L'album <em>Mieux s’y voir</em>, Catherine Dagenais
L'album <em>Mieux s’y voir</em>, Catherine Dagenais

Panorama: lu, vu et entendu cette semaine

Musique

Concerta Fantasio ***1/2, Punk-rock, Mudie

Avec son deuxième album solo, Concerta Fantasio, Hugo Mudie s’offre en quelque sorte un voyage dans le temps. Sur la forme, l’ex-Sainte Catherines plonge à fond dans des sonorités punk-rock qui fleurent bon les années 90. Mais l’auteur-compositeur-interprète ne s’arrête pas de si bon chemin et propose des textes qui ramènent presque systématiquement à l’adolescence et à ses malaises… qui ne nous quittent pas nécessairement en vieillissant (Secondaire quatre en offre un solide exemple). La plume sans filtre et forte en images, Mudie cultive les références qui risquent de résonner fort aux oreilles de ceux qui ont vécu leur jeunesse à la même époque que le presque quarantenaire. Ça fait parfois sourire (Pennywise & Cypress Hill), ça peut aussi être troublant d’honnêteté (Track and Field). Notre homme livre en fin de parcours avec Toujours froid un très chouette hommage à ses années folles au sein des Sainte Catherines. «Je referais la même chose exactement», y chante-t-il. De la nostalgie? Certes. Mais qui rentre au poste. Geneviève Bouchard

Livre

Cette petite lueur ***1/2, Roman, Lori Larens

Lori Larens a imaginé l’action de Cette petite lueur dans un futur rapproché — en 2024. Dans ce monde pas si dystopique, la droite religieuse impose sa dictature de la pensée. Et on se met à croire qu’une telle dérive autoritaire pourrait prendre sa source dans une grande catastrophe comme une pandémie… Rory Miller et sa meilleure amie Feliza Lopez sont en fuite, avec des Croisés aux trousses, parce qu’elles auraient commis un attentat à leur Bal de la pureté américaine. Rory raconte les événements en temps réel, avec des retours en arrière, pour s’inquiéter des tares de l’Amérique : puritanisme, sexisme, nationalisme, racisme, xénophobie, intégrisme. Une réserve, toutefois. Impossible de croire que la narratrice puisse taper autant de mots en un si court laps de temps même si elle en a «mal aux mains». Mais en choisissant de confier le clavier à une ado de 16 ans, l’autrice (Les Filles, Les égarés) prend le pari d’une certaine légèreté et d’illustrer la perte de l’innocence d’une fille qui en a pourtant vu d’autres. Cette claire mise en garde contre les dérives sociopolitiques s’avère, en plus, prenante! Cette petite lueur n’est offert qu’en version numérique. Éric Moreault

<em>Cette petite lueur</em>, Lori Larens

Musique

Mieux s’y voir ***, Folk-rock, Catherine Dagenais

En écoutant Mieux s’y voir, premier disque de Catherine Dagenais (après le microalbum Du sol à la tête en 2018), on souhaite que l’autrice-compositrice-interprète nous donne davantage accès à elle en se réfugiant moins derrière des métaphores sibyllines, parfois forcées ou dépourvues d’âme, tel le refrain de Dégriser. Heureusement, l’ancienne finaliste 2016 du Festival de la chanson de Granby dégage plus d’émotion sur certaines plages, notamment le lâcher-prise de la rythmée Jouer dehors ainsi que toute l’empathie de Passe par ma fenêtre et, surtout, de Sortir de ta tête, très d’actualité avec son propos antianxiété. Ce crescendo vers l’intime se conclut bellement avec Démêler nos corps, où l’on touche enfin à quelque chose. Si elle est d’une enviable pureté, la voix reste souvent timide, ce qui limite un peu l’ampleur des mélodies, mais, en guise de compensation, il y a la grande générosité des arrangements et de l’instrumentation (superbes cordes), la beauté des chœurs et la maîtrise de la réalisation, cosignée par l’artiste. Steve Bergeron, La Tribune