Panorama: lu, vu et entendu cette semaine

Ce que nous avons pensé des derniers albums de Greg Dulli, Puss N Boots et Justin Bieber.

MUSIQUE

Random Desire, ****, Rock, Greg Dulli

Greg Dulli a œuvré derrière le micro d’Afghan Whigs jusqu’en 2001, un groupe de rock alternatif méconnu qui a laissé une empreinte indélébile chez The National et Interpol, entre autres. Que ce soit ensuite avec The Twilight Singers ou Mark Lanegan, le chanteur à l’admirable voix de basse un peu rauque a continué à ravir nos oreilles. In Spades, avec une nouvelle mouture d’Afghan Whigs, s’est avéré l’un des meilleurs albums de 2017. Après la mort de leur guitariste, Dulli a décidé de travailler seul sur Random Desire — paroles et musique, mais aussi pratiquement tous les instruments. En résulte une œuvre cohérente, marquée au fer rouge par le deuil et les périls de l’existence. Du rock, oui, mais contemporain, avec de petites touches électro et rap, un piano omniprésent, des arrangements magnifiques et, comme toujours, ce talent rare à convier toute une gamme d’émotions dans les seules inflexions. Une belle réussite. Éric Moreault

MUSIQUE

Sister, **** 1/2, Americana, Puss N Boots

Puss N Boots forme ce qui se rapproche le plus d’un supergroupe féminin comme le fut celui de Dolly Parton, Linda Ronstadt et Emmylou Harris. Mais Trio (1987) était essentiellement country. L’éventail de Norah Jones, Sasha Dobson et Catherine Popper embrasse plus large, du jazz au pop-rock, comme on pouvait déjà le constater sur No Fools, No Run (2014). Et ces dames jouent de tous les instruments, en plus de composer seule ou ensemble, selon l’inspiration. La jazzy pièce-titre de Sister, un morceau collectif, repose sur la l’interprétation de Dobson et les harmonies vocales des deux autres. It’s Not Easy, une complainte folk rock, est chantée par Jones. Et ainsi de suite. Les Puss N Boots reprennent aussi bien Tom Petty (la très belle acoustique Angel Dream) que Concrete Blonde (Joey) et, surprise, Paul Westerberg (la méconnue It’s A Wonderful Lie). L’unité s’avère étonnante, les voix se mélangent à merveille et ça s’écoute avec le sourire aux lèvres. Éric Moreault

MUSIQUE

Changes, **, Pop/RnB, Justin Bieber

À sa dernière visite chez nous, il y a quatre ans, Justin Bieber n’allait visiblement pas bien : parler de «pilote automatique» tenait de l’euphémisme pour décrire sa prestation complètement déconnectée. Une fin de tournée annulée et une pause des projecteurs et un mariage plus tard, le chanteur a tout récemment donné suite à Purpose avec Changes, un cinquième album sur lequel il présente le visage plus apaisé de celui qui a retrouvé l’équilibre. Grand bien lui fasse. Mais à l’écoute de ses nouvelles chansons, on ne peut s’empêcher de penser que ce retour dans un créneau pop RnB manque cruellement de mordant et de relief. Le Canadien d’origine reçoit bien la visite de quelques rappeurs — dont Post Malone et Travis Scott — qui viennent un peu casser le rythme et l’extrait Intentions mitonné avec Quavo se veut plus vitaminé… Trop peu pour dissiper l’impression de gentille monotonie qui se dégage de l’ensemble. Justin Bieber est de nouveau attendu au Centre Vidéotron le 3 septembre. Geneviève Bouchard