketchup), le duo offre une œuvre captivante et décapante. Un deuxième tome, déjà publié en anglais, sera disponible à l’automne. Éric Moreault

MUSIQUE

CHICKABOOM!, *** 1/2, Rockabilly/Soul, Tami Neilson

Tami Neilson avait semble-t-il envie de faire des flammèches avec son nouvel album. CHICKABOOM! remplit sa mission sans peine en 10 chansons et 24 minutes aussi percutantes que réjouissantes. La flamboyante chanteuse d’origine canadienne, mais maintenant établie en Nouvelle-Zélande, a convié son frère Jay dans son processus créatif. La magie familiale a opéré, tandis que le duo réussit à en mettre plein les oreilles sans donner dans la surenchère. Tout vient de la base : des guitares habiles, des mélodies efficaces et des voix en harmonie. Là-dessus, nous sommes servis avec Tami Neilson, interprète forte en gueule capable d’envolées aussi vertigineuses que son impressionnante coiffure. Un plaisir évident — et partagé — se dégage de l’ensemble, qui joue de nuances entre la sautillante ritournelle Tell Me That You Love Me, la ballade soul aussi puissante que lancinante You Were Mine ou le très chaleureux slow rétro Any Fool With a Heart. Besoin de vitamines? Allez-y sans modération. Geneviève Bouchard

MUSIQUE

The Slow Rush, ****, Indie-rock, Tame Impala

Cinq ans après l’acclamé Currents, Kevin Parker a retrouvé le noyau de sa création en s’attaquant au quatrième chapitre de son projet musical Tame Impala, The Slow Rush, après avoir notamment collaboré avec les Lady Gaga, Travis Scott, The Weeknd et Kanye West de ce monde. Celui que d’aucuns ont décrit comme le porte-étendard du rock psychédélique australien propose d’ailleurs sans doute ici son offrande la plus pop à ce jour. Une pop libre de toute idée de formatage et qui garde un côté champ gauche, on s’entend. Tous synthés dehors, Parker brode ici une réflexion sur le temps qui passe ultra mélodique, un peu sans âge, où les boucles envoûtantes (One More Year, servie en introduction) côtoient des envolées groovy (Breathe Deeper), entraînantes, voire carrément disco (Glimmer). Le tout en gardant une grande cohérence. Porté par la voix souple et haut perchée de l’auteur-compositeur-interprète, The Slow Rush nous ramène un artiste à la signature forte, au sommet de sa forme. Geneviève Bouchard