Martin Labbé, Catherine Roussel et Thomas Denux-Parent, de la formation Palissade qui lance son premier album vendredi à Québec.
Martin Labbé, Catherine Roussel et Thomas Denux-Parent, de la formation Palissade qui lance son premier album vendredi à Québec.

Palissade: faire tomber les murs

Le nom du groupe évoque un rempart, mais n’allez pas croire que les trois membres de Palissade rêvent d’en ériger un autour d’eux en guise de protection. Car, au-delà du «choix esthétique» qui a présidé à son baptême, s’il y a une chose à laquelle le trio de Québec aspire, c’est bien de voir sa musique toucher le plus grand nombre.

Quatre ans et un EP plus tard (Éclats), Catherine Roussel, Martin Labbé et Thomas Denux-Parent, tous dans la jeune trentaine, voient le fruit de leur travail récompensé avec la sortie de leur premier album éponyme. Huit morceaux, tantôt énergiques, tantôt planants, qui se nourrissent de l’influence cold wave qui a émergée en France, au début des années 80. Dans le Royaume-Uni de l’époque, on parlait de façon plus générique de post-punk.

«Le courant cold wave est arrivé en France comme un style musicale en soi, avec des sons plus éthérés et plus subtils. On essaie d’explorer les différentes sonorités (de l’époque), explique Catherine Roussel, qui joue des synthétiseurs au sein de la formation. Aux influences de groupes connus comme Joy Division et The Cure se sont ajoutées celles de Little Nemo et Martin Dupont, des formations françaises plus confidentielles.

Avec des titres comme Peur de toi, Ce néant et Trop tard, l’album donne dans un «côté plus sombre que joyeux», ajoute la jeune musicienne originaire de Trois-Pistoles. Règle générale, c’est Thomas (guitare et voix) qui concocte en solo les «idées de base», dans son studio maison, avant de les peaufiner plus tard avec ses deux compagnons. Mélancolie et nostalgie, voire une certaine tristesse, se détachent en filigrane.

«Je m’inspire de choses que je vis, mais pas à 100%, mentionne Thomas. Peur de toi, par exemple, parle de la timidité, de la peur de sociabiliser, de la crainte qu’on peut avoir de briser la glace pour aborder quelqu’un.»

«On laisse beaucoup Thomas s’exprimer librement, précise Catherine. Un peu comme s’il s’agissait de son journal intime.»

Les trois membres du groupe Palissade de Québec, Thomas Denux-Parent, Catherine Roussel et Martin Labbé

Ce premier album a été enregistré en une fin de semaine, à l’été 2019, dans la chaleur du studio Pantoum, rue Saint-Vallier. Signe des temps et de la désaffection du public pour les disques compact, le résultat final a vu le jour dans une version digitale et sur vinyle. Même si le choix s’avère plus dispendieux, la formation a «les reins assez solides» pour se permettre ce luxe. «Le vinyle est devenu un objet de collection. On en a déjà vendu en pré-vente à deux acheteurs européens», ajoute Martin, spécialiste de la basse.

Le groupe s’est également payé un vidéoclip pour étayer la chanson M’éloigner, tourné dans une forêt de Stoneham. Une amie, la comédienne Noémie F. Savoie, de la troupe Les Reines, s’est prêtée au jeu pour l’occasion.

Les trois amis se réjouissent de voir naître depuis quelques années dans la capitale une «petite scène vivante» pour la musique de niche. Ils ont mis eux-mêmes l’épaule à la roue en fondant un mini festival automnal de trois jours, Les nuits d’inertie. «On n’est pas des promoteurs, mais pour l’amour de la musique, on fait venir ici des groupes montréalais qui nous plaisent afin de les faire découvrir au public», conclut Catherine.

Le lancement de l’album de Palissade a lieu vendredi soir, au Scanner Bistro, 291, Saint-Vallier Est. Le groupe sera également en spectacle à Ottawa (29 février), Chicoutimi (6 mars), Trois-Rivières (28 mars) et Montréal (9 mai).