«Au début, on recevait des courriels de gens heureux de pouvoir accéder aux collections numériques, mais aussi de personnes désemparées qui disaient: “Je ne peux pas croire que je n’aurai plus accès à ma bibliothèque.”», raconte M. Chouinard
 «Au début, on recevait des courriels de gens heureux de pouvoir accéder aux collections numériques, mais aussi de personnes désemparées qui disaient: “Je ne peux pas croire que je n’aurai plus accès à ma bibliothèque.”», raconte M. Chouinard

Pandémie ou pas, le rôle «essentiel» des bibliothèques publiques

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
Avec leur thème «Ma biblio : toujours à mes côtés!», les 1051 bibliothèques publiques de la province soulignent leur travail colossal accompli au cours des derniers mois pour offrir livres, connaissances et divertissement à tous. Du 17 au 24 octobre, elles marqueront leur transition numérique et réaffirmeront leur rôle «essentiel» dans la communauté.

Quand commerces, écoles, salles de spectacle, cinémas, restaurants et compagnie ferment leurs portes en mars, les bibliothèques ne font pas exception au confinement. Prises de cours, les équipes responsables se tournent alors vers les outils technologiques à leur portée. «Dans cette situation, le livre numérique devient tout naturel», explique Denis Chouinard, président de l’Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ).

Un peu partout dans la province, les établissements augmentent alors leur offre de services à distance : livres numériques, création de nouvelles plateformes web, activités en ligne et sur les réseaux sociaux, etc. C’est aussi la naissance du prêt sans contact, de la livraison de livres à domicile et de l’abonnement en ligne, raconte M. Chouinard. Selon lui, de ces services et de ces nouvelles infrastructures, une grande majorité resteront et s’établiront dans les bibliothèques même lorsque tout reviendra à la normale.

«Par contre, c’est sûr que le livre imprimé va rester la méthode privilégiée même après la pandémie. Assurément, parce qu’on a plus de titres papier et parce que les gens y sont plus habitués», nuance-t-il.

Denis Chouinard, président de l’Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ).

Malgré tout, M. Chouinard admet que cette fermeture et ce virage technologique auront permis aux visiteurs «d’apprivoiser le livre numérique» et audionumérique. Le site web pretnumerique.ca, «la plateforme de prêts de livres numériques en bibliothèques publiques», a vu une augmentation de ses prêts de 117%, selon les données de l’ABPQ. Quant aux livres audionumériques, l’association remarque une augmentation «fulgurante» de 557%.

Au cœur de la communauté

Des derniers mois, le président de l’ABPQ retient surtout une chose : l’amour des citoyens pour leurs bibliothèques publiques. «On l’a vu à différentes étapes. Au début, on recevait des courriels de gens heureux de pouvoir accéder aux collections numériques, mais aussi de personnes désemparées qui disaient: “Je ne peux pas croire que je n’aurai plus accès à ma bibliothèque.”», raconte M. Chouinard, qui souligne notamment l’engouement pour le prêt sans contact lors de la réouverture des établissements en juin.

Selon lui, depuis quelques années, il y a un réel effort de faire de ces édifices un lieu de partage et de rencontre.  La pandémie et le confinement du mois de mars auront mis en lumière l’importance de ces lieux «accueillants, invitants, agréables, où les gens peuvent passer du temps pour lire, s’instruire, s’éduquer, participer à des activités et passer du temps».

Alors que plusieurs ont souligné la nécessité de ces endroits qui sont parfois le seul accès internet de certains citoyens, «ce n’est pas une nouveauté. L’aspect communautaire ou l’impact auprès des citoyens, la bibliothèque comme service central offert à l’ensemble de la population, ça existait bien avant la pandémie. C’est notre rôle habituel», affirme M. Chouinard.

Questionné sur le futur des établissements, sur la deuxième vague et sur l’après COVID-19, Denis Chouinard n’est pas inquiet. «Les besoins des gens seront toujours présents», soutient-il, tout en précisant qu’il ne faudra toutefois pas oublier leur importance dans la collectivité une fois la pandémie passée.

Le président assure que les services prépandémie seront de retour et même plus. «Il faut garder les ressources financières et humaines de façon à ce qu’on continue, soutient-il. Il faut que, lors de notre réouverture complète, les collections soient à jour, comme si nous n’avions jamais fermé. […] On va être là. Il faut être là», conclut-il, sur un ton optimiste.

Pour plus de détails sur la programmation de la Semaine des bibliothèques publiques du Québec, les citoyens peuvent visiter le site web de l’événement ou contacter directement leur bibliothèque de quartier.