Les souvenirs de Michel Pagliaro ne sont pas reliés aux chansons. «Je suis pas là, je ne suis pas nostalgique. Mais j’aime jouer mes vieilles tounes. Si je ne les aimais pas, je ne les ferais pas.»

Pagliaro en toute liberté

C’est dans les salles de danse et les sous-sols d’église que la carrière de Michel Pagliaro a pris son envol, au cœur des années 60. «Un soir, à Montréal, ça devait être en 1964, un gars monte sur le stage et me dit: “Toé, tu chantes mal en cr…” Ç’a commencé d’même. J’ai trouvé ça comique. Ça m’a même pas touché, j’étais dans ma bulle.»

Michel Pagliaro roule sa bosse dans le métier depuis plus de 50 ans, loin des modes et des courants, en toute liberté. Le Soleil a passé un moment avec lui à parler de ses débuts fracassants, de cette carrière qu’il a toujours menée sans se soucier du lendemain ni regarder dans le rétroviseur, et d’une retraite qui ne viendra peut-être jamais…

Être dans sa bulle. L’expression illustre à merveille le personnage qu’est Pagliaro, Pag pour les intimes. Depuis le début de sa carrière, l’artiste au franc-parler a toujours mené sa barque comme il l’entend, imperméable à l’opinion des autres et insouciant à l’idée d’exporter son talent pour mener une carrière qui aurait pu s’étendre à l’international, à la lumière de ses étincelants premiers pas dans le métier.

Suffit d’écouter Rainshowers, M’Lady et surtout Lovin’ You Ain’t Easy, chanson de 1971 qui aurait fait un malheur dans le catalogue des Beatles, pour jauger l’étendue de son talent. C’était un an avant son méga succès, J’entends frapper, qui devait le consacrer comme l’un des premiers rockeurs québécois.

«J’ai commencé très jeune dans le métier. Je ne savais pas comment ça marchait. Aller traîner dans les corridors des studios à Los Angeles, c’était pas intéressant pour moi. J’aimais mieux continuer à créer, peu importe l’endroit», lance-t-il en ce petit matin, attablé devant un café.

Alors que d’autres auraient élaboré un plan de match pour la suite des choses, Pagliaro le bohème, lui, a préféré souvent lever les voiles, comme pour ce séjour de six mois sous le soleil de la Jamaïque. Le plan de carrière, très peu pour lui. «On me disait que j’étais fou. Mais quand je revenais, eux autres étaient toujours à la même place, à faire la même affaire.»

Chemise blanche sous veston crème, tignasse poivre et sel tombante sur les épaules, ses éternelles lunettes noires sur le bout du nez qu’il enlèvera le temps de l’entrevue, le musicien de 70 ans au look de preacher débarque avant l’heure fixée. C’est qu’il prend son travail de promotion du Festival Folk Expression très au sérieux, confie le promoteur de l’événement, Richard Samson.

Pagliaro a toujours voulu faire les choses à sa façon, à son rythme. De ce nouvel album promis depuis belle lurette, il se contente de dire qu’il y travaille toujours. «À un moment donné, il y a quelque chose qui va sortir. Je fais ce que je veux avec mes choses.»

Richard Samson profite de l’absence de son vieil ami et collaborateur, sorti à l’extérieur avec le photographe du Soleil, pour en dire davantage. «Tant qu’il n’est pas satisfait, il ne sent pas l’urgence. J’ai entendu ce qu’il a composé et moi, je te sortirais ça tout de suite. Il a un gros fan base au Canada anglais.»

Michel Pagliaro

Projet annulé avec l’OSM

Cette volonté de ne pas s’en laisser imposer se cache derrière la récente annulation de ce spectacle où Pagliaro devait revisiter son répertoire avec l’Orchestre symphonique de Montréal. Selon le communiqué officiel, «la symbiose artistique n’a pas eu lieu». Le principal intéressé, réticent à revenir sur le sujet pour «ne pas causer de problèmes à certaines personnes», avoue que le divorce aura peut-être été finalement une bonne chose.

«Le projet m’a emballé jusqu’à ce que le gars arrive avec des arrangements. Je pense qu’il y aurait pas eu symbiose avec personne. C’est une manière détournée de ne pas porter le chapeau du problème. J’aurais aimé que ça se fasse, mais finalement on a bien fait de ne pas le faire. Ça n’aurait pas été à la hauteur des attentes.»

Aucun regret

Si Pagliaro n’a jamais été carriériste pour deux sous, il cultive encore moins la nostalgie. «C’est sûr que quand j’avais 18-20 ans, c’était quand même assez euphorique. J’ai de bons souvenirs du passé, mais disons que je ne suis pas du tout nostalgique, du genre “Ah! Comme je m’ennuie de ne pas être en 1969”. Pour moi, le “c’était bien mieux avant”, c’est aujourd’hui.»

Et comme dans la chanson d’Édith Piaf, non, rien de rien, il ne regrette rien, surtout pas les coches mal taillées. «J’en ai fait des conneries, j’en fais encore, et je vais peut-être en faire encore des tonnes. Dans une carrière, tu fais pas juste des chefs-d’œuvre. J’ai fait des chansons que j’ai enregistrées une fois pis que j’ai jamais plus jouées de ma vie. Ça arrive à tous les artistes. Tu fais pas des Joconde à chaque fois que tu sors ton pinceau.»

Quand on lui fait remarquer que l’une de ses premières chansons, J’ai marché pour la nation, pouvait être vue sous un angle politique, à l’époque où le Québec cherchait à s’émanciper, le chanteur apporte une tout autre version. Les chansons engagées n’ont jamais été sa tasse de thé. Le projet d’indépendance encore moins.

«Je parlais d’une révolution planétaire, mais pas juste du Québec qui voulait se séparer. Entre toi pis moi, l’indépendance, je trouve ça un peu puéril. On a fait un grand boutte avec la Révolution tranquille, où toute la business se passait en anglais, on a éduqué notre monde. L’indépendance c’est ben beau, mais si t’es pas capable de payer tes dettes...»

Pas de musique

Quand vient le moment d’ouvrir son musée imaginaire, de parler des artistes, écrivains, musiciens qui l’inspirent, Pagliaro finit par s’excuser de son manque d’intérêt. Au plan littéraire, «je lis sporadiquement, mais ça fait longtemps que je ne me suis pas tapé un livre au complet».

En musique alors? «J’ai pas de collection de disques, j’écoute pas de disque. Quand je voyage en auto, j’écoute pas de musique. Le seul gars que je trouve qui a de l’allure, c’est James Brown. J’ai toujours été attaché aux chanteurs noirs, à cause de leur talent, de leur énergie et de leur vérité. Ils chantent pas pour être cute

Un peu de télé, mais pas beaucoup. «J’ai regardé une couple de raccourcis de games de hockey. Ça joue rough...» Et n’allez surtout pas lui parler de shows de variétés. «Je comprends pas trop où on s’en va, on dirait que ça recule. Déguiser des jeunes en tuxedo pour leur faire chanter du Charles Aznavour… Hé! On est en 2020 dans deux minutes, on peut-tu avancer un peu?»

Pour la suite des choses, Pag souhaite continuer à vivre de son art tant et aussi longtemps que son corps tiendra le coup. Dans 10 ans, il se voit encore taper du pied, alliant le geste à la parole. «Je r’garde le monde travailler toute leur vie comme des singes, pis arriver à 65 ans, avoir mal partout et pu avoir d’énergie pour aller nulle part. Moi, j’ai fait l’inverse, j’ai crissé mon camp quand j’en avais envie.»

***

Pagliaro a toujours voulu faire les choses à sa façon, à son rythme. De ce nouvel album promis depuis belle lurette, il se contente de dire qu’il y travaille toujours. «À un moment donné, il y a quelque chose qui va sortir. Je fais ce que je veux avec mes choses.»

En spectacle à la Place de la FAO

C’est en spectacle acoustique, avec son ami et guitariste Corey Diabo, le samedi soir 14 juin, à la Place de la FAO, au croisement des rues Saint-Paul, Saint-Pierre et Sault-au-Matelot, que Michel Pagliaro offrira sa prestation dans le cadre du Festival Folk Expression. Une douzaine d’artistes, dont Diane Tell et Boom Desjardins, participent aussi à l’événement qui se déroule toute la fin de semaine. «C’est l’fun de faire des affaires dehors, dans la rue. C’est à échelle humaine, se réjouit Pagliaro. C’est pas comme les shows où le stage est à trois kilomètres et que tu passes ton temps à regarder les écrans géants.» 

Un spectacle de rue se situe dans un tout autre registre, poursuit-il. «C’est un party de quartier où les gens sont juste à côté de toi. En plus, pour un show acoustique, ils ne savent pas à quoi s’attendre.» 

Le Festival Folk Expression se déroule dans le Vieux-Port, le quartier Petit Champlain et à place Royale. Son promoteur, Richard Samson, n’exclut pas de présenter des spectacles à l’Agora, l’an prochain, si le budget de l’organisation le permet. 

Télé et radio

Sortie sur tapis rouge pour «Le trône de fer» et «Veep» aux Emmy [PHOTOS]

LOS ANGELES — Des vedettes venues d’aussi loin que Westeros et la Maison-Blanche ont commencé dimanche à fouler le tapis rouge de la 71e édition des Emmy Awards, où «Le trône de fer» et «Veep», deux séries estampillées HBO, briguent les toutes dernières récompenses d’une longue série.

La vedette britannique Kit Harington, qui a incarné le bâtard Jon Snow durant les huit saisons de «GoT», et son camarade Peter Dinklage (Tyrion Lannister), ont fait une arrivée remarquée à la cérémonie organisée au Microsoft Theater de Los Angeles.

Malgré une saison finale du Trône de fer imparfaite, jugée même bâclée par certains fans qui ont organisé une pétition pour demander une nouvelle version, ce sont les quelque 24 000 membres de l’Académie des Emmy Awards, équivalent des Oscars pour la télévision américaine, qui décident.

La plupart des observateurs d’Hollywood estiment que la saga médiévale-fantastique pleine de sang et de fureur va de nouveau rafler la mise.

«La façon dont elle s’est terminée a créé la polémique... mais cela démontre juste l’impact de cette œeuvre», déclare à l’AFP Pete Hammond, spécialiste des prix audiovisuels pour le magazine Deadline.

«Je ne vois rien qui puisse rivaliser dans cette catégorie. C’est un rendez-vous télévisuel» incontournable, relève-t-il.

Le gala des Emmy en images

Télévision

Prix Emmy: coup de projecteur, et de chapeau, pour les LGBTQ

LOS ANGELES — La 71e édition des Prix Emmy mettra dimanche un coup de projecteur sur des talents et séries portant le flambeau de la communauté LGBTQ, en lice cette année dans de nombreuses catégories, qui reflètent les efforts de Hollywood pour mieux représenter la diversité des États-Unis.

Série la plus emblématique du phénomène, Pose explore la culture des «bals» homosexuels dans le New York des années 1980 et a été sélectionnée à six reprises. Elle sera notamment représentée par Billy Porter, premier homme noir ouvertement homosexuel à concourir aux Prix Emmy dans la catégorie du meilleur acteur pour une série dramatique.

Pose, qui aligne aussi un grand nombre de comédiens transgenres, est également en compétition pour la meilleure série dramatique.

Les acteurs gays Ben Whishaw (A Very English Scandal) et Fiona Shaw (Killing Eve, Fleabag) ont décroché des nominations, de même que l'actrice transgenre Laverne Cox pour son rôle dans Orange Is the New Black.

De nombreux autres artistes se réclamant de la communauté lesbienne, gaie, bisexuelle, transgenre et queer, déconstruisant les normes de genre et de sexualité, dont la comique et présentatrice Ellen DeGeneres, représenteront durant la soirée les couleurs du drapeau arc-en-ciel.

Cette présence reflète une influence croissante à Hollywood et les gros progrès réalisés ces dernières années par l'industrie du divertissement pour mieux prendre en compte les sujets liés à l'identité sexuelle.

Elle illustre enfin la capacité de géants du streaming comme Netflix, Hulu et Amazon, à se saisir de ces sujets de société pour en faire des succès commerciaux, sinon toujours grand public.

«Les choses commencent à changer»

«Le nombre de nominations de LGBTQ cette année aux Emmy Awards est le signe que les choses commencent à changer à Hollywood», affirme à l'AFP Sara Kate Ellis, présidente du GLAAD, une organisation qui promeut la meilleure intégration des LGBTQ dans les médias.

«Avec des nominations pour des séries comme Pose et Special, et des performances comme celles de Hannah Gadsby, Laverne Cox, Billy Porter et bien d'autres, on voit la diversité des gens LGBTQ non seulement représentée dans les grands médias mais aussi célébrée», estime-t-elle.

Ces séries «trouvent un public partout et c'est quelque chose que l'industrie du divertissement ne peut plus ignorer».

D'après le rapport 2018 du GLAAD, le nombre de rôles LGBTQ sur le petit écran a atteint un record : 8,8 % des 857 personnages qui sont apparus à une heure de grande écoute dans des séries télévisées étaient identifiés comme appartenant à cette communauté.

Hollywood ne doit cependant pas s'endormir sur ses lauriers car il y a encore beaucoup de progrès à faire, soulignent les défenseurs de la cause LGBTQ.

«Même si le public réclame un changement, l'histoire des efforts d'Hollywood pour plus de diversité suggère que le problème ne va pas se corriger tout seul», estime un rapport annuel sur le sujet publié par l'Université de Californie UCLA, qui demande que les «intentions» manifestées par la profession se traduisent plus souvent en actes.

Nico Tortorella, qui figure dans la série Younger qui se définit comme «non binaire», ne se reconnaissant pas dans le genre féminin ou masculin, relève que si les thèmes LGBTQ sont plus fréquemment abordés à la télévision, cela ne reflète pas forcément une évolution de la société.

«Il y a une grosse différence entre la société dans son ensemble et ce qui se passe sur les réseaux sociaux», a observé Tortorella, qui va jouer dans une série dérivée de Walking Dead, dans un numéro spécial récemment publié sur la question par le magazine Variety.

«L'époque est troublante, c'est certain. En termes de représentation à Hollywood, oui, ça s'améliore», poursuit l'artiste, «mais beaucoup des personnages écrits pour des gens non hétérosexuels sont encore caractérisés par la violence qu'ils subissent».

Cinéma

Eva Green confie son attirance pour les personnages complexes

SAINT-SÉBASTIEN — L'actrice française Eva Green a confié samedi à l'AFP son attirance pour les personnages complexes, à l'image de l'astronaute qui doit se séparer de sa fille pour vivre son rêve qu'elle incarne dans «Proxima», en compétition au festival de Saint-Sébastien (nord de l'Espagne).

«J'ai vraiment aimé l'idée de cette femme astronaute déchirée entre poursuivre son rêve et devoir abandonner sa fille. C'est toujours intéressant pour un acteur d'incarner un personnage en proie à un conflit», a expliqué Eva Green.

Proxima est réalisé par la Française Alice Winocour. «Elle est très exigeante, elle vous pousse en dehors de votre zone de confort, ce que j'apprécie, parce que j'aime la difficulté, j'aime devoir dépasser mes limites», a ajouté l'actrice, notamment remarquée comme James Bond girl en 2006 dans Casino Royale, ainsi que dans la série d'horreur victorienne Penny Dreadful.

De fait, Eva Green s'est soumise à un entraînement physique rigoureux pour entrer dans la peau de Sarah, une spationaute française qui s'entraîne à l'Agence spatiale européenne, à Cologne.

«J'ai dû faire de la musculation parce que les femmes astronautes doivent avoir un dos solide pour pouvoir porter les combinaisons spatiales, qui sont très très lourdes», a-t-elle expliqué.

«Les films qui se passent dans l'espace en donnent parfois une idée glamour, mais en fait, aller dans l'espace, c'est très dur pour le corps. Il faut être un peu fou pour le faire, ce sont des superhéros!»

Dans le film, qui a été tourné dans de vrais centres d'entraînement d'astronautes, Sarah est sélectionnée pour rejoindre l'équipage de la mission «Proxima», qui doit passer un an sur la Station spatiale internationale, en vue d'un voyage vers Mars.

Une relation mère-fille qui se brise

Mais cela signifie se séparer de sa petite fille de sept ans, qui va devoir vivre avec son père. Alors qu'elle subit les épreuves les plus exigeantes, Sarah doit se faire à l'idée qu'elle doit abandonner Stella si elle veut vraiment réaliser son rêve d'aller dans l'espace.

Le film tourne davantage autour des relations humaines que des effets spéciaux, montrant comment se brise la relation entre une mère et sa fille — interprétée par Zélie Boulant, «une actrice d'une profondeur surprenante pour son âge, très spontanée et avec beaucoup de grâce», selon Eva Green.

Le fait que la réalisatrice et l'actrice principale soient des femmes montre que l'industrie du cinéma évolue, d'après elle.

«C'est un film formidable parce qu'il prend un point de vue féministe, c'est très stimulant de voir une femme astronaute, qui rivalise dans un environnement masculin, dans lequel elle doit bien sûr travailler et s'entraîner plus dur simplement pour être considérée comme une égale», a commenté Eva Green.

Quoi qu'il en soit, il y a encore du pain sur la planche, estime-t-elle. «Les femmes devraient recevoir le même salaire que les hommes, que ce soit au cinéma, dans les entreprises ou dans n'importe quel domaine où elles font le même travail qu'eux. Là, il n'y a pas encore eu beaucoup de progrès...»

Proxima, filmé en anglais, français, allemand et russe, dont la distribution compte également l'Américain Matt Dillon et l'Allemand Lars Eidinger, est en compétition avec 15 autres films pour recevoir la Concha de Oro (Coquille d'or), qui sera décernée samedi prochain.

Musique

John Cale, l'avant-gardiste du rock, revisite ses classiques

LOS ANGELES — «Le chemin m'a toujours plus intéressé que la destination», affirme John Cale, cofondateur du Velvet Underground avec son «frère ennemi» Lou Reed et éternel avant-gardiste du rock, qui revisitera son oeuvre de lundi à mercredi à la Philharmonie de Paris.

C'est dans un studio de répétition caché dans le labyrinthe d'un immeuble de Los Angeles, que l'artiste gallois de 77 ans à la carrure impressionnante reçoit l'AFP, entouré de ses instruments, piano, guitare et violon avec lesquels il apprit enfant la musique.

Féru d'Erik Satie, passionné par le dadaïsme, il parfait sa formation classique auprès du compositeur Aaron Copland à New York, «où une révolution culturelle bat son plein» en 1963. «Tout le monde faisait de la musique, des films, partout dans les rues, les maisons. Je me retrouvais dans le coeur du réacteur artistique.»

Rapidement, il fait la rencontre d'un électron nommé Lou Reed et le courant passe immédiatement.

«C'était à une fête organisée par une boîte de production de musique classique qui se lançait dans le rock. Lou leur faisait des chansons à la Beach Boys. Il venait d'écrire Venus in Furs et Heroine et me disait : "Jamais on me laissera enregistrer ça". Ça m'a rendu dingue», raconte John Cale, qui le convainc de le faire eux-même.

Ainsi débute l'aventure Velvet Underground. Au sein du groupe, également composé du bassiste/guitariste Sterling Morrison et de la batteuse Moe Tucker, les atomes crochus laissent vite place à une électrique rivalité. «Mais j'ai tellement appris de lui et lui a tellement appris de moi, qu'il se passait toujours quelque chose à l'arrivée», souligne-t-il.

Leurs premiers concerts font tellement de bruit, que le public n'entend... que du bruit. «En fait, on travaillait énormément ça. Il y avait plein de nuances, de combinaisons intéressantes à explorer. Cette musique ne nous mènerait sûrement nulle part, mais on a sauté à pieds joints dedans.»

Le parrain du pop-art Andy Warhol les repère et les produit au sein de la Factory. Il contribue à sa façon à la conception du premier album, The Velvet Underground and Nico, en créant la fameuse pochette à la banane.

«Insatisfait par le rock»

Il impose aussi la présence de la mannequin Nico, dont on entend la voix grave sur Femme Fatale, I'll Be Your Mirror et All Tomorrow's Parties. «Andy n'aimait pas notre look. Avec elle, le groupe deviendrait beau. On ne s'en rendait pas compte, mais lui savait très bien ce qu'il faisait», sourit Cale.

«Pourtant, on ne voulait surtout pas plaire. Notre musique était déstabilisante. Mais j'étais conscient qu'on créait un son nouveau, unique dans le rock», assure celui qui quittera toutefois le groupe après White Light/White Heat en 1968.

En 1970, John Cale se lance en solo avec Vintage violence, un album pop. Sûrement trop à ses yeux... «Tu veux gagner ta vie et on te dit quoi faire pour ça. La maison de disques voulait que je suive une direction. Je l'ai fait. Je ne le referai plus.»

«On ne peut pas aller loin en prétendant être ce qu'on n'est pas», insiste l'artiste, qui sort trois ans plus tard son oeuvre maîtresse 1919, dans laquelle il fait entrer en osmose rock et classique.

«J'étais ce Gallois vivant à Los Angeles, qui se souvenait de toutes ces choses en Europe qui me manquaient. Pure nostalgie», décrypte son auteur qui réfute l'idée de ne pas être né à la bonne époque.

«Devenir un compositeur classique, je savais comment y arriver. Mais j'ai préféré contribuer à l'évolution naturelle de la musique», répond-il.

En parallèle, John Cale prête ses talents d'arrangeur et de producteur aux autres : Iggy Pop, «quelqu'un de très organisé», pour le premier album avec les Stooges, Patti Smith sur Horses, Brian Eno «qui était je pense aussi insatisfait que moi par le rock».

«J'aime voir chez les autres ce qu'ils ne savent pas d'eux-mêmes. Les musiciens savent ce qu'on attend d'eux, mais pas forcément de quoi ils sont capables. C'est là que le producteur entre en jeu», explique John Cale, qui admet avoir été frustré d'être plus reconnu pour son travail pour les autres.

«On fait des progrès chaque fois qu'on le peut. L'essentiel c'est que je continue de progresser. Il y a un nouvel album qui sort en janvier et j'en suis très content. Il faut toujours respecter sa propre créativité.»

Musique

Un album posthume de Leonard Cohen prévu pour novembre

NEW YORK — Un album posthume du chanteur canadien Leonard Cohen, intitulé «Thanks for the Dance» doit sortir cet automne, a annoncé Sony vendredi.

Pour promouvoir sa sortie, prévue le 22 novembre, le label a publié un extrait d'un morceau, quasi parlé, portant le nom d'un poème de l'artiste, The Goal.

«Je ne peux pas quitter ma maison», y chante Cohen de sa voix de bronze, accompagné d'un piano et d'une guitare acoustique. «Ou répondre au téléphone / Je sombre à nouveau / Mais je ne suis pas seul.»

Décédé à 82 ans en novembre 2016, Leonard Cohen avait sorti quelques semaines auparavant son 14e album, You want It Darker, dont les paroles étaient hantées par la mort.

C'est son fils Adam Cohen qui est à l'origine du projet posthume, qui comporte les participations des artistes Beck, Damien Rice et Feist.

«En composant et en arrangeant la musique pour ses mots, nous avons choisi ses signatures musicales les plus caractéristiques, afin de le garder avec nous», a-t-il déclaré dans un communiqué.

«Ce qui me touche le plus avec cet album, c'est la réaction surprise des gens qui l'ont écouté. "Leonard est en vie!", disent-ils les uns après les autres.»

Musique

La liste des reprises qui sont meilleures que les originales

Where Did You Sleep Last Night (1994), Nirvana

Issue du répertoire folklorique américain, cette pièce est tombée dans l’oreille des fans de grunge quand Nirvana l’a incluse dans son concert acoustique immortalisé par MTV. Une prestation intense culminant avec la voix de Kurt Cobain qui casse sous l’émotion... Et une sortie posthume, sept mois après le décès du chanteur. De quoi en faire un nouveau classique. Geneviève Bouchard

Fabrique culturelle

«Intersections»: une première œuvre en art urbain à Rimouski

Le mur extérieur de la Coopérative de solidarité Paradis à Rimouski présente maintenant une immense murale s’inspirant de son environnement, dans le quartier Saint-Robert. Deux artistes en arts visuels ont uni leur savoir-faire pour la créer, soit Cyndie Belhumeur et Ilana Pichon. Pour La Fabrique culturelle, toutes deux décrivent leur démarche.

Lien pour voir la capsule dans l'application mobile ici.

Arts

Panorama: lu, vu, entendu cette semaine

Musique

Objets perdus, ****, Chanson, Evelyne Brochu

Amis depuis le collège, l’actrice Evelyne Brochu et l’auteur-compositeur-interprète Félix Dyotte ont officialisé une complicité musicale de longue date en créant à quatre mains (plus quelques autres complices) un premier album au nom de la première, mais majoritairement écrit et composé par le deuxième. Entre celle qu’on a connue dans des films comme Polytechnique, Café de Flore ou plus récemment La femme de mon frère et celui qu’on a vu à l’œuvre dans le groupe Chinatown, en solo ou auprès de Pierre Lapointe, la chimie opère visiblement. D’un côté, il y a l’attrait pour Dyotte de créer des ambiances musicales d’une élégance un brin surannée. De l’autre, les qualités d’interprétation de Brochu, nettement ancrées dans une tradition de chanson française. De la rencontre, il ressort avec Objets perdus une collection de pièces hors du temps, à la fois rétro et actuelle, imagée et enveloppante. Nous ne misons pas sur les grands éclats, ici. Plutôt sur des chansons d’une douceur soignée, brodées avec intelligence et délicatesse. Geneviève Bouchard

Musique

Evelyne Brochu: trouver sa vraie voix

On la connaissait actrice, voilà qu’Evelyne Brochu se révèle comme chanteuse avec «Objets perdus», un premier album mitonné avec son grand ami Félix Dyotte. Une nouveauté pour le public qui s’avère plutôt la suite d’une collaboration de longue date pour les deux principaux intéressés.

Les rats repus, ça vous dit quelque chose? Probablement pas… Avant Polytechnique de Denis Villeneuve, Café de Flore de Jean-Marc Vallée ou Tom à la ferme de Xavier Dolan, il y a eu pour Evelyne Brochu ce groupe de musique dans lequel elle a chanté, au cégep, auprès de son pote Félix Dyotte.

Musique

Rick Wakeman : Le grincheux sympathique

Au bout du fil, Rick Wakeman résume sa philosophie : «J’ai suivi le conseil de David Bowie, qui m’a déjà dit : “si tu crois en quelque chose et que tu veux le faire, fais-le”.» Ça vaut pour ses multiples collaborations musicales, son parcours aux claviers des Strawbs ou de Yes, ses ambitieux albums concepts, ses inoubliables capes (lire l’autre texte), ses incursions télévisuelles et dans l’édition, ses relectures au piano et on en passe...

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Wakeman n’a pas eu une vie ordinaire. Des sessions d’enregistrement qui l’ont notamment amené à collaborer avec Bowie (Space Oddity, Life on Mars) ou Cat Stevens (Morning Has Broken) à un cheminement musical pour le moins varié, le musicien n’a pas vu le temps passer.

Cinéma

«Les Misérables» de Ladj Ly, candidat de la France pour les Oscars

PARIS — «Les Misérables» de Ladj Ly, film coup de poing sur les violences policières dans les banlieues, est le candidat de la France pour l’Oscar du meilleur film international, a annoncé vendredi le Centre national du cinéma (CNC).

Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, présenté au dernier Festival de Toronto, «Les Misérables» raconte l’histoire d’une bavure policière dans une cité sensible de Seine-Saint-Denis, département jouxtant Paris, à travers le destin de «Pento» (Damien Bonnard), un flic qui débarque à la brigade anticriminalité de Montfermeil et va se retrouver pris dans une situation qui le dépasse.

Premier long métrage de fiction de Ladj Ly, 39 ans, Les Misérables, qui sortira en France le 20 novembre et dont Amazon a acquis les droits pour les États-Unis, est déjà vendu dans plus d’une cinquantaine de territoires à travers le monde.

La commission chargée de désigner le candidat de la France aux Oscars avait présélectionné en début de semaine trois longs métrages: Les Misérables, Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma, récit d’une romance interdite entre deux femmes dans un XVIIIe siècle corseté, et Proxima d’Alice Winocour, avec Eva Green en astronaute.

La 92e cérémonie des Oscars aura lieu le 9 février 2020 à Los Angeles.

La course est encore longue pour l’Oscar du meilleur film international: les pays font leur proposition, puis l’Académie des Oscars publie une première liste de films sélectionnés en décembre, avant d’annoncer en janvier la liste définitive des cinq films nommés.

La France n’a pas remporté l’Oscar du meilleur film étranger depuis 1993. Elle avait alors été récompensée pour «Indochine» de Régis Wargnier, avec Catherine Deneuve.

La statuette avait été remportée aux derniers Oscars par Roma d’Alfonso Cuaron.

Musique

Postes Canada dévoile trois timbres qui célèbrent la vie de Leonard Cohen

MONTRÉAL — Postes Canada a lancé un nouvel ensemble de timbres rendant hommage au regretté chanteur Leonard Cohen.

Cet ensemble composé de trois timbres, qui célèbre la vie et l'oeuvre de l'artiste né à Montréal, a été dévoilé vendredi après-midi lors d'un événement organisé au Musée des beaux-arts de Montréal.

Leonard Cohen s'est éteint le 7 novembre 2016 à l'âge de 82 ans.

Les timbres montrent le chanteur dans trois positions différentes: accroupi, debout et assis. Ils reproduisent trois photographies prises à trois moments différents de sa vie. Le nom de Cohen est inscrit en gros sur chacun des timbres.

Selon la firme montréalaise Paprika, qui a conçu les timbres, ce lettrage symbolise «l'étendue de son oeuvre, mais aussi l'homme lui-même, qui était plus grand que nature». En raison de la nature posthume de l'hommage, les photos ont été tirées en noir et blanc.

«Nous voulions créer une séquence cohérente et intemporelle qui représenterait toute la carrière de Leonard Cohen. Nous avons choisi de représenter trois moments différents de sa carrière», a expliqué Raymond Lanctôt, directeur artistique chez Paprika.

L'image des timbres a été gardée secrète jusqu'au dévoilement de vendredi, qui s'est déroulé tout près de la grande murale représentant l'auteur-compositeur-interprète sur la rue Crescent, au centre-ville de Montréal.

M. Lanctôt raconte qu'il n'avait qu'une chose en tête au moment de concevoir la série de timbres. «C'est une question de se souvenir de qui il était», souligne-t-il.

Postes Canada a indiqué qu'elle produirait quatre millions d'exemplaires des timbres, ce qui, à son avis, suffira pour répondre à la demande des amateurs et des collectionneurs du monde entier.

Le public pourra se procurer ces timbres à partir de samedi, ce qui aurait été le 85e anniversaire de naissance de Leonard Cohen. Postes Canada organisera un événement spécial dans un bureau de poste du centre-ville de Montréal.

Jim Phillips, directeur des Timbres et services connexes à Postes Canada, mentionne que la société d'État a travaillé en étroite collaboration avec la famille et la succession du chanteur pour s'assurer que les timbres rendent un hommage approprié. Le projet a été approuvé par Postes Canada il y a deux ans.

«Beaucoup de ces timbres serviront. Je crois que Leonard en aurait été heureux, dit-il. Mais des admirateurs vont les conserver. Ils n'y toucheront plus. Ils seront aussi prisés par les philatélistes.»

Cinéma

«Antigone» de Sophie Deraspe choisi pour représenter le Canada aux Oscars

MONTRÉAL — «Antigone», de Sophie Deraspe, a été choisi pour représenter le Canada dans la course à l'Oscar du meilleur film international.

Le long métrage a été sélectionné parmi 16 films soumis au comité.

Inspiré de la tragédie de Sophocle, le film raconte l’histoire du personnage titre, qui, en aidant son frère à s’évader de prison, confronte les autorités: la police, le système judiciaire et pénal ainsi que le père de son petit ami.

Le film met en vedette Nahéma Ricci, Nour Belkhiria, Rachida Oussaada, Antoine Desrochers, Rawad El-Zein, Paul Doucet, Hakim Brahimi, Jean-Sébastien Courchesne et Benoit Gouin.

«Antigone» a déjà permis à Sophie Deraspe de remporter le prix du meilleur film canadien au dernier Festival international du film de Toronto.

La réalisatrice devra maintenant attendre jusqu’au 16 décembre pour savoir si son film fera partie de la courte liste de 10 longs métrages choisis parmi l’ensemble des films reçus par l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences. Parmi cette liste, cinq titres seront officiellement mis en nomination le 13 janvier 2020.

Selon Téléfilm Canada, 61 pays ont déjà soumis leur candidature pour le meilleur film international.

La 92e soirée des Oscars aura lieu le 9 février prochain.

Le film Antigone prendra l’affiche au Québec en novembre.

Théâtre

«Le cercle de craie caucasien» : Combattante de la bonté

CRITIQUE / Deux ans et demi après y avoir dépoussiéré «Le songe d’une nuit d’été» de Shakespeare, Olivier Normand est de retour au Trident pour s’attaquer à la pièce phare du maître allemand Bertolt Brecht, «Le cercle de craie caucasien». Encore une fois, le metteur en scène ne s’est pas gêné pour secouer les puces d’un classique, actualisé de percussive manière.

Écrit en 1945, Le cercle de craie caucasien offre une réflexion sur la bonté, l’engagement et le sens du devoir à travers une question : à qui appartiennent les choses, les lieux ou même — dans une certaine mesure… — les gens? À ceux qui croient mériter leur dû où à ceux qui s’investissent pour le préserver et le rendre meilleur?

Arts

Des lettres de Marcel Proust bientôt aux enchères

PARIS — Des lettres de Marcel Proust, dont des missives exceptionnelles montrant comment l’écrivain fit campagne pour être publié et recevoir le prix Goncourt, seront mises à l’encan à Paris le 7 octobre par la maison Christie’s.

Cette vente intervient alors que l’on célèbre le 100e anniversaire de l’attribution du prix Goncourt au célèbre écrivain.

Clou de la vente (qui comprendra au total près de 75 lots pour une estimation totale d’environ un million d’euros), un ensemble de 16 lettres adressées par Marcel Proust à son ami René Blum, alors secrétaire général du quotidien Gil Blas, très bien introduit dans le monde de l’édition.

Datant de 1913 à 1916, ces lettres (estimées entre 200 000 et 300 000 euros) rassemblent plus de 90 pages. Dans la première, de février 1913, Proust demande à son ami de soumettre Du côté de chez Swann, premier volume d’À la recherche du temps perdu, à l’éditeur Bernard Grasset, pour le publier à compte d’auteur.

Pour être sûr que le livre sera publié comme il l’entend, l’écrivain propose de payer lui-même l’édition.

«Si M. Grasset édite le livre à ses frais, il va le lire, me faire attendre, me proposer des changements, de faire des petits volumes, etc...», explique Proust pour justifier son choix de publier le livre à ses frais et donc à ses conditions.

En février 1913, alors que le contrat d’édition n’est même pas signé, Proust envisage déjà de soumettre son roman à des prix littéraires.

«Si cela pouvait faire plaisir à M. Grasset, je pourrais le présenter à un prix Goncourt quelconque je dis cela un peu au hasard, car je ne sais pas très bien ce que c’est que le prix Goncourt», écrit Proust à son ami.

Fou de reconnaissance

René Blum parviendra à convaincre Bernard Grasset de publier le premier volume de la Recherche. Marcel Proust est fou de reconnaissance. «Cher René Blum il faut absolument que vous me demandiez un service quelconque, car vous me ferez bien plaisir», s’exclame-t-il.

Dans plusieurs lettres, Proust n’hésite pas à solliciter des amis proches des cercles littéraires (Jean Cocteau, Lucien Daudet, Louis de Robert...) pour lui assurer la publicité de son livre.

Quand la NRF (la maison d’édition de Gallimard) montre de l’intérêt pour le publier, Proust sollicite de nouveau René Blum pour l’aider à se défaire de ses obligations contractuelles envers Grasset.

On connaît la suite de l’histoire. En octobre 1917, Gaston Gallimard rachète à Grasset les quelque deux cents exemplaires de Du côté de chez Swann qui n’ont pas été vendus. Il les revêt d’une couverture NRF avant de les remettre en vente.

Les rééditions par Gallimard de Du côté de chez Swann et À l’ombre des jeunes filles en fleurs seront toutes deux mises en vente après la guerre en juin 1919.

C’est un coup gagnant pour la maison Gallimard. Le 10 décembre 1919, Marcel Proust reçoit le 17e prix Goncourt pour À l’ombre des jeunes filles en fleurs, deuxième volet d’À la recherche du temps perdu, face au grand favori Roland Dorgelès.

Un exemplaire original d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs, comportant un envoi autographe au critique et poète Henri Ghéon, sera également mis en vente par Christie’s (8000/12 000 euros).

La maison proposera également une édition de luxe avec ses deux «placards» (jeu d’épreuves) d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs (80 000/120 000 euros) provenant de la collection du pianiste Alfred Cortot (1877-1962).

Parmi les autres lots proposés aux enchères à l’occasion de cette vente de livres rares et manuscrits, on trouve une édition originale de Champfleury (1529), pierre angulaire de l’histoire de la typographie et de la langue française, estimée entre 40 000 et 60 000 euros.

Les collectionneurs se disputeront sans doute une édition du Chef-d’oeuvre inconnu de Balzac illustré de douze eaux-fortes originales de Picasso (40 000/60 000 euros).

La vente comportera également un ensemble de dessins originaux d’Antoine de Saint-Exupéry liés au Petit Prince (40 000/50 000 euros).

Cinéma

Le film de la semaine: Downton Abbey ***

CRITIQUE / Il est courant, ces dernières années, qu’un film engendre une série télévisée. L’inverse est plus rare. Et pas toujours avec bonheur. Parce qu’on peut difficilement condenser, dans un long métrage, la multitude d’intrigues et de personnages qui peuplent un récit qui se développe sur la durée. C’est le principal défaut, et aussi la plus grande qualité de Downton Abbey.

Plus de 100 millions de spectateurs dans le monde ayant vu la série de six saisons de Julian Fellowes , pas besoin d’être Einstein pour élaborer un scénario. Suffit de donner aux aficionados ce qu’ils désirent : tous leurs personnages favoris.

Le récit principal devient alors très secondaire, un prétexte pour mettre en place de minces intrigues concernant la famille Crowley, les aristocrates qui règnent sur Downton Abbey, et leurs domestiques. 

Car le splendide domaine n’a plus le faste d’antan et ses propriétaires doivent composer avec leurs petites misères : une fortune un peu moindre et donc moins de personnel, un toit à réparer, une fournaise capricieuse... 

Des sources potentielles d’embarras quand le roi et la reine s’invitent à souper! Mais on peut compter sur les gens de la haute et leurs employés pour se serrer les coudes lorsque l’honneur de la maison est en jeu. C’était vrai en 1927 et ça l’est probablement encore pour les gardiens de la tradition en Angleterre.

En fait, on a vraiment l’impression d’assister à un épisode télé de deux heures. Ce qui n’est guère surprenant puisqu’il a été scénarisé par Fellowes. Ne voulant sacrifier aucun des favoris du public, l’action se déroule sans véritable enjeu dramatique. Chacun a le droit à ses cinq minutes de gloire…

Certains un petit peu plus, comme Lady Violet (Maggie Smith), la comtesse douairière. Notre Machiavel en dentelles manigance pour qu’un héritage tombe dans la besace de son fils, Lord Robert Crawley (Hugh Bonneville). Au grand désespoir de Lady Merton (Penelope Wilton), sa contrepartie humaniste.

Les passes d’armes entre les deux femmes sont toujours aussi savoureuses, de même que leur humour corrosif, qui contrebalance le ton bon enfant du récit. 

Ce film d’époque à grand déploiement est nappé d’une musique à l’avenant, avec force violons, et d’amples mouvements de caméra — l’intérieur immense de Dowton Abbey, et son colossal escalier s’y prêtent bien. 

Michael Engler ayant passé sa carrière à la télévision américaine, il ne fallait pas s’attendre à beaucoup d’idées cinématographiques de sa part. Le réalisateur s’est effacé devant son sujet alors qu’il aurait pu jouer plus fortement de la division des classes entre le sang bleu et ceux qui les servent. Mais ça aurait fait mauvais genre...

Évidemment, tout est bien qui finit bien, le drame historique réussissant du surcroît le tour de force de réconcilier monarchistes et républicains!

Bref, ceux qui ont adoré la série vont être ravis même si le film n’apporte strictement rien de plus. Ceux qui ne la connaissent pas ne manqueront rien en passant outre.

Télé et radio

Des Canadiens à surveiller au gala des Emmy de dimanche

TORONTO — La réputation du Canada n'est plus à faire quand il est question de produire des talents comiques reconnus partout sur la planète, et plusieurs de ces talents seront mis en évidence, dimanche à Los Angeles, au gala des prix Emmy.

Plusieurs artistes canadiens y sont finalistes pour leur humour, grâce à des émissions comme Schitt's Creek, Barry, Full Frontal with Samantha Bee, The Late Show with Stephen Colbert et Saturday Night Live.

Le pays est également représenté dans des catégories dramatiques, avec Jean-Marc Vallée pour Sharp Objects et Sandra Oh pour Killing Eve.

Quelques Canadiens ont déjà mis la main sur des trophées lors des galas des artisans du weekend dernier, incluant le créateur de Saturday Night Live Lorne Michaels, qui a grandi à Toronto.

Luke Kirby, né à Hamilton, l'a emporté dans la catégorie «acteur invité» pour son interprétation de l'humoriste Lenny Bruce dans The Marvelous Mrs. Maisel. La Néo-Écossaise Paula Fairfield a partagé un prix pour le montage sonore de Game of Thrones, tandis qu'un trio de Canadiens — Elisabeth Williams, Martha Sparrow et Robert Hepburn — a gagné un trophée pour les décors de The Handmaid's Tale.

Coup d'œil sur les finalistes canadiens au gala de dimanche.

Les chances de Sharp Objects

Le thriller psychologique de HBO, qui a été réalisé et coproduit par Jean-Marc Vallée, a obtenu huit nominations, mais en a déjà perdu cinq le weekend dernier. Dimanche, il pourrait notamment être primé dans la catégorie de la meilleure minisérie, un prix qui irait à la compagnie du Québécois, Crazyrose Productions.

Amy Adams, qui tient le rôle d'une journaliste alcoolique qui enquête sur de mystérieux meurtres dans sa ville natale, est nommée dans la catégorie de la meilleure actrice dans une minisérie ou un téléfilm. Patricia Clarkson, qui interprète sa mère, est finaliste comme actrice de soutien.

Des honneurs pour la famille Rose

Une reconnaissance internationale pour l'excentrique famille Rose de la comédie télévisée ontarienne Schitt's Creek s'est révélée payante cette année, en permettant à l'émission de CBC — aussi diffusée sur la chaine Pop TV aux États-Unis — d'obtenir plusieurs nominations.

L'émission, créée par le duo père-fils Eugene et Daniel Levy, est en lice dans la catégorie de la meilleure comédie télévisée. Eugene Levy, qui est né à Hamilton, est aussi nommé pour son rôle du patriarche Johnny Rose, tandis que la Torontoise Catherine O'Hara pourrait gagner pour le rôle de son épouse, Moira Rose.

L'émission était aussi nommée pour ses costumes, mais a perdu dans cette catégorie le weekend dernier.

Deuxième essai pour Sandra Oh

Il s'agit de la deuxième année consécutive où l'actrice originaire d'Ottawa est nommée dans la catégorie de la meilleure actrice dans une série dramatique pour Killing Eve, diffusée sur les ondes de Bravo au Canada et de BBC America. L'an dernier, elle avait perdu aux mains de Claire Foy de la série The Queen.

Dans Killing Eve, Sandra Oh tient le rôle d'une agente du MI5 déterminée à arrêter une femme assassin, interprétée par Jodie Comer, qui est nommée dans la même catégorie cette année.

Sandra Oh était aussi nommée pour l'Emmy de la meilleure actrice invitée dans une série comique pour l'animation de Saturday Night Live, mais ce trophée a été remis à Jane Lynch le weekend dernier pour son rôle de Sophie Lennon dans The Marvelous Mrs. Maisel.

Grosse soirée pour une actrice de Barry

La comédie noire de HBO qui met en vedette Bill Hader dans la peau d'un tueur à gages/aspirant acteur est en lice pour plusieurs prix, dont un qui pourrait aller à la Vancouvéroise Sarah Goldberg. Elle est nommée dans la catégorie de la meilleure actrice de soutien dans une série comique pour son rôle de Sally Reed, qui étudie le théâtre avec Barry.

Il s'agit d'une première nomination pour Sarah Goldberg, qui a surtout fait carrière sur scène, avec des rôles à Broadway et au West End de Londres, où elle a été nommée pour un prix Olivier pour son rôle dans Clybourne Park.

Reconnaissance pour Samantha Bee

L'émission Full Frontal with Samantha Bee, animée par la Torontoise du titre, obtient des nominations aux Emmy depuis son entrée en ondes, en 2016. Dimanche, elle est en lice pour deux trophées: meilleurs scénaristes pour une émission de variétés et meilleure émission de variétés.

Samantha Bee est directement nommée dans la catégorie scénaristique, tout comme d'autres Canadiens : le Montréalais Barry Julien, qui écrit pour The Late Show with Stephen Colbert, et Lorne Michaels pour Saturday Night Live.

Livres

Parution d'un roman inédit (et inachevé) de Françoise Sagan

PARIS — Un roman inédit et resté inachevé de Françoise Sagan, «Les quatre coins du coeur» sort en librairie jeudi près de quinze ans après la mort de l'auteure de «Bonjour tristesse».

Publié chez Plon, Les quatre coins du cœur n'avait pas été annoncé dans le programme de l'éditeur qui entend profiter de ce «coup» éditorial avec un tirage exceptionnel de 70 000 exemplaires.

Le petit monde de l'édition avait bruissé ces derniers mois de rumeurs autour de la sortie d'un ouvrage inédit d'un auteur décédé. Quelques magazines avaient évoqué pour ce livre-mystère un tirage faramineux (et improbable) de 250 000 exemplaires

On retrouve dans le roman signé Françoise Sagan le style distancié et sarcastique qui fait le charme de son œuvre. Mais on reste aussi sur sa faim. Le roman garde un gout d'inachevé.

Les personnages et les décors apparaissent un peu surannés. Fils d'un riche industriel tourangeau ayant fait fortune dans les légumes, Ludovic Cresson est victime d'un terrible accident de voiture (on pense évidemment à celui qui a failli couter la vie à la romancière en avril 1957). Avant l'accident, son couple battait déjà de l'aile. Marie-Laure, son épouse «sophistiquée et sans culture» dédaigne cet homme diminué. La mère de Marie-Laure, Fanny (dont le mari Quentin est mort dans un accident d'avion) n'est pas insensible au charme de son gendre...

C'est Denis Westhoff, le fils de la romancière, qui signe la préface de l'ouvrage.

Il raconte avoir découvert le manuscrit de ce roman presque par «miracle» après la mort de sa mère en 2004 étant donné que tous les biens de la romancière avaient été «saisis, vendus, donnés ou acquis de manière douteuse». L'ouvrage, en deux volumes "dactylographiés, avait été tellement photocopié que le contour des lettres n'était plus tout à fait net», ajoute le fils de la romancière.

«Le texte m'avait confondu par son écriture violemment saganesques, son caractère parfois impudent, sa tonalité si baroque et le rocambolesque de certaines péripéties», met en avant Denis Westhoff qui reconnait aussi avoir retouché l'ouvrage.

Le manuscrit était «privé de certains mots, parfois même de passages entiers», se justifie-t-il pour expliquer ses interventions. Denis Westhoff indique avoir apporté «les corrections qui [lui] semblaient nécessaires en prenant soin de ne pas toucher au style, ni au ton du roman».

Le texte s'achève sur le début d'une grande soirée où l'on suppose que les masques pourraient tomber. Mais on ne le saura jamais.

Télé

Les choix télé de Richard Therrien

Vendredi: Pour emporter, ICI ARTV, 20h.

Le Dr Richard Béliveau déboulonne certains mythes sur le professeur Tournesol, les hot-dogs et l’entretien des motos.

Samedi: Cette année-là, Télé-Québec, 20h. 

Marc Labrèche revisite l’année 1984 avec Guillaume Lemay-Thivierge et Sylvie Léonard.

Dimanche: Tout le monde en parle, ICI TÉLÉ, 20h.

Invités: Bianca Andreescu, Xavier Dolan, Geneviève Schmidt, Michel Charette, Jagmeet Singh et Yves-François Blanchet.

Sortir

Sortir à Québec : trois parcours dans la ville

Jouer aux touristes

On réserve souvent les visites guidées pour les voyages à l’étranger, avides que nous sommes de ne rien manquer dans les villes que nous visitons pour la première fois. Découvrir sa propre ville avec un guide est toutefois tout aussi — voire plus — enrichissant, puisqu’on apprend l’histoire et les secrets de lieux accessibles au quotidien. Samedi, à l’occasion de la Journée internationale de la solidarité des villes du patrimoine mondial, une vingtaine de membres de l’Association des guides de Québec piloteront de petits groupes de citoyens sur un circuit de deux kilomètres de la redoute Dauphine au monastère des Augustines. Il reste des places pour les groupes de 9h30 et de 10h30.

Inscriptions au agtq.org.

Cinéma

Louis Bélanger: jeunesse et crime désorganisé

Vivre à 100 milles à l’heure, le dernier film de Louis Bélanger, s’ouvre sur un flash qu’il avait eu, sur la route vers Montréal, il y a cinq ans, après avoir été intronisé au «Hall of Fame» de la polyvalente de Charlesbourg. Le cinéaste s’est revu faire son discours, embelli pour les besoins du décorum et expurgé de quelques épisodes peu glorieux.

«Non, mais ça prend-tu un plein de marde, s’est-il alors dit. Si le monde savait mon parcours et tout ce que j’ai pu faire ici...»

Musique

Le rappeur engagé Dave remporte le prix Mercury

LONDRES — Le rappeur engagé Dave, 21 ans, a remporté jeudi soir à Londres le prestigieux prix Mercury, avec son album «Psychodrama», qui explore l'identité noire et dénonce le racisme institutionnalisé.

«Je ne sais pas quoi dire, je veux d'abord inviter ma mère à monter sur scène», a déclaré le chanteur sud-londonien, vêtu d'un survêtement, après avoir interprété son émouvant titre Psycho sur la célèbre scène de la salle de concert Eventim Apollo Hammersmith.

«Je veux remercier mon frère Christopher [emprisonné en 2013] qui a inspiré cet album, c'est ton histoire ici», a-t-il ajouté.

Créé en 1992, le prix Mercury consacre le meilleur album britannique ou irlandais des douze derniers mois. Il s'accompagne d'une récompense de 25 000 livres (41 000 dollars canadien) et propulse généralement les ventes de l'album distingué.

«C'est un grand compliment. C'est sûrement le plus beau jour de la vie de ma mère», a plaisanté Dave lors d'une conférence de presse. «Tout ça est bien plus grand que moi, tous ces mois de travail, tous ces gens en coulisses», a-t-il souligné.

Psychodrama est une plongée dans le lourd héritage de la communauté noire, mais aussi une célébration de son identité. «Noir est bien plus profond qu'être africain-américain [...] on avait de vraies reines», chante Dave dans son titre Black. «Plus la baie est noire, plus le jus est sucré. Un enfant meurt, plus le tueur est noir, plus la nouvelle est sucrée», poursuit-il.

Psychodrama est un album «de courage et d'honnêteté, simplement exceptionnel», a salué la DJ et membre du jury Annie Mac, au moment de remettre le prix.

Climat, BoJo et saltos enragés

Dave n'était pas le seul artiste révolté à avoir pris le micro pour ce prix Mercury.

La cérémonie s'est ouverte avec le groupe de rock anglais Foals et leur album Everything not saved will be lost - Part 1, présenté par l'hôte de la soirée, Lauren Laverne, comme «une bande-son au drame du changement climatique».

A suivi sur scène l'Anglaise Anna Calvi. Son album Hunter explore les notions de genre pour «se libérer du patriarcat». L'interprète-guitariste, à la voix puissante et les yeux maquillés de noir, a terminé sa chanson Don't beat the girl out of my boy à genoux, sous les applaudissements du public.

Mais la salle s'est vraiment enflammée avec le phénomène montant du rap anglais Slowthai, 24 ans, et son album Nothing Great about Britain. «Il n'y a rien de grand en Grande-Bretagne», a répété comme un credo l'artiste au flow piquant, critique et blasé. Cet Anglais, originaire des Midlands, en a aussi profité pour insulter le premier ministre britannique Boris Johnson, en brandissant un masque à son effigie.

C'est donc devant un public chauffé à bloc que le groupe punk Idles a défendu son album Joy as an Act of Resistance, la masculinité toxique, celle qui force les hommes à «boire», à «ne pas pleurer».

Son chanteur principal Joe Talbot, 34 ans, les cheveux teints en rose, a ponctué sa performance en frappant rageusement du pied. «J'étais l'un de ces gars quand j'étais plus jeune, [coincé] dans un putain de bocal à poissons, qui voulait s'échapper», racontait cet ancien alcoolique dans une interview au Guardian en 2018. Avec la musique, «c'est important d'essayer d'éduquer».

On retiendra aussi le show étonnant de Black Midi pour leur titre bmbmbm (album Schlagenheim) : jets de guitare, salto raté, le tout sur de la musique rock quasi psychédélique, pour la plus grande joie du public.

Sont également montés sur scène: les punks irlandais Fontaines DC (Dogrel) qui dénoncent la gentrification de Dublin, Little Simz (Grey Area) qui critique le monde cloisonné du rap masculin, mais aussi Cate Le Bon (Reward), Nao (Saturn) et SEED Ensemble (Driftglass). Le groupe The 1975 (A Brief Inquiry into Online Relationships) était en revanche absent.

Livres

Snowden a écrit son livre avec l'aide d'un romancier

PARIS — Le lanceur d'alerte américain Edward Snowden a travaillé «pendant de longs mois» avec le romancier Joshua Cohen pour écrire son livre «Mémoires vives» qui vient de paraitre dans une vingtaine de pays, a-t-on appris jeudi auprès de l'éditeur français du romancier.

«Joshua Cohen, l'auteur de David King s'occupe de tout a travaillé pendant de longs mois dans le secret absolu avec Edward Snowden pour écrire son livre Mémoires vives», ont indiqué les éditions Grasset à l'AFP confirmant ainsi une information publiée par The New Republic.

Dans son dernier numéro, le bimensuel américain a révélé que l'ancien employé de l'agence américaine de renseignement NSA a écrit ses mémoires «avec l'aide d'un romancier». Selon le magazine, l'auteur de David King s'occupe de tout a voyagé en Russie «au cours des huit derniers mois pour aider Snowden à organiser et à améliorer son récit».

Au début de son livre, Edward Snowden remercie Joshua Cohen.

Il n'est pas rare que des personnalités fassent appel à des écrivains reconnus pour les aider à tenir leur plume. «Snowden et Cohen sont tous deux obsédés par la façon dont la technologie s'est transformée et a transformé la société», explique The New Republic.

Joshua Cohen, 39 ans, a publié onze livres depuis 2005 (dont trois traduits en français). D'origine ukrainienne et hongroise, pétri d'influences européennes (Joyce, Beckett, Kafka) et de littérature juive (Bellow, Agnon, Celan, Yoel Hoffmann), Joshua Cohen fait partie des meilleurs auteurs américains de la décennie selon le magazine littéraire américain Granta.

Dans un de ses livres (non traduit en français), Book of numbers, Joshua Cohen racontait l'histoire d'un écrivain nommé Joshua Cohen chargé d'écrire l'autobiographie d'un milliardaire des nouvelles technologies nommé... Joshua Cohen.

Son dernier roman publié en français, à l'occasion de la rentrée littéraire, David King s'occupe de tout s'intéresse à la crise des subprimes, la crise du logement, le recouvrement des dettes...

Publié en français au Seuil Mémoires vives raconte l'histoire d'Edward Snowden et les raisons qui l'ont poussé en 2013 à transmettre des dizaines de milliers de documents secrets à plusieurs médias, révélant au passage l'existence d'un système de surveillance mondiale des communications et d'internet opérée par la NSA.

Inculpé aux États-Unis pour espionnage et vols de secrets d'État, privé de passeport, Edward Snowden réside en Russie où son permis de séjour a été reconduit jusqu'en 2020.

Il a demandé la protection de plus de vingt pays, dont la France et l'Allemagne, refusée pour une raison ou une autre.

Cinéma

«Le cygne de cristal»: Le rêve américain *** 1/2

CRITIQUE / La présence du «Cygne de cristal» en compétition au Festival de cinéma de la ville de Québec n’est pas fortuite. La comédie dramatique de Darya Zhuk dépeint avec justesse et humour les aspirations d’une certaine jeunesse éprise de liberté qui rêve de l’Amérique dans la Biélorussie postcommuniste. Un bienvenue dépaysement !

Cette jeunesse est incarnée par Velya (Alina Nasibullina), une DJ de Minsk qui espère faire fortune aux États-Unis. Encore faut-il réussir à sortir du pays. Ce qui n’a rien d’évident en 1996.

Cinéma

Alina Nasibullina: Signe des temps

À l’ère soviétique, on expédiait les dissidents au goulag. Il y a 10 ans, Alina Nasibullina a fait le chemin inverse, de sa Sibérie natale à Moscou. La jeune femme s’est inscrite à une prestigieuse école d’art en interprétation. «Le cygne de cristal», film qui fait la tournée des festivals et a représenté la Biélorussie aux Oscars l’an dernier, lui donne l’occasion d’acquérir une renommée qui dépasse les frontières de la Russie. Le Soleil a rencontré la charmante actrice lors de son passage au Festival de cinéma de la ville de Québec.

La petite brunette de 29 ans affiche un air décontracté, fumant une cigarette sur le parvis de l’hôtel. La simplicité demeure une fois installée à une table pour l’entrevue. Yeux rieurs à peine maquillés, kangourou noir et jupe de jeans, cette décontraction n’affecte pas son charisme, le même qu’elle affiche en se glissant dans le rôle de la pétillante Velya dans le décapant premier long métrage de Darya Zhuk.

Cinéma

Safy Nebbou: Une femme peut en cacher une autre

Le vol d’identité est dans l’air du temps, mais celui de «Celle que vous croyez» s’avère particulier. Pour épier son amant moins âgé, une universitaire de 50 ans se crée un faux profil de jeune femme sur les réseaux sociaux. Ce qui commence comme un jeu va prendre une dimension plus sérieuse — et dramatique — lorsqu’elle tombe virtuellement en amour du meilleur ami de son copain.

Safy Nebbou (Dans les forêts de Sibérie) met en scène un mélange de drame sentimental et de suspense sur les variations vérité/mensonge, porté avec sa grâce habituelle par une Juliette Binoche à fleur de peau. Le Soleil l’a rejoint en Grèce, où il séjournait en vacances, pour discuter de ces «Liaisons dangereuses 2.0».

Cinéma

«Fourmi»: la fierté de son père ***

CRITIQUE / «Fourmi» présente le genre d’histoire qui fait rêver bien des enfants. Le talent de Théo (Maleaume Paquin) est remarqué par un recruteur de l’Arsenal — l’équivalent au foot des Canadiens au hockey. Son père Laurent (François Damiens), chômeur alcoolique, y voit la chance d’obtenir un nouveau départ...

À 13 ans, Théo aimerait bien voir son père plus souvent. Mais c’est sa mère Chloé (Ludivine Sagnier) qui a la garde à temps plein. Parce que Laurent a baissé les bras après la fermeture de l’usine, dans un village avec une majorité d’oisifs. Ses comportements d’énergumène, surtout sur les abords du terrain, exaspèrent tout le monde — Théo compris.

Musique

Hubert Lenoir joue au vampire dans un nouveau clip

Hubert Lenoir renoue avec l’anglais sur «hunny bunny», nouvelle chanson dévoilée jeudi et fruit de la collaboration entre l’auteur-compositeur-interprète de Québec et le musicien australien Kirin J Callinan.

Décrite comme «low key dance track aux influences de late 90’s avec une micro touche de fusion jazz», la pièce est accompagnée d’un clip réalisé par Gabriel Lapointe et Noémie D. Leclerc. Tournée dans les rues et un skatepark de Québec, la vidéo donne l’occasion à Hubert Lenoir de jouer au vampire se nourrissant du sang des copains qui se cassent la gueule en skate.

Et quant à ceux qui s’inquiètent de ce retour à la langue de The Seasons, le chanteur les a rassurés dans un communiqué : «j’ai des chansons en français qui s’en viennent aussi bientôt, si jamais y’en a qui freakent, ben freakez pas plz»...