Panorama: Lu, vu, entendu cette semaine

Livre

La partie n’est pas terminée, Essai de Jean-Pierre D’Auteuil et Jean-Philippe Otis  ****

Le Tournoi international de hockey pee-wee de Québec, le plus prestigieux du genre au monde, a trouvé un livre à la hauteur de sa réputation. Les 60 ans d’histoire de l’événement fondé par Gérard Bolduc sont scrutés à la loupe par les deux auteurs qui se sont livrés à une recherche de moine. Au gré de près de 300 pages, chaque édition de l’événement est décortiquée à travers photos, anecdotes, statistiques et faits saillants. Ici et là, on reconnaît les bouilles juvéniles de plusieurs hockeyeurs de l’époque devenus des étoiles dans la LNH : Mario Lemieux, Patrick Roy, Patrice Bergeron, Guy Lafleur, Vincent Lecavalier, Martin Saint-Louis... Du travail de pro. Normand Provencher

Musique 

Who do You Trust? Rock, Papa Roach *** 

Après avoir vécu la belle époque du nu metal il y a déjà une vingtaine d’années, Papa Roach continue de faire des vagues dans une industrie où plusieurs de ses confrères de la première heure ont vu leur étoile pâlir. Le groupe rejoint mensuellement plus de sept millions d’auditeurs sur la plateforme Spotify, ce qui est plus que respectable. Si le pari d’ouvrir son rock pesant à des sonorités parfois plus pop a pu décevoir les purs et durs, il a certainement été payant pour la bande de Jacoby Shaddix. Explorant plusieurs influences, le 10e album des Californiens ratisse large et en donne un peu pour tous les goûts : la pesante Renegade Music offre un clin d’œil à Rage Against the Machine; d’une facture pop radiophonique, Come Around y va d’un message d’encouragement, sorte d’antithèse au brûlot suicidaire Last Resort qui a fait connaître le groupe à large échelle; la courte I Suffer Well propose une parenthèse au riff frénétique et au chant éraillé… Bref, ça va un peu dans tous les sens. Mais ce qui ne se dément pas, c’est que les vétérans ont toujours le sens de la mélodie et ne semblent pas près de manquer d’énergie. Geneviève Bouchard

Livre

Corruption, Roman, Don Winslow ****

Auteur d’une vingtaine de romans policiers, dont La griffe du chien (Fayard, 2007) et Cartel (Seuil, 2016), deux chefs-d’œuvre dans lesquels il s’intéresse à la montée en puissance des narcotrafiquants, Don Winslow récidive avec Corruption, mon polar favori de la défunte année 2018! L’intrigue se déroule à New York et met en scène le sergent Denny Malone, leader charismatique de la Force, une unité d’élite qui fait régner la loi et l’ordre dans les rues de la ville. Pour ce groupe fortement soudé et terriblement efficace, grâce à des méthodes souvent peu orthodoxes, tous les moyens sont bons pour combattre le crime, car ces policiers sont convaincus que quand tout le système est pourri, il faut jouer selon ses propres règles. Mais lors d’une descente chez un dealer, soucieux d’assurer leurs vieux jours, Malone et ses hommes détournent à leur profit une partie d’une grosse saisie d’héroïne valant 4 millions $. Dès lors, le FBI s’en mêle, arrête Malone et va l’obliger à dénoncer ses complices. Renié par ses alliés, il devient la cible des mafieux et des politiciens corrompus, dont il connaît tous les secrets. Le jeu de massacre peut commencer. Mené à un train d’enfer, ce polar est passionnant du début à la fin! La Presse

Livre

Les fils de la poussière, Roman, Arnaldur Indridason *** 1/2

Après nous avoir gâtés avec l’excellente Trilogie des ombres, les éditions Métailié nous proposent Les fils de la poussière, le premier polar d’Arnaldur Indridason, dont la version originale est parue en 1997. C’est aussi la première enquête du commissaire Erlendur et de sa fine équipe, affaire qui commence avec le suicide de Daniel, un quadragénaire interné dans un hôpital psychiatrique de Reykjavik, au moment même où un vieil enseignant, qui l’a eu comme élève, meurt dans l’incendie de sa maison dans des circonstances louches. Quel est le rapport entre les deux hommes? Alors que Palmi, le frère de Daniel, mène sa propre enquête, l’équipe d’Erlendur met au jour une triste histoire de tests pharmaceutiques et génétiques menés sur une classe de cancres des bas quartiers, des enfants, des «fils de la poussière» avec qui on peut tout se permettre! Du coup, l’affaire bascule dans l’horreur alors que la police et Palmi découvrent l’abominable finalité des recherches menées à l’insu des gamins. D’excellente facture, ce premier récit de procédure policière, qui flirte avec la science-fiction, met en scène un commissaire Erlendur qui n’est pas encore le vieux ronchon torturé des romans suivants. La Presse

Musique

Negro Swan, Brit pop, Blood Orange ****

Le quatrième album studio de Devonté Hynes, alias Blood Orange, est un pur délice. La délicatesse et le raffinement au programme de ce Negro Swan sont tout simplement remarquables! Autour de chansons pop, soul ou hip-hop à l’anglaise parfois aromatisées de jazz ou même de gospel, ce surdoué arrange et réalise des environnements texturés, enveloppants, très sensuels, fastes constructions mélodico-harmoniques, probablement trop complexes et trop subtiles pour fédérer le grand public. Ce que les uns considèrent comme une succession de parenthèses décousues et informes sera perçu par les autres comme de brillantes transgressions pop. Chœurs, claviers acoustiques ou synthétiques, instruments à vent, cordes électriques, extraits de conversations privées, bidules électroniques et logiciels sont au service d’un songwriter supérieur, contre-ténor de culture afro-britannique, habité par les esprits de la musique. Chose certaine, tout féru de grande musique populaire ne peut plus ignorer le talent exceptionnel de Dev Hynes, esthète parmi les esthètes. La Presse

Nos cotes : 

Exceptionnel *****

Excellent ****

Bon ***

Passable **

À éviter  *