Pochette du dernier album de Mika

Panorama: lu vu et entendu cette semaine

Musique

My Name is Michael Holbrook, HHH, Pop, Mika

Ces derniers temps, Mika a été plus occupé par la télé que par la musique : il a notamment été coach ou juge aux concours The Voice en France et The X Factor en Italie. Même qu’il faut remonter à près de cinq ans pour retrouver son dernier album de chansons originales, No Place in Heaven. Voilà le flamboyant chanteur de retour avec un disque qu’il a voulu plus personnel (son vrai nom orne la pochette) et sur lequel il décline sa pop sucrée dans de multiples teintes. Entre la feel good et très queenesque Tiny Love et la ballade guimauvée Ready to Call this Love, le polyglotte artiste joue la carte de l’éclectisme. On aime quand il se fait dansant avec les efficaces Dear Jalousy ou Stay High, moins quand il ressort la bouteille de sirop pour rendre hommage à sa sœur Paloma, victime d’un grave accident (quoique l’intention soit louable).  Geneviève Bouchard

Musique

Ode to Joy, ****,  Rock alternatif, Wilco

Quand un groupe annonce un hiatus, ce n’est jamais bon. Mais Wilco est l’exception qui confirme la règle avec Ode to Joy, après une pause de trois ans. Qui a, de toute évidence, permis à la formation de Chicago de rebrasser les cartes. Depuis 1994, les musiciens sont graduellement passés du country alternatif à un rock aventureux parfois jusqu’au-boutiste. Ce 11e album renoue avec une simplicité — presque monochrome. Les premières écoutes de ces chansons en majorité acoustique laissent interdits. Puis, peu à peu, l’oreille découvre la richesse et la subtilité de l’instrumentation et des arrangements, au service de la chaude voix de Jeff Tweedy. Son écriture n’y a jamais été aussi directe. Cette douceur n’empêche pas l’excellent guitariste Nels Cline de démontrer sa maestria habituelle chargée de tension, notamment sur Quiet Amplifier et We Were Lucky. Mais, surtout, Wilco affiche une remarquable cohésion. L’un des meilleurs groupes américains vient de livrer un des meilleurs albums de son illustre carrière. Ô joie!  Éric Moreault

Livre

La couleur du temps, *** 1/2, Essai, Dan Jones, Marina Amaral

La couleur du temps nous arrive un an après son succès de publication en anglais. Le pari était audacieux : résumer une Nouvelle histoire du monde en couleurs, comme son sous-titre l’indique, en misant sur 200 photos colorisées. La démarche a ses détracteurs, mais le succès de la série documentaire Apocalypse a prouvé l’avidité des gens pour le procédé. Marina Amaral y fait ici un superbe travail, sobre et précis, pour redonner une nouvelle vie à une riche iconographie. Des portraits célèbres, bien sûr, mais aussi des documents historiques importants. À ce propos, Dan Jones prend soin de replacer le contexte du cliché, mais aussi des évènements. Le journaliste et historien anglais effectue un remarquable travail de vulgarisation, même si on en éprouve vite les limites. La couleur du temps n’a pas la prétention d’être un ouvrage savant, plutôt un livre d’initiation à une période tumultueuse de l’Histoire, de 1850 à 1960, soit du règne de Victoria à la conquête spatiale, en passant par la montée du totalitarisme et les deux grandes guerres mondiales. À savourer à petites bouchées.  Éric Moreault

Musique 

Forward, *** 1/2, Pop-RnB, Liana

Liana aurait pu battre le fer pendant qu’il était chaud à sa sortie du concours télévisé La voix en 2015. Elle a préféré prendre son temps et travailler sa signature avant de lancer un premier album complet. C’est tout à son honneur. L’auteure-compositrice-interprète met de l’avant avec Forward une solide proposition dans un créneau pop-RnB pas si exploité au Québec. Comme chanteuse, Liana peut se faire explosive (elle l’a montré au petit écran). Avec son complice de création, Dominique Plante, elle a à l’inverse choisi de jouer la carte de la subtilité. Ça s’entend dans ces tableaux mid-tempo où les sonorités organiques (notamment les cordes, particulièrement porteuses sur Speechless) côtoient les programmations. Ça se confirme dans cette dentelle d’harmonies vocales que Liana a créée pour elle-même en superposant les pistes de voix. Les contrastes sont porteurs, ici. Et ils ne ratent pas leur effet.  Geneviève Bouchard