Erika Soucy et Sophie Thibault

Ouvrir les vannes de l'imaginaire

CRITIQUE / À bord d’un autobus du Réseau de transport de la capitale, Et si… nous invite à ré-imaginer l’histoire de Québec, mais aussi à ouvrir les vannes de notre imagination. Un périple riche en mots, signé par JP – Escouade créative, un collectif de jeunes programmateurs, et Québec en toutes lettres.

Tous les sièges sont occupés. Sophie Thibault, notre guide, prend les présences… «De Champlain, Samuel? Houde, Paul?» en quelques rires, la connexion avec le public est faite et la visite guidée commence.

Le vrai, le faux et des digressions déjantées sur ce que pourraient cacher les façades familières, sur les histoires extraordinaires que pourraient porter les passants et sur ce qu’il serait advenu si l’histoire avait été retournée à l’envers accompagnent notre promenade. 

C’est un long monologue, foisonnant, où les idées bourgeonnent, s’accumulent et tournent un peu en rond. Même si on salue la verve de l’auteur Éric LeBlanc et que le tout est livré avec aplomb et maîtrise par la comédienne, le texte aurait gagné à être élagué, pour laisser les idées se déposer et permettre aux passagers d’observer davantage cette ville dont on lui parle.

Quatre passagers spéciaux arriveront comme des bouffées d’air frais. D’abord, au Parlement, Erika Soucy grimpe pour nous présenter un Québec dystopique, devenu un chef de file mondial du méthane après la victoire des Français sur les plaines d’Abraham. On retiendra les acronymes humoristiques, les carrés jaunes en signe de résistance et éclats très théâtraux (presque un peu trop) qui ont ponctué le tout.

Un chant inspiré

Alexandre Martel

Au Château Frontenac, c’est Alexandre Martel qui monte pour entonner un hymne à l’actrice Sarah Bernhardt (qui avait plutôt été accueillie par des manifestants lors de son passage au célèbre hôtel). Le chant est inspiré, original, accompagné par un petit clavier électronique, et sa qualité laisse penser qu’il pourrait très bien vivre hors de son contexte théâtral. 

Maude Veilleux embarque à la gare du Palais pour livrer un récit poétique autour des ski-doo et des glaces de rivières, de Beauceville à la Yukon River. On perdait un peu ses premiers mots sous la musique électro, mais une fois celle-ci éteinte, on restait suspendu aux mots, attentif, bien que le lien avec un possible retournement de l’histoire soit plus ténu cette fois-ci.

L’autobus a finalement pris Maxime Beauregard-Martin, patins sur l’épaule, au carré D’Youville. L’acteur et auteur a raconté une touchante et comique histoire d’amour sur fond de fièvre du hockey — avec un soupçon de Gaston Miron. Un récit bien tourné et bien livré.

Et si… sera de nouveau présenté le dimanche 29 octobre de 13 h à 16 h (départ toutes les 30 minutes). Réservation : 418 641-6797